mardi 28 juillet 2015

Matisiwin n'est pas que l'histoire des Atikamekw

Je laisse à d’autres, plus spécialistes que moi, le soin d’en parler, de résumer, de présenter (voir les liens à la fin de ce billet). Pour ma part, quand je lis un livre, ce n’est jamais dans le but d’en parler sur mon blogue. Pas comme le font si bien d’autres critiques, chroniqueurs ou blogueurs. Bien sûr, si je parle des livres, c’est que je les aime. Je ne commente que rarement les livres que je n’ai pas terminés ou qui ne m’ont pas touchée. Mon point de vue est plus personnel, ne vise pas un public de possibles lecteurs (en fait je ne sais trop quel lectorat rejoint mon blogue éclectique), mais j’écris donc pour le besoin de dire ce qui m’a frappée dans telle ou telle lecture. Les cordes touchées, les marques laissées, les pas franchis, le rappel de mes propres expériences. Et ce besoin d'en parler comme d’autres ont besoin de marcher. Besoin d’être, de vivre. Seule, loin des regards, des reproches ou des jugements. Chaque livre m’apprend à être moi. Une intimité rassurante. Matsiwin est comme un Paolo Coelho québécois. 

« Tu l’entends dans le vent qui soupire et dans les épinettes qui dansent. Dans le chant du traîneau porté par le tambourinement feutré des raquettes. Des le son-silence des flocons qui se déposent tout autour de toi.
Je te parle de ce que tu es. Je te parle de ce qui se trouve sous la neige, et de ce que tu es venue chercher. Je suis ta mémoire. »

Matisiwin m’a raconté des histoires, comme des contes. L’histoire du porc-épic, celle du serpent. Des histoires d’animaux symboles. Des leçons de vie qui arrivent aux Atikamekw, mais elles pourraient arriver à n’importe qui, à vous, à moi. Selon nos propres expériences de vie, tel chapitre nous rejoint aujourd'hui, tel autre nous rappelle ce par quoi nous sommes passés, hier encore.

L’auteure a parlé tellement plus que des femmes ou des enfants du peuple de la Haute-Mauricie ou du Moteskano, le Chemin tracé des Ancêtres. Elle a parlé de la relation avec nos mères, nos pères. Du temps. Du suicide. De la douleur. Du pardon. De la vie.

La fin de chaque chapitre — très court — frappe l’imaginaire. Parfois une ligne isolée, parfois un seul mot, attendu. Qui vous va droit au cœur ou à la raison, m'aobligé à prendre une pause, souffler, réfléchir. 

« Cette marche te sauve la vie pour l’instant. Mais elle ne va pas te guérir. Ta guérison, elle t’appartient. »

« Nous rions parce que nous sommes fragiles. Nous rions pour faire tenir ensemble les morceaux du monde. »

Un roman dur pour certains parce qu’il raconte une réalité difficile, mais un roman puissant par son style efficace. Personnellement, c’est le style de Marie-Christine Bernard que j’aime, qui me parle, qui m’emporte. L’histoire s’efface peu à peu avec les jours, mais les mots, l’agencement des mots flottent dans mon esprit comme un parfum sucré que je veux respirer encore quelques jours.

J’ai une nouvelle à remettre au mois d’août et je sais, j’espère qu’elle sera teintée de ce parfum puissant.

Liens vers d'autres billets:

dimanche 19 juillet 2015

Lire donne le goût des voyages... et des livres

Lire c’est aussi voyager, je l’ai toujours su.
Cette fois je suis en Cornouailles, Angleterre.

J’achève la lecture de Manderley for ever de Tatiana De Rosnay, ce qui me donne le goût de revoir les bords de mer dont raffolait Daphné du Maurier. À défaut de m’y rendre, j’ai Google maps et Google images (avant l’ère d’internet, j’aurais sorti mon Grand Atlas). D’autant plus facile que je lis sur tablette, donc je clique ici et là et j’atteins rapidement cette région que les fréquents brouillards rendent mystérieuse et attirante. J’ai cherché Ferryside, Menabilly et Killmarth, les trois résidences principales de l’auteure du célèbre roman Rebecca

