samedi 21 janvier 2017

Chasse, ménage, et refonte

L’hiver, pour certains, c’est synonyme de partir dans le sud. Ou dans le nord. Pour d’autres, c’est le temps du cocooning à l’intérieur ou des activités à l’extérieur.

Cette année, je pars à la chasse.

La chasse aux informations généalogiques. Comme trophée, une refonte de mes pages sur cinq patronymes qui me tiennent à cœur : Lamarche, Deguire, Lynch, Falstrault, Nantel.

Pour chaque patronyme je compte composer une biographie de l’ancêtre :
     Jean Bricault dit Lamarche, soldat de Carignan de la compagnie Dugué
     François Deguire dit Larose, soldat de Carignan de la compagnie Saurel
     Denis Lynch venu du comté Leitrim, Irlande
     Heinrich Faulstroh (Falstrault), venu de Rodheim, Hessen, Germany
     Jean Berloin dit Nantel, venu du Poitou vers 1690

Pour chaque ancêtre, je publierai la lignée directe avec les dates des mariages. Je mettrai à jour ma base de données, qui compte à présent 15000 noms.

Je retravaillerai et ajouterai les photos qui ont un rapport avec ces familles. Et finalement je dénicherai quelques trouvailles pertinentes, en rapport avec ces lignées. Liens vers des publications et sources de mes informations, bien sûr.

Et qui sait peut-être pour cette refonte, j’utiliserai peut-être une nouvelle version d’un logiciel de création de site. Double travail. Beau défi.

Et vous, votre projet d'hiver?

lundi 16 janvier 2017

Qui parle? Qui écrit?

Dans les années '80, le programme du cours de français en secondaire 1 et 2 se résumait à Parler, 
écouter, écrire, lire. Je crois bien que quarante-cinq ans plus tard, j’ai encore beaucoup à apprendre de ces quatre verbes.

J’ai toujours su que j’avais plus de facilité à écrire qu’à parler. Autant à lire qu'à écouter. Plus de facilité, aussi, à parler devant cinquante personnes plutôt que deux. Dans les trois cas pourtant, on utilise des mots, on emploie des phrases, on veut exprimer quelque chose. En ce qui me concerne, par écrit, je contrôle mes émotions, je les dirige, je les retiens, je les tais, je les explique rationnellement. En paroles, devant cinquante personnes, ça reste impersonnel. Souvent, j’ai écrit et travaillé mon texte, mon cours, ma conférence, avant de me présenter devant le public. Mais devant une ou deux personnes, que je les connaisse ou non, comme ça, à chaud ou à froid, je ne contrôle plus rien, ça ne sort pas toujours comme je m’y attends ou comme je le voudrais. Et pas seulement parce qu’il y a quelqu’un en face de moi qui écoute, ou n’écoute pas. Ou peut-être justement parce qu’il y a quelqu’un qui me regarde, qui attend, qui réagit, qui interrompt ou pas. Et l’émotion tapie dans l’ombre s’invite, se pointe, sort de je ne sais où et me voilà, parfois, presque en larmes, étouffant, hoquetant. Du mal à respirer. M’empêtrant dans ces phrases et ces mots que je croyais maîtriser. 

Exemple concret
Par courriel, il y a plus d’un an, j’ai fait une suggestion à un organisme. On me demande d’aller présenter l’idée. Je veux bien. J’ai cru que ça s’arrêterait là. Je retournerais à ma petite vie tranquille, là où je suis bonne et bien. Dans la solitude et le silence. Faire ce qui me tentait. Et seulement ça. 

Après la présentation, il y eut d’autres rencontres pour le développement, l’organisation, les discussions, les sous-comités, les décisions. Certes, je n’étais pas seule, mais je me suis sentie responsable. Je forçais mon enthousiasme. À chaque réunion pourtant, mon malaise augmentait. Je me sentais dépassée. Je me suis cru capable d’en prendre. Capable d’être qui ne je ne suis pas. J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai aidé dans la mesure de mes compétences.

Et puis, une nouvelle personne s’est présentée. Je suis devenue la fille québécoise tout à fait typique qui, selon les Français, ne sait pas débattre et évite les confrontations intellectuelles. Pendant des années je me suis cru lâche, mais je sais maintenant que je préfère tout simplement le conformisme rassurant à l’affrontement où j’ai toujours l’impression d’être perdante. J’ai la parole facile, mais l’argumentation brève.

C’était la goutte qui a fait resurgir la petite voix : « ôte-toi delà, tu n’es pas à ta place, tu n’es pas bien, tu stresses, tu as essayé plusieurs fois dans ta vie et chaque fois le stress t’a rendu malade, anxieuse. Tu n’as pas à dire oui juste parce qu’on te le demande. Tu n’as pas à être qui tu n’es pas. Tu n’as plus rien à prouver. »

Quelques jours plus tard, après avoir résumé mon choix en dix lignes écrites, je les ai relues, je signifiais au groupe, par courriel, que je me retirais. J’ai recommencé à mieux respirer, à mieux dormir, malgré un peu de culpabilité et une vague impression d’abandonner des compagnons d’armes. 

