jeudi 1 septembre 2016

Reflux de vague

En vue d’une conférence, je remonte dans le temps, je tentais alors
désespérément,
en tout cas, de toute ma petite expérience,
bon, ne soyons pas trop humble, disons moyenne,
de faire publier mes histoires chez un éditeur reconnu.
Reconnu au Québec à tout le moins,
Je visais Montréal pour tout dire.

Comme dans mon roman, il était question d’histoire et de généalogie, Septentrion était tout indiqué.
C’était avant la collection Hamac,
et avant mon blogue.

C’était en 2006.
Dix ans plus tard, j’ai réussi à publier mon histoire.
Pas à Montréal, mais qui le sait?
Qui sait où les éditeurs établissent leurs bureaux.
L’important, c’est la distribution des livres.
Qu’on les retrouve partout.
À Montréal, à Amos, en Gaspésie.

Dix ans plus tard, j’ai aussi un blogue.
Mais comme pour mon roman, ai-je les mots
suffisamment intéressants,
judicieusement choisis,
forts
percutants
joyeux ou tristes
un style, un thème?
Pour qu’une maison d’édition s’y intéresse?

En fait, le rêve de tout artiste, tout créateur…
Enfin je pense,
je pense que tout le monde pense comme moi
C’est d’être désiré, remarqué, voulu, choisi.
Pour mon roman, un éditeur a voulu.
Je lui en suis encore reconnaissante.

Septembre, le mois des rentrées.
J’ai l’impression de regarder
les élèves, les professeurs entrer à l’école.
J’ai déjà été de ceux-là.
De regarder aussi
les auteurs annoncer fièrement, fébrilement, timidement leur lancement
les éditeurs faire la promotion de leurs nouveaux titres.
Septentrion ou plutôt la collection Hamac-carnets sort Une fille qui louche de la blogueuse Sylvianne Blanchette.
Un blogue qui n’a pas quatre ans.
Un blogue qui n’a pas de nom de domaine.
Ah! l’apparence!
Comme s’il y avait une recette gagnante : si tu es sous Wordpress, si tu as un nom de domaine, si, si, si…
Non, le texte d’abord. Le propos. Tant mieux. C’est l’important.
Enfin je suppose.
Il faut.
Je lirai, j'ai déjà commencé. J'aime.

J’ai l’impression d’être sur la touche.
J’ai pris un coup de vieux, de vieille.
J’ai les cheveux blancs de l’auteure qui écrit depuis bien longtemps.
Nostalgique, envieuse un brin même si je n'ai pas de raison de l'être.
Le sourire d’un clown triste.
La baraque sous un jour gris. On m'a planté un clou dans le coeur.
Reflux de vague, après dix-sept jours de mer azurée.
Chavirement.


De l’autre côté de la clôture.
De l’autre côté du banquet.
Ce n’est pas vendeur, c’est dépassé, ça n’intéresse personne.

Pourtant
j’ai une conférence à préparer.
j’ai une fête du livre à organiser.
Déjà une date retenue en mai pour aller parler de mes livres.
Et un courriel bientôt m’apprendra peut-être
qu’on aime mon troisième tome,
qu’on veut le publier.
Le temps ne s’arrête pas qu’en septembre.
Et puis, il y a tous ces livres à lire. Les librairies débordent.
C’est la rentrée, c’est l’abondance.

7 commentaires:

  1. Je ne sais pas ce que peut vivre un(e) auteur(e) mais je veux que tu saches que j'aime beaucoup ta façon d'écrire et de décrire les sentiments! Continue de laisser des traces!

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  2. Le problème avec un-e auteur-e, c'est qu'on ne sait pas quand c'est l'auteur-e ou quand c'est la personne qui écrit. Soeurs siamoises dans mon cas.

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  3. J'aime tes mots, j'aime tes écrits, j'aime te lire et il me tarde de me plonger le nez dans ce fameux tome 3.
    Dis, tu n'es aucunement dépassée et ton blogue, comme le mien et comme bien d'autres du même âge ou presque, qui n'ont pas de nom de domaine, ne sont pas sous Worldpress mais ils sont toujours là en tenant bon et ce malgré des moments de lassitude et de découragement. Dans le fond gentille dame c'est le plus important, se savoir lu(e), apprécié(e) et aimé(e).

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  4. Eh bien, quelle coïncidence, j'ai mis moi aussi un nez fouineur dans La fille louche ! Je vais le lire en interrompant ma lecture car j'ai le goût d'un roman qui me happe, me kidnappe. Je suis tellement en retard dans mes compte-rendus que je déprime légèrement.

    J'aime la rentrée pourtant, même si je n'entre nul part. Ah oui, je dis ça mais on a un album qui sort le 14 septembre mais comme je ne l'ai pas encore tenu entre mes mains, j'ai l'impression que je fabule.

    Le propre des auteurs, ce sont les doutes. À toi de conclure ...

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  5. Suzanne,Venise, fidèles collègues blogueuses (qui avons chacune un nom de domaine), au moins, on s'a!

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  6. Chère Claude. Je laisse rarement un commentaire et pourtant, je ne manque aucune publication de ton blog (ou très rarement). Continu d'écrire des mots qui chantent et qui chatouillent notre imaginaire.

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