jeudi 19 avril 2018

Festin de livres

Le Festin de livres s’en vient. Le thème de cette année : Lire, toute une histoire.
Les 28 et 29 avril, pour une deuxième année, le Centre d’action culturelle de la MRC Papineau présente cet événement au complexe Whissell de Saint-André-Avellin. À quinze minutes de chez nous. Dans ma Petite-Nation.

J’y serai comme auteure, mais j’y serais de toute façon. Là où il y a des livres, là sont mes pas.
Du théâtre pour enfants avec Lorraine David,
un atelier d’écriture avec Bernadette Gilbert,
un atelier conférence sur Wikimedia avec Jean-Philippe Béland,
un entretien avec trois auteurs de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais (Jean Boisjoli, Julie Huard, Blaise Ndala) animé par Carl Bernier,
un atelier sur les récits en images avec André Saint-Georges,
sans compter la grande popularité de l’échange de livres d’occasion,
et bien sûr jaser avec la trentaine d’auteurs ou de responsable d’organismes,
bref, de quoi passer deux jours formidables, la tête dans les livres.

J’ai hâte, c’est certain, mais je stresse un peu, et ce n’est que ce matin que j’ai compris pourquoi.
Pendant vingt ans (dont les cinq premières comme co-propriétaire avec les membres de ma famille), j’ai travaillé dans un hebdomadaire régional, et pendant treize ans ensuite, j’ai été co-propriétaire-graphiste-rédactrice-distributrice d’un guide touristique. C’est dire que chaque semaine, chaque mois, chaque année j’espérais que ça marche, qu’il y ait des entreprises pour acheter de la publicité, pour qu’on puisse payer les factures, les salaires. Je voulais qu’on réussisse à promouvoir la région, que les citoyens, les entrepreneurs, les marchands, les villégiateurs, bref que tout le monde soit content du produit offert. On a travaillé fort, on en a arraché, il y eut de bonnes et de moins bonnes années, il y eut des pleurs et des rires, des réunions plaisantes et d’autres sacrificielles, des nuits d’insomnie et des jours victorieux. Bien sûr, tout ne reposait pas sur mes épaules, mais je prenais à cœur la réussite et le succès du journal et du guide.

Alors voilà, le Festin du livre, c’est ça, je veux que ça marche. Qu’il y ait tout plein de monde qui vienne, qui participe, qui aime, qui revienne, qui en parle, qui échange, qui achète. Ce n’est pourtant pas mon bébé, mais parce que c’est chez nous, parce qu’un jour, j’ai présenté l’idée d’un événement autour du livre, je me sens un peu responsable, comme du temps du journal et du guide. Je suis comme ça : plus j’aime quelqu’un ou quelque chose, plus je prends ça à cœur, et je lui souhaite le meilleur, une belle vie, longue et réussie.

Je félicite et remercie le Centre d’action culturelle d’organiser cet événement qui touche tellement ma passion des livres. Catherine et Émilie, votre enthousiasme et votre travail m’insufflent confiance et énergie.
Alors, c’est certain les 28 et 29 avril, je serai à vos côtés pour vivre toute une histoire!








dimanche 15 avril 2018

Lire un extrait avant de choisir

revue Les libraires
Bien sûr, comme tout le monde qui vit au nord du 50e parallèle, j’ai hâte de pouvoir passer plus de quinze minutes sur une galerie ou sortir sans bottillon ou laver mon auto pour voir sa couleur réelle. Bref, j’ai hâte que la neige disparaisse, que le blanc et le brun sale laissent la place à toutes les nuances de vert.

Mais aurai-je autant de temps pour lire? Je délaisserai peut-être la lecture et l’écriture pour le voyage? Ou pour ramasser les aiguilles de pin, brûler les branches tombées cet hiver, et faire disparaître tout ce cailloutis laissé par les passages de la charrue.