De plus en plus, moi, qui ne me croyais pas visuelle, j’ai besoin de voir les lieux, les gens. Je m’habituerais fort bien aux livres numériques illustrés, comme on lit La Presse+ avec textes, photos et vidéos. En revanche, je reviens toujours au texte. Et si je me fie aux films tirés des romans de Daphné du Maurier, et à plusieurs autres d’ailleurs, le texte aura toujours ma faveur première. J’ai rêvé d’un film ou d'une série télévisée à partir des Têtes rousses, mais l’époque n’est plus ce temps ni ce lieu (comprendre le Québec) bénis où les réalisateurs s’intéressaient aux romans aussitôt leur publication annoncée pour en acquérir les droits. 

Puis, en attendant que ma tablette se recharge (oui, oui, je sais bien que je pourrais lire avec le fil USB branché, mais faut bien prendre des pauses de temps à autre), je jette un coup d’œil sur le livre publié chez Fides, Maria Chapdelaine, le roman bien connu de Louis Hémon, accompagné de reproductions des tableaux de Fernand Labelle. Publication en 1994. Retourner à Péribonka, j'aimerais bien, mais cette fois, je préfère me contenter d'admirer la nature sauvage admirablement bien représentée par l'artiste peintre. Le roman est-il encore lu? L’artiste est-il encore vivant? Oui, j’ai vérifié, né en 1934, ce qui lui donne 81 ans. Heureux homme qui a peint en partant d’un roman. J’ai déjà rêvé d’écrire à partir de tableaux d’artistes. Je l’ai fait, mais qui l’a su?

Le lien entre ces routes : celle de Daphné du Maurier, de Louis Hémon, Maria Chapdelaine et Fernand Labelle? Rien d’autre que le plaisir des livres, des voyages et de l’art visuel. 

De retour à Manderley for ever. Ai-je besoin de vous dire ce que je pense du titre en anglais? Je préfère dire que j’ai beaucoup aimé ce livre, malgré le choix du titre. Faut-il, comme Tatiana de Rosnay, avoir aimé Daphné du Maurier? En tout cas, cette biographie confirme ce que j’ai toujours pensé : l’auteure de Rebecca n’est pas cette écrivaine de gare, classée dans la littérature populaire, comme si c’était une tare d’insérer de l’amour dans une histoire et une tare pire encore: celle de vendre beaucoup. Et je déteste toujours cette manie de classer, d’étiqueter les romans, le seul classement que j’admets, c'est de dire que c’est un roman, du théâtre, de la poésie, un essai. Mais d’opposer le populaire (le méchant) au littéraire (le bon, le seul digne d'exister), je m’y refuse. Bref, j’ai aimé à divers degrés les romans de Daphné du Maurier que j’ai lus dans la vingtaine et que je relirais avec plaisir. Sûrement d’un œil nouveau avec ce que j’ai appris de son parcours. 

Mais probablement qu’avant, je lirai les romans de Tatiana de Rosnay que je ne connaissais pas et que je soupçonne d’être classée dans le populaire!

Sauf que le 12 août, pour répondre à l'événement lancé l'an dernier par Patrice Cazeault, j’achèterai un livre québécois. Le choix est grand. Des propositions? 


samedi 11 juillet 2015

L'été, l'auteure

L’été, l’auteure que je suis est tiraillée, contrariée. Elle voudrait bien écrire, son cerveau continue de travailler en ce sens. Fidèle compagne, sa créativité est au rendez-vous. Tout aussi loyal, son besoin n’est jamais rassasié. Elle sait que le temps file.

Mais (ce mot de nuance qui s’acharne à être dans toutes ses pensées) l’été, l’auteure veut aussi être dehors. Le plus souvent possible. Elle est en manque d’heures de lumière. Dehors pour marcher, pédaler, se baigner (quoique beaucoup moins depuis quelques années, pas si chaud ou son corps se refroidit?). Des travaux extérieurs l’appellent : l’aménagement paysager à refaire après les travaux sur la devanture, l’entretien hebdomadaire de la pelouse (si on peut appeler pelouse tout ce qui pousse malgré ou à cause de l’acidité du sol). Manger dehors, les trois repas si possible. Au sujet des repas, elle en rajoute un peu trop, en hiver aussi, elle mange.