Et puis, étonnant ce cerveau qui croit avoir tout réglé en écrivant quelques mots sur un ton sûr et distancié alors qu’il est seul avec lui-même, dans le silence et la beauté lumineuse d’un matin d’hiver. Étonnant puisqu’un mois après ma défection par écrit, dans un autre groupe qui n’a pas de lien avec l’événement, j’entends : « tu viens à la prochaine réunion? » Petit choc, je croyais avoir été claire. Je n’avais qu’à répéter ce que j’avais écrit, mais c’était sans compter justement les détours nébuleux de notre cerveau ou plutôt de nos émotions. La gorge encore enrouée d’un rhume qui s’éternisait, l’émotion a monté, les associations d’idées se sont entremêlées, un souvenir a resurgi, qui me rappelait un événement en rapport avec mon père. En rapport avec mon autonomie. La figure du père est revenue poser la question que je croyais réglée : qui suis-je? Suis-je moi ou la fille que mon père veut que je sois?

Il y a vingt ans, mon père m’a demandé de devenir présidente d’une maison d’édition. De prendre la relève, de continuer ce qu’il avait entrepris. J’étais déjà la technicienne, la monteuse des livres, la graphiste. J’étais et je suis encore à l’aise à exécuter, mais pas diriger. Je suis les bras, pas la tête. Il rêvait que je devienne la présidente, la responsable, celle qui devait choisir les prochaines publications… et celle qui allait dire non aux auteurs. Après plusieurs semaines de réflexion sur mes forces et mes talents, et des nuits de tiraillements entre le désir de plaire à mon père, de répondre à ses attentes, à ses rêves et le déploiement de mes propres forces, talents et compétences, j’ai dit non. 

Mon père cacha mal sa déception, mais respecta mon choix. Soulagement. J’ai poursuivi ma route, joyeuse et certaine d’avoir pris la bonne décision.

Vingt ans plus tard, c’est cette vision de mon père que j’ai eue en disant, une fois encore, non à un rôle pour lequel je me sens incompétente. 

Pourquoi la vision revient-elle pendant que j’en parle alors qu’elle ne s’est pas imposée alors que j’écrivais mon retrait du groupe? Quelle est donc cette puissance de la parole improvisée versus le contrôle de l’écrit? Est-ce pour épargner les autres que je préfère l’écrit contrôlé à l’oral improvisé? Qui parle et qui écrit derrière les mots qui ont pourtant l’air d’être semblables?

Et question d’une supposément auteure : et si ce n’est qu’en parlant que les émotions se manifestent chez moi, comment croire que je réussis à les écrire dans un roman?

dimanche 8 janvier 2017

Maux d’hiver ou mots divers

J’émerge. Un peu. 
Extinction de voix depuis le Jour de l'an.
Les mots muets eux aussi. Au repos.
Mes yeux se ferment.
Mon corps soigne ses maux.
Au centre de mes jours : un peu de fièvre, beaucoup de siestes, du sirop, des Tylenol, des pastilles. 
Autour : de la neige, un hiver blanc. C’est beau chez nous. Vu du dedans et même senti du dehors. Un soleil jaune, le matin à travers les arbres, illumine les montagnes de l’ouest. Les branches chargées, lourdes comme une poitrine gorgée de lait.
Si l'idée m'était venue de descendre au sud après les fêtes, ça ne me dit plus rien. Le véhicule récréatif presque enseveli sous la neige attend. Attendra.

Pendant les fêtes, j’ai tout de même pelleté, déneigé.
J’ai fêté aussi. Bien mangé, peu bu, beaucoup parlé. Trop sans doute. Puis, vint le virus.
J’ai regardé des films, je me suis endormie devant certains.
J’ai lu. Un peu. 

J’ai terminé La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald.
J’ai aimé parce qu’il y est question de livres. J’avais trouvé un blogue qui en recensait tous les titres. Ne trouve plus. J’ai aimé parce que les chapitres sont courts et intercalés entre deux lettres. Les relations un peu invraisemblables ne m’ont pas vraiment déçue ni même agacée tellement elles étaient bien campées dans un petit village étatsunien. On se serait cru en 1960, sur la route 66.

J’ai préféré L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset.
J’ai beaucoup aimé non pour l’histoire comme telle, mais pour le style. Le choix de l’auteure d’écrire au « tu » donne une tout autre perspective au personnage. N’a pas la force (inégalable selon moi) du « Tu » de Anaïs Barbeau Lavalette dans La femme qui fuit, mais permet au lecteur de s’approcher très près de cette relation entre Catherine (je) et Thomas (tu). Et puis cette vie d’universitaire intellectuel m’étant inconnue, j’ai aimé la découvrir... et ne rien envier à cette incertitude de la profession de professeur, même passés trente ans. 