Pour l'instant au lieu de craindre ce verglas tant annoncé, je me réjouis de l’abondance de romans que la dernière revue Les libraires offre à mon appétit insatiable. Est-ce moi ou il se publie beaucoup plus de livres qu’à mes vingt-trente ans?

Honneur également à Kobo : liseuse ou site. Six mois que j’ai ma liseuse, j’ai découvert depuis peu l’outil « trouvez votre prochaine lecture ». Probablement ajouté pour promouvoir l’achat de livre via un compte Kobo, mais moi, je l’utilise principalement pour lire des extraits. Merci à tous les auteurs qui, dans leur contrat d’édition, acceptent que des extraits soient publiés. Parfois de cinq pages, mais jusqu’à 30-40 pages. C’est appréciable, assez pour savoir si je veux me procurer le roman.

Donc, dès que je vois dans une revue, un journal, un blogue qu’on parle d’un roman, qu’on pique ma curiosité parce qu’on en dit du bien, qu’on lui décerne un prix, ou parfois parce que le sujet m’intéresse, je délaisse ma tablette pour ma liseuse.

Ainsi rien que cette semaine, j’ai lu des extraits de :
Royal de Jean-Philippe Baril Guérard
La femme de Valence d’Annie Perreault
Si tu passes la rivière de Geneviève Damas
Sentinelle de la pluie de Tatiana de Rosnay
Vous écrivez? Le roman de l’écriture de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Frustration évidemment devant l’absence de Débâcle de Lize Spit publié chez Actes Sud. J’essaie de comprendre les raisons de ces quelques éditeurs, dont Actes sud et Lémac entre autres, à refuser de fournir (est-ce le bon verbe?) leurs livres numériques (parce qu’ils publient quand même en numérique) à pretnumerique.ca. Je me demande s’ils ont vérifié si ça vaut encore la peine? Si leurs raisons premières valent encore? Sont-ils moins piratés? Les auteurs sont-ils toujours d’accord? Est-ce moi qui deviens comme ces jeunes qui croient que tout livre, toute musique, toute œuvre d’art doit être accessible gratuitement au public? Pourtant non, j’espère que non. J’espère de tout mon cœur d’auteure que les auteurs dont les livres se retrouvent sur la plateforme pretnumerique sont payés à juste titre pour leurs romans numériques. J’ai hâte de voir une étude à ce sujet.

Encore heureux (non c’est faux) qu’on ne parle pas tant de livres dans les médias, je trouve que je ne lis pas le quart de ce qui m’intéresse. Comme pour toute nourriture, je dois choisir et je dois surtout apprendre à manger lentement, à manger moins et mieux. Surtout qu’avec la BANQ ou réseau Biblio Outaouais, mes deux approvisionneurs, je suis limitée à trois semaines pour lire. Je délaisse donc certaines lectures pour en privilégier d’autres. Les critères de sélection sont souvent aléatoires, souvent le nombre de pages, parfois le style.

Ainsi, entre Les loyautés de Delphine de Vigan et La bête creuse de Christophe Bernard c’est Delphine de Vigan qui a gagné. Entre La bête creuse (j’ai essayé à nouveau) et La promesse de l’aube de Roman Gary, c’est ce dernier qui a remporté parce que j’ai encore de la difficulté avec ce genre de phrases quand elles sont dans la narration : « quelques curés bénévoles quand il coachaient », « Faque tu te lèves », « ses frères jobaient à la scierie », « Labatt avait été obligée de clairer deux employés ». J’ai nettement préféré « si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine ». Oui, je sais, je suis vieux jeu. Pourtant je veux, j’essaie, j’accroche souvent. Je cherche surtout à comprendre, à me psychanalyser pour savoir si c’est de la jalousie, de l’envie, du snobisme, de la résistance. Et puis, je me dis qu’on peut bien préférer la framboise à la fraise sans nécessairement chercher à remonter à son enfance pour savoir pourquoi. Et je sais aussi qu’un jour prochain, je goûterai aussi à quelques fraises… à moins qu’une autre talle de framboises m’attire.

