jeudi 15 novembre 2012

Salon du livre de Montréal


Je pourrais chercher une définition à l’expression « Acte manqué », mais je préfère donner l’exemple qui m’a amenée à croire que j’en ai commis un. L’an dernier, j’étais inscrite au Salon du livre de Montréal et je n’ai pu m’y rendre. Cette année, j’aurais pu y aller et je ne m’y suis pas inscrite.
En lisant les blogues des uns et des autres, je m’aperçois qu’ils y vont presque tous. Quelques-uns comme visiteur, la plupart en tant qu’auteur. Les questions, jusque-là restées tranquilles dans un coin de mon cerveau sont sorties en vrac :
Lors d'un
Salon du livre
de l'Outaouais
Pourquoi ne me suis-je pas inscrite? Parce que mon éditeur ne me l’a pas proposé? L’avait-il fait l’an dernier alors que mon livre venait de paraître? Parce que l’association dont je fais partie a offert à ses membres d’aller au Salon du livre de Hawkesbury les 10 et 11 novembre et que, flattée peut-être d’être reconnue auteure, j’ai accepté? Suis-je orgueilleuse à ce point? Par pure paresse, par oubli? Parce que je ne me sens pas auteur digne d’un gros salon comme celui de Montréal? Peut-être que, demeurant en Outaouais depuis plus de 40 ans, je ne m'identifie pas à Montréal? Parce que je ne me sens pas auteur tout court?
Écrivain, oui. J’écris bien, oui le plus souvent. J’écris facilement, très.  Mais écrire des romans, pas vraiment. Je suis à mon meilleur dans des textes courts. J’aurais fait une très bonne chroniqueuse. J’étais dans mon élément quand j’écrivais des reportages à La terre de chez nous. Ou les articles sur les artistes peintres dans Visions de la Petite-Nation. Des historiettes, des petits bouts de vie, des mini-biographies.
Saurais-je un jour qui je suis? Où est ma place? Pourquoi est-ce que je ne me contente pas d’être une retraitée comme la plupart des gens qui m’entourent? Mais un écrivain prend-il jamais sa retraite?
Finalement, peut-être aucune de ces raisons, peut-être juste parce que je n’aime pas m’engager longtemps à l’avance?
Ce matin, le billet de Julie Gravel Richard me fait réaliser, une fois de plus, que je n’ai rien à envier, ni à prouver, à personne et que le temps perdu à me demander pourquoi je ne me suis pas inscrite au Salon m’empêche probablement de profiter de ce qui m’est offert.
Alors bon salon à vous tous, je vais lire à votre santé! Et rester l’œil ouvert à ce qui se présentera.

11 commentaires:

  1. Voilà la bonne attitude! Le Salon, ce n'est pas un incontournable. Et il faut le "sentir". Si tu ne t'y es pas inscrite (par oubli?), alors c'est que tu n'avais pas envie d'y être. Et ça n'a pas de lien avec le fait d'être un auteur ou pas.
    En plus, beaucoup d'auteurs redoutent le Salon. Plusieurs n'y vont pas. C'est intimidant, fatiguant... et souvent peu satisfaisant.
    Salutations, Claudel!

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  2. Je m'en allais dans cette direction, ton billet a achevé de m'en convaincre. Intimidant, non pour moi; fatiguant, probablement (je t'admire) et peu satisfaisant, pas sur le coup, l'enthousiasme des rencontres prenant toute la place, mais à long terme.

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  3. Tu connais Réjean Ducharme ?
    Je ne crois pas qu'il soit jamais allé à un salon du livre.

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  4. Ginette: il y a toujours des noms comme ça qui ressortent: celui qui n'a jamais donné d'entrevues, celle qui a envoyé son manuscrit à 36 éditeurs avant d'être publiée, l'auteur inconnu de son vivant et pourtant étudié maintenant à l'université. Ce sont des exceptions qui ne confirment rien du tout à mon point de vue et qui ne m'aident en rien à trouver ma place. Mais je sais que tu me dis ça pour m'aider et c'est pour cette raison que je te dis merci.

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  5. Juste une petite remarque comme ça, en passant : Je ne suis pas au SLM... Parce que je n'ai pas encore publié quelque chose de conséquent...

    Tu peux peut-être comprendre tout le drame que je vis lorsque je prépare ma liste pour le SLM, Claude?

    Contrebalancé par une euphorie incroyable, de revoir toute la bande... D'acheter plein de livres... D'arpenter les allées...

    Bref, je te comprends un peu en ce moment... :S

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  6. Isabelle, tu faisais partie des "Quelques-uns comme visiteur", mais je peux fort bien comprendre que tu as hâte de te retrouver de l'autre côté des tables. Ça s'en vient, j'en suis certaine.

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  7. Oui, je sais, je suis l'éternelle visiteuse de ces salons!

    Un jour, ce sera mon tour! Merci de croire en moi... et de ne pas perdre patience depuis toutes ces années à me suivre! Hihi! ;)

    Au plaisir de te côtoyer un jour dans l'un de ces merveilleux salons! Que ce soit Montréal ou
    un autre! :)

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  8. Isabelle: ça ne fait pas si longtemps, quatre ans tout au plus. Et si rencontre il doit y avoir, ce sera sans doute Salon de l'Outaouais. Avec l'autoroute 50 qui achève, ce sera un "pet" pour toi.

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  9. Je te trouve très sévère avec toi, tu manques d'indulgence. Tu peux m'accorder une chose, je lis abondamment de romans québécois et à la suite de ma lecture de ton dernier roman "Les têtes rousses", je te considère une auteure à part entière. Tu gagnerais à te considérer en tant que tel. Peut-être qu'il y aurait une accalmie de questions qui libérerait de l'énergie pour te présenter au Salon. Tu t'y présenterais sans te comparer aux autres auteurs plus connus, et qui ont souvent comme plus grosse "qualité" avec toi, d'être plus connue. Pour être plus connue, il faut investir du temps, et de l'humilité, se confronter à notre anonymat comparativement aux autres.

    Un exemple, Marsi est talentueux, son premier album est excellent et sa présence dans un Salon le confronte, s'il se compare à Michel Rabagliati (même maison d'édition en plus !).

    J'en conclus que tu ne t'es pas inscrite principalement parce que ta présence sans être sûr d'avoir des visiteurs te confronte, c'est facile à conclure, il s'agit de lire tes billets quand tu parles de toi comme auteure.

    Qui aime bien châtie bien ;-)

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  10. Merci Venise, je sais bien que tu m'aimes bien et tu n'es pas la seule. S'il est vrai que je ne me considère pas vraiment comme auteure à part entière, ce n'est pas dans le sens de la qualité de ce que j'ai écrit, mais dans la quantité que je produis. En roman en tout cas. J'aimerais avoir (eu)le souffle et la discipline d'écrire un roman aux deux-trois ans.
    J'aime trop d'affaires en fait,hihi!

    Quant à la confrontation, non, je ne crois pas qu'elle me fasse si peur. Tout le monde a quelqu'un qui est plus connu que lui et je suis plus connue que d'autres. Sur le coup, c'est sûr que de voir et d'entendre les visiteurs s'adresser plus souvent au voisin ou la voisine... mais je ne crois pas que ce soit une des raisons de mon (peut-être) "acte manqué".

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  11. Je viens d'apprendre que même si j'avais voulu y aller, je n'aurais pas pu, mon roman n'étant pas une nouveauté!

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