Comme toujours, j’ai été lire sur l’auteure Catherine Cusset puisqu’on disait que ce roman était autobiographique. Je n’ai rien trouvé sur sa vie, mais j’ai aimé sa réponse à la question « Pourquoi écrit-on? » : 
C’est évident que c’est parce qu’on a aimé des livres, c’est parce qu’on aime lire. Quand je lis un livre que j’aime, c’est complètement porteur, cela me donne tout de suite envie d’écrire, alors qu’au contraire, quand on lit des livres qu’on n’aime pas, qu’on trouve médiocres, c’est comme si l’imagination se tarissait donc écrire est complètement lié à la lecture.
Quand un-e auteur-e qui vit de sa plume écrit exactement ce que je pense, je me plais à croire pendant quelques minutes que si je pense ainsi, c’est que je suis aussi une vraie écrivaine! Laissez-moi mes illusions quelques instants encore!

J’ai feuilleté Vi de Kim Thuy. 
Ça ne m’intéresse plus vraiment la vie d’immigrante de Kim Thuy. Mais je la comprends très bien de profiter de la popularité dont elle jouit. L’exotisme est toujours vendeur. Un nom étranger est souvent synonyme de talent chez les créateurs culturels. Hélas pour les autres.

J’ai commencé La grand-mère de Jade de Frederique Deghelt.
Un autre roman où les personnages lisent et écrivent. Un hasard si ces livres me tombent dans les mains ces mois-ci? Qu’importe, bien sûr j’aime et je me lasse aller.

Entre chaque chapitre, j’ai beaucoup fermé les yeux, me suis assoupie, me suis soignée. Me suis reposée le jour de la toux de la nuit.

Et j’aime l’hiver. Je ne sens pas le besoin d’aller guérir mes maux ou chercher mes mots là où il fait plus chaud.

mercredi 21 décembre 2016

Jour d'hiver, jour de souhaits

Solstice d’hiver.
Était-ce donc l’automne hier encore? À regarder les champs tout blancs, les branches d’arbres encore chargées de la dernière bordée, j’ai dû mal à y croire. 
L’hiver, comme d’ailleurs aucune saison, n’est vraiment pas une question de date.

Je suis née au Québec, née dans ce pays de contrastes, de quatre saisons inégales. Une seule fois, j’ai passé Noël ailleurs que dans mon pays de givre et de neige blanche. Une seule fois, dans le sud de la France, au bord du sable et de la mer. J’ai aimé pour l’aventure. Serais-je capable de passer tous les Noëls sous les palmiers? Ou tous les hivers sans chemins enneigés? 
Sans tuques ni bottes, sûrement, j’aimerais. 
Sans pelle ni moteur assourdissant de souffleuse, sûrement, j’aimerais.
Sans routes dangereuses ni verglas, sûrement, j’aimerais.

Mais sans jamais sortir parce qu'il fait trop froid, sûrement pas.
Sans jamais marcher dans la neige folle, sûrement pas.
Sans jamais respirer à pleins poumons cet air que l’on croit et espère pur, pourvu que ce soit entre 0 et 10 degrés, sûrement pas.

Et puis, il y a les Fêtes.

Il y a ceux qui choisissent le sud pour quelques jours, quelques semaines, parfois six mois. Il y a ceux qui vont loin, très loin, aux antipodes, en Australie, au Nunavik.
Il y a moi qui les envie parfois… quelques heures. 
J’aime la solitude, j’aime rester en pyjama, manger des restants et regarder un film. Ou mieux encore, lire un bon roman.
Mais j’aime aussi voir les enfants s’amuser autour d’un arbre de Noël. Les parents autour de la table joliment décorée et bien garnie. Offrir, donner.
Bref, j’aime tout, avec modération.

Je vous souhaite donc un bel hiver et des fêtes remplies de joie et de bonheur.
L’amour : le ressentir, le dire, le vivre. 
Peut-être mieux que l’amour, qui parfois peut être mal aimé, je vous souhaite la paix.
La paix du cœur, celle de l'esprit, celle de l'univers.

Et finalement, être bien là où vous êtes, avec qui vous êtes.

vendredi 16 décembre 2016

Mes lectures : une route en lacets

Étudiante, je lisais avec un crayon, je soulignais, je notais dans la marge.
Vacancière, je lisais avachie sur un sofa, sur une chaise longue ou dans mon lit.
Avant Internet, je lisais parfois avec un cahier de notes. Et je frustrais de demeurer loin d'une bibliothèque.
Avant la tablette, je me levais souvent pour vérifier sur l'ordinateur qui était l’auteur-e, ce qu’il avait publié d’autre.
Depuis la tablette et la liseuse, je lis un texte dans un média (La Presse+ ou Le devoir ou Facebook ou un blogue) qui m’amène à un site qui m’amène à la BANQ ou Biblio Outaouais/Pretnumerique pour voir si le roman dont j’ai vu le titre est disponible. Je feuillette, et il est fort possible que je le télécharge. Je le lis sur tablette, et si ma batterie est presque à plat, je transfère sur ma liseuse. 