Faut-il dire que La promesse de l’aube de Roman Gary c’est joyeux, ça fait du bien : pas de meurtre, pas de conflit, pas de tare, même pas d’amour contrarié. Non, qu’un bel hommage d’un homme à sa mère. Comme un goût de printemps où tout sera beau et doux.

Devant tant d’abondance de publications, quels sont vos critères de choix?

samedi 7 avril 2018

Le moi du dedans n'est pas celui du miroir

Aujourd’hui, ce n’est qu’une date. Inscrite sur des papiers d’identité.
Ce n’est qu’un jour.
Ce n'est qu’une heure écrite sur une page signée par un médecin et les deux parents : 3 h 15.

La femme qui a poussé ce jour-là, à cette heure-là, pour que je voie le jour, et dont j’ai déchiré le corps en sortant d’abord les pieds, la vieille dame aux cheveux encore gris dont j’ai tenu la main tavelée quand elle est morte la bouche ouverte ne sont plus là. Entre les deux ma vie. Ma courte vie. Pourtant, ma mère est encore dans mes rêves, dans mon sang, dans mes os.

Je sais que le temps a commencé avant moi. Je sais aussi que des milliards de personnes ont vécu avant moi. Et sûrement autant après. Pourtant, je suis un peu de tout ce temps, de tous ces gens.

Dans mon esprit, je ne suis pas celle qui est sur les photos prises chaque année à cette date. Sur ces photos et devant le miroir, je ne suis que l’instant présent, je ne suis qu’un visage — au début poupin, maintenant plutôt ridé —, une infime partie de ce que je suis.

Mon corps a un âge, il compte les jours, il calcule le temps. Il a déjà couru, il marche maintenant. Il a eu un passé, et son futur s’amenuise.

Mon corps a un âge, pas moi. Pas le moi du dedans. Pas le moi qui lit et qui écrit. Tant qu’il pourra lire les mots de tous les temps, de tous les lieux, de toutes les races, tant qu’il pourra écrire tous les mots de tous les imaginaires, de tous les souvenirs, de toutes les libertés ou de toutes les prisons, de tous les siècles, ce moi n’aura pas d’âge.

Alors aujourd’hui, ce n’est qu’une date, je ne remarquerais même pas le changement de chiffre si je ne lisais pas les mots d’amitié que certain.e.s adressent au moi du miroir, et d'autres au moi du dedans qui n’a pas d’âge auquel je leur donne parcimonieusement accès.

mercredi 4 avril 2018

Être plus que celle qui écrit

Fébrile, excitée, curieuse, pensive.
Oser, chercher, recommencer, accepter.
Hâte, fièvre, crainte, rêverie.
Observer, sans trop comparer, sans trop juger, être là parmi, être à côté.
Me laisser aller, retrouver la confiance, l’énergie, la force, le plaisir.
Travailler, penser, réfléchir, questionner, me taire, écouter.
Bûcher, tomber, déprimer. Pleurer peut-être. Tuer l’imposteur, l’oublier cet oiseux.
Espérer, croire en moi, prendre le temps, reculer, avancer.
Lire, relire.
En silence, à voix haute, seule, en groupe, devant témoins, devant mentor, devant des pairs.
Écrire, réécrire.
Le texte, l’histoire, l’écriture. Faire beau, faire vrai, faire juste.
Chaque jour, chaque heure. Chaque page, chaque phrase, chaque mot.
Ne pas penser à l’éditeur même si c’est à lui au final que je veux plaire, parce que moi, je m’aime comme je suis.
Ni trop au lecteur même si c’est lui qui décide au final parce que moi, en tant que lectrice, je m’aime comme je suis.
Ne pas être comme. Ni meilleure que. Être moi, pas une autre. Ni jeune, ni néophyte, ni émergente, ni nouvelle, ni me faire accroire.
Ne pas être la personne, être celle qui écrit. La retrouver.
Écrire plus que des manuscrits, écrire des livres qui seront publiés.

