vendredi 10 juin 2011

Je pourrais parler...

Ça ne fait pas sérieux mon affaire : des billets irréguliers, des sujets éparpillés, sans véritable fil conducteur. Depuis quatre jours, je commence... et je remets à plus tard. Je pourrais parler de l’artiste peintre Louise Falstrault ou des Créateurs de la Petite-Nation.  Je suis leur graphiste depuis quinze ans, je monte leurs sites Internet, leur dépliant, je leur ai ouvert une page Facebook, j’assiste à leurs expositions, à leur tournée. La belle saison ravive leurs espoirs de rencontrer des visiteurs anciens ou nouveaux, ils se réunissent, ils projettent, ils organisent, ils promeuvent (il a fallu que j'en cherche la conjugaison à celui-là).

Je pourrais parler de ma dernière lecture Mademoiselle Personne de Marie Christine Bernard qui flotte encore dans ma tête tellement j’ai aimé.  L'auteure a un style bien simple, ses personnages ont l’air de parler, de réfléchir à haute voix. Pourtant de nombreuses phrases et même plusieurs pages, d’un style plus recherché, se marient très bien avec le reste. Dans son cas, la beauté de l’histoire tient plus dans la structure, dans le fait d’avoir donné la parole à quatre personnages sur les mêmes événements. Un roman qui se serait tellement bien lu au bord de la mer, assise sur le cap d’une roche.

Je pourrais parler de Claude Léveillé, je me suis contentée d’un commentaire ce matin chez une autre blogueuse. J’ai revu mon père qui nous l’a tellement fait écouter.  Quand mon père est mort, ma belle-sœur pianiste a joué « La légende du cheval blanc ». Je me suis revue avec mon frère, à l'auditorium de ville Saint-Laurent quand on assistait à l'émission Domino, en 1956. C’était « mon » Cloclo.

Je pourrais parler de ce début de roman que je ne cesse de recommencer. Un bon 150 pages écrites, mais le début ne me satisfait pas. Je ne trouve pas le ton, la forme. Parce que l’histoire commence quand un garçonnet de quatre ans vient de perdre sa grand-mère, alors je ne veux pas adopter le vocabulaire d’un enfant, ce n’est pas une histoire pour la jeunesse. J’ai essayé pendant une ou deux pages de commencer par ce même personnage, vieux, malade, seul qui raconte sa vie et se souvient. J’ai pensé écrire sous la forme d’un journal, mais ce n’est plus tellement la mode, si tant est que ça l’a déjà été. Même si, en tant que lectrice, j’aime beaucoup journaux intimes, mémoires et même correspondance, les éditeurs, eux, je ne crois pas qu’ils trouvent le style vendeur.

Devant tant de « je pourrais », je n’en ai développé aucun et voilà pourquoi je n’ai rien écrit de valable depuis dix jours.
Mais ça me démange.

(source photo: http://www.photo-libre.fr)

13 commentaires:

  1. Période creuse. Ça arrive.

    Lâche pas! Ou plutôt : donne-toi le droit d'avoir lâché et reviens-y.

    Pour ton roman... et si tu racontais le début d'un point de vue extérieur à l'enfant? Avec un narrateur autre qui observerait les événements?

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  2. @Gen: pour lâcher, me semble que je lâche souvent et longtemps. Pour le narrateur, j'aurais bien de la difficulté, me semble que c'est "frette", un narrateur-observateur, pas de coeur, pas d'âme, pas de sentiment, genre article de journal. J'aime ce qui vient de l'intérieur, que ce soit senti. Merci quand même pour la possibilité.

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  3. Un autre roman ? Cooool.
    D'après ce que je comprends, il mijote, tout simplement. Quand il sera goûteux à souhait, tu tiendras l'angle qui convient, t'en fais pas. ;)

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  4. @Sylvie: en fait c'est plus ou moins la suite des Têtes rousses: la deuxième et troisième partie dont le premier éditeur-qui-ne-m'a-jamais-offert-de-contrat ne voulait pas. Alors c'était tout écrit il y a belle lurette.

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  5. @re-Sylvie: je pourrais peut-être aller faire un p'tit tour de vélo. Après tout c'a t'a réussi!

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  6. @ClaudeL : Ton observateur n'est pas obligé d'être un être désincarné. Un parent, un ami, un témoin, quoi. Et le narrateur peut aussi ressentir ce que le personnage ressent (narrateur-aligné), mais comme il l'explique de l'extérieur, il n'est pas limité par le vocabulaire de l'enfant.

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  7. Tout ce que tu pourrais dire, tu nous l'as dit. C'est du Claude Lamarche ça.

    Ne t'occupes pas du marketing du livre, genre vendeur ou pas. À ce stade, ça tue l'élan créatif. Si tu es soulevé par le genre journal, que l'écriture se réchauffe et déboule dans ce genre, ça va être bon. C'est ce que, à prime abord, un (bon !) éditeur regarde. Et il a bien raison.

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  8. Le vélo : tu ne sauras pas si ça fonctionne pour toi tant que tu n'auras pas essayé.
    GO !!! :D

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  9. @Sylvie: Penses-tu qu'électrique, ça vaut? Hihi!
    Habituellement, je suis plutôt trouvailles en nageant dans la piscine, sauf qu'en été, je n'ai que ma petite 18 pieds rondes!

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  10. Claudel sirop, vas-y selon ton coeur tout simplement...

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  11. @Suzanne: ah, oui, lui! bonne idée, je vais chercher pour voir où il est rendu. Je crois bien l'avoir perdu en cours de route.

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  12. @Suzanne: grand sourire à lire ta question. Merci de t'en préoccuper. Si je souris, c'est que mon ti-coeur ne devait pas être si loin. :-)

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