vendredi 30 août 2013

Tout me tente

Il y a des jours où tout me tente. D’accord, disons beaucoup de projets. Non pas que j’ai l’énergie pour tout entreprendre, faire 30 kilomètres en vélo ou laver la maison à la grandeur ou écrire 3,000 mots. Non. Je voudrais voir de nouveaux paysages, emprunter de nouvelles routes. Pas faire le tour du monde, mais aller autant en France, ou rouler tranquillement sur la côte est et sur celle de l'ouest des États-Unis, le grand Circle aussi des canyons. Même l'Alaska. Ou acheter de nouveaux vêtements et une tablette dont je n’ai pourtant pas besoin. Ça doit être la rentrée, comme quand j’étais élève et que je voulais des cahiers neufs, vierges, des crayons pas encore aiguisés, un pot d’encre d’une couleur différente. Et une paire de souliers italiens, bleus, alors que le noir ou le brun était plus recommandé.

C’est agréable parce qu’on se sent en vie, capable d’affronter l’Everest, même si, rien qu’à penser aux Rocheuses ou au Mont-Blanc, j'ai le vertige. 

Je viens de faire une chose que je n’avais jamais fait avant : j’ai réservé un mois dans un camping des États-Unis, pas pour la semaine prochaine, pour dans sept mois ! J’ai déjà réservé des billets d’avion, même un voyage de vingt-deux jours en Tunisie ou un autre de vingt-neuf jours en Espagne, un bon quatre ou cinq mois à l’avance, mais « chez nous », en Amérique, en véhicule, jamais. J’aimais bien trop l’idée de partir quand je veux, arrêter quand il me plaît selon la température, l’endroit, la fatigue, ne pas avoir d’obligation. Sensation de liberté. L’an dernier, j’avais bien réservé deux semaines, mais pas tant à l’avance. Il faut vraiment tenir à un endroit. C’est à Jekyll Island, en Georgie. Pas la première fois qu’on y va, bien sûr. Assez pour aimer, assez pour savoir qu’on ne s’y ennuiera pas. Il reste encore tant à voir ou à revoir. À vivre. 

Ce que j’aime le plus dans le fait d’avoir réservé, c’est que je peux me dire : je peux partir au moins six semaines. Sans obligation, sans rendez-vous au Québec. Et si j’en ai d’ici là, je les renverrai aux calendes grecques. Parce que les deux dernières années, nous en avions des rendez-vous. Et avant, des obligations. Cette fois, c’est comme si on avait toute la vie. Peut-être pas, mais un tel projet, si petit semble-t-il, c’est emballant. On s’y voit, on anticipe.

En attendant cette fin d’hiver, je vivrai quand même l’automne qui vient, étirant l’été en allant faire du vélo au parc de Plaisance, à Granby aussi peut-être. Et en octobre, aller voir un peu au sud, voir si j’y suis. Pas à Jekyll Island que je me réserve pour après la raquette sur mon terrain. 

Enivrant quand toutes les routes sont permises. C’est de choisir le plus difficile.

En cette veille de la fin de semaine du Travail, une petite pensée quand même pour les Créateurs de la Petite-Nation qui tiendront leur 17e tournée des ateliers, mais ni Louise Falstrault ni moi n’en serons, on pourra sortir, partir, ne pas attendre, ne pas stresser. Bonne chance aux artistes. Une petite pensée aussi pour notre confrère blogueur, Pierre H. Charron, qui se remet d’une opération difficile.

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