Il y a quelques sorties : un pique-nique, une randonnée en vélo et même trois jours chez un ami. Beaucoup plus de social, l’été : fêtes de famille, la cousine qui vient de loin, l’amie qui n’ose plus sortir en hiver s’annonce. 

Et quand elle est forcée de rester à l’intérieur, parce qu’il pleut ou que le domestique la réclame, que fait-elle l’auteure? Elle va au plus pressé : les travaux payants, le bulletin de quatre pages à monter, un dépliant à remettre, la promotion à préparer pour la sortie de son prochain roman. Mais écrit-elle? Non, elle a hâte de retourner à l’extérieur, profiter du beau temps. 

Malgré qu’elle a un ordinateur tout neuf, donc une batterie qui pourrait tenir plus d’une heure, c’est bien connu un écran, tout brillant soit-il, n’est pas l’idéal pour l’écriture à l’extérieur. Elle s’arrache les yeux, elle s’impatiente après le pavé tactile, elle qui lui préfère la bonne vieille souris. Alors, elle renonce, elle remet l’ordinateur sur le bureau et… retourne à sa chaise longue, un cahier et un stylo à la main. Écrire à la main, c’est tout de même écrire, non? De quoi se plaint-elle?

Que lui reste-t-il à l’auteure sinon les petits jumeaux, potron-jacquet et potron-minet. Et encore, le soir, les heures de clarté étant ce qu’elles sont en été, elle entre tard, elle s’attarde devant un petit feu, elle jase plus longuement, elle se couche plus tard et donc, n’a pas très envie de se lever aux aurores.

L’été, l’auteure qu'elle est ronge son frein et a presque hâte que l’automne revienne. Pourtant non, elle adore l’été, elle adore être dehors, à lire à rêvasser. L’été, elle se sent moins coupable de ne rien faire. 

L’été, l’auteure fait taire l’écrivain qui lui souffle l’idée que peut-être elle ne serait pas une «vraie». Les vrais ont de la discipline et font fi des aléas saisonniers. « Va au diable, lui rétorque-t-elle, je suis qui je suis et je profite de mon été » La diablesse essaie encore d’avoir le dernier mot en lui chuchotant : « de quoi te plains-tu alors? » mais l’auteure ne l’écoute déjà plus, le bruit de la tondeuse couvrant le son de sa voix.

Elle se sent juste coupable de moins écrire. Non, pas coupable, mais frustrée. Demain, quel temps fait-il?

lundi 29 juin 2015

Incursion en art contemporain

Il ne faut pas attendre d'aller à l'école pour apprendre. Ça vaut pour tout : la lecture, la musique, l’art autant que les travaux domestiques ou manuels. Enfant, il y avait, du côté de mon père, sa sœur et son beau-frère qui avaient fait les Beaux-Arts, du côté de ma mère, sa sœur qui avait du talent dans le dessin. Chez nous, les murs étaient plutôt décorés de bibliothèque, mais pas seulement. Mes parents ramenaient de leur voyage un tableau acheté à Montmartre ou à Québec. Nous avons appris à aimer les vitraux, les cuivres d’art, la poterie, les sculptures, les tableaux. 

Mais j’ai vraiment connu le monde de l’art en rencontrant Louise Falstrault. J’ai déjà parlé d’elle, je l’ai accompagnée à des symposiums, je monte son site Internet. Et quand j’en parlais, je montrais ses tableaux en art figuratif. Ses paysages colorés. Pourtant, elle a toujours été attirée par l’art abstrait (ou moderne ou contemporain, c’est selon). Il a suffi d’un travail d’été au Musée d’art contemporain, situé alors à la Cité du Havre, où elle a pu voir des Dallaire, Borduas, Riopelle pour lui donner le goût de s’aventurer dans cette folle liberté. 

Si la vie l’a menée sur d’autres sentiers, des plus lucratifs, plus sécurisants, elle n’a jamais cessé de se laisser aller à ce plaisir d’étaler des couleurs sans but précis, sans contrainte du dessin ou de la réalité. Mais elle ne montrait que ses œuvres figuratives.

