samedi 6 avril 2013

Le dernier hiver de Louise Auger


J’ai beaucoup aimé la couverture de ce livre : le papier, le graphisme sobre, la couleur pastel, le concept qui se répète pour tous les livres. J’ai de l’admiration et du respect pour une maison d’édition qui recherche la qualité et s’ingénie à garder le même genre de couverture pour l’ensemble d’une collection. Donc j’aime les éditions Sémaphore dont c’est le premier roman que j’ai entre les mains. 

En fait, j’ai tout aimé de ce livre : le contenant et le contenu. 

L’arrivée de ce livre est une histoire en soi. Je me rendais au Salon du livre de l’Outaouais, au début du mois de mars dernier. En roulant, j’écoutais Andrée Poulin, chroniqueuse à Divines tentations le samedi matin. Elle parlait d’un roman qui est comme un « murmure » a-t-elle dit. Préoccupée par la route et un peu nerveuse parce que j’allais à ma première séance de signatures depuis… quatre ans, j’en oubliai le titre et le nom de l’auteure, mais je me suis dit que si je devais lire ce livre, je savais que la vie se chargerait de me montrer le chemin pour l’obtenir. 

Dans une allée de la grande salle, je reconnus Andrée Poulin que je connais parce qu’elle fait partie de la même association d’auteurs que moi, et parce que je suis une fidèle lectrice de son blogue. 

Je n’ai pas aussitôt mentionné mon intérêt pour le livre dont elle avait parlé le matin à la radio qu’elle m’invite à la suivre. Elle m'entraîne dans les dédales du Salon, et arrivée au stand des éditions Sémaphore, j’ai à peine le temps de voir les petites plaquettes aux couvertures semblables qu’elle s’adresse à une dame en lui disant « Je veux lui offrir le livre de Louise Auger ». 

Je ne retiens pas plus le nom que le matin, je retiens seulement le verbe « offrir ». 

Du coup, je rougis, j’en suis certaine. Est-ce que j’interprète bien ce verbe. Hé oui, Andrée me l’offre comme si j’avais gagné un concours. Le livre devient d’autant plus précieux. Au point où je n’ose même pas le feuilleter devant les autres, ni le lire aussi goûlument que je le fais parfois. 

Quelques jours après le Salon, je partais pour trois semaines en voyage. Dans mes bagages, Le dernier hiver de Louise Auger. Une fois bien installée, l’environnement apprivoisé, j’ai fini par l’ouvrir ce livre. J’ai pris mon temps, comme on déguste un bon vin. J’ai lu tranquillement, quelques pages par jour, à l’ombre des palmiers. 

Et j’ai aimé autant le contenu que le contenant. Vous savez comment j’aime qu’on me raconte une vie, la vie. Je me suis identifiée au personnage : de la même décennie, du même sexe, des mêmes lieux. Le fait que le personnage ait écrit son histoire alors qu’elle a 75 ans, en 2045 ne m’a pas dérangée plus que trois secondes, le temps de calculer un peu et de me demander pourquoi. 

Le plus beau, c’est le style. Des phrases comme je les aime, comme j’aimerais en écrire. Des mots qui disent la nature, les saisons, le lac et la campagne. Des mots riches, recherchés sans être inaccessibles. Des images douces, des révélations qui devraient être plus souvent partagées, des dialogues juste ce qu’il faut, pas trop. Des émotions aussi que j’ai été heureuse de vivre par personne interposée et d'autres que j'ai reconnