mardi 9 janvier 2018

La fois où j'ai passé les Fêtes dans le sud (3)

Du lundi 20 novembre au mercredi 22 novembre, Jekyll Island, Georgie

Déjà une bonne dizaine de fois que nous nous promenons le long de la 17. Entre mer et histoire, entre art et ornithologie, alors, même s’il y aura toujours à voir et à découvrir, cette année notre objectif, ce sont quelques « springs » en Floride et un mois de chaleur à Clewiston. Point besoin de nous attarder à Savannah ou Charleston ou Beaufort que nous avons déjà visités.

Tout de même, comme un pèlerinage, nous comptons nous arrêter à Jekyll Island. Fortes de nos expériences passées, nous appelons. Pas de place. Nous insistons, ne demandons qu'une nuit et électricité seulement.

De Myrtle beach à Jekyll Island, un choix s’impose pour la route. Petite recherche sur Google maps, parce que notre GPS n’en fait généralement qu’à sa tête: il est capable de changer de direction malgré mes commandes. Et comme on tente souvent de minimiser nos arrêts, on cherche à combiner l’arrêt diner avec des commissions à faire. Donc je repère un Walmart à Walterboro, situé sur la 95, il suffit de suivre la 17. Très bien. Sauf que c’est plutôt la 17 ALT! J’aurais dû en choisir un en Georgie. Pas vraiment un détour, mais trois heures de « zigonnages » dans la belle campagne. Avantage : on roule moins vite et il y a moins de véhicules que sur une autoroute.

Plaisir de couleurs différentes.
Nous avançons, nous descendons vers la chaleur.
Nous rencontrons le temps et la patience.
Nous tenons nos peurs par la main comme l'adulte rassure l'enfant.
Et libérons nos rêves.

Le soleil n’est pas encore couché quand nous arrivons dans la grande allée d’avant l’île, à 16 h 50.  Le bureau d'accueil est fermé mais l'hôte a notre nom. Finalement, nous pourrons rester trois nuitées, à 56,42$CAN la nuitée.
Si le camping est toujours aussi désuet, malgré l’aménagement d’une grande salle communautaire, il garde son charme rustique. Ce que nous aimons sur cette île, c’est la piste cyclable, le quartier historique et oh! belle surprise, enfin construit, le petit quadrilatère de Beach village qui regroupe restaurants et boutiques.

Malgré les décorations de Noël, on ne sent pas à un mois des fêtes.
Pas quand on voit des palmiers. Pas quand on est en short et sandales.
Pas quand on a une casquette et non une tuque.
Pas quand on a troqué la pomme contre l’orange.
Pas quand on voit le bleu et non le blanc.
Noël, c'est au nord, c'est bien connu.

Quelques gouttes de pluie, on en profite pour planifier les prochaines semaines. Thanksgiving bientôt, décembre ensuite. Entre rêve et réalité, entre le camping en tente dans les années 1980, et celles de caravaning du 21e siècle, il y a les réservations, il y a les ventes explosives de véhicules récréatifs, il y a les besoins qui évoluent. Nous avons connu le rustique, la nature, le silence, la noirceur. Le « boondocking », coucher derrière une église, au bout d’une route, face à la mer. Nous avons pratiqué le vélo de montagne, l’escalade, le canot.

Nos genoux ont vieilli, nos os ont froid, notre vessie nous réveille la nuit. Ils réclament le confort et l’électricité. Mais refusent les contraintes d’un horaire fixe régi par les réservations.

Nous avions pensé Manatee springs et Rainbow springs à l’aller et Wekewa spings et Salt springs au retour. Entre les deux un mois (demeurer un mois à un seul camping coûte parfois moins cher que trois semaines et résout le problème d’avoir à chercher, espérer, téléphoner, écrire, être déçu, être frustré) à Clewiston où nous avons déjà séjourné un mois en 2014.

Tout le monde, les Américains les premiers, nous disent de nous méfier de l’achalandage les fins de semaine et pendant les jours fériés. Dont la Thanksgiving. Je cherche. J’oublie les state parks réservés des mois à l’avance et je trouve un petit camping privé à Cedar Key. Un certain Paul m’assure qu’il y a « plenty place ». Je confirme que j’arriverai le jeudi 23 et y demeurerai jusqu’au lundi matin. Problème de fête et fin de semaine résolu.

Je peux alors jouir de Jekyll Island. Du refuge d’oiseaux qui accueille en abondance des cardinaux. Et faire le tour de l’île à vélo, apercevoir des chevreuils près du terrain de golf, espérer des pélicans à la marina, admirer les décorations des Fêtes, visiter la galerie d’art des artistes locaux.

Faire plaisir à mon huitième de sang irlandais en allant prendre une bière (non, pas une Guiness, je n’ai plus l’audace de mes vingt ans) et un « fish and chips » au pub du Beach village.
Les arches d'arbres couverts de mousse espagnole, maison du quartier historique
et un cardinal, oiseau choyé au camping de Jekyll Island.
Un pub, une terrasse au Beach Village et la piste cyclable de Jekyll Island.

9 commentaires:

  1. Wow, super... faudrait bien nous raconter votre aventure en personne... j'ai hâte de lire la suite de tes récits. 53 jours !!! Jean et Françoise

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    1. Je parle mieux par écrit. Oralement, je ne conterais pas le même voyage.
      Merci de me lire. Bientôt votre tour, non?

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  2. J'ai retenu peu de choses de Jekyll Island, sauf la remarquable Driftwood Beach.

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    1. Comme bien des endroits, il faut y séjourner quelques jours, plusieurs fois. Une fois, c'est la plage, une autre fois, souvent, c'est la piste cyclable. Une fois juste être là, parce que c'est loin des autoroutes, loin des villes bruyantes. Parce qu'il fait beau. C'est la fois où j'ai été à Simons-Island. C'est la fois où j'ai mangé un bon sandwich grillé, assise sur une terrasse, sans table à pique-nique. Ou quand j'ai vu courir mon chien...

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  3. Faudrait bien y retourner! Super ce beach village!

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    1. Il était temps. Pendant plusieurs années, on nous parlait de rénovations, les boutiques ont été pendant longtemps dans des "conteners" laids.

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  4. Cher Claudel, j'avoue que j'écris beaucoup plus que je ne lis mais là, je suis en train de tomber en amour avec ta prose ! P.

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