Une partie des artistes de Vue sur l'art
Depuis qu’elle a restreint ses sorties dans le pays, elle se permet d’exposer ses tableaux d’art abstrait dans sa région, la Petite-Nation. Deux fois au Centre d’action culturelle Papineau et, pour la deuxième fois, à Papineauville, dans le cadre de Vue sur l’art organisée par Paul Simon et Michel Lamanque, des passionnés de l’art contemporain. Ainsi vendredi passé, le 19 juin, elle assistait à l’ouverture de cette exposition qui se tient dans une église, lieu par excellence puisque « où les gens ont-ils d’abord connu l’art? » demandait un des organisateurs.


Pour l’occasion, l’artiste s’est lancée dans le grand format. Le format de son tableau, qu’elle a intitulé Émotions, est de 48 pouces sur 60 pouces. De plus, sans qu’elle se l’explique vraiment, pour l’art abstrait, elle utilise l’acrylique au lieu de l’huile et elle revient au pinceau, gardant la spatule pour quelques retouches. Pourtant, elle garde à l’esprit ce pour quoi elle peint : la couleur. Ce sera toujours la raison première de son travail (si on peut appeler travail cette grande passion qui l’anime). Je dirais plus de noir que dans ses paysages, mais c’est pour le contraste me dit-elle. 

Non pas une seconde carrière qui s’ouvre devant elle puisque'elle signe ces abstraction du même nom que ses œuvres figuratives et donc, elle ne fait que continuer à faire ce qu'elle aime. Si elle doute que les galeries qui vendent déjà ses paysages lui demandent ses abstractions, elle est déjà bien heureuse de les montrer à son atelier et dans sa région bien-aimée. Et surtout, contente de peindre encore, d'étaler des couleurs sur une toile, de goûter à cette liberté chérie.

Pour voir quelques-unes de ses toiles d’art contemporain, c’est par là>>>
L’exposition Vue sur l’art se poursuit à Papineauville tout l’été. Info>>>

mercredi 24 juin 2015

Fleur de Neige pour l'été,
Fleur de Lis pour le 24 juin

En ce jour de la Fête nationale des Québécois, je devrais vous entretenir au moins d’un livre québécois. Je le voulais, j’avais pensé au livre de l’auteure bien québécoise Mylène Gilbert-Dumas, mais, de toute façon, c’était Une deuxième vie, une histoire qui se passe au... Yukon! J’y reviendrai certainement, mais depuis deux jours que j’ai terminé un autre roman, et il m’obsède! L’histoire ne me sort ni de la tête ni du cœur. J’ai tellement aimé. Et je l’ai lu sur tablette ce qui, habituellement, depuis trois ans que je l’ai, confère aux lectures un moindre intérêt. C’est dire.

Une histoire bien loin dans le temps et dans l’espace terrestre. L’histoire se passe en Chine et au dix-neuvième siècle. Mes dernières lectures de la littérature chinoise remontent à Han Suyin dans les années 1980. Mais tellement près de moi dans le ressenti, dans les sentiments éprouvés. J’ai retrouvé mon âme romantique de 16 ans quand j’espérais être aimée pour la vie. Et trouver une âme sœur. J’étais d’une sentimentalité exacerbée. Et j’épanchais mon cœur dans des lettres enflammées que je jetais la plupart du temps.

Le titre : Fleur de neige. L’auteure : une Américaine d’origine chinoise (quoique à regarder sa photo sur Google images, on ne dirait pas) : Lisa See. Le personnage qui raconte : Fleur de Lis. À la recommandation d’une membre de mon groupe de lecture qui avait simplement écrit : Plongée au cœur de la Chine du XIXe, en plein cœur de la difficile vie des femmes. Émouvant, touchant et attachant… ce qui a suffi à piquer ma curiosité. Et comme la BANQ l’offrait en numérique…

Pour une fois, la lecture d’un roman ne m’a pas donné, dès les premières pages (ni même les dernières) l’envie d’écrire à mon tour. Non, j’ai lu. Avidement. Régulièrement les trois cent pages. Sans en passer une. Et, gage de qualité et d'intérêt, même en allant lire quelques pages à la fin, j’y suis revenue. Tout est intéressant dans ce roman : ce qu’on apprend sur la vie des Chinoises de cette époque : les pieds bandés des enfants dès leurs six ou sept ans, les mariages arrangés, la hiérarchie sociale, mais de cet amour pour une laotong, une âme sœur, je ne savais rien, jamais entendu parler et non plus du langage nu shu, une écriture exclusive aux femmes. Je savais que chez les Asiatiques le mot amour était conjugué différemment selon qu’il s’adresse aux parents, au mari ou à l’âme sœur, mais je n’avais jamais rien lu de si bien exposé.

