mardi 16 janvier 2018

La fois où j'ai passé les Fêtes dans le sud (10)

La remontée, du 2 au 6 janvier

Après un tableau comparatif des pourcentages de neige et des températures sur la 81, à partir d’Hagerstown, plus Ottawa et chez nous, on décide de partir le 2 janvier. Il n’y a que Syracuse qui est à 40 % de chance de «flurries». Il fera froid, mais la chaussée sera sèche, c’est l’important.

Et comme on annonce plus frais et nuageux aussi dans le sud, on a moins de peine de partir.
Échanges de courriels, embrassades, conseils de prudence et souhaits de bon hiver.
Rangement de pare-soleil, de tapis de sol, de vélo et quadriporteur.
La vidange d’huile a été faite, la pression des pneus a été réglée. Le gentil mexicain du garage du coin a même ajouté du lave-glace. Du lave-glace? Valide pour combien de degrés? +32 Farenheit, ça fait combien en Celsius? J’en achèterai du plus approprié en route, plus au nord.
Dernière vérification de l’itinéraire. Je connais par cœur celui de la 95-17-66-81-401-416-417 et 50, mais pour rejoindre la 95? 

Le mardi 2 janvier, mon GPS en fait encore à sa tête, je comprends trop tard qu’il me fait passer par Orlando… et Walt Disney. Pas une très bonne idée en ce temps de congé. Un monde fou d’autos remplies de petites familles.
En fin d'après-midi, nous parvenons tout de même à Brunswick.

Dans toutes mes vérifications, j’aurais dû regarder la température dès la Georgie. On annonce de la pluie verglaçante (j’ai appris à me méfier du mot « Frizzy ») et de la neige autour de Savannah. On décide de coucher deux soirs au Coastal RV de Brunswick (60,66 $ CAN). À moins 3 degrés C, la chaufferette fonctionne toute la nuit.
Le 3 janvier, la pluie verglaçante a gelé les serrures de mes coffres. Encore heureux, les rues de Brunswick sont mouillées, mais praticables, je trouve du De-ice au Flying J. Et j’entends les petits clics qui confirment que mes deux coffres sont bien fermés. Quand il ne pleut plus, nous en profitons pour hiverniser le VR. Achat également de lave-glace de -22 F, conversion -28 C, ça devrait aller. J’essaierai de vider le réservoir dès que possible.

Le 4 janvier, beau soleil, on part tôt, certaines de nous rendre au moins à Roanoke Rapids. Peu après Savannah, congestion. On n’avance pas, arrêt complet pendant deux heures. On écoute la radio : un grave accident impliquant un camion-remorque. La 95 est fermée. Pas bloquée, pas déviée, FERMÉE. Puis, on avance un peu, probablement des autos ou des camions qui sortent et deux autres arrêts complets d’une heure. Cinq heures en tout. Pourtant le ciel est bleu, la glace de la veille est fondue. Les enfants ont le temps de jouer dans la neige, les parents d’aller griller une cigarette et même le paquet au complet. On se compte chanceuses : nous avons la toilette, la bouffe, la chaleur.

Coucher à Manning (au sud de Florence) seulement. Hôtel parce que -7 degrés et je ne voulais plus ouvrir mon coffre pour sortir la rallonge électrique.
Le vendredi 5 janvier, debout à 6 heures, départ avant 7 heures, bien décidées à rattraper notre retard. Ce qui sera le cas. Même s’il y a de la neige dans les champs, les routes sont bien dégagées. Nous coucherons à Hagerstown. Petite crainte que la batterie ne parte pas à -14, achat d’un bloc d’alimentation, mais non, ma Van est forte.

Le 6 janvier, nous espérons arriver chez nous le soir, quitte à rouler à la noirceur, ce que je ne fais pas dans des villes inconnues. Au Flying J de New-Milford, au grand vent, je remarque que mon grand coffre s’ouvre, la serrure ne barre plus, le tiroir s’ouvre d’un côté, je m’arrête trois fois, rien à faire, le coffre s’ouvre toujours. Je décide d'utiliser du ruban adhésif noir Gorilla (acheté en mai dernier après notre « rencontre » avec un chevreuil) et une corde que j’attache à l’intérieur de ma portière. Ça tiendra le coup.

Je savais également que seul le 40 % de « flurries » à Syracuse aurait pu poser problème. Ce fut le cas. «Lake effect snow». Sorte de brouillard, chaussée mouillée, lave-glace requis. Et puis en pleine ville, plus de lave-glace. Zut, j’ai oublié d’ajouter celui que j’ai acheté. Impérativement arrêter. Je sors à la sortie suivante, bretelle très enneigée, petite côte, feu rouge, tournant, station-service. Je freine lentement, je stationne sur le côté du garage. Je sors en souliers dans trois pouces de neige. Il fait moins 17. J’emplis le réservoir. Il s’agit maintenant de revenir sur la 95. Re-tournant, re-feu rouge, re-petite côte, re-bretelle enneigée. Je serre le volant de mes deux mains gantées, j’appuie lentement mais sûrement sur l'accélérateur, mais ma copilote me dit quoi faire au millionième de seconde, comme si j’étais dans une côte de Charlevoix ou de Grande-Vallée. Et nous (la pilote, la copilote et la Van forte et fiable) avons repris la 95.

Dès après Syracuse, le ciel se dégage, la chaussée sera sèche jusque chez nous.

Cadeau : la douanière aux Mille-Îles parle en français.
Arrivée à la maison à la noirceur un peu après 19 heures.

Voilà comment nous aurons passé les Fêtes cette année.

Une fois le stress de la route passé, une fois le quotidien routinier retrouvé, je pourrai me remettre à la lecture et à l’écriture, mes deux autres passions un peu délaissées pendant ces deux mois.
Je retrouverai alors la neige avec plaisir.
Je l’aime quand elle est bleutée, quand les cristaux brillent au soleil.
J’aime quand, derrière les pins rouges et les branches chargées de neige, j’entends le clapotis du ruisseau caché au bout de ma terre.
J'apprécie la noirceur des nuits et le silence des jours.
Et les mots pour les dire. 

Pluie froide et verglaçante à Brunswick




8 commentaires:

  1. Aaaah le tape Gorilla... ça c'est du tape :) J'ai remplacé un morceau de plastique cassé par ce tape il ya deux ans et il tient toujours parfaitement! Bon retour et bon hiver!

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    1. Le plus incertain, c'était de sécher comme il faut la fibre de verre. À -17, ce n'était pas évident.

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  2. Alors profitons de la beauté de notre neige canadienne et trouvons les mots pour en parler! Bon retour au silence, à l’écriture et à la lecture...

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  3. Bon retour!
    Merci pour ces reportages qui font du bien....quoique à votre description de la froidure, je l’ai ressenti 😀😉

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  4. Très beaux récits et très explicites. Nous, on est en Floride depuis le 18 octobre et votre histoire nous confirme la bonne idée d'y rester jusqu'aux bourgeons... début avril.

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  5. Si j'ai bien compris, on ne parle pas encore de.....

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    1. On nous cache quelques choses.,.
      Bien aimé vos récits

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