mercredi 19 avril 2017

Zoothérapie

Une journée de ciel bleu, d’humeur bleue. Un après-midi sans nuages, sans irritants. Juste les yeux plissés de curiosité des cerfs, les bouches gourmandes des faons en attente de carottes ou de pommes. Juste les bisons ou les renards qui se prélassent au soleil, ce qui donne envie de nous laisser aller, nous aussi, à la douceur de vivre. 

Du silence et du temps. 
Rien qu’eux et moi. 
Dans un environnement qui passe du lac encore un peu gelé aux bourgeons hésitants. 
Dans un univers de bois sculpté, arrondi, couché. 
Un monde de forêt, de roches et d’eau.
La vie, le moment présent. 

À trier, retoucher les photos prises au Parc Omega, j’ai réussi à oublier une blogueuse condescendante qui a daigné fréquenter, le temps d’un livre «léger», la «littérature romanesque».
J’ai réussi également à ne pas trop regretter ce rendez-vous manqué avec ma meilleure amie que je ne vois pas assez souvent, et cette escapade, prétexte à aller chercher ce crabe tant aimé, que j’ai dû remettre, la température ayant décidé de contrecarrer mes projets… 

Les animaux, la nature sauront toujours me ramener à ma planète positive. La seule que, même malmenée, je ne devrais pas quitter.
























Pour les personnes qui ne connaissent pas Parc Oméga, sachez que c'est un parc animalier (exclusivement animaux sauvages) situé en Outaouais, à cinq minutes au nord de Montebello, près de l'autoroute 50. 

mercredi 12 avril 2017

Humeurs d'avril

Ce roman que je ne finis pas de réécrire commence à transparaître dans mes humeurs. 
Ce roman qui correspond plus à des portraits — fictifs, mais portraits tout de même —, ressemble à avril : un printemps qui frissonne, qui grelote, qui radoucit avant de fleurir vraiment.

Parce que j’écris, je recrée une femme que la quarantaine étouffe dans le Québec de 1964,
parce que je réécris, je trace le portrait d’une adolescente qui se cherche en 1964,
pour ce faire, je replonge, je retourne dans le passé, dans cette époque entre le noir d’avant et le tranquille souhaité. Une époque qu’on a qualifiée noire après en être sortie, qu’on a voulu tranquille, sans faire la révolution. Où tout fut chamboulé, de l’église aux écoles, des chambres à coucher à la pilule, de notre langue au théâtre, et du vin au fromage.

Moi, dedans, adolescente, je vivais ces années-là, mais je ne nommais rien. J’étais témoin, j’étais éponge, j’étais caméléon. Je sombrais, je titubais, mais je ne nommais pas.
Je lisais Réjean Ducharme, Marie-Claire Blais, Françoise Loranger et mes humeurs étaient forcément sombres. J’avais cessé d’aller à la messe, je ne savais pas ce que je ferais quand je serais grande, mais ça ne m’inquiétait pas. Je suivais la foule. J’écoutais mes parents. J’étais toute à mes amitiés à entretenir et à mes amours à espérer.

Et aujourd’hui, parce que je fais revivre cette mère, qui n’est pas tout à fait la mienne, et cette fille — qui n’est pas entièrement moi, ai-je besoin de le préciser en cette ère du « je » ou du « tu » que l’on croit toujours auto-fictifs —, c’est comme si je sombrais, vacillais encore un peu. Par mimétisme.

L’adulte d’aujourd’hui essaie de retenir la fillette d’autrefois. Ne pas m’enliser à nouveau. 

Aujourd’hui, je suis celle qui nomme, qui raconte. Qui pige dans ses souvenirs, qui cherche des informations, mais qui a du mal à garder le sourire d’un jour de soleil alors que je farfouille dans des nuits de grisaille, et que je dois inventer déchirements et réconciliations, paroles froides et tendresses filiales. 
Jouer dans le cœur de mes personnages sans que le mien perde espoir de demeurer intact.
Comme avril, comme les années '60, sortir de la noirceur pour enfin connaitre la tranquille saison de semailles.

Qui sort intact de son enfance ou de son adolescence?

Lecteurs, lectrices, auteur-e-s, les humeurs de vos personnages déteignent-ils sur vous? Ou c’est plutôt l’inverse?

samedi 1 avril 2017

Je suis fleur, je suis printemps



Ce matin. Comme une hâte de sortir de terre. Un espoir de floraison.

Même s’il reste des traces de neige et de froidure, je suis du printemps.

Même s’il reste du blanc, du noir, de la terre brune, je suis de sève d’avril.

Même s’il reste des jours gris, je suis de soleil et de lumière.

De conception estivale, je suis bouquet printanier.

Elles naîtront sous peu les jonquilles, les narcisses, les lys blancs de Pâques.

Je suis fleur bientôt éclose.