dimanche 10 janvier 2021

Janvier 2021

 


Quand je regarderai la date

je verrai le bleu du ciel   la neige légère   le temps doux

Cette heure   Le sourire

Les autres heures seront floues

tellement celle-là émergera

de la longue secousse


lundi 28 décembre 2020

Du lavage de vaisselle


J’aime laver la vaisselle. Seule. Seule avec mes pensées. Devant une fenêtre si possible.
Quand j’étais élève, j’aimais que mon pupitre soit sur le bord de la fenêtre. J’y écrivais mes plus belles compositions.
Devant une fenêtre, mon esprit s’évade dans la profondeur de la forêt
ou guette le geai bleu sur la branche
ou imagine la rivière derrière la montagne lointaine
ou attend le chevreuil dans le grand champ devenu tout blanc
ou s’enfuit pour faire semblant, pendant une petite heure, de parler le « langage des épinettes » comme dirait Serge Bouchard.

Il ne sauve pas nécessairement vers un lieu paradisiaque, pas nécessairement au chaud, sur une plage. Il ne rumine pas des regrets du lieu et du temps de la Floride où normalement, il aurait pu passer ces mois de froidure. 

Non, seulement, il s’éclipse dans un état de réflexion, un temps de repos de ses émotions. Il relaxe, mon esprit, il décompresse, il fait silence. Souvent, il écrit, il laisse venir les mots qui libèrent, qui apaisent, qui pardonnent, qui cherchent à comprendre.

Ce matin, devant la petite neige qui tombe, je me dis que je suis heureuse de connaitre cet hiver après les deux derniers passés en Floride. Je suis de ce pays de quatre saisons, je suis de ce froid et de cette neige. Quand je « manque » l’hiver, mon corps et mon esprit sont peut-être déstabilisés? Il leur manque quelque chose comme un dernier morceau de nourriture oublié sur un coin de table.
Je suis d’accord avec Madame de Staël :

 « La solitude, en hiver, ne consiste pas seulement dans l’absence des hommes, mais aussi dans le silence de la nature. »

Cet hiver, la solitude peut ressembler à l’enfermement, mais quand je lave la vaisselle, et que je regarde par la fenêtre, j’oublie le confinement. Quand les flocons tombent doucement, sans vent, sans blizzard bruyant, je ressens le même bien-être que l’arrivée des menstruations. Comme une nouvelle période, une humeur plus sereine, un calme retrouvé.

Ce qui me permettra d’affronter encore quelques fois une tempête parce que je ne suis pas dupe, l’hiver au Québec c’est aussi des tempêtes, du vent qui fait valser les grands pins, des aubes glaciales, des ciels gris. Et particulièrement cette année, ce sont aussi des décisions difficiles, des argumentations avec sa conscience, des bouffées de frustration, des petits deuils.

Si mon vieux lave-vaisselle rend l’âme, je ne le remplacerai pas. J’aurai plus de vaisselle à laver! Et je ne m’en plaindrai pas.

samedi 5 décembre 2020

Des nouvelles de Lysette Brochu


Il fut un temps où je suivais un atelier d’écriture à Hull. C’est ainsi que j’ai rencontré quelques membres de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais. C’était en 2010. Dix ans déjà.

Je les ai présentés dans mon blogue : Lysette Brochu, Nicole Balvay-Haillot, Loïse Lavallée, Louis Noreau, Daniel Paradis, Gilbert Troutet. À travers nos rencontres et la lecture de nos textes et de nos livres, j’ai appris à les connaître. Le parcours de chacun et chacune est impressionnant : publications pour la jeunesse, résidences d’auteurs, Vézelay en France entre autres, implication dans le Salon du livre, dans l’association des auteurs et auteures de l’Outaouais. Une vie d’écrivain, quoi!

C’est toujours un plaisir d’apprendre ce que deviennent ces collègues d’écriture. Notre animateur Jacques Flamand est décédé, certains ont eu des problèmes de santé, mais pour la plupart, on écrit encore. Je suis persuadée qu'on écrira toujours. En revanche, les maisons d’édition de la région n’étant pas au summum de leur vie, il est difficile de se faire publier.

Alors, belle surprise ce matin en apprenant que Lysette Brochu a fait paraître : Écrire au courant de la plume, un livre qui rassemble des récits, des tableaux de vie, réflexions, lettres et nouvelles « qui avaient paru dans des collectifs, revues ou ailleurs et elle y a ajouté plusieurs textes inédits. En somme des rires et des larmes, de l’amour, de l’humour, du drame, et même du suspense. »

De plus, la Ville de Gatineau et Vision Centre-Ville Gatineau ont lancé une nouveauté dans le cadre du Sentier culturel : le Parcours poétique du centre-ville. Il s’agit d’extraits de poèmes rédigés par seize poètes de la région. Dont Lysette Brochu. Sa plaque est située rue Hôtel-de-ville. 

Modèle de persévérance, source de motivation, Lysette Brochu me garde dans le monde de l'écriture et de la publication. Je suis fière de la connaître.

Pour commander son livre ou en savoir plus sur sa vie d’auteure, visiter son site >>>
Site de la maison d’édition >>>

lundi 30 novembre 2020

La journée est belle

30 novembre : mon père aurait eu 98 ans.

Courriel inattendu ce matin : une réalisatrice en muséologie m’a fait parvenir une photo prise en 2011. J’ai une abondante chevelure rousse. Souvenir heureux parce que je parlais alors de «ma» Petite-Nation. Souvenir un peu triste parce que la photo me rappelle que quelques mois après, je suivais des traitements de chimiothérapie. Je n’aurais plus de cheveux pendant plusieurs mois.

Me rappelle aussi que ma mère mourrait, à l’âge de 87 ans.

Fin novembre 2017, fin novembre 2018 et fin novembre 2019 : j’étais en Floride ou en route pour la Floride. Ce matin : ici, au Québec, dans « ma » Petite-Nation, et heureuse d’y être, en bonne santé.

Alors pour que les souvenirs restent des souvenirs, je reviens au présent, je lis les commentaires au sujet de mon billet Elle d’hier. Petit sourire de satisfaction : j’ai réussi mon coup.

Puis, je ratisse tout ce qui concerne les prix Renaudot et Goncourt 2020. Surtout ce qui se dit sur Villes de papier et son auteure Dominique Fortier. Tellement heureuse pour elle. Tellement aimé ce livre.

J’ai lu ce livre en septembre 2018. J’en ai parlé dans un billet de blogue : « Je deviens elles ».

Elle hier et Elles aujourd’hui! 
Me donne des ailes. 
La journée est déjà belle.






dimanche 29 novembre 2020

Elle

Depuis le temps que je la connais, que je la côtoie, je vous la présente enfin.

Je l’ai aimée tout de suite. J’avais 26 ans. Depuis ma petite enfance, elle avait été une copine sans plus. Je n’aurais jamais cru qu’elle put devenir une amante et un amour. Je doutais tellement, je cherchais la perfection, je réfléchissais trop, j’hésitais pour tout.

Je me rappelle encore le sentiment euphorique du premier «je t’aime» prononcé à haute voix. Ou n’est-ce pas plutôt ce cliché éculé : «j’ai besoin de toi» qu’on entend à la fin des films sentimentaux? Ma respiration courte et retenue. Mon cri étouffé. Les mains couvrant mon visage. J’ai du mal à croire que c’est pour moi. Discrètement, presque en secret, pour ne pas l’effaroucher, ne pas la faire fuir, j’accepte. Excessive, je lui consacre tout mon temps.

Chaque semaine, je lui découvre une nouvelle facette. Sa beauté, sa générosité, sa douceur tout autant que sa force. Nous ne parlons pas de tout, mais nous parlons de l’essentiel. Elle sait faire naître le meilleur. Lui faire plaisir me comble. Elle me rend importante.

Juste elle et moi. Découvrir, essayer, aller dans toutes les directions, entrevoir toutes les possibilités. Devant le fleuve, au pied des arbres, sur une route de campagne. Dans la maison, dans la chambre, dans la cuisine. Dans la neige, dans les feuilles d’automne, en chaloupe sur un lac. À l’aube, au soleil couchant.

Elle me raconte des histoires, elle m’offre la liberté et les grands espaces, elle me dit qu’on va vivre de macramé et de macaroni, cultiver les radis et la poésie.

J’y crois. Attachement passionné. Attentes démesurées.

Pendant deux ans.

Ensuite, la vie matérielle reprend ses droits. Il faut payer l’électricité, remplir le frigo, mettre de l’essence. Je retourne sur le marché du travail. Moins de passion, moins de temps à lui consacrer. Je m’égare, je m’oublie.

Je me réveille un matin et elle est partie? Non. Plus sournoise, plus taciturne. Un peu plus chaque jour. Sans que je sache pourquoi. Ai-je la tête ailleurs? Ai-je dit ou fait quelque chose qui l’a blessée, donné le goût de se venger. Présente, mais silencieuse. J’essaie la gentillesse, la taquinerie, la patience, et j’avoue... la violence verbale. Rien n’y fait, elle ne m’accorde aucune attention. Et moi, de moins en moins.

S’installent alors de froids rituels. Des repas rapides, des conversations banales. Aucune des deux véritablement absentes, mais le cœur ailleurs, éteint.

Pendant quelques semaines, pendant mes vacances surtout, nous reprenons de la vigueur. Je retrouve mes premiers émois. Une fougue, un élan. Même mon corps se transforme : un visage épanoui, les épaules détendues, un cou invitant. Des mots gentils. Elle peuple ma solitude et pourtant, comme dans la chanson, je m’en suis fait une habitude et une amie de cette vie solitaire.

J’en ai eu assez de nous garder secrètes, j’ai voulu nous montrer, nous rendre visibles, être reconnues. Mais comme une vedette de cinéma, on aurait voulu qu’on nous découvre, qu’on nous aime sans avoir à le crier sur les toits, sans avoir à se pavaner ou se battre. Que les petits pas franchis nous mènent vers une grande place publique. Ce fut trop d’efforts pour moi. J’ai renoncé. Ou plutôt j’ai laissé aller.

À quarante ans, elle me manque trop, je tente un rapprochement. À force d’appel et d’attentions, de présence et de persévérance, elle revient, différente, plus mature. Aussi exigeante. La peur de la perdre à nouveau aurait pu me paralyser, paradoxalement, je me sens plus libre. Je ne cherche plus à la retenir, à tout lui sacrifier ou pire, à la contrôler. D’amoureuse possessive et dépendante, je deviens amicale et ouverte à ce qui peut venir.

Elle me le rend bien. Même si je recommence à pleurer, à douter, à mal dormir, je suis sinon heureuse, au moins fière.

Au lieu de nous balader dans les grandes villes, à la recherche d’une reconnaissance officielle, nous nous présentons à nos ami. e. s, aux personnes qui nous comprennent, qui nous aiment. Malgré certains jugements, dont certains m’ont blessée, nous faisons preuve de compréhension et nous nous contentons de cercles plus restreints.

Aujourd’hui, à 70 ans, je ne cesse pas de l’aimer, mais pour me sentir en vie, je n’ai plus besoin d’un miroir pour me sentir belle ou importante. Voilà, c’est ça : je n’ai plus besoin d’elle pour exister. Alors je la côtoie quand ça me plaît, juste pour le plaisir.

Elle, l’écriture.

dimanche 15 novembre 2020

Le choix des mots

Professeur, je disais des milliers de mots dans une heure. 
Infographiste, je cherchais les meilleurs, les plus précis pour les titres d’articles, pour les annonces. 
Auteure, je peux jongler avec les mots pendant des jours, des semaines. 

Hypersensible aux mots. Ceux que je dis, ceux que j’entends. 
Nos conversations marquées par l’oralité ne laissent pas le temps à la nuance ni à la recherche du mot juste. Pendant que je trébuche sur un mot, déjà un autre sujet. Pourquoi les réponses courtes, même maladroites, ne me suffisent-elles pas? Pourquoi toujours vouloir débattre ou tout nuancer? Juste jaser, c’est possible non! 

Aujourd’hui, le mot « envahissante ».
Je pourrais me contenter de répondre « non, non, bien sûr que non, tu n’es pas envahissante ». Et ça s’arrêterait là. Choisir la facilité, la bienséance. Émoticône sourire. Et on passe à un autre sujet. 
J’ai choisi la taquinerie : « bien sûr que tu es envahissante... » me suis-je entendue dire. Me suis sentie obligée de rajouter « mais pas dérangeante ». Ça me trotte dans la tête depuis. Je cherche encore une meilleure réponse, probablement parce que je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas clairement ce que je pense. Boileau a bien raison.

La semaine dernière, c’était le mot : « folle ». J’entends très souvent « fou » ou « folle ». Pas pour me qualifier, moi. Non, pour décrire quelqu’un: Trump, un tueur. Une femme dont le comportement ne fait pas notre affaire, nous dérange, nous fait souffrir. On dit « folle » pour ne pas chercher plus loin. On se protège, on fuit, on évite. On juge.

Quand les mots traînent dans mon esprit, c’est que le doute vient de s’installer. Ou le malaise ne se dissipe pas. Ou comme dit Lisanne Rheault-Leblanc dans son livre Présages : 
« Certains mots reviennent et reviennent : leur répétition actionne maladroitement des leviers rouillés, déclenche des flashs, des brûlures de honte, une suite d’images troublantes dont la bande sonore s’est égarée dans les archives. »
Il ne faut pas non plus imaginer que c’est maladif mon affaire. Ou souffrant. Les mots me font jouer au Scrabble, à Alpha Betty. J’en ai fait mon métier de cette recherche des mots. Exercice matinal aussi : écrire la soirée de la veille ou le plaisir du jour. Ou le trop-plein. 

Et ne me dites pas de lâcher prise ou d’arrêter, ou de ne pas m’inquiéter. J’aime bien chercher, essayer de comprendre, approfondir et si possible expliquer, communiquer. 
Comme assembler un casse-tête, celui de ma vie.


vendredi 6 novembre 2020

La langue de feu de Michèle Bourgon

La poésie et moi, c’est compliqué.
Comme les prix littéraires. Je m’imagine indigne de comprendre. Une écolière inculte. Pourtant, à 16 ans, après mon journal intime, mes premiers mots écrits dans un cahier noir avaient la forme d’un poème. C’était simple, court. Une émotion plus qu’une pensée. Une chanson plus qu’une symphonie.

L’étude des vers de Villon, Lamartine, Baudelaire, Nelligan et même Saint-Denys Garneau a achevé de me convaincre que je n’y comprenais rien, je ne sentais rien, je n’entendais aucune musique. Donc pas pour moi. J’ai vite renoncé. En guise de poésie, je me contentais des chansons de Claude Gauthier, Georges d’Or, Gilles Vigneault. 

Et puis, à force de côtoyer des auteurs québécois, j’ai rencontré quelques poètes, j’ai ouvert des livres. De Nicole Brossard parce que je l’ai connue.
De René Lapierre parce que j’ai connu sa conjointe.
De Guy Jean, de Loïse Lavallée parce qu’ils sont auteurs dans l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais.

Michèle Bourgon a été professeure, elle écrit des nouvelles, de la poésie, des récits.
Je la connais deuis près de dix ans. Elle vient de publier un recueil de poèmes : Feux de langue.

J’ai lu, et cette fois, j’ai entendu la musique. Son amour du Québec et de la langue de chez nous me rejoint. On y trouve des allusions à Gaston Miron, à Réjean Ducharme et même Victor Hugo.
Un hommage, tout en jeux de mots, à Clémence Desrochers, Yvon Deschamps, et plusieurs autres «grands».
Des images des cinq continents.

Elle a bien raison, Michèle Bourgon, d’écrire en quatrième couverture : « il y a dans Feux de langue des coups de gueule contre l’Histoire, de la déception, de la colère ». 
Mais j’ai aussi reconnu son pur amusement à inventer, déformer des mots que j’avais eu le plaisir de lire, avec un grand sourire, dans ses deux livres : Y a pas de souci! et Y a toujours pas de souci!

Tous centrés, sans ponctuation autre que quelques points d’exclamation, ses poèmes permettent une lecture rythmée, douce et très visuelle.

Je sors ma langue de feu 
Brûle ta langue de bois 
Tire ma langue de chez nous 
Parce que tu l’as si bien pendue… 

Tiens ta langue sur le bout de la mienne 
Et fais sept fois le tour de Babel 
Pour que tu comprennes enfin que 
Ma langue pour moi est la plus belle! 

Une fois la dernière page tournée, comme au retour d’un voyage, je laisserai couler un peu de temps. Et je relirai, comme on regarde des photos, pour lire entre les lignes, pour découvrir la délicatesse des détails. Quoique pour aimer un poème, je ne crois pas qu’il faille un cours universitaire, ni faire le tour de Babel, ni même de longues analyses critiques, ni chercher une histoire.

Juste se laisser aller.
Juste ouvrir une page et commencer à lire lentement.  

Pour acheter son livre ou connaître Michèle Bourgon, vous pouvez visiter son blogue où elle sort sa «langue de feu»!>>>

lundi 26 octobre 2020

Hier, de causerie, ce matin, d'hiver


Ce matin, neige sur les branches, neige dans les champs.
Je veux l’aimer, cette neige, parce qu’elle sera bientôt là pour plusieurs mois.
Et que cet hiver, je resterai avec elle.  
Je ne veux pas me battre contre elle, juste l’accueillir.
Parce que mon pays, c’est l’hiver, comme dit Vigneault.
Vigneault a aussi dit qu’on est gens de causerie.

Hier, à l’invitation du Centre de généalogie de la Petite-Nation,
j’ai été fille de causerie
Fille de mon père, grand parleur
Fille de ma mère aux sentiments réservés, mais qui fredonnait When Irish Eyes Are Smiling
Chanson apprise de son père.

Hier, j’ai été arrière arrière-arrière-petite-fille d’Irlandais.
J’ai été fille de mots
Qui a parlé pour être entendue
Une dizaine de personnes m’ont écoutée sur Zoom
J’ai raconté comment j’ai écrit Les têtes rousses
Ce fut parfois vérité
Et parfois mensonge.
Vigneault connait bien les gens de son pays.

Je reste rarement sans mots.
Je suis aussi fille de pages.
Je remplis des pages et des pages de mots, de photos, de noms.
Sur mon blogue>>>
Et sur mon site>>>  

Pour connaître la vérité et les mensonges dans mes romans Les têtes rousses, Les têtes bouclées et Les têtes dures, consulter cette page>>>

Merci aux personnes qui m’ont vue et écoutée.
Merci à Alain Faubert et Maurice Deschênes pour l’animation et la technique sur Zoom.

Et maintenant, retournons dans cet hiver qui commence
Où je vais aller rêver et écrire
Parler encore et même rire
Où les soirs de grands vents
J'écouterai Vigneault me parler de liberté.

mercredi 21 octobre 2020

Ce dimanche 25 octobre...
causerie de la généalogie à mes romans

La sœur du père de l’épouse de mon arrière-arrière-grand-père est morte de la grippe espagnole, le 29 octobre 1918. Le genre de phrase que les amateur.e.s de généalogie adorent lire ou écrire. Il nous faut parfois un tableau pour mieux comprendre.

Elle s’appelait Esther Leduc. Plus connue sous le nom de Sœur Marie-de-Bonsecours. 

Elle a été une des trois premières postulantes de la congrégation des Soeurs Sainte-Croix qui venait tout juste d’être fondée, en 1847, à Saint-Laurent.

C’est le genre d’informations que j’ai eu la chance de découvrir dans le livre bleu écrit par son arrière-petite-nièce, Annie Deguire, — ma grand-tante maternelle — qui, elle aussi, est devenue sœur Sainte-Croix.

Le genre de document qui vous donne des ailes pour aimer la généalogie et de l’inspiration pour écrire trois romans.

Ce que j’ai fait à partir de 2004.

Ce dimanche 25 octobre, je vous en parlerai encore. C’est le Centre de généalogie de la Petite-Nation qui organise ce « webinaire », un nouveau mot pour moi et une nouvelle technologie qui permet des conférences à distance, Covid 19 oblige. 


Vous pourrez poser vos questions et j’espère vous donner le goût de poursuivre vos recherches, de questionner vos parents s’ils sont encore vivants, et même écrire la vie de vos ancêtres. 

Inscription gratuite, mais obligatoire pour que l’animateur, Alain Faubert du Centre de généalogie, organise une belle rencontre. Vous recevez un courriel, et un peu avant 13 heures, vous vous installez confortablement devant votre écran, vous cliquez sur le lien et je serai là.

On se voit donc dimanche?
Pour vous inscrire, cliquez ICI>>>


dimanche 18 octobre 2020

Du coq à l'âne

             

L’orme n’a plus de feuilles. Les mélèzes jaunissent. Le ciel bleu me permet d’éteindre les lumières de la maison. Il fait suffisamment clair. Sur les réseaux sociaux, la sortie des livres s’intensifie. Bientôt un de Nancy Huston. Ses pensées pendant le confinement du printemps. Publiées parce qu’elle s’appelle Nancy Huston. À l'intérieur, les livres s’empilent autant qu'à l'extérieur, les aiguilles et les feuilles. Mourront-ils avec cet automne occupé?