Fin mai, camp littéraire Félix.

site internet du camp littéraire Félix>>>

Yvon Paré

jeudi 22 mars 2018

Un peu, beaucoup, intensément aimé

Vous le voyez sur l’image, il s’agit du roman La porte de Magda Szabó.

Découvert via le blogue de Madame lit où il était question surtout d’Abigaël d'une auteure hongroise que je ne connaissais pas. Mais comme Abigaël n’était pas libre à la BANQ, j’ai choisi La porte dont on dit également du bien à peu près partout.

Dès le premier chapitre, après avoir lu ceci :
« J’ai vécu avec courage, j’espère mourir de même, avec courage et sans mentir, mais pour cela, il faut que je vous dise : c’est moi qui ai tué Émérence. »
j’étais bien accrochée comme un poisson qui frayait tout de même dans une eau assez profonde si on considère les livres que j’ai commencés sans les terminer ces dernières semaines.

N’allez pas croire que c’est un polar. C’est le portrait d’une femme. Une femme de ménage, une sorte de concierge de tout un bloc de maisons. Elle n’est même pas attachante comme Anne Frank, ni méchante comme Tatie Danielle, ni fielleuse comme Nelly Arcan. Je n’aurais pas voulu la rencontrer dans la vie ni surtout devenir son amie ou sa proie. Elle aime donner sans jamais rien accepter en retour, elle engueule la romancière comme c’est pas permis. On continue de lire non pas tant pour voir qui va enfin la remettre à sa place, mais pour voir pourquoi elle cherche querelle à tout le monde et pourquoi elle n'ouvre pas cette satanée porte.

Les chapitres sont denses, les dialogues rares, en fait Émérence parle et la romancière écoute ou plutôt encaisse les rebuffades tout autant que le chien Viola qui pourtant veut toujours retourner vers la concierge.

J’emprunte à Naïm Kattan un meilleur résumé :
« Afin de pouvoir se consacrer librement à son écriture, la romancière, qui vit avec son mari, engage une aide-ménagère, Emerence, qui est le personnage central du roman. Femme aussi solide qu’insaisissable, aussi efficace que mystérieuse, elle agit comme concierge, balaie la neige et est entourée des voisins. Or, sa propre porte reste close et elle interdit l’entrée dans sa maison à tout le monde. Réservée, taciturne, elle fait le ménage chez les Szabo et s’occupe de leur chien Viola. »
Naïm Kattan, Le Devoir 6 décembre 2003
J’avais oublié combien j’aime les biographies. Les vraies ou les fictives. J’aime les portraits, les histoires à un seul personnage. Comme Le père Goriot de Balzac, comme Madame Bovary de Flaubert, comme Alexandre Chênevert de Gabrielle Roy. Si l’auteur tient absolument à me situer le personnage dans une époque et un lieu, je veux bien, comme ce roman qui se situe en Hongrie, dans les années 50 je dirais, mais ce n’est qu’un décor bien secondaire. Ça pourrait se passer ailleurs et en un autre temps. Donc le lecteur est bien concentré sur le personnage sur la relation entre la narratrice qui écrit au je et cette Émérence qui nous surprend par son intransigeance, son amour des animaux, et sa porte… fermée.
Et même si j’avais bien hâte de voir pourquoi la narratrice affirme l’avoir tuée, je n’ai pas passé une page, pas un mot.
 
J’ai intensément aimé.
J’attends Abigaël.
Entre-temps Les querelleurs de France Théoret.

Blogue littéraire de Madame lit >>> 

mercredi 14 mars 2018

La banshee est de retour

Bientôt la Saint-Patrick, le 17 mars. Pendant cinquante ans, ce jour-là, cette fête-là, ce saint-là, cette référence-là à l’Irlande m’étaient complètement indifférents. Parce que ma mère fredonnait à l’occasion When Irish Eyes Smiling, tout comme elle fredonnait bien d’autres airs qui n’avaient rien à voir avec l’Irlande, oui je savais qu’on avait du sang « vert » dans nos veines, mais sans plus. Un huitième de sang irlandais, c'est quoi?