En ce moment, je lis Les fugueuses de Suzanne Jacob. Quand j’ai vu le livre au Village des valeurs, j’ai été attirée par le nom de l’auteure. J’ai tellement aimé son Laura Laur. Dès que je suis arrivée à la maison, j’ai vérifié les autres titres que j’avais d’elle dans ma propre bibliothèque. J’ai encore Laura Laur et La passion selon Galatée.

Confortablement dans mon fauteuil préféré, j'entame le premier chapitre des Fugueuses. Dense. Concentré. Fort. Des paragraphes qui durent des pages et des pages. Sans cadratin de dialogues. Le point de vue de Nathe, treize ans. Dans Fugueuses, il y a fugue aussi. La musique, les sons, les bruits.
La narratrice « écoute le temps » :
« Je me suis assise sur le bras du fauteuil en vachette vert pomme et j’ai écouté le temps passer dans la chambre, un temps étranger à celui qu’on regarde passer dans la rue, sur les Plaines ou sur le fleuve, un temps qui sentait la sauce brune et le peroxyde, l’élastique et le jaune d’œuf. »
Petite pause, je prends la tablette. Une autre route d'informations. Les fugueuses, roman publié en 2005. Après, il y eut des nouvelles, de la poésie, un essai. Sur le site de L’île (L’infocentre littéraire des écrivains québécois), je lis la notice biographique.

Je me surprends à aimer une auteure qu’on étudie à l’université. Sur qui on fait des thèses. Il suffit d’écrire « thèses Suzanne Jacob » dans Google pour les trouver. J’en lis de grands extraits. Je ne comprends pas grand-chose. Un langage bien hermétique pour moi.

Je retourne au roman. Deuxième chapitre. Autre point de vue, celui de la mère, Émilie.
Un roman qui me frappe aux yeux, parce que le texte est tout sauf aéré, et au cœur par la répétition des mots comme on martèle une porte de grands coups pour l’ouvrir. Trois fois le mot peur en trois lignes. Une peur que j’ai bien connue, qu’il m’arrive encore d’éprouver parfois, que toute femme doit connaitre, je dirais.
« La simple idée de la peur vient de t’enlever le gout de vivre, Émilie, de vivre! Tu as peur d’une idée obscure et glauque et gluante qui rend la place de ta vie, tu as peur, tout simplement, de te faire violer, Émilie. »

Et découvrir des secrets cachés derrière les portes.
Nouvelle pause. Retour à la tablette, sur le site de Boréal qui a publié ses romans. D’autres informations. Le titre La pratique du roman m’intrigue. Sur le site de prêt numérique, je feuillette l’extrait, je télécharge sur ma liseuse. Le sujet: le roman vu par huit romanciers, lecture très accessible (contrairement aux thèses). Je m’attarde à Dominique Fortier qui écrit au sujet de la hiérarchisation des titres  : 
« Qu’un livre porte l’étiquette de roman, de récit d’autobiographie, de "fiction" ou pas d’étiquette du tout (ça s’est déjà vu), l’important est qu’il réponde aux exigences qui lui sont propres, et qu’il emporte l’adhésion du lecteur. »
Ça me rassure sur mes propres écrits. Ça me réconforte de voir que je ne suis pas la seule à penser ainsi.

Plus tard, je lirai ce qu’en pense Suzanne Jacob. 
Plus tard encore, demain peut-être, je retournerai aux Fugueuses.
Lire, dans mon cas, c’est souvent parcourir une route en lacets. Découvrir le monde de l'auteur-e.
Et la route est souvent aussi intéressante que le point de départ.


Et vous, quelle route suivent vos lectures?

jeudi 8 décembre 2016

Festin de livres



Un site, une page Facebook, une infolettre, cette fois, c’est vrai, on ne peut plus reculer. Le cœur battant, les doigts croisés. C’est public, donc officiel depuis ce matin : la fête aura lieu.
Le centre d’action culturelle Papineau
organise son premier
Festin de livres 
les 29-et 30 avril 2017

En Outaouais, à Saint-André-Avellin. À une heure de l’est-Ontarien. À une heure également des Laurentides. Pour tout nous autres. Pour tout vous autres.

Festin comme dans savourer, déguster, se délecter des livres, des mots.
Friand d’auteurs qui signeront, qui raconteront, qui discuteront.
Nous aurons droit à de grands crus.
Auteurs, éditeurs, faites-nous goûter à vos livres!
La table est mise.

Les visiteurs se régaleront des produits du terroir, découvriront des auteurs de la région et pourront participer à des activités autour du sujet de la ruralité.

L’invitation est lancée, auteurs, éditeurs, associations, bibliothèques, inscrivez-vous. Dites-le, écrivez-le, partagez-le. Ce sera notre fête. À notre mesure, à notre goût. Un goût de festin.

jeudi 1 décembre 2016

Carnet du roman(8)

En juillet dernier, je terminais la rédaction d’une première version de mon prochain roman.
Le 3 octobre dernier, on me remettait mon manuscrit annoté.
Ont suivi deux mois intenses. Presque chaque jour. Souvent plus de cinq heures. À étoffer, ajouter, biffer, couper, choisir, chercher, améliorer, accepter, refuser, expliquer, justifier. Taper sur le clavier, écrire en rouge sur le papier, lire sur l’écran, relire sur le papier, lire à voix chuchotée, lire debout, assise dans mon bureau, dans le salon, dans la cuisine. Retranscrire, biffer encore, ajouter encore. Pleurer, douter.

