dimanche 9 juin 2013

Après l'après

Comme au retour d’un beau voyage, le goût de raconter, d’en parler. Pourtant, rien n’émerge aussi beau ou aussi bien ou aussi intense que la nuit elle-même. La fatigue rend les idées un peu floues. Le retour du soleil me guide vers d’autres plaisirs, dont la procrastination, même si mon esprit, lui, s’attarde encore un peu à cette nuit du 7 au 8 juin sur un terrain de Saint-André-Avellin où avait lieu la marche dans le cadre de Relais pour la vie Petite-Nation.
 Dire les chiffres ou les noms comme dans un article de journal ne rendrait pas justice à ce que j’ai ressenti. J’étais juste bien, seule parmi la foule et avec la foule. J’étais dans le maintenant. Que veux-je dire au juste ? J’étais parmi mes semblables, non seulement les survivants et les survivantes d’un cancer, mais aussi parmi les gens que je connais depuis quarante ans pour certains, des gens avec qui j’ai travaillé, que je côtoie à l’occasion au hasard de la vie. Et puis j’ai été reconnue, on est venue me voir et me parler, moi, juste moi parce que j’étais là, parce que j’ai témoigné, parce que j’ai écrit et lu un texte (celui-là, remis au présent >>>) qui a touché ou surpris. C’est quand même agréable de faire plaisir, mais aussi d’être appréciée, d’être écoutée avec une telle attention.

Oui, c’est ça, j’ai passé une belle nuit parce que les bénévoles sont généreux de leur temps et que, depuis dix ans, les équipes sont bien organisées et tout baigne. On est choyés, on ne manque de rien. L'animation est vraiment très réussie, on entend des chansons d'interprètes locaux très talentueux. Mais j’ai surtout passé de beaux moments parce que j’étais bien, à ma place, et pour personne d’autre que moi. Je n’étais pas la seule à être le point de mire, mais je le fus aussi et je dois admettre que de se faire dire que ce qu’on a écrit et lu a touché, a été un coup au cœur, ça fait du bien à la partie de soi qu’on ne montre pas souvent, qu’on ne montre pas à tout le  monde et dont on n’a pas parlé depuis un sacré bout de temps. 

(photo prise à partir du I-Pod de Louise Falstrault)

lundi 3 juin 2013

Tutoriel sur l'utilisation du stylo Iris Notes Executive 2


J'en ai parlé dans le billet du 13 avril. Mon enthousiasme n'avait d'égal que le plaisir de la nouveauté. Et le plus beau, c'est qu'il dure cet enthousiasme. Même si je dois avouer que ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. En fait c'est simple, mais il faut s'y tenir. Écrire droit, presqu'en lettres moulées par exemple, pas de relâchement, pas de précipitation, pas trop d'accélération. Tout doux avec le stylo! Et puis, je ne portais pas trop attention à comment je mettais mon récepteur en haut de la page parce que l'attache ne s'ouvre pas beaucoup, eh bien, il faut prendre son temps et vraiment placer le récepteur parallèle aux lignes. Plus vous êtes soigné, plus facile sera la conversion.

Voici donc en quelques photos le fonctionnement du stylo Iris Notes Executive 2. Je spécifie la marque et le modèle parce que je ne sais pas s'ils fonctionnent tous de la même manière. Je sais, entre autres, que certaines marques exigent un papier spécial, ce qui n'est pas le cas pour le mien et c'est ce que j'ai aimé dès le départ.

Il fallait la trouver cette ouverture, mais une fois trouvée,
charger le stylo avec l'aide du câble USB, il n'arrive pas chargé.
Ça peut prendre jusqu'à 3 heures, mais après 15 minutes,
vous pouvez faire un premier essai.
Il faut également charger le récepteur. il n'y a pas deux fils USB,
mais je me suis aperçu que le fil de mon lecteur MP3
faisait l'affaire.
Vous attachez le récepteur sur une feuille,
BIEN PARALLÈLE
Vous pesez un cinq secondes sur le petit bouton, à droite,
 l'écran indiquera 0. Vous écrivez en lettres plus ou moins droites
plus ou moins moulées avec le stylo. Quand vous avez terminé,
vous pesez à nouveau sur le petit bouton, ça indiquera d'abord 1.
Dans cet exemple, j'ai pesé deux fois, c'est donc noté 2.
Je pèse chaque fois que j'arrête ou
chaque fois que je change de pages.
Vous branchez ensuite le récepteur avec le fil USB
 une fenêtre s'ouvrira automatiquement à l'écran de votre ordinateur.
Vous cliquez sur "Télécharger encre"
(on ne discute pas du terme!)
Tant qu'à être sur cette page, j'en ai profité pour enlever le crochet
à "effacer les fichiers après le téléchargement"
après m'être retrouvée deux fois à "0" notes enregistrées.
On peut prendre jusqu'à 140 notes, alors qu'il y en ait
une douzaine plutôt que zéro...
Une fois les textes téléchargés, le logiciel indique combien de
pages (comprendre textes) ont été téléchargées avec succès.
Vous ouvrez ensuite le logiciel fourni à l'achat et installé sur votre bureau
dans l'accueil, vous voyez toutes vos pages, vous ouvrez la première.
Vous cliquez sur "convertir".
Après avoir cliqué sur convertir, votre texte manuscrit
est converti en écriture informatique.
Vous pouvez ensuite exporter en texte (Word) ou fichier image (JPG)
personnellement, je trouve que c'est plus rapide de copier et
d'aller coller dans le fichier de votre choix

Voilà, si vous avez des questions, n'hésitez pas, je pourrai ajouter des photos ou des explications, au besoin.


Billet précédent sur le sujet>>> 
Site Internet à Longueil, Québec>>>

jeudi 30 mai 2013

Des fois, je me prends pour une autre

Des fois, je me prends pour une autre. Je voudrais être la seule, ou au moins la meilleure à connaître ceci ou cela, à parler de ceci ou de cela. À me distinguer parmi la pléthore de gens qui s’expriment sur tel ou tel sujet. Sortir du rang. Être importante.

Probablement attirer l’attention. Je ne jouerai pas à me demander la raison sous-jacente, mais n’empêche que c’est là, pourtant je sais très bien que je ne détiens pas le monopole de l’expression ni de rien d’ailleurs.

Exemple : demain, le vendredi 31 mai, à Radio-Canada, émission Zone Doc, il sera question de l’Irlande, de la famine, de la traversée, des descendants. J’ai vu des images qui annoncent l'émission. Certaines sont celles-là mêmes que j’avais imprimées et qui me servaient de référence lors de l’écriture de mes Têtes rousses.