Et puis en 2004, je parcourus le cahier-livre de ma grand-tante et c’était parti, j’allais écrire l’histoire de Bridget et de Denis, mes arrière-arrière-grands-parents.
Il aura fallu sept ans pour qu’un éditeur s’y intéresse.
En 2015, parution du deuxième tome.
En 2016 : présentation du dernier tome. Refus. Deux révisions. Deux refus.
En 2017 : présentation à huit éditeurs : quatre refus, quatre sans réponse.
J’ai décroché. J’ai renoncé. J’ai attendu. J'ai continué d'accumuler les titres, j'en suis bien à une cinquantaine sans qu'aucun ne me satisfasse complètement. J’ai fait autre chose parce que j’ai quand même une vie!
La Saint-Patrick me ramène le troisième tome qui me hante comme une banshee. La nuit, les dieux de la lune me tiennent éveillée et m’assaillent de phrases. Des phrases, oui, mais pas l’ombre d’une petite idée de restructuration ou d’intrigue enlevante qui satisferait un éditeur. Ni de titre qui tient plus qu’une aube.
Me faudra-t-il attendre encore sept ans?
Ce huitième de sang irlandais m’a-t-il rendue entêtée? Comme une histoire tissée depuis cinq générations et qui ne me sortira pas de la tête tant qu’elle ne sera pas inscrite dans un livre?


L’auteure qui a besoin d’aide

On dit souvent aux auteurs de s’adresser à la bonne maison d’édition pour publier leur-s manuscrit-s.
Il n’est pas si facile de dénicher le bon créneau éditorial, surtout que les jeunes maisons d’édition recherchent un style différent, une voix nouvelle à la langue familière, une structure comme dans une recette déconstruite, bref rien qui colle à mon roman. Et les autres, ceux qu’on affuble du terme de généralistes comme s’il ne publiaient pas de la « vraie » littérature, eh bien à ceux-là, mon manuscrit ne semble pas leur convenir non plus!

Plusieurs auteurs offrent des ateliers d’écriture. Plusieurs entreprises également. Mais si on peut connaitre les spécialités de ces dernières : science-fiction, carnet, roman; si on trouve leurs procédés : exercices, lectures de texte; et si on peut savoir quelle clientèle ils visent : débutant, professionnel, il est plus difficile de trouver la personne ou l’entreprise qui collera à notre style, qui répondra à des questions non pas générales, mais bien précises, non pas des théories, mais des exemples applicables à mon manuscrit.
À la suggestion d’un éditeur, j’ai cherché qui, dans l’association des auteurs dont je fais partie, pourrait m’aider, avec qui je pourrais travailler. Quel auteur.e écrit le même genre de roman que moi? Je devrais lancer un appel à tous parce que je n’ai pas trouvé qui saurait vraiment m'accompagner dans une nouvelle version.

Et finalement, il me semble que ce n’est pas un auteur qu’il me faut, tout publié, tout pédagogue soit-il, c’est un.e mentor. Comme un directeur littéraire ou une directrice littéraire. Indépendant ou non. Je ne lui demande pas de m’assurer de la publication, mais presque.