Avant-hier, 29 novembre, je remettais une nouvelle version de ce roman qui, en cours de doute et de route changera peut-être de titre. Parce que mes personnages n’ont pas la tête si dure finalement. Parce que celle de l’auteure non plus ne l’est pas tellement.

Et puis entre-temps, rendre visite, fêter, et au moins deux fois, pelleter.
Et puis entre-temps aussi, lire. Quelques livres, numériques et papier, empruntés à la bibliothèque, d’autres sur tablette empruntés à pretnumerique.ca

Dont Le journal secret de Charlotte Brontë de Syrie James.

Il y a des écrivains comme ça auxquels je ne sais pas résister. Il y en a pour qui c’est Jane Austen ou Albert Camus, ou plus près de nous dans le temps et l’espace, disons Michel Tremblay ou Marie Laberge, mais moi, c’est Brontë. Charlotte ou Emily surtout.

J’aurais été portée à être un peu discrète sur le fait qu’à mon âge, j’aime encore lire sur les sœurs Brontë, il me semble que ça fait un peu ado. Un peu nostalgique, un peu romantique. Mais il faut croire que je ne suis pas la seule. Syrie James a eu la brillante idée d’exploiter ce filon : écrire à la manière de…, faire comme si c’était le journal ou le manuscrit de… Cette auteure américaine l’a fait pour Jane Austen également. 

Deuxième exemple, sous la forme de blogue cette fois, une Québécoise, Louise Sansfaçon, qui a été jusqu’à visiter le village de Haworth en Angleterre, a rassemblé moult informations, et superbes illustrations, sur les sœurs Brontë.

Si je mentionne mon intérêt ici, dans un billet qui commence par parler de mon manuscrit, c’est que je vois bien qu’au moins un de mes personnages est imprégné de ce romantisme que certains pourraient juger démodé. Une influence des lectures du personnage ou des miennes? Un alter ego? 

Heureusement (tendance à justifier mes choix), j’ai situé l’adolescence du personnage dans les années 63-70. Aujourd’hui, les adolescentes lisent-elles encore les sœurs Brontë? Relisent-elles de vieilles lettres d’un amoureux? Souffrent-elles pendant des mois, voire des années d’un amour non partagé? Vivent-elles ce romantisme mystique dont parle Louise Sanfaçon dans son blogue?
« Le romantisme mystique s’exprime avec une telle force qu’il ne peut laisser personne indifférent. L’omniprésence de la nature et du paysage, rudes et primitifs, tourmentés par les vents, y devient une puissante métaphore de l’événement intérieur et des tourments de l’âme des personnages. »
J’en doute.
Quoique finalement les thèmes abordés par les jeunes auteur-e-s tournent encore autour du « je », encore un mélange d’autobiographie et de fiction. Mais la violence n’est plus dans la nature, dans les paysages, mais plus physique, plus corporelle, dans la sexualité plus… directe, disons.

Ça ne veut pas dire que je n’aime pas lire les romans d’aujourd’hui.
Ça veut seulement dire que je suis mémoire et traces.


samedi 19 novembre 2016

De textes chantés, lus, écrits

Novembre, mois d’activités intérieures. Mois de prix littéraires. Mois de Salon du livre. Et hier Culturiades, remise de prix pour la culture en Outaouais. Mille bravos au Centre d'action culturelle MRC Papineau pour son prix remis à l'organisme de l'année.

On a eu droit à des discours, des remerciements, mais aussi à de beaux textes lus, d’autres chantés. Dont ceux de Louise Poirier en hommage au poète Guy Jean. Des auteur-e-s passionnés de paroles et d’écrits. 

Le prix du Coup de cœur littéraire Outaouais, pour lequel mon roman Les têtes bouclées était finaliste a été remis à Julie Huard. Vote des lecteurs. Moi aussi j’aurais voté pour celui-là. Un beau livre d’images, de voyage, d’impressions. Et si on me parle d’océan, moi, je fonds, je coule, j’embarque. Je lis. 
Loin en mer, lorsque d’une petite secousse la géante se déliera bientôt de la sculpture de vos doigts, vous vous détacherez peu à peu. Et partirez sur vos routes respectives. Vous, éprouvée, avec vos chairs à ramasser à la petite cuillère après tant d’émotion et de force brute, elle, avec ses galops encore fringants de valseuse océane. Son ombre s’évanouira à grands coups d’ailes dans la pénombre des eaux pendant qu’une griserie folle vous submergera et vous raccompagnera jusqu’à la berge. Jusqu’à la fin de l’histoire. Que personne ne croira. Jusqu’à ce que s’enfante le souvenir. Entre les sens et l’appartenance. Tout ce qui reste encore à naître.
De cet océan, vous ne sortirez pas indemne.
Ailleurs est souvent ici. Juste là. Chut! Entendez-vous l’amour et la petite rosée? Il était une fois un voyage. Droit devant. Un voyage infiniment. Dans le monde. En soi.