Sans même chercher à connaître plus de détails, mon petit cerveau sur les bords de l’histrionisme se lance dans des scénarios : « Comment, il y a un documentaire sur la famine en Irlande et on ne m’a pas contactée ? » Comme si j’étais LA référence en matière de famine en Irlande. Pire, la seule !

Et puis, je me suis calmée, j'ai remis les deux pieds sur terre et les doigts sur le clavier et j’ai cherché. 
J’ai trouvé le nom du réalisateur : Brian McKenna, un Canadien qui n’en est pas à ses premières armes dans le documentaire. La date de la présentation en anglais : 2011. J’ai fait taire la petite voix qui disait : encore des anglophones, pourtant plusieurs descendants sont demeurés au Québec et ont parlé français dès la deuxième génération. 
J’ai même pu visionner le documentaire sur Youtube, mais je préfère attendre de le voir en français. Et d’admirer le traitement. Après tout, d’autres aussi ont le droit de s’exprimer, de donner leur version, de témoigner. D’autres aussi ont le droit d’être meilleurs que moi. Et réussir très bien à se passer de mon intervention ou collaboration ! Je n’ajouterai pas hélas, je sais bien que je ne joue pas dans les ligues majeures, mais il fut un temps, comme tous les créateurs sans doute, j’en ai rêvé.

 Sur Youtube >>>
(Photographie empruntée sur Internet, je n'ai pas trouvé la source première)

mardi 21 mai 2013

Il y a toujours un après

Il y a des dates qu’on entoure sur le calendrier pour ne pas les oublier. D’autres s’installent à tout jamais dans notre mémoire : la date de notre naissance et celle de nos enfants, celle de la mort de notre mère et de notre père, celle de notre mariage. D’autres dont on ne parle jamais. Quelques fois, au jour dit, on fête ou on pleure. On se souvient, on se revoit. Souvent, on voudrait oublier. On ne peut pas.

Je me rappelle très bien la journée du 7 octobre 2011. L’après-midi où un radiologiste plantait une longue aiguille dans ma chair pour effectuer une biopsie sur mon sein droit.

De cette journée et de tout ce qui en a découlé, je n’en ai parlé qu’à un très petit nombre de personnes. Pour ne pas me faire poser de questions, pour ne pas avoir à chercher de réponses. Pour éviter les phrases ou les regards inutiles, même ceux de compassion. Pour couper aux longues explications.

Le 7 juin 2013, je serai capable d’en parler. 
Le 7 juin, je participerai à Relais pour la vie.
Je marcherai, je témoignerai, en tant que survivante.

Je suis mal à l’aise avec ce mot "survivante", qui dit pourtant ce que j’ai vécu. Peut-être parce que ça suggère qu’il y a un après. La dernière année, ma phrase préférée était justement « on finit toujours par être après ». Après la biopsie, après l’opération, après le rendez-vous avec l’oncologue, après le premier traitement, après le deuxième, après chacun, après les piqûres qu’on s’administre, après la nausée, après la perte de cheveux, après la repousse, après la curiethérapie, après la mammographie. Après la fatigue, après les deuils à accepter, après les déceptions, après les petits espoirs, après la dépendance.
Après l'avoir dit à sa mère.

Pour espérer cet après, j’ai vécu tous les maintenant que j’ai pu. Je les vis encore.
Le 7 juin 2013 ne me fera pas oublier le 7 octobre 2011, mais je serai heureuse d’y être, debout, et pouvoir dire que c’est vrai, je suis ici, en vie et j’espère vivre plus de MAINTENANT plutôt qu'attendre les après.

samedi 11 mai 2013

Regain de vie

Plaisance encore.
Née en avril, je ne me lasse pas de la vie qui renaît au printemps.
En moi comme autour.
Je suis encore là, dans cette vie.
Jouissant, vivante, reconnaissante.
Parlant inutilement, Sans besoin de paroles orales ou écrites.
Sans besoin de lire, juste sentir, écouter, regarder.
Me laisser imprégner par l'atmosphère de cette nature généreuse.
En marchant ou en pédalant.
Comme si j'avais vingt ans.
Comme si j'avais tout mon temps.
L'amour et l'amitié à mes côtés.
Que vouloir de plus?

samedi 4 mai 2013

Une journée sur les bords de la rivière des Outaouais

Une journée parfaite: soleil, un bon 22 degrés, parfait pour le vélo et un pique-nique. Une journée comme on les voudrait toutes: sans bavure, ne voir que du beau, entendre que du gentil, ne se battre contre rien, pas de polémique, pas de tension. Juste du doux, du chaud. Juste ressentir. Juste vivre.
Rendez-vous à Thurso pour pédaler sur le sentier des Outaouais qui longe la rivière du même nom. Au pays des bayous du nord comme il est dit au parc de Plaisance
Il ne faut pas oublier de payer à l'entrée, sinon, 90$ d'amende. La Sépaq ne rigole pas avec ses règlements. Disons qu'on a décidé de prendre notre passe de saison! 
Il est encore tôt dans la saison, surtout quand les sentiers sont entre deux eaux, mais quel bonheur de voir les trilles, écouter les oiseaux, et oh! belle surprise, à la toute fin: un reptile pas beau du tout, mais pas farouche.
À noter que si on veut découvrir le parc de Plaisance, on peut déjà y coucher, c'est un des campigns qui ouvrent tôt dans la saison pour profiter du passage des outardes, entre autres. Même si celles-ci lui préfèrent les champs avoisinants depuis quelques années.


Lien vers le parc de Plaisance>>>


mardi 23 avril 2013

Tant qu'à bloguer, je voudrais bien bloguer

Tant qu'à faire, aussi bien le faire comme disait ma mère.
Je regarde la date du dernier billet. Je pense au sujet du prochain. Plusieurs idées me viennent en tête.
Je regarde dehors, le soleil enfin, je voudrais en profiter. Le terrain à gratter, les branches à ramasser. La vente de débarras à préparer pour la mi-mai.

Le matin, j'ai décidé de consacrer deux heures à l'écriture de mon prochain roman, mais voilà qu'elles vont plutôt au montage de deux dépliants, une affiche, un site. Travail plus lucratif et presque aussi créatif.
Je vais à la poste en vélo. Mon vélo ordinaire, pas l’électrique. Pour reprendre la forme, pour aller à Plaisance, bientôt.
 

L’après-midi, je marche jusqu’au pont des «Chevreux», je prends quelques photos. Ce n’est pas la meilleure heure, mais à 6 heures le matin, j’ai besoin de sommeil.