Autres possibilités

L’agence Alinea: j’ai connu Marie-Paule Villeneuve quand elle travaillait au journal La terre de chez-nous, j’ai lu et aimé tous ses livres. Elle m’avait fait confiance pour la rédaction des reportages. Mais je ne me décide pas. Méandres de mon hésitation : 
1- le site de l’agence n’a même pas de nom de domaine, le site n’a pas changé depuis sa création 
2- je trouve bizarre que le nom de son agence se retrouve dans le site des éditeurs réunis/JCL 
3- si Alinéa m’aidait, mon manuscrit aurait-il plus de chance chez cet éditeur qui a déjà refusé mon manuscrit?
L’Uneq offre un service de parrainage, mais le candidat ne doit pas avoir publié plus d’un ouvrage, ce qui n’est pas mon cas.
Le camp littéraire Félix : bien tentant, mais je n’ai pas envie de passer une semaine en compagnie d’autres auteurs, et de parler d’autres manuscrits. Donc, ce serait du mentorat personnel. Pour cela, il faut écrire à la direction.
Il y a aussi Mini-génie dans les Laurentides, Le pigeon décoiffé à Québec et Montréal.
Vais-je tous les contacter? Tous les essayer?

L’auto-édition ou le compte d’auteur

Il y aurait éditions Veritas, les éditeurs associés, Bouquibec et plusieurs autres.
Mais, encore un, mais, toujours un mais.
Ce n’est pas ce que je veux. Je ne veux plus/pas m’engager dans la promotion, dans la distribution, m’assoir derrière une table dans tous les salons petits et grands, le sourire figé et la plume en attente.

Et puis pourquoi passerais-je par ces entreprises quand j’ai un certain talent de graphiste : je suis capable de monter le livre, d’aller chercher l’ISBN (c’est gratuit), de le préparer pour un imprimeur. Je connais Gauvin à Gatineau ou Caïus à Montréal. Je peux être ma propre éditrice. Je l’ai déjà été. Surtout qu’aujourd’hui, on peut faire imprimer à l’unité. Cinquante livres me satisferaient amplement. Je ne sais pas éditer des e-pub, mais un pdf, oui.
Sauf qu’il ne serait pas en librairie, n’aurait que la seule visibilité et promotion que je ferais. Mais quand on y pense, certains livres publiés chez certains éditeurs n’ont guère plus de visibilité.

Banshee, quelle mort m’annonces-tu depuis tant de temps?
Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille? 

jeudi 8 mars 2018

Des images et des mots de femmes

Sue Mills, Annie Cloutier, Clarissa Pinkola Estes

En cette Journée internationale des femmes, je vous suggère une activité, un billet de blogue et un livre.
L’activité : une exposition sur les femmes immigrantes de la photographe Sue Mills, le vernissage est ce soir, à Saint-André-Avellin.

http://culturepapineau.org/exposition/etre-femme-immigrante-quebec/

Le billet de blogue : un texte bien senti sur la relation entre une mère et sa fille. D'Annie Cloutier.

https://annieetlasociologie.wordpress.com/2018/03/07/courir-parmi-les-louves-sefforcer-de/

Le livre (à part Grosse de Lynda Dion sur lequel j’ai encore quelques petites choses à dire mais ce sera pour un autre jour) : je l’ai vu sur le blogue d’Annie Cloutier. Je ne l’ai pas lu encore, très difficile a dénicher, c’est Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés. Tout ce que j’ai lu au sujet de ce livre, en plus des nombreux extraits que j’ai pu trouver, m’intrigue et m’attire.

https://www.grasset.fr/femmes-qui-courent-avec-les-loups-9782246498513

jeudi 1 mars 2018

Grosse de Lynda Dion

Lynda Dion, en parlant des femmes qui l'inspirent, écrit :
« c’est Anne Sylvestre
c’est Hélène Cixous
c’est Virginie Despentes
c’est Marilyn French
c’est Nicole Brossard
c’est Benoîte Groult… »
et plusieurs autres aussi.
Que j’ai lues moi aussi
qui m’ont marquée moi aussi.
J’ajoute «c’est Hélène Dorion, c’est Louise Dupré, c’est Madeleine Gagnon»
et depuis son tout premier roman, La dévorante, j’ajoute «c’est Lynda Dion».

Je l'ajoute pas que pour le sujet de son tout récent Grosse
mais pour l’ensemble de l’œuvre.
Pour le style, pour le comment elle dit les choses, pour la puissance des phrases.
Sans les virgules sans les points, je ne suis pas capable de lire plus de quatre pages de Marie-Claire Blais alors que je pourrais lire encore et encore toutes les pages, tous les mots, tous les espaces, tous les murmures de Lynda Dion.
Son souffle devient le mien.