Écrire comme Lucy Ellman dans Les lionnes. Comme une écriture automatique, comme un surefficient mental (mot rencontré lors d’un message publié par Mathieu Cyr sur la douance qu’il préfère appeler surefficience mentale. Je ne crois pas être atteinte à 100 % mais je me reconnais un peu dans cette hypersensibilité). Les lionnes, un livre éblouissant dit-on. Un exploit certainement. Mais lire toutes ces phrases enchaînées où seul « le fait que » vient séparer les idées... si au moins c’était en paragraphes, pour reprendre son souffle, pour que notre cerveau ne dérive pas, reste là, dans l’histoire. Non, je n’ai pas tenu les 47 pages de l’extrait.

Tant qu’à être dans les extraits... tant de livres parus ces dernières semaines... j’ai préféré celui du livre de Simone de Beauvoir, Les inséparables. Juste à voir le nom de Zaza. MA Zaza. Probablement la Zaza de bien des jeunes filles. Pas les jeunes filles en fleurs de Proust, non les jeunes filles qui ont lu Les mémoires d’une jeune fille rangée. Dont je suis. J’avais 15 ans quand ma mère m’a mis ce livre entre les mains un jour d’été désœuvré. J’en avais 20 et je lisais encore tout ce que Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre ont publié. Même L’être et le néant. Je voulais devenir philosophe. Dans ma bouche, partout, tout le temps, encore aujourd’hui, malgré les regards désespérés de mes interlocuteurs qui auraient bien voulu la réunion s’achève, d’inlassables «pourquoi?» ou pire des «je ne comprends pas». Je ne comprends pas le monde comme tout le monde. Et mes parents m’ont appris à nuancer, à choisir les bons mots, les mots justes. Ceci ne veut pas dire cela. Je m’en fatigue moi-même.

Mais la plupart du temps, je m’aime quand même!

Toujours question livres, à croire que c’est tout ce qui m’intéresse, mais oui, le dimanche matin, en lisant La presse+, je délaisse rapidement les courbes de la Covid, ma zone orange et les élections américaines — quoique je regarde un peu, hâte de voir si Trump va être réélu si les frontières vont réouvrir après les élections, mais même si elles ouvrent, je n’irai pas plus en Floride, trop de cas de Covid encore et dans mon cas, ce n’est pas vrai qu’être masquée et confinée en Floride, c’est mieux que d’être masquée et confinée au Québec : pas les mêmes repères, pas les mêmes activités, pas la même langue, pas mon monde, mon monde sera ici avec leurs tuques et leurs mitaines — fin du tiret, on retourne aux livres, je vous l'ai dit du coq à l'âne comme dans Les lionnes... il y a aussi les livres de Deborah Levy, son autobiographie, pourquoi elle écrit. J’adore les biographies, depuis le temps que je le dis. Je le dirai encore le dimanche 25 octobre lors d’une causerie... un beau mot causerie, je le préfère à conférence. Fait plus amical, moins entrepreneurial. Lien pour s'inscrire à cette causerie sur généalogie et romans, mes romans sur mes ancêtres irlandais, lien donc à la fin de ce billet... s'il peut finir, pensez-vous!

Il faudrait bien que je cesse d’écrire ou de parler et que j’aille lire. Même pas terminé la biographie de Pauline Marois. Ni Le palais des orties de Marie Nimier, écriture fluide et à la mode du temps. Cette mode de métaphore avec des animaux ou des plantes. Pensons au Lièvre d’Amérique de Mireille Gagné, de L’apparition du chevreuil de Élise Turcotte et surtout de Les Foley de Annie-Claude Thériault et sa fameuse Sarracenia purpurea, fil conducteur de son histoire.

Hélas, la vie domestique va reprendre son cours. Et au lieu de lire, je préparerai la salle de bains qui va recevoir une belle douche toute neuve cette semaine. Comme tout le monde, pour moi aussi, temps de pandémie est aussi temps de rénover, de rester à la maison. J’ai même recommencé à tricoter. Pour ma «filleule», un petit chien Porkie. Porkie ce n'est pas son nom, c'est sa race, un mélange deYokshire et Poméranien. Son nom commence par L tel que tricoté sur son petit chandail.

Suffit les associations d’idées. Votre esprit vagabonde-t-il aussi? Le dimanche matin uniquement? Ces dimanches de congé propices aux vagabondages, quand ma mère invitait ses tantes à diner et où elles jasaient tout l’après-midi ou quand mon père disait : on va faire un tour d’auto, on va voir les maisons!

Suffit, j’ai dit.

Lien vers conférence-causerie, webinaire Centre de généalogie Petite-Nation, dimanche prochain, 25 octobre à 13 heures>>>

Pour lire un extrait du roman de Simone de Beauvoir>>>