Des mots, hier aux Culturiades, qui font soupirer de plaisir, de «J’en veux encore, je ne veux que ça». 
Ce matin, dans le brouillard du dehors, je voudrais que lire dans la clarté du dedans.
De quoi avoir de la difficulté à renouer avec les miens. À vouloir les miens aussi beaux, aussi forts, aussi percutants.

Je dis toujours qu’il ne faut pas que je le fasse et je le fais quand même. Eh oui, je lis tout en corrigeant un manuscrit. Et comme je suis facilement plagiaire, imitatrice, emprunteuse de style, mes lectures déteignent sur mon écriture.
Pas assez forte pour résister? Pas assez brillante pour rester bien concentrée sur le fil mince de mes propres écrits, comme un bon funambule? Je prendrai probablement une petite pause. Ne pas goûter un vin nouveau avant d’avoir gardé encore un peu en bouche ceux des derniers jours.

Parce que je ne peux m’empêcher de trouver beau ou bien ou mieux ou fort ce que Sophie Bienvenu a écrit dans Autour d’elle. Même si j’ai de la difficulté avec son langage parlé, tout comme je n’acceptais pas le joual de Tremblay. Mon cerveau de puriste refuse de la cautionner. Mon cœur de lectrice est atteint par… non, non pas la beauté ni la qualité, mais… comment dire… les pages se tournent toutes seules. Je veux savoir la suite, je veux réussir à circonscrire, à travers des moments de vie, à travers des dizaines d'autres personnages qui s'expriment tous au "je" qui est cette Florence Je ne lis pas, j’écoute, j’entends, je prends même des notes pour retracer les liens. 

Et ça passe. Et ça me choque que ça passe. J’ai l’impression de me faire avoir. 

Et le roman va gagner des prix. Depuis quelques années depuis Tremblay, depuis Nelly Arcan, depuis Vicky Gendreau, les prix vont aux œuvres coup-de-poing. Aux petites maisons d’édition qui osent la différence, qui osent le langage familier, qui osent la jeunesse, la relève. Qui misent sur l’effet littéraire plus important que les belles relatives et subjonctives d'antan.
Même Marie Laberge est passée à l’écriture parlée, dans Ceux qui restent

Pour mon écriture, j’aimerais bien que mes influences viennent d’Anne Hébert ou de Claire Martin, deux auteures que j’ai beaucoup aimées dans ma vingtaine. Ou même des poètes célébrés hier aux Culturiades: Guy Jean, Julie Huard. Mais l’écriture change au gré du temps, elle évolue. Autant dans les thèmes que dans les styles. Qui donc a influencé Sophie Bienvenu? 

Je crois que je corresponds tout à fait à ce qu’on a dit de ce roman dans La presse+ de vendredi matin: «C’est à ce point réussi que quiconque a des velléités d’écriture sera jaloux.»

Avant que je ne me change en caméléon linguistique, je vais tout de même lire Les paysâmes et miroirs du monde de Julie Huard. Parce que j’aime avant tout les mots et les phrases, qu’ils soient écrits, chantés ou parlés.

Emprunt de la photo de Louise Poirier >>>

samedi 12 novembre 2016

De mots et de chiffres

Pour moi, les mots seront toujours plus significatifs que les chiffres. Les chiffres, pour qu’ils représentent quelque chose, doivent être comparés. Je suis de celles qui croient qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Employés seuls, ils ne m’impressionnent pas vraiment. 

Huit ans.
215399 pages vues.
643 messages.
71 abonnés.

Je ne dis pas que je ne les utilise ni ne les regarde, mais comme la bourse, je ne les consulte pas tous les jours. Le seul chiffre qui me dit quelque chose, c’est le « huit » dans « huit ans ». Repère du temps. Comparaison : huit ans, âge de ma petite-nièce = jeune. Huit ans pour un blogue dont on donne la moyenne de publication à cinq ans = pas trop mal. Huit ans dans ma vie personnelle, si je recule en 2008, j’étais encore dans la cinquantaine, mon père était décédé, mais pas ma mère. Je n’avais pas eu le cancer, sujet que j’ai refusé de laisser filtrer sur mon blogue. Je travaillais à l’écriture de ma trilogie irlandaise, je travaillais fort à la faire publier. C’aurait été si facile de la publier comme un blogue, en auto-édition. En cinq minutes, elle aurait été sur la blogosphère. Je ne regrette pas d’avoir attendu l’éditeur.