Pour les sujets aussi : être femme, être maîtresse, être désir, être grosse, être écrivaine, être soi
chaque fois, elle réussit à trouver une résonance en moi (et probablement en bien d’autres) et c’est là sa force et le succès de son écriture toute personnelle.

Ses dessins, si elle en avait besoin pour illustrer pour se libérer pour compléter pour montrer, bon, d’accord.
Sauf la page en noir : très efficace
mais pour moi, en tant que lectrice, je n’en avais pas besoin. Les mots, ses mots me suffisent amplement.

Je voudrais être plus qu’une lectrice
que ma voix soit importante, fasse écho, porte loin
et pas seulement tout de suite parce que le roman vient de sortir
pas seulement pendant trois mois dans les librairies.
Pas pour moi, mais pour elle
que le nom de Lynda Dion s’ajoute à ceux qu’elle nomme.
Un nom qui a du poids (ou c’est un titre percutant ou c’est maladroitement facile comme un mauvais jeu de mots)
et qui aura de la durée je n’en doute pas.
Qu’on se souvienne de Monstera Deliciosa, de La Maîtresse, de La Dévorante et maintenant de Grosse.
La littérature, pour moi, n'est pas dans le sujet,mais dans l'écriture.

Mais finalement, je sais bien qu’elle n’a pas besoin de mon commentaire, que ses livres vont faire leur chemin par leur propre valeur
alors lui dire mon admiration, lui dire merci, lui dire encore.
Comme si j’étais une élève à qui elle enseigne
elle me montre le chemin de l’écriture, celle de l’autofiction, comme une directrice littéraire, comme un professeur.

Je ne lis pas ses livres, je les épluche.
Je les relis comme les jeunes écoutent une chanson en boucle
jusqu’à trouver mon chemin qui, s’il jaillit du sien, sera le mien.

Mais on peut aussi le lire pour des dizaines d’autres raisons.
Dites-moi les vôtres.

mardi 27 février 2018

FemmExpo : pouvoir autrement


Le 3 mars prochain,
(qui fête son dixième anniversaire) 
présente l’exposition FemmExpo.

Sous le thème Pouvoir autrement
l’exposition présentera 39 œuvres de femmes artistes provenant de partout en Outaouais et d’ailleurs.

Autant d’œuvres, 
autant de visions, 
autant de pensées, 
mais toutes sûrement créées avec le même espoir 
de vivre non dans le pouvoir mais dans l’autrement.

Louise Falstrault a présenté une œuvre qui m’a inspiré ce texte.



Pouvoir autrement
C’est regarder au-delà des barrières
qu'elles soient de métal ou de bois
de paroles, de langue ou de rois
S’ouvrir vers demain
Voir loin
Aller vers l’autre
Sauter les obstacles, vaincre les préjugés
Tendre les mains
Ouvrir les bras
S’élever sans écraser
C’est dire #moi aussi et respecter les personnes dans leur choix,
quel qu’il soit
C’est ne pas juger
Ce n’est pas se battre contre, c’est s’allier
C’est écouter, nuancer
C’est chercher à comprendre et pas essayer de tout prendre
C’est créer
C’est marcher pour manifester
C’est écrire
Pour dire, pour s’exprimer
C’est prendre la parole
Écrire sur les murs
Sortir du fond de nos tiroirs ou de nos placards
C'est se frayer un chemin à travers les bois
Marcher sur les roches, se blesser sur les cailloux
Ne plus avoir peur
Dire, mais aussi écouter, questionner
C’est lancer un cri d’espoir
Pas réclamer à cor et à cri
Ni à tort et à travers
Pas chialer, pas condamner
Mais nuancer, clarifier
Tourner sa langue sept fois avant de twitter
Publier seulement le vrai, l’authentique, si possible pour diffuser
dénoncer publiquement
réclamer ouvertement
À sa façon, en respectant qui on est
C’est mettre au monde
Créer des liens entre tout ce qui vit sur la terre
Peu importe la couleur, peu importe la matière
Faire des alliances, des alliages
Tous vivre ensemble comme les roches, le bois, les minéraux, les plantes
Dire non, ensemble
Dire oui, ensemble
Dire oui, j’ai peur
Mais dire oui, je peux