Je lis de front :
L’inédit, Marie Cardinal, 2013. J’ai tant aimé cette auteure. Je note cette phrase :« Si le plan était trop présent, il n’y aurait pas de liberté pour la personne qui lit, il y aurait un manuel, un code, pas un roman, pas un livre.» 
Je relis La chute des géants de Ken Follet en prévision du tome 2 : L’hiver du monde. Plus de 1000 pages, ça ne se lit pas comme ça. Je m’endors souvent dessus, non parce que ce n’est pas bon, mais par fatigue tout simplement.
En livre numérique j’ai commencé Gloriole à vendre, prix révisé de Rachel Laverdure. Simplement parce que j’ai découvert les Éditions Sémaphore et je voulais voir si d’autres livres que Le dernier hiver de Louise Auger était aussi bon. Oui, jusqu’à maintenant. Comme une garantie de qualité d’écriture.

Donc, je voudrais bien écrire d’autres billets. Entretenir ce blogue, mais voilà, quand ? Tout au plus une recension d’excuses de ne pas y voir plus sérieusement.

Il y a quelques mois, j’ai été invitée à une bibliothèque de l’Outaouais. Honorée, mais à trois mois d’avis, à deux heures de route, comment savoir ce que j'aurais envie de faire de ma liberté ce jour-là. J’avais décliné. Je me serais sentie auteure, en cette Journée du livre, mais voilà, je me sens éparpillée, mais c’est moi, ça. J’aime trop de tout. Et bien aimer, bien faire.

(photo de l'auteure)

samedi 13 avril 2013

Jamais sans mon stylo

Mon amour pour les crayons ou stylos ne date pas d’hier. Comme pour la plupart des écrivains. On les aime bien avant de commencer l’école. Pas pour dessiner ou colorier dans mon cas, tout à fait nulle dans ce domaine, mais pour écrire, c’est certain. 

Mon père étant professeur (entre autres métiers qu’il a exercés), il avait donc accès au «classique» des écoles. Le «classique», pour ceux et celles qui n'ont pas connu,  c’était une sorte de local qui servait d’entrepôt et de petit magasin pour les cahiers, les crayons, les livres scolaires. En septembre, mon frère et moi n’avions qu’à demander, nous recevions bien au-delà des besoins normaux d’un écolier. 

Il y eut bien sûr les grands crayons de plomb jaunes avec le petit bout d’efface qui ne tenait pas un mois. Ce n’était pas mes préférés, il fallait toujours les aiguiser,la mine jamais assez pointue à mon goût. Et les HB étaient trop foncés pour moi, dès que j’ai connu les 2H, je les ai adoptés. 

Quand nous avons eu la permission d’écrire à la plume, je fus la petite fille la plus heureuse du monde. J’ai connu la plume avec un bec à bille qu’il fallait enfoncer dans un porte-plume. Tremper la plume dans l’encrier était un jeu dangereux pour une écolière comme moi, peu soigneuse, je me tachais les doigts, les blouses, les vestes et même la langue ! 

Aussi quand la plume fontaine à réservoir fut disponible, ma mère s’est empressée de m’en acheter une en cadeau. Tout de suite j’ai voulu me démarquer en négligeant le bleu classique pour un turquoise auquel je mêlais l'encre bleue des vieux fonds de bouteille. Je ne compte plus le nombre de plumes fontaine que j’ai eues. Le dernier date des années 90 je dirais, mais je ne l’utilise plus beaucoup, le papier étant beaucoup plus absorbant que jadis. Et puis, je n’écris plus de lettres soignées pour lesquelles il me faisait plaisir de sortir ma belle plume, dans tous les sens du terme. 

Dans les stylos, je les ai presque tous essayés et aujourd’hui encore, ma préférence va au Ballpoint fin de Sheaffer. En ce qui concerne, les crayons pousse-mine, pour les Sudoku surtout, j’utilise le 0,5mm, et j’ai dû me résoudre à revenir au HB parce que le 2H, c’est vraiment pâle sur du papier Kraft. 

Avec la venue de l’ordinateur, je croyais bien en avoir fini avec les crayons et plumes. C’était mal me connaître, je n'y résiste pas. En voyage, en camping, quand je lis au salon ou au lit, ai-je vraiment le goût d’ouvrir l’ordinateur, tout portable, soit-il ? Que non, alors vite, vite, la plume. Il était donc inéluctable que j’en vienne à la plume qui me permettrait à la fois d’écrire sur du papier normal et ensuite pouvoir convertir mes belles lettres manuscrites à l’ordinateur. Pour ce faire je viens donc de me procurer un stylo digital. 

 
Après avoir fouillé Internet, hésité longtemps à cause du prix et être certaine que je n’allais pas regretter mon choix, j'ai suivi la suggestion de Corinne de Vailly et opté pour l’Iris Notes2. Je l'ai trouvé à Longueuil et j'ai pu l'acheter par Internet. Il s’agit d’un stylo qui se charge avec un fil USB (je vous montre la photo parce que j’ai cherché longtemps comment ouvrir ce petit bout, ce n’est pas bien illustré dans le guide de démarrage). Un petit boitier, chargé aussi en USB, qui enregistre les notes. Le logiciel d’accompagnement permet de télécharger les notes du boitier, les convertir et les exporter, dans Word dans mon cas. Assez facile d’utilisation, une fois qu’on a compris le fonctionnement. Très heureuse du résultat. Je ne partirai donc plus sans mon stylo digital.

Ce qui ne m’empêchera pas de passer dans la rangée des stylos lors de ma prochaine virée chez mon fournisseur préféré, en fait, dans tous les magasins, je ne peux m’empêcher de visiter la section des plumes et cahiers, comme d'autres ne pouvaient résister à aller acheter des bonbons à une cenne.

Lien vers la boutique de Longueuil>>>


samedi 6 avril 2013

Le dernier hiver de Louise Auger


J’ai beaucoup aimé la couverture de ce livre : le papier, le graphisme sobre, la couleur pastel, le concept qui se répète pour tous les livres. J’ai de l’admiration et du respect pour une maison d’édition qui recherche la qualité et s’ingénie à garder le même genre de couverture pour l’ensemble d’une collection. Donc j’aime les éditions Sémaphore dont c’est le premier roman que j’ai entre les mains. 

En fait, j’ai tout aimé de ce livre : le contenant et le contenu. 

L’arrivée de ce livre est une histoire en soi. Je me rendais au Salon du livre de l’Outaouais, au début du mois de mars dernier. En roulant, j’écoutais Andrée Poulin, chroniqueuse à Divines tentations le samedi matin. Elle parlait d’un roman qui est comme un « murmure » a-t-elle dit. Préoccupée par la route et un peu nerveuse parce que j’allais à ma première séance de signatures depuis… quatre ans, j’en oubliai le titre et le nom de l’auteure, mais je me suis dit que si je devais lire ce livre, je savais que la vie se chargerait de me montrer le chemin pour l’obtenir. 

Dans une allée de la grande salle, je reconnus Andrée Poulin que je connais parce qu’elle fait partie de la même association d’auteurs que moi, et parce que je suis une fidèle lectrice de son blogue. 