Les pages vues, le nombre de messages, faudrait que je compare avec d’autres blogueurs pour savoir si j’en ai plus ou moins. Et même là, qu’est-ce que ça change dans mon plaisir de tenir ce blogue? Rien. Je continuerai à mon rythme. Bien sûr si je n’avais vraiment plus de lecteurs du tout, aucun commentaire jamais (sur Facebook, parce que sur nos blogues, ils ont considérablement diminué depuis l’arrivée des réseaux sociaux), je repartirais peut-être en croisade pour m’en trouver quelques-uns. Quant aux abonnés, certains datent du début et je les soupçonne de m’avoir oubliée depuis belle lurette, d’autres que je ne connais même pas. Passée de mode, cette méthode d’inscription.

Donc, on laisse tomber les chiffres. Même les images passent avant eux. Quand je rêve, je rêve des images, des phrases. Des chiffres, jamais.

Les mots alors. Quels chemins ont-ils empruntés? Qu’ont-ils voulu dire au début et quels sujets les intéressent maintenant?
Au début, il y eut De nos pinceaux et de nos stylos publié sous le nom de domaine falstrault-lamarche.blogspot. Nous devions écrire à quatre mains ou en tout cas ratisser le secteur de l’écriture et celui de la peinture. Et comme autant Louise Falstrault que moi avions rédigé et produit pendant de nombreuses années le Guide touristique de la Petite-Nation, nous comptions bien continuer à parler des événements et des créateurs de notre région bien aimée.

Finalement, peu à peu, même si à l’occasion je parle de l’artiste ou du Centre d’action culturelle de la MRC Papineau dont elle fait partie, seuls mes intérêts personnels pour l’écriture, la lecture, la généalogie sont devenues les principaux sujets des billets. Et j'ai changé le titre, je ne sais trop en quelle année… Laisser des traces. Et j’ai acheté mon nom de domaine claude-lamarche.com.

Au début, je pensais m’en tenir au langage web : contenu informatif, liens hypertextes, utilisation de mots-clés, visuel agrémenté de photos ou d’illustrations. Comme j’avais vingt ans d’infographie dans le corps, je n’ai pas eu trop de difficulté avec ces « règles ». Je me suis même familiarisée assez rapidement avec le langage html (j’en suis encore là d’ailleurs!) ne serait-ce que pour ne pas avoir ces très laids « leave a comment » « leave a reaply » « read more » que Wordpress laisse sans honte, mais que Blogger nous permet de corriger facilement. Mais pour ce qui est des sujets d'informations, pour ce qui est d’éviter que le blogue ne devienne un journal d’états d’âme, j’ai failli. Et je m’en porte très bien. Après tout, je ne tiens pas ce blogue pour grossir mes revenus, pas de patron à qui plaire. J’écris ce que je veux, comme je veux et quand je veux. D’autant que je ne suis pas la seule, ce qui me conforte dans mon choix.

L’avenir? Un avenir que je ne chiffre évidemment pas. Ce qui me titille depuis quelques mois : je voudrais n’avoir qu’un site-blogue. Le mettre au goût du jour aussi. Combien de fois ai-je changé le « look » en huit ans? Souvent. Et si je m’étais écoutée, plus souvent encore. Le graphisme de mon site et de mon blogue sont vraiment obsolètes. Pour l’instant, j’ai un site : despagesetdespages.com que j’ai monté bien avant le blogue. Au temps où Sympatico nous donnait 5 Mo gratuitement et ça nous suffisait. Au temps où ma connexion Internet me permettait tout au plus d’envoyer une photo de 800 octets. Combien m’en faut-il aujourd’hui? Je ne saurais dire. Au temps où je montais quelques pages avec Frontpage qui me permettait en même temps de me familiariser avec le langage html. Il y était question des Éditions de la Petite-Nation pour lesquelles je travaillais, de la région. En passant au logiciel WebCreator (qui n'est pas parfait, mais lequel l'est?) j’y ai ajouté mes recherches en généalogie, mes comptes-rendus de voyage et finalement mes publications.

Mais pour n’avoir qu’un seul site qui soit à la fois site et blogue et même plus blogue-actif que site-qui-ne-bouge-plus, Wordpress conviendrait mieux. Il me faudrait soit une formation de deux-trois jours, soit un technicien capable de jumeler les deux noms de domaines, migrer le blogue sans rien perdre de ces huit ans de billets, de photos et si possible de commentaires. Bref, refaire la structure. Étant donné la vitesse à laquelle la technologie évolue, je ne me sens pas la compétence pour y réussir. J’aurais bien trop peur de créer un embrouillamini monstre, duquel je ne saurai me dépêtrer. Et même si je préfère les mots aux chiffres, je ne voudrais pas non plus que ça me coûte les yeux de la tête, cette refonte. Donc, pour l’instant, je cherche, j’étudie et j’attends la bonne personne. 

En conclusion, je commence ma neuvième année. Bon d’accord c’est un chiffre, il ne veut rien dire, mais écrit en lettres, est-il plus significatif? J'écoute la musique du mot... comme dans neuvième de Beethoven. Joli, non?