C’est donc cet amour qui m’a intéressée, et sur lequel je suis restée accrochée tout au long des chapitres et encore ce matin, à mon réveil.
Tes paroles emplissent mon cœur. Nous sommes une paire de canards mandarins, un pont jeté sur le cours d’une rivière. De toutes parts les gens envieront notre alliance. Oui, mon cœur se réjouit d’aller te retrouver.
Fleur de lis n’éprouvait pas encore de tels sentiments à sept ans, mais c’était dans les règles (qui datent de Confucius) de les écrire. Eh! oui, ça m’a émue… et tenue en haleine.

L’auteure a réussi à garder l’intensité émotionnelle tout au long du roman. L’histoire ne tient pourtant qu’à cet amour entre laotongs : les années d’entente, la trahison, la vengeance et le pardon. En arrière-plan, un décor et une société, bien loin de nos références culturelles et historiques, mais très bien décrits. 

Je n’écris même pas que j’en recommande la lecture, je ne suis pas certaine d’être bonne vendeuse à cet égard. Je me contente d’en parler. À chacun-e de voir, de décider. Au besoin, se promener sur le site de Babelio pour lire ce que d’autres en ont pensé. Mais attention, si vous décidez de feuilleter, il se peut que les premières pages vous accrochent le cœur et vous forcent à prendre plusieurs heures de congé pour lire la suite!

Sur ce, bonne fête nationale et je vais lire un livre québécois pour la circonstance. Même si je ne suis pas encore tout à fait prête, mon cœur étant accroché à Fleur de neige.


dimanche 21 juin 2015

Rencontre des Deguire - Larose


J'y serai. Et je compte bien jaser et écouter pour connaitre tout ce qui se rapporte aux Deguire ou Larose et même Desrosiers. Qui est qui, d'où venez-vous, quel chemin vos parents, vos grands-parents ont parcouru. Au plaisir d'échanger avec vous.

Personnellement, voici ma lignée :
Michelle Deguire – Jacques Lamarche
Léo Deguire – Diane Pouliot
Philéas Deguire – Margaret Jane Lynch (ma branche irlandaise)
Benjamin Deguire – Sophie Victoria Leduc (une lignée qui mène à Pierre Laporte)
Jérôme Deguire – Sophie Joron
Nicolas Deguire – Geneviève Martin
Nicolas Deguire – Amable Saint-Amour
Louis Deguire – Louise Cousineau
Jean-Baptiste – Madeleine Coiteux
François Deguire dit Larose – Marie Rose Colin (fille du Roy)
Ça vous intéresse?
Demandez le formulaire d'inscription à 

lundi 15 juin 2015

Lire et écrire par intermittence

Lire une histoire ou l’écrire par intermittence, pas une très bonne idée. Mais qui peut s’offrir des heures, des jours, des semaines consécutives pour ne pas perdre le fil d'une histoire, pour se retrouver dans les méandres de la mémoire.

Je lis Survivre! Survivre! de Michel Tremblay. Il publie peut-être un livre par année, mais je ne les lis pas dans l’ordre. Et pas la même année, forcément. J’en suis au huitième d’une série de neuf de la diaspora des Desrosiers, dont je n’ai lu que les trois premiers.

La Traversée du continent
La Traversée de la ville
La Traversée des sentiments
Le Passage obligé
La Grande mêlée
Au hasard la chance
Les clefs du Paradise
Survivre! Survivre!
La Traversée du malheur

(à paraître)

Sans compter que certains de ses personnages remontent à ses premiers romans comme La grosse femme d’à côté est enceinte publié en 1978 et que je me suis résolue à me procurer en 1990 seulement.