Je n’ai pas aussitôt mentionné mon intérêt pour le livre dont elle avait parlé le matin à la radio qu’elle m’invite à la suivre. Elle m'entraîne dans les dédales du Salon, et arrivée au stand des éditions Sémaphore, j’ai à peine le temps de voir les petites plaquettes aux couvertures semblables qu’elle s’adresse à une dame en lui disant « Je veux lui offrir le livre de Louise Auger ». 

Je ne retiens pas plus le nom que le matin, je retiens seulement le verbe « offrir ». 

Du coup, je rougis, j’en suis certaine. Est-ce que j’interprète bien ce verbe. Hé oui, Andrée me l’offre comme si j’avais gagné un concours. Le livre devient d’autant plus précieux. Au point où je n’ose même pas le feuilleter devant les autres, ni le lire aussi goûlument que je le fais parfois. 

Quelques jours après le Salon, je partais pour trois semaines en voyage. Dans mes bagages, Le dernier hiver de Louise Auger. Une fois bien installée, l’environnement apprivoisé, j’ai fini par l’ouvrir ce livre. J’ai pris mon temps, comme on déguste un bon vin. J’ai lu tranquillement, quelques pages par jour, à l’ombre des palmiers. 

Et j’ai aimé autant le contenu que le contenant. Vous savez comment j’aime qu’on me raconte une vie, la vie. Je me suis identifiée au personnage : de la même décennie, du même sexe, des mêmes lieux. Le fait que le personnage ait écrit son histoire alors qu’elle a 75 ans, en 2045 ne m’a pas dérangée plus que trois secondes, le temps de calculer un peu et de me demander pourquoi. 

Le plus beau, c’est le style. Des phrases comme je les aime, comme j’aimerais en écrire. Des mots qui disent la nature, les saisons, le lac et la campagne. Des mots riches, recherchés sans être inaccessibles. Des images douces, des révélations qui devraient être plus souvent partagées, des dialogues juste ce qu’il faut, pas trop. Des émotions aussi que j’ai été heureuse de vivre par personne interposée et d'autres que j'ai reconnues miennes. 

Un livre que je relirai bien avant mes 75 ans, c’est certain. Qui me donnera alors peut-être le goût de raconter ma propre histoire.


mercredi 3 avril 2013

Partager ses recherches

Terre de Jean Bricault dit Lamarche
(illustration fournie par Marcel Lamarche)

À six heures ce matin, les yeux grands ouverts, je ne dormais pas. Comme une urgence, comme une pression subite. Je devais faire quelque chose, réagir.

Hier, en mettant de l’ordre dans mes courriels, j’ai remarqué qu’un message envoyé à Guy Lamarche pendant mon séjour en Floride était demeuré sans réponse. Je connais ce généalogiste depuis plusieurs années, c’est MA référence pour les Bricault dit Lamarche. J’ai eu le pressentiment que son silence indiquait qu’il était peut-être décédé. Une petite recherche et j’ai rapidement trouvé son avis de décès, les photos trouvées dans Google images corroboraient mon hypothèse : il est décédé le 2 mai 2012. Je pouvais bien ne pas avoir été au courant, l’an dernier, j’avais la tête bien ailleurs : problèmes personnels de santé et ma mère, elle, est partie le 7 mai.

Panique. Une vraie panique : qu’est-il advenu de toutes ses recherches ? Chaque fois que je lui posais une question de généalogie sur tel ou tel mariage, je m’inquiétais de savoir ce que je ferais le jour où il ne serait plus là pour piger dans sa base de données et m’indiquer les bonnes dates, les bons noms., les bonnes sources.

Certaines personnes publient leur base de données (Gedcom) soit dans un site existant comme Planète Québec, CFGA ou un site personnel, comme Gilles Deguire  qui s’occupe de mesancetres.ca. Guy Lamarche, lui, a déjà laissé quelques traces sur Internet, mais à la suite de déceptions reliées au plagiat je crois, il avait cessé d’alimenter son site. Il a participé à divers forums, on peut retrouver encore ses nombreuses interventions. Il a également offert trois documents fort importants en ce qui concerne les Bricault dit Lamarche, documents qu’on peut consulter à la Société de généalogie de l’Outaouais entre autres. C’est déjà beaucoup et précieux, mais tout le reste, toutes ses recherches, toutes ses données, qu’en adviendra-t-il ? Je ne me rappelle pas s’il m’avait parlé de la relève.

Dans mon petit cerveau qui roule à cent milles à l’heure à six heures le matin, je me disais, bien égoïstement, un médecin qui ne publie pas ses recherches, un historien qui ne laisse rien de son savoir, un journaliste qui ne raconte pas ses expériences, quelle tristesse, quelle perte. Et nous qui devons repartir presque à zéro, tout recommencer comme si rien n’avait été fait avant. Je respecte les gens qui ne veulent pas que leurs recherches paraissent sur Internet, mais trouver le moyen que le savoir, les expériences servent à la génération suivante. Personnellement, on m’a déjà demandé à deux reprises d’enlever des noms dans ma base de données que je publie sur mon site. Même si ni date ni photo n’apparaissaient, même si j’avais du mal à comprendre cette petite peur du vol d’identité, j’ai accepté d’effacer ces données. Je sais bien qu’il se glisse énormément d’erreurs dans les sites d’amateurs comme le mien, mais je sais aussi quelle fut ma joie quand j’ai trouvé les Deguire sur le site de mesancetres.ca ou les Boutron dit Major grâce à Ruth Major dans son blogue Major et compagnies.

Je suis donc en deuil, un an plus tard, de Guy Lamarche qui a tant fait pour la lignée de Jean Bricault dit Lamarche, soldat de Carignan. Je sympathise avec la famille, même si c'est bien en retard. Qui répondra à mes questions maintenant ? Je sais comment chercher, je sais où chercher, mais ce sera plus long, plus fastidieux et sans le plaisir de ces quelques échanges toujours agréables.
  
Si quelqu’un sait quelque chose, peut trouver comment communiquer avec ses enfants, n’hésitez pas à me l’écrire.

mardi 2 avril 2013

Entre 0 et 37 degrés


cliquez sur la photo pour atteindre le site



Vingt-deux jours entre 0 et 37 degrés Celsius.
5,386 kilomètres entre le Québec et la Floride.
Du vélo, de la lecture, de la marche, de la pétanque, du shuffleboard, de la natation.
Des photos d'oiseaux, de bateaux.
Des jasettes en français, en anglais.

