lundi 8 juin 2020

Tous ces mots qui ne deviennent pas histoire

Depuis une semaine, écrire les bourgeons devenus feuilles, aimer la variété de tous ces verts printaniers.

Commenter la phrase d’une amie : «Je ne vois pas de gloire à transgresser les consignes, ni de faiblesse aveugle à les respecter.» Ne se sentir ni glorieuse ni faible, juste s’adapter, juste être en paix avec ses choix si difficiles soient-ils.

Depuis avril, changement de dizaine, je suis devenue une aînée. Confinée, retenue à la maison par ordre ministériel. D’où les tiraillements, les argumentations, les différends, les cris et les pleurs. Obéir pour le bien-être de la société. Pourtant, concéder au fur et à mesure des consignes allégées du déconfinement. Vivre à deux, vivre dans une région, dans une province, vivre deux saisons, se faire dire comment vivre. Puis ailleurs, puis à plusieurs, pour retrouver son propre jugement, pour le bien de notre santé mentale.

Et puis, il y a le dehors, les pieds nus dans un gazon fraîchement coupé. La paruline à reconnaître, le nid du merle à observer, le silence ou le vent à écouter.

Il y a tous ces livres à lire. Commencés, inachevés. Que suis-je devenue si je ne parviens pas à terminer un livre d’Hélène Dorion (Pas même le bruit d’un fleuve) ou de Louise Dupré (Théo à jamais)?

Dans l’hebdomadaire Info Petite-Nation, Hélène Desgranges a écrit:
« Claude Lamarche est toutefois incapable de ne pas écrire et a donc privilégié les courts textes sur son blogue, par exemple, à des projets d’envergure pendant le confinement. Cependant, elle avait prévu lire beaucoup. Mais elle n’avait pas la concentration. »

Depuis dix-huit mois que je n’ai plus la concentration. Depuis les refus des éditeurs à publier mon dernier roman. Depuis mes hivers floridiens. Depuis mes nouvelles amitiés. Depuis les jeux addictifs sur ma tablette.

Même les billets de blogue se raréfient. Autant de mots et de phrases dans ma tête, souvent à l’aube, mais enchevêtrés, sans mise en ordre, sans autre but que de trouver comment expliquer ceci à la pharmacienne ou cela à une amie, comment résumer mes prises de position face aux consignes gouvernementales.

Mais jamais de personnages qui me soufflent leurs histoires, jamais de problèmes de narration à résoudre. Que faut-il donc à quelqu’un qui se dit écrivaine pour que tout se mette en ordre, en marche, pour que les gouttes d’eau deviennent des rivières? Faut-il tout simplement accepter que la source soit tarie, que le besoin de raconter sa vie, la vie, une vie, des vies se soit érodé? Que l’appel de vivre est si urgent qu’il passe avant le besoin d’écrire le monde? Accepter l'emprunt d'une nouvelle avenue.

5 commentaires:

  1. Si tu assumes tes décisions et tes gestes, tu ne dois d'explications à personne. Si l'urgence de vivre repousse ton besoin d'écrire, vis et sois-en heureuse, il sera toujours temps d'écrire quand la prochaine dizaine, ou la centaine, te rattrapera.

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    1. Je dirais qu'expliquer, c'est pour faire comprendre (ne serait-ce qu'à moi-même et si j'écris, c'est souvent pour moi-même) et justifier, c'est pour convaincre.
      Alors, oui, j'aime bien expliquer, mais je ne cherche pas à justifier ni mes choix, ni les chemins empruntés. Seulement les dire.
      Ou disons qu'on jase là...

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  2. Est-il un auteur ou une auteure qui ne connaisse le blocage de la page blanche ?
    Les derniers mois ont tant travaillé à éteindre flammes et inspirations... Laisser le temps au temps, ne pas trop se poser de questions, apprendre à laisser les jours qui passent nous user inlassablement, autant de programmes peu engageants qui mettent notre enthousiasme à rude épreuve !
    N'est-ce pas le temps, justement, de découvrir les oiseaux et les milles joyaux de la nature et d'apprendre à s'en satisfaire pour régénérer notre mental et y faire la place pour de nouvelles inspirations ?
    Je n'ai pas la réponse. Juste la question et elle prend toute la place...

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  3. On ne vit pas tous les choses de la même façon. J'en connais qui pendant le confinement ont appris à faire du pain, des pâtes, se sont mises à l'Italien, on fait un ménage de dingue, ont tout repeinturé. Moi, pantoute! C'est comme si on m'avait coupé les ailes. J'ai juste appris à accepter la vie et les journées telles qu'elles venaient et je me dis, c'est bien correct aussi même si au début j'éprouvais un peu de culpabilité. T'as peut-être les ailes coupées toi aussi?

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