vendredi 16 février 2018

Petit bonheur matinal

Le bonheur est parfois si facile. Dans mon cas, il tient parfois, souvent à un livre.

Dans les médias, je surveille tout ce qui se rapporte à la littérature. Et dans l’ordre de mes intérêts, le cinéma n’est jamais bien loin. Aussi, ce matin, j’ai lu attentivement l’article sur le film qui sortira bientôt au Québec : Les gardiennes. Quand j’ai lu « un film de Xavier Beauvois, d’après le roman d’Ernest Pérochon », quel mot croyez-vous a retenu mon attention? Le mot « roman ». Que croyez-vous que j’ai fait?
film de Xavier Beauvois

Évidemment je me suis ruée sur Google, jamais bien loin, toujours un onglet ouvert sur ma tablette. J’ai cherché le nom de cet auteur que je ne connaissais pas. J’ai appris qu’il avait remporté le Prix Goncourt en 1920, pas pour ce roman, mais pour Nêné. Un auteur vite oublié devant le Goncourt de l’année suivante : Marcel Proust.

D’après l’article, les photos, la couverture de la nouvelle édition, l’histoire se déroule à la campagne. J’aime déjà. Il y aura plus de silence que de bruit, plus d'arbres que d'asphalte. Déjà aussi, je pressens l’atmosphère, l’odeur des champs, la lenteur de la vie. Que l’actrice principale soit Natalie Baye était secondaire pour moi tout en offrant une promesse de succès. Ce qui m’intéressait c’était le roman. J’ai vu qu’il avait été réédité au cours des ans, ce qui présupposait de sa notoriété. Je ne pouvais me réjouir de cette réédition pour l’auteur étant donné qu’il est décédé en 1942, donc probablement plus de droits d’auteurs à ses descendants, mais alors un bon coup pour l’éditeur.

Comme la BANQ n’a pas encore obtenu le roman en numérique, j’ai cherché sur ma liseuse. Grâce à ma Koko, j’ai pu obtenir l’extrait de plusieurs pages.

Sous le titre : terroirs classiques. Déjà, j’avais un petit faible.
« La plaine s’étend, monotone, à perte de vue; quelques haies d’épines y poussent et quelques noyers, trop rares pour arrêter le regard. »
« Un beau soir favorable à la besogne »
« Avez-vous entretenu le feu de nos maisons aimées? […] Servez-moi les fruits de mon verger et versez dans mon verre le vin de ma vigne. »
Un délice. Une chanson douce. Une lecture jouissive.
Un bonheur.

Et un vocabulaire du terroir qui ravive les années 1920, en France. Comme un retour dans une vie que j’aurais vécue, toute rude soit-elle. Des personnages que j’aurais envie de côtoyer, d’écouter me dire leurs silences et leurs misères. Des caractères bien campés que j’aimerais tellement créer.

C’est comme si je retournais voir mes grands-parents qui, pourtant, n’ont connu ni la campagne française, ni le dur labeur des champs, ni les maisons de pierres humides et encore moins la guerre de 1914.

Pourquoi j’aime autant… je ne saurai jamais. Ou je me connais mal. Ou je n'ose penser à la réincarnation.
Et si ce bonheur survient tôt le matin, je porte sur mon visage un grand sourire toute la journée.

Et vous, quel roman oublié avec-vous découvert parce qu’un réalisateur en a fait un film?

Si la bande annonce du film vous intéresse>>>