Voici un aperçu de ce temps précieux.

dimanche 31 mars 2013

De retour au nord

Le temps de fêter Pâques avec les miens
Le temps de visionner et post-traiter quelques 200 photos
Le temps de réviser mes notes et raconter mon séjour de trois semaines au pays des palmiers
Le temps de me chercher de nouveaux livres à lire, ayant épuisé ma réserve
Le temps de regarder fondre la neige que j'espérais ne pas trouver si abondante à mon retour
Le temps de retrouver mes esprits et mon lit
...
et je reviendrai à la normale, enfin, espérons!

(photo de ma Prunelle à Okeechobee, Floride)

lundi 4 mars 2013

FemmExpo à Saint-André-Avellin


Du 9 mars au 14 avril 2013, se tiendra au Centre d'action culturelle de la MRC Papineau, FemmExpo, une exposition qui regroupe les oeuvres de 46 femmes pour célébrer la Journée internationale des femmes et qui se tient sous la présidence d'honneur de Louison Danis, originaire de l'Outaouais pour ceux et celles qui ne le savent pas.

J'en suis et Louise Falstrault aussi.
Pour l'occasion, le Centre a préparé des petites capsules vidéos. La première vous permet de faire la connaissance de Louise Falstrault

La voici donc.

Lien vers le Centre d'action culturelle >>>



samedi 2 mars 2013

Ce qui s'est dit dans « mon » salon


Je suis émue. Contente ? Oui, contente aussi. Même si j’ai peu vendu. Finalement, on ne va pas vraiment à des Salons du livre pour vendre. Comme premier objectif, oui, mais ensuite, on s’aperçoit que ce ne fut pas le seul résultat. Surtout quand c’est dans «ton» monde. Presque «mon» Salon. 

Je suis de l’Outaouais, je suis de la blogosphère, je le sais, je l’ai senti à ce Salon du livre de l'Outaouais 2013.

En revenant, sur l’autoroute 50, déjà je mijotais mon billet, je cherchais les mots, je revoyais les gens, je repassais mes phrases. Passer son temps à faire des phrases dans sa tête, est-ce être auteur ? Je ne saurais dire, mais si écrire son billet tout en surveillant la sortie 210 à Montebello, c’est être blogueuse… blogueuse, je suis. 

Il y eut d’abord les câlins à Pierre H. Charron. Un grand sourire à Lysette Brochu. Le plaisir de voir Sonia Alain. La compassion pour Raymond Ouimet qui n’avait déjà plus de livres à offrir. La reconnaissance pour la générosité d'Andrée Poulin qui a eu la générosité de me donner un livre dont elle avait parlé le matin même à l'émission Divines Tentations. Ensuite, une petite blague dont je ne suis pas certaine qu’elle fut appréciée. Au lieu de penser à la première phrase que j’allais prononcer en voyant une blogueuse que je connais depuis quatre ans, mais que je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer pour vrai, j’aurais mieux fait de trouver une dédicace à lui écrire. Toujours est-il que je voulais me mettre dans la file et sans lui donner trop le temps de me reconnaître, lui lancer « Êtes-vous allé au Japon au moins ? » faisant référence à un de ses billets >>>

Évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu, ladite blogueuse, Geneviève Blouin pour la nommer , se pointe, au moment même où je la demandais à son stand. Son manteau encore sur le dos, un grand sac en bandoulière, presque essoufflée, elle est là derrière moi. Qu’est-ce que je fais ? Sans réfléchir, vu l’urgence de la situation, je me retourne et sans lui donner le temps d’arriver, je lui lance ma phrase assassine. Elle a de l’aplomb, la jeune auteure-amateure-d’arts martiaux. « Je vais vous le dire, quand je me serai assise ». Trouvant que le supplice avait assez duré et me trouvant presque cruelle, je me présente, elle me reconnait, on se donne l’accolade. 

Après qu'elle m'ait dédicacé son livre Hanaken, je la laisse à des jeunes assoiffés de livres aussi nombreux qu’intéressés. Après l’avoir lue, cette dédicace, j’ai eu honte. À quoi j’ai pensé de l’aborder de la sorte? Encore plus honte quand, à son tour, deux heures plus tard, elle vint me réclamer ma signature. Je n’avais rien préparé, moi! Je comptais sur mon talent d’improvisatrice. Talent? Où ça? Rien n’a surgi de cet esprit tout plein des rencontres d’auteurs et de blogueurs, des phrases échangées avec des collègues, voisins de table de dédicace. Heureusement, Gen n’a pas l’air de m’en vouloir, mais ne m’oubliera pas, c’est certain! 

Après quelques échanges verbaux (y a pas pires verbomoteurs que des auteurs!) avec des gens que je connais plus ou moins, avec de purs étrangers, je me sentais quand même dans mon élément. Comme une longue soirée à ne parler que de mon sujet préféré : le livre. Mais quand je me suis promenée dans les allées, que j’ai vu Djemila Benabib que je vois souvent à Bazzo.TV. Je me suis dit rapidement : que fait-elle ici… dans « mon » salon? Pas comme un reproche, loin de là, mais comme une intruse. Mais peut-être est-ce moi qui ne réalisais pas que je me promenais dans « la cour des grands »? Que j’étais une des leurs. Que je n’étais pas que blogueuse du dimanche, une banale Facebookienne, mais auteure, une vraie. 

En revanche, jamais, je ne me suis sentie imposteur. 

Et quand le directeur littéraire de Vents d’Ouest (mon plus récent éditeur) vous lance : « en tout cas on est intéressé à lire la suite », ça clôt bien une journée dans un Salon du livre, non ? Ce n’est pas le genre de phrase qu’on dit à n’importe qui. C’était un échange entre un directeur littéraire et une auteure. 

Voilà pourquoi, ce soir, au souvenir de toutes ces phrases, je suis émue. Émue d’avoir la chance de vivre et d’entendre de telles phrases.

(photo de "mon" salon, faute d'avoir apporté mon gros appareil photo pour prendre le "vrai")

samedi 23 février 2013

Cette année, j'y serai

Dans une semaine, samedi prochain le 2 mars, j’y serai. Le dimanche 3 aussi. Pas comme visiteuse, non, en tant qu’auteure du roman Les Têtes rousses (comme si on ne le savait pas, je n'en ai pas une douzaine!), au stand de Vents d’Ouest (200) et à celui de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais (102). 

Je l’écris bien clairement pour être certaine. Ce n’est pas trop loin, une semaine, il faudrait que la foudre me tombe dessus pour que je n’y sois pas. S'il y a tempête, je me rendrai la veille, au besoin. À une semaine d'avis, jamais je croirai... L’an dernier, alors que mon roman venait de paraître, alors qu’il était finaliste au prix Le Droit, je n’ai pas pu être présente. À mon très grand regret. Ce moment-là, je ne le rattraperai jamais, j’avais autre chose à vivre, il faut croire. Je croyais qu’une année après, la santé revenue, j’en voudrais moins à la vie de m’avoir fait ce coup, mais là à quelques jours du Salon qui me rappelle celui que j’ai manqué, la colère remonte un peu à la surface. J’ai encore quelques jours pour l’apaiser. 