J’aurais aimé un tableau des personnages, comme le font les Michel David, Jean-Pierre Charland ou Michel Langlois. J’avais déjà remarqué que Léméac avait publié un dictionnaire des personnages. Un dictionnaire de 800 pages! Ce n’est pas rien. Je peux bien ne plus me souvenir de qui est qui. Nana, Édouard, les trois soeurs, ça va, mais qui est la mère, le fils, le mari? Complètement perdue. Quant aux transitions entre les chapitres, n'y comptez pas.

N’empêche, Tremblay a ce talent d’écrire des histoires suffisamment intéressantes en elles-mêmes que, même si on ne connait pas tout le passé de chacun des personnages, on lit avec plaisir. C’est le cas ce Survivre! Survivre! 

J’aimerais bien, à l’instar de Dany Laferrière dans Journal d’un écrivain en pyjama, expliquer ce que je trouve dans mes lectures, comme lui a trouvé que Tolstoï savait créer des malaises dans les dialogues. Je ne réussis pas, comme Laferrière, à mettre des mots sur des impressions furtives. Je sais que j’aime, je sais que la lecture m’inspire, me donne envie de raconter à mon tour ou surtout de donner des émotions à mes personnages, mais je ne pourrais pas, comme les critiques (en reste-t-il de cette race? S’est-elle éteinte avec Réginald Martel?) ou les étudiants à la maîtrise à analyser un contenu. J’y vais à l’impression, au ressenti.

Ce qui m’amène à comparer… non, non pas comparer, disons à sauter de la lecture d’un roman à l’écrire du prochain mien. Pas le prochain qui sera publié en septembre, non l’autre, le suivant qui n’en est qu’à une centaine de pages bien éparses, à peine un premier jet. Et comme les personnages, eux aussi, existent déjà dans deux autres précédents romans, reprendre l’histoire après quelques mois de vagabondages ici et là dans d’autres univers, ce n’est pas évident. Il faudrait que je m’enferme plusieurs semaines, que je relise ces cent pages, que je me réapproprie l’histoire, que je consulte mon plan qui ressemble tout au plus à une table des matières avec dates et titre un peu longuet d'une vingtaine de chapitres inachevés. Si les personnages ne sont jamais bien en loin dans ma tête, s’ils m’accompagnent partout où je vais, si par association d’idées, ils me chuchotent parfois des scènes et même des dialogues, les scènes, elles, l’évolution de l’histoire, les détails sont loin de me revenir comme ça, sur commande, rien que parce que j’ai un avant-midi à leur consacrer. Même question qu’au début au sujet de la lecture : qui peut s'offrir des semaines consécutives pour ne pas perdre le fil? J’admire d’autant les auteurs qui volent des minutes et des heures à un travail autre ou même à leurs obligations familiales ou domestiques pour coucher sur papier ce qui se faufile dans leur tête. Mon horaire ne ressemble plus du tout à ce temps (non, pas béni, ni joyeux, ni perdu tout de même) où j’étais écolière quand tout ce que j’avais à faire c’était d’écouter, écrire, lire de 8 heures à 15 heures.

Sur ce, le temps alloué à mon roman s’est soldé par ce billet de blogue. Procrastination? Oui, probablement. Exercice de réchauffement? Pas vraiment. Et puis après? Me faudra-t-il la lecture d'un ou plusieurs autres Tremblay pour me faire plonger, pour vrai cette fois, dans l’écriture de mon roman? Il est certain que je n’ai pas le rythme de l'auteur prolifique : un roman par année. J’ai le mien et ça me va!

vendredi 12 juin 2015

Des ateliers d'été bien tentants

Le Centre d’action culturelle de la MRC Papineau vient de publier l’horaire des ateliers d’été pour le mois d’août 2015. Pour la deuxième ou troisième année, je crois. Depuis que mon ex-co-blogueuse fait partie du conseil d’administration, je suis de plus près les activités, les expositions, tout ce qu’offre le Centre à notre région. Et c’est beaucoup.

Habituellement, l’été je ne prends aucun engagement et même pendant l’année, de moins en moins. Je ne sais pas trop quand je vais partir en voyage, ne serait-ce qu’une escapade de quelques jours. Du genre à changer d’idée le matin même selon la température, l’humeur, l’intérêt du moment.