Et pour votre blogue, comptez-vous les années, les abonnés, les pages vues?

samedi 29 octobre 2016

Le blogue: danger d'accoutumance
ou écrire pour le simple plaisir
de publier un billet aux dix jours

Émotion d’auteure en lisant la première impression de Dominique Fortier quand elle a reçu le Prix du Gouverneur général pour son roman Au péril de la mer :
« Chaque fois que je termine un livre, je suis certaine que c’est le dernier. Ou qu’il n’intéressera personne. » 
Parce que je sais fort bien que mes romans n’auront jamais la qualité, ni la promotion, ni le tirage, ni les prix que les siens ont depuis quelques années. « Je connais ma classe, je connais mon rang » disait Flore dans le téléroman Le parc des Braves. Alors comment peut-on à ce point, Dominique Fortier et moi (déjà, apposer son nom à côté du mien!) ressentir la même chose, avoir déjà dit les mêmes mots? Comme si justement nous étions de la même classe et du même rang. Il faut croire que je n’ai pas encore compris (que je ne comprendrai peut-être jamais) que j’ai tout faux en termes de comparaison. Classerai-je toujours, jusqu’à la fin de ma vie, les gens, les créateurs surtout, comme si j’étais encore à l’école : premier, deuxième, dixième et dernier? À toute évidence, ce que l’on ressent n’a rien à voir avec la quantité, la visibilité ou la qualité d’une œuvre.

Pourtant, en théorie, je le sais que tous les êtres humains, où qu’ils vivent, quoi qu’ils fassent, peu importe leur âge, leur race, leur couleur peuvent ressentir la même chose. Peut-être que cette phrase de Dominique Fortier m’a frappée encore plus ces jours-ci parce que 1 — je révise mon manuscrit, donc je suis auteure toute la journée. Même quand je ne suis pas devant mon écran, j’y pense. La nuit, je me réveille, avant même de regarder l’heure, je replonge dans mon roman et je trouve des phrases, je cherche la métaphore ou un meilleur enchaînement. Le soir en regardant la télévision, telle phrase prononcée par un acteur me fait sauter d’un bond de mon fauteuil. Une idée vient de surgir, une phrase s’impose, je dois la consigner. Auteure vingt-quatre heures je dis. Tou-te-s les auteur-e-s deviennent donc membres de ma famille auxquels je m’identifie, auxquels je me compare, avec qui j’entre presque en relation.

Parce que 2 — mon roman Les têtes bouclées est finaliste au Prix Coup de cœur littéraire de l’Outaouais. Deuxième fois seulement que je suis confrontée (je sens que ce n’est pas le bon mot à employer, mais c’est le premier qui m’est venu à l’esprit, inconsciemment je serais « aux prises avec une situation difficile »?) à ce genre de situation. En 2011, Le roman Les têtes rousses était finaliste au prix littéraire Le Droit (journal de l'Outaouais et Est Ontarien), pas gagné. Cette année, Les têtes bouclées n’ont pas été finaliste au prix du Droit, mais le roman a été retenu par un jury pour le Prix Coup de cœur littéraire de l’Outaouais décerné par l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais. Comme disent tous les finalistes de tous les concours, j’ai déjà ma récompense d’avoir été choisie par un jury. Flattée, encouragée. Grand sourire.
Le gagnant ou la gagnante sera choisie par les votes des lecteurs dans les bibliothèques. 
Le résultat du vote sera connu le 18 novembre.

De plus, ce prix (du public en quelque sorte) sera remis lors des Culturiades de l’Outaouais (soirée de reconnaissance pour les créateurs professionnels et les organismes artistiques et culturels de l’Outaouais) où d’autres prix seront également remis, mais eux, par vote d’un jury. De quoi mêler tout le monde. Mais de quoi avoir une plus grande visibilité également.

D'ici là, quoi? Attendre? Même pas. Inviter les lecteurs et les lectrices à aller voter? Mais encore? Insister? Pas mon genre. Donc rester soi-même. Oublier. Vaquer à mes habituelles occupations. 

Si, entre la nomination et le résultat du vote, il n’en était plus question, je l’oublierais presque, mais de voir son nom (à côté de tous les finalistes des Culturiades) chaque semaine dans un journal, dans un hebdomadaire, dans une infolettre, sur Facebook de l’entendre par des amis, de leur dire que non, je n’ai pas gagné, je suis « juste » finaliste, de voir la petite boite de vote à la bibliothèque, de voir les gens s’approcher, demander c’est quoi cette boite, cette affiche… bref, ça donne de l’importance au prix. Ça ravive… ça ravive quoi en fait? C’est ce que je ne sais pas vraiment. Pas clairement. 

J’en parle pour en parler. Pour écrire un billet parce que ça fait une dizaine de jours. Comme un manque. Pour donner des nouvelles. En réalité, je ne sais pas quoi en penser. Je ne sais pas vraiment ce que je ressens. Et est-ce si important de savoir?

J’ai mieux à faire en poursuivant la révision de mon roman. Ma priorité. Même si, souvent, écrire non plus je ne sais pas trop pourquoi!

Avez-vous déjà été finaliste? Qu'avez-vous ressenti?