Cette année, je suis libre, j’y serai donc. Peut-être finalement que ce sera plus agréable, parce que moins de pression, moins d’attentes. En tout cas, je vais prendre ça relaxe, juste prendre plaisir à être là, à feuilleter des livres, à jaser avec d’autres auteurs, à rencontrer «de vive voix» quelques blogueuses et blogueurs. Je ne prendrai pas de chance, je vais quand même apporter un stylo pour signer quelques dédicaces, qui sait...

Bon, qu’est-ce que je vais mettre, donc ?

mardi 19 février 2013

Que devient Louise Falstrault?

Au début de ce blogue, était une co-blogueuse, Louise Falstrault, d’où son nom dans l’adresse dudit blogue, d’ailleurs. Le temps de quelques billets, j’ai présenté l’artiste, j’ai parlé de ses expositions. Le temps de quelques autres, j’ai fait la promotion des Créateurs de la Petite-Nation dont elle faisait partie. Puis, depuis un an, plus rien sur elle. Et dans ce monde merveilleux de la culture et ce monde cruel de la vie artistique, qui n’est pas vu, n’existe plus, c’est bien connu. 

Or, Louise Falstrault, en tant qu’artiste peintre existe encore. Elle peint encore. Moins, mais encore. Non pas moins parce que son métier ne la passionne plus, mais moins, par choix. À ses débuts, pour que ses tableaux soient vus, vendus, attendus, pour que l’artiste existe, elle a été partout où elle pouvait : expositions locales, régionales, provinciales, symposiums petits et grands. Elle a frappé aux portes de bien des galeries… des grandes villes et de toutes les provinces. Pendant quinze ans, elle a participé à la tournée des ateliers des Créateurs de la Petite-Nation dont elle était membre-fondateur. 

L’an dernier, l’artiste a repensé sa carrière. Point de retraite pour une artiste peintre, mais ce qui ne l’empêcha pas de réorganiser son temps et de soigner un genou. Son atelier est toujours ouvert, vaut mieux prendre rendez-vous, l’artiste se permet de sortir de temps à autre ! Si elle participe beaucoup moins à des expositions provinciales, elle se garde du temps pour celle de Saint-André-Avellin qui se tient annuellement, dans le cadre de FemmExpo du 9 mars au 14 avril. Et si les deux dernières années, il y eut grande crise économique qui toucha, parfois sévèrement, les galeries d’art, ça va mieux de ce côté, surtout à Calgary. En effet, dans les deux derniers mois, la galerie Stephen Lowe a vendu et commandé six tableaux de l’artiste qui a participé à un « Artist spotlight » en compagnie de trois autres artistes peintres québécois, Roland Palmaerts, Gilles Bédard et Louise Larouche. C’est pas rien quand même. Quant à son autre galerie, celle de Baie-Saint-Paul, gageons que le printemps ramènera les acheteurs, aussi nombreux qu’ils le furent l’automne dernier. 

Voilà donc pour l’artiste-peintre-qui-ne-connaîtra-jamais-la-retraite, même si elle a l’âge !

samedi 9 février 2013

Ne viens pas me dire...

Une blogueuse et Facebookienne qui t’annonce que ton livre est bien en vue sur un présentoir des coups de cœur des employés d’une bibliothèque, tu lui poses d’abord quelques questions pour être bien certaine d’avoir compris.

— Tu veux dire dans le présentoir des auteurs de l’Outaouais ?
— Non, non, un autre présentoir, seulement des coups de cœur.
— Quand l’as-tu vu ? L’an dernier ?
— Non, non, cette semaine.

Tu es surprise, d’autant que ton livre est sorti en octobre 2011 et tu es en février 2013. Vraiment une bibliothèque, ce n’est pas une librairie, c’est bien mieux ! Ton livre a une plus longue vie.

Ça m’a fait plaisir, bien sûr. J’y ai pensé pendant toute l’heure du diner. Tout en mangeant, je me disais un coup de cœur qui devrait te donner un bon coup de pied au c… pour terminer la suite de ce roman. Qu’est-ce que tu attends ? Qu’est-ce qu’il te faut ? Allez, nomme-les les raisons qui te font procrastiner de la sorte, hein, dis, dis !