J’ai déjà participé à un atelier d’écriture à l’école d’été de Mont-Laurier. J’avais beaucoup aimé d’autant que les retombées ont été très bénéfiques puisque mon roman travaillé lors de cet atelier a été publié l’année suivante. 

Donc, je suis prête à récidiver. Deux activités ont retenu mon attention dans les ateliers : un d’écriture, l’autre de photographie. 

          Les mots, force de vie – atelier d’écriture créative, avec Lise Careau 
         Photo contemplative (lever du soleil au Parc Oméga), avec Sue Mills

Je n’ai pas à hésiter entre les deux puisqu’ils ne se tiennent pas aux mêmes dates. Si j’hésite… en fait, je n’ai pas de véritables raisons d’hésiter. 
Ni l’horaire, je peux. 
Ni le montant de l’inscription, je peux.
Ni le 4 heures du matin pour le parc Oméga, je suis souvent réveillée dès le lever du soleil et il se lève tôt ces mois-ci!
Ni ne me demander si ça vaut la peine, je sais que oui, du seul fait que ça m’intéresse et ça se fera dans la joie et le plaisir. 
Ni le fait que je sois déjà publiée. L’écriture créative (avec Lise Careau de l’Aaao que je connais et qui se donne la peine de se déplacer. Si parfois je décline des invitations parce qu’une activité de l’Association se passe à Gatineau, cette fois, je n’ai pas de raison, c’est à quinze minutes de chez moi), ce n’est pas parce que j’écris que je ne peux pas explorer d’autres façons de « développer votre potentiel d’écriture au moyen d’exercices de durées variables faisant appel à la sensibilité, à l’imagination, à la mémoire, aux sens, à la sonorité ». Alors quoi, je réfléchis plutôt? Je raisonne et je ne devrais pas. 

Finalement, je veux surtout profiter de l’occasion de vous inviter à participer à ce genre d’ateliers d’été. Si vous en avez dans votre région, profitez-en. Si vous avez un centre culturel dans votre municipalité, profitez-en. Une façon de dire que c’est important. C’est bon pour soi, c’est bon pour la communauté, c’est bon pour la culture, c’est bon pour l’avenir.

Lien vers la page de tous les ateliers offerts sur le site du Centre>>>
Lien vers leur page Facebook>>>

dimanche 7 juin 2015

Alea jacta est



Quelques jours à laisser des traces à Sainte-Flavie, lieu devenu pèlerinage pour le camping situé directement sur le fleuve-mer, pour les artistes peintres Gagnon et Desbiens, pour les fruits de mer frais qui font cruellement défaut à mon Outaouais-plutôt-doré-brochet que homard-crabe. Flânerie. Quelques photos par là>>>

Au retour, trois fichiers m’attendaient : 

Un roman de 232 pages, monté pour une auteure qui s’autoédite, à relire et apporter les corrections demandées. En trouver d’autres. Toujours. 

Un autre roman, le mien cette fois, Les têtes bouclées, à relire après que la réviseure ait apporté la dernière retouche. Il y a ceci et cela, je reformulerais. Encore quelques vérifications. Pourquoi ai-je cru que c’était la gare Windsor alors que c’est la gare Centrale? Prendre le risque d’aggraver au lieu d’améliorer? La réviseure m'aide à laisser aller Léopold: il est beau, il est bien, il est prêt à la publication. C'est moi qui ne le suis peut-être pas!

Un bulletin de quatre pages à monter. Je me surprends à reprendre les auteurs. Déformation professionnelle. Plaisir du peaufinage, d’être à la hauteur.

Allez, c'est le temps de laisser aller. Laisser vivre. J'ai fait mon possible. Le mieux que je pouvais. Demain, lundi, tout part vers les imprimeries. Ouf!