— Ne viens pas me dire que tu n’as plus envie d’écrire, je ne te croirai pas. 
— Écrire des billets de blogue, laisser des commentaires dans des forums ou sur Facebook, c’est facile. Oui, ça me tente encore d'écrire, mais écrire en vue de publication, c'est autre chose. Chercher, imaginer, pondre, penser au conflit à la montée dramatique, équilibrer les scènes, prendre trois heures pour accoucher de quatre ou cinq pages, les corriger ligne par ligne..
— Eh oui, et puis, ne viens pas me dire que tu n’as pas le temps, tu ne travailles pas à l’extérieur, tu n’as pas d’enfants à élever. Autres faux-fuyants?
— Envoyer le tout à des éditeurs, attendre. Ce fut tellement long pour le dernier. Des mois, des années, tout ça pour quelques dollars.
— Ne viens pas me dire que tu fais pas ça pour l’argent?
— Non, mais disons que ce serait une motivation supplémentaire.
— Trouve-moi de meilleures raisons de ne pas poursuivre.
— Bon, je vais te le dire, j’ai 62 ans, bientôt 63…
— Pas une raison, j’en connais qui commence à écrire à cet âge. Ne viens pas me dire que tu te crois une vieille finie?
— Certains jours, oui. Je ne sais pas ce qui est arrivé, en fait, laisse-moi finir, ce n’est pas facile de trouver les raisons profondes de ma démotivation. Encore moins de les avouer. Voilà, j’ai 62 ans et je commence à me dire qu’il m’en reste moins en avant qu’en arrière… non, ne dis rien, regarde ce matin, c’est tellement beau à l’extérieur, j’irais bien prendre quelques photos. Et puis j’ai envie de voyager. Il me reste quoi, une bonne dizaine d’années pour voyager en véhicule récréatif. Quand je pars dans la généalogie, ou quand je commence à lire des blogues sur les voyages... Lire aussi ça prend du temps. J'ai encore quelques clients en graphisme...
— Ne viens pas me dire...
— Je sais il me reste quand même du temps pour écrire. Le matin, par exemple, quand je me lève entre six et sept heures, tout est tranquille dans la maison, je pourrais prendre deux heures pour travailler ce cher manuscrit.
— Ben oui, le matin, qu’est-ce qui t’en empêche, tu l’as déjà fait.
— Je trouve que ça ne vaut plus la peine. Pas le moral à terre, mais pas envie. Je pense bien que je n’y crois plus.
— Écoute, je vais le dire à ta place. Je sais fort bien ce qui est arrivé la dernière année, tu as eu un cancer, tu as été profondément affectée par le fait que tu n’as pas pu aller aux Salons du livre comme tu l’avais espéré parce qu’il a fallu que tu suives des traitements. Tu avais perdu le contrôle de ta vie. Je gage que dans ton petit cerveau, avec ce qu'il te reste de raisonnement judéo-chrétien, à moins que ce ne soit du nouvel âge, tu t'es dit que si tu ne pouvais pas faire la promotion de ton livre, c'est que tu n'avais pas à publier. Ou quelque chose du genre. Tu as dû mettre projets et rêves en veilleuse. Tu as passé des semaines, des mois à n'avoir le goût de rien d'autre, juste passer au travers, juste attendre que ça aille mieux, mais c’est fini, là. Ta dernière mammographie est belle, tu as retrouvé toute ton énergie. Ne viens pas me dire que tout a changé, que tu n’es plus la même, je ne te croirai pas.
— Je suis la même, mais il y a comme une urgence de vivre, alors prendre tant de temps pour peut-être avoir la chance de voir mon livre publié et à combien d’exemplaires, pas sûre…
— Tous ces lecteurs et lectrices qui attendent la suite.
— Ça représente quoi : 300 lecteurs maximum.
— Ne viens pas me dire que tu écris pour péter des records de lecteurs ? Quand bien même ça ne serait qu’un, tu ne serais pas fière ? Et puis, rien que pour toi, ce serait bien.
— Un ou dix milles, tu as raison, quelle différence. Quand j’écris, je suis toute seule devant mon clavier.
— Au moins, finir ce que tu as commencé. Tu le dis toi-même, ce coup de cœur à la bibliothèque, ça te fait plaisir.
— Ben euh, justement, le « après » me fait plaisir, mais le « pendant » ? Si au moins, il était tout écrit ce roman et que je n’avais qu’à corriger. Et ensuite, le vendre, aaaahhh !! Ce que j’aime, moi, c’est corriger, le reste, je peux très bien m’en passer.
— Ben corrige au moins ce que tu as. Un jour à la fois, comme la dernière année pendant tes traitements. Ne vois pas plus loin. Alors, ça y est, tu es convaincue, après ce billet, tu ouvres ton fichier : Têtes rousses, tome 2, même si ce ne sera probablement pas le titre ?
— Ben euh…

Et vous, qu’est-ce qui fait que vous continuez ?

samedi 2 février 2013

Du coq à l'âne, et tant pis pour les règles du blogue


En terminant L’Anglais de Denise Bombardier, j’ai eu la curiosité (elle ne me lâchera donc jamais, celle-là !) d’aller voir sur Internet si Denise Bombardier était brouillée avec sa sœur Danièle parce qu’il n’en fut pas question dans son roman. Aux dernières nouvelles (qui datent des années 1980, avouez que je ne suis pas très à jour dans le potinage), elles étaient bonnes amies avec les Clémence Desrochers, Louise Beaudoin, Louise Latraverse et quelques autres « girls » de l’époque. 

Et Google m’a mené au Passe-mot de Venise Landry qui a commenté pendant des années les Correspondances d’Eastman où, justement, Danièle Bombardier menait de main de maître plusieurs entrevues. À partir de la lecture d’un billet, j’ai trouvé un lien vers mon propre blogue : l’année où j’étais allé à ces Correspondances. Je me suis mise à relire un billet écrit lors de cette période. Je me suis surprise à trouver suffisamment intéressant les petits textes que j’en ai lu un et un autre, en plus des commentaires.

C’est très rare que je me relise. Sur le coup, oui, pour corriger, pour peaufiner, pas autant que si c’était une nouvelle ou un texte en voie de publication, mais quand même un peu. Mais relire un an après, deux ans après, rarement. Je crois bien que c’était la première fois que je relisais des billets de mon blogue. Et je me trouve très bien. Bien intéressante. Surtout l’histoire de ma petite souris dans le véhicule récréatif (pour vous rafraîchir la mémoire, elle est encore là >>>)

Il me semble que ce que j’écris aujourd’hui — dans mon blogue toujours — est plus ennuyeux qu’à cette époque. Est-ce que je me donne moins de mal ? Est-ce parce que c’est devenu un pensum, que le plaisir n’y est plus ? J’espère bien que non. Les sujets ? J’aimerais bien retrouver le ton léger, cette manière de faire le tour d’une question, me donner la peine de développer une idée et surtout, ah ! oui, surtout que ce soit aussi intéressant à lire.

Je ne vais pas dire que je me trouve ennuyeuse rien que pour lire le contraire dans les commentaires.
Parlant des commentaires…

Si on en croit quelques articles au sujet des blogues, les personnels ai-je besoin de préciser, on dirait qu’ils ont moins la cote. Peut-être pas pour la création, il s’en crée encore beaucoup chaque jour, surtout pour rester en contact avec les parents et amis, mais pour la lecture : les gens ne les lisent plus beaucoup. Facebook et Twitter leur suffisent :

Prenons par exemple le mien. Depuis quatre ans, 68 membres se sont inscrits.

Croyez-vous que les 68 membres lisent encore mon blogue ? En tout cas, s’ils lisent, ils commentent beaucoup moins. De toute façon, presque impossible de savoir qui s’inscrit. Un soixante-huitième s’est inscrit dernièrement. Croyez-vous que je sache qui ? Pas du tout. Je me demande bien dans quel ordre Blogger comptabilise ces membres inscrits. J’ai donc cliqué sur chaque petit icône-avatar sans trouver le nouveau et je me suis aperçu alors qu’un bon tiers, sinon plus, n’a plus l’air de venir zieuter de ce côté-ci de mes écrits. Si vous savez comment fonctionne le classement des membres inscrits, n’hésitez pas à m’en informer.

Personnellement, quand je découvre un nouveau blogue et que je m’y attarde, je me fais un devoir d’écrire un premier commentaire et, si possible, je m’inscris. Toutes les plateformes ne fonctionnent pas de la même manière. Chose certaine, je l’ajoute à Google Reader, ainsi chaque matin, je sais si un nouveau billet a été ajouté et je peux donc lire et … commenter.

Je crains fort que Facebook et Twitter soient en tête de liste pour la popularité d’écritures et encore plus de lectures. Je reçois plus rapidement et plus de commentaires sur Facebook (je ne suis pas sur Twitter), quand il m’arrive de publier mon billet sur ce réseau social. Je sais, j'en ai déjà parlé Décidément, mes billets sont moins percutants qu'en 2010! C'est la faute de la petite souris, j'aurais peut-être pas dû la tuer!

N’empêche, je n’ai pas trouvé si les deux sœurs se parlaient encore. Comme quoi, je ne changerai jamais et entre le point A et le point Z, il y a plus que 24 chemins !

vendredi 1 février 2013

Boulimie de lectures

Pendant six ou sept mois, je n’ai pas beaucoup lu. Pas le goût, mon esprit était occupé ailleurs, mais, comme si j’avais suivi un régime, je me rattrape. Je suis devenue boulimique de lectures. Je lis tout ce qui me tente. Des petites bouchées parfois pour goûter à tout. De longs repas savoureux souvent, mais je ne finis pas mes assiettes! Le fait de pouvoir maintenant emprunter des livres numériques à la BANQ, c’est pire, c’est facile de succomber.

Coup sur coup, à quelques jours d’intervalle parce qu’ils étaient disponibles, j’ai emprunté les livres numériques :
Rapide Danseur de Louise Desjardins
Le Grand Jamais de Daniel Tressart
Mayonnaise d’Éric Plamondon
La porte du ciel de Dominique Fortier.
Ï tréma de Gilles Pellerin

Je ne connaissais pas ces auteurs, hormis le fait que j’ai déjà lu Les larmes de Saint-Laurent de Dominique Fortier. Des livres choisis après avoir lu des billets sur les blogues de Venise ou de Dominique Blondeau.

Et puis à la bibliothèque, où j’allais chercher des livres pour l’artiste qui ne lit pas tout à fait le même genre que moi — heureusement, s’il fallait… je n’en finirais pas —, je n’ai pas pu résister au deuxième roman de Daniel Lessard La revenante, suite je crois bien de Maggie que j'avais bien aimé, et à L’Anglais de Denise Bombardier.

Comment font-elles ces personnes qui, au fil des années, se sont constitué des PAL (acronyme de pile à lire)? Comment résister à commencer un tel alors que celui de la veille n’est pas terminé ? Est-ce parce que je me suis privée que je ne parviens pas à lire calmement, complètement un livre avant d’en commencer un autre ? Je suis devenue une TDAH (autre acronyme pour Syndrome d'hyperactivité et d'inattention) du livre : incapable de rester en place et de lire tranquillement un livre. Aussitôt les trente ou cinquante premières pages lues, je passe au milieu, à la fin… et à un autre. 

Et ce n’est pas parce que le livre est ennuyeux ou mal écrit. Loin de là. Que des petits chefs-d’œuvre dans la liste ci-haut mentionnée. Il y a bien La porte du ciel que j’ai laissé parce que je n’accrochais pas, ni ne m'identifiais à un personnage en particulier, autant de mal à lire que Les larmes de Saint-Laurent que j’avais dû reprendre trois fois avant d’être dans un état d’esprit propice à lire ce genre d’histoire, mais les autres, des romans contemporains, au style moderne, comprendre par là des phrases courtes, des personnages jeunes, une histoire qui se passe au Québec. Tout pour me plaire. Pour un style plus classique avec des qui, des que, j’ai dévoré L’Anglais de Denise Bombardier et je me suis délectée des petits textes courts, profonds, sentis, de Gilles Pellerin, des textes comme j’aurais aimé en écrire dans mes journaux intimes au temps où j’en tenais.

Qu’est-ce que je vais faire quand La chute des géants de Ken Follett va apparaître dans mon sillage ?

Docteur, qu’est-ce que j’ai ?

mardi 29 janvier 2013

Bravo Dominos!


Toutes sortes de raisons pour acheter un livre. La mienne pour acheter Dominos ? Parce que je connais l’auteure, Lucille Bisson. Pas en personne, mais via Internet, via nos blogues respectifs, via Facebook où elle est très active. Elle a acheté mon roman, j’achète son livre de nouvelles, c’est comme un juste retour des choses.
Et j’ai lu, bien sûr. Et j’ai aimé. Beaucoup.

Bravo pour ces cinquante nouvelles toutes plus surprenantes les unes que les autres. Et ayant un lien –si minime soit-il — avec la nouvelle précédente, comme dans le jeu des dominos.

Bravo à l’auteur qui a réussi à faire vivre des personnages autant féminins que masculins, à écrire au « il » comme au « je », avec une même efficacité. Bravo pour l’écriture simple et vivante, équilibrée entre narration et dialogues.

Bravo pour la constance, la discipline en respectant son idée de départ d’écrire des nouvelles à 1,000 mots. On pourrait croire à un exercice donné en atelier d’écriture, mais non, l’auteure elle-même s’en explique à Sonia Alain dans une entrevue publiée par là >>>

Bravo pour les chutes, le propre d’une nouvelle, dont certaines sont vraiment inattendues, réussies, et même les prévisibles sont bien contrôlées. Certaines tiennent dans les deux derniers mots. Faut le faire. On meurt beaucoup dans Dominos, mais ça donne des chutes-chocs.

Si je ne suivais pas le parcours de Lucille Bisson, j’aurais cru qu’elle était comptable dans une autre vie tellement les chiffres sont nombreux dans son livre. Étant donné le concept des dominos, j’ai trouvé normal la quantité de chiffres : pour l’âge, pour l’argent, pour les heures.

Bravo pour la persévérance à vouloir publier ces nouvelles, à y avoir cru. Les Éditions Première chance, chez qui le livre est édité, spécifient, en page 6, qu’elles se dégagent de bien des responsabilités et expliquent qu’il ne faut pas comparer aux éditeurs subventionnés.  Je ne crois pas que le lecteur ait besoin de connaître ces détails, de savoir la mission de cette maison d’édition aurait suffi.

Bravo pour tous les efforts que l’auteure a fournis depuis un an pour promouvoir son livre : un site, trois lancements, sa page Facebook, une vidéo promotionnelle et quelques autres petites bricoles qui ont sûrement fait connaître cette Valdorienne au moins dans sa région, si ce n’était pas déjà fait.  Comme quoi un livre n’est pas qu’affaire d’écriture. On sent que Lucille Bisson y apporte toute son attention… comme une femme d’affaires.

La graphiste que je suis a été dérangée par les coquilles laissées et le choix de la justification sans césure, ce qui laisse parfois de grandes espaces entre les mots, mais après quelques pages, les histoires bien fignolées ont réussi à la faire taire. Si cette même graphiste a beaucoup aimé les deux couvertures, elle aurait bien aimé que le concept des dominos soit respecté sur la première : que l’un des côtés d’un domino ait le même nombre que le domino suivant, mais la lectrice a fini par se laisser charmer par le propre du livre : les histoires que l’auteure nous raconte si bien.

Bravo pour Dominos, le premier livre de Lucille Bisson. D’autres suivront, j’en suis persuadée.

Lien vers le site de Lucille Bisson >>>