Entre-temps, j’ai reçu la confirmation : ça y est, c’est décidé, le lancement des Têtes bouclées se fera le samedi des Journées de la culture, soit le samedi 26 septembre 2015 de 15 heures à 17 heures . Alors, je me suis amusée à monter une page ou deux pour ce roman.

http://www.despagesetdespages.com/lestetesbouclees/index.html



mardi 26 mai 2015

Du lieu où vivent les personnages

Il faudra bien que je me décide avant la publication du tome 3, celui des têtes dures, têtes fortes, têtes de mule, têtes de cochon. Oui, oui, le troisième tome. Le deuxième, Les têtes bouclées sera publié en septembre 2015, mais j’ai déjà une centaine de pages écrites pour le troisième et dernier. J’hésite encore. Une journée je dis oui, ce sera les vrais lieux de mon enfance, ce lac visité en 1956, où mon père a fait bâtir un chalet, cette baie connue pendant quelques étés et finalement choisie pour y vivre à l’année en 1970. Une région aimée depuis 45 ans. Le lendemain, je dis non pour des raisons futiles, telles que : si les lecteurs savent que ce sont les vrais lieux, ils croiront que le reste du roman est aussi vrai, ce qui est faux! Tantôt je veux me garder un semblant de vie privée, tantôt je veux chanter les louanges de ma région. Quand je lis, j’aime bien qu’on me raconte les lieux aimés, les lieux de vie des personnages, tels les rues de Montréal pour Robert Lalonde ou Yvetot d’Annie Ernaux, Marseille de Simone de Beauvoir, Saint-Élie-de-Caxton de Fred Pellerin. 

Si je me retiens, c’est que j’ai un peu honte de mon village. Il s’y est pris des décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Au sujet du patrimoine bâti entre autres. Pourtant, je m’entends bien avec la plupart des gens qui y habitent. Trois fois au moins, j’ai pensé déménager. Existe-t-il seulement un ailleurs parfait? Faudrait bien que j’en revienne de ce goût amer qu’il me reste de cette démolition du presbytère, en 2002. Je ne me sens pas villageoise, je n’appartiens pas à un seul village, je me sens Petite-Nation. J’y suis encore et j’y suis bien. Je ne voudrais pas mourir ailleurs.

Depuis le tout début de l’écriture de mon roman inspiré de mes ancêtres irlandais, je sais la fin de l’histoire. Elle n’est pas encore écrite, mais j’en connais le lieu et la raison de ce choix. Depuis, je tergiverse, mais il faudra pourtant me décider : ça se passe dans la Petite-Nation ou non?

De toute façon, ai-je tant de lecteurs et il y a peu de chance qu’ils m’adressent les reproches que je crains? Arriveront-ils à la conclusion que je redoute? Ai-je si peur d’en parler au cas où j’en dise plus de mal que de bien? Comme de son corps : j’ai le droit d’en parler, mais ne tiens pas à ce que d’autres en discutent, surtout pas pour en dire du mal? Sujet sensible, ne touchez pas? Depuis quand écrit-on en pensant à ce que les lecteurs vont en penser? Je me dois d’abord aux personnages, non? Quand même paradoxal : un auteur qui préfère des personnes qui n’existent pas à des lecteurs réels! Et quelle est cette peur qui choisit l’évitement plutôt que l’affrontement? Quel affrontement d’ailleurs? Pleutre je suis dans la vie, lâche je resterai, même dans une fiction?

Je l’ai pourtant fait dans Visions de la Petite-Nation (on peut d’ailleurs lire les pages qui y sont consacrées : http://www.despagesetdespages.com/petite-nation-claude.pdf). Il me faudrait une analyse plus approfondie pour comprendre mes tergiversations d’aujourd’hui.

Allons-y d'un petit pas d’abord dans ce blogue. Un peu comme Christiane Rochefort qui a écrit Journal de printemps où elle raconte les circonstances entourant l’écriture de Printemps au parking. Ou encore Éric-Emmanuel Schmitt qui, à la fin de son livre Les deux messieurs de Bruxelles raconte comment lui est venue l’idée ou ce qui entoure chacune de ses nouvelles. Débutons par ce billet en espérant que ça nous tienne lieu d’engagement ou d’assurance pour la suite. Donc, le lac Simon, les villages de Montpellier, de Chénéville qui l’entourent et finalement toute la Petite-Nation (une bonne vingtaine de municipalités où j’ai enseigné, acheté, pédalé, marché, photographié, aimé, pleuré, ri) sont devenus mon pays, mes amours. Alors, pour un roman, pourquoi ne pas situer ces lieux et les présenter sous leurs plus beaux atours? 

Le feriez-vous? Hésiteriez-vous? Est-ce important les lieux dans les romans que vous lisez ou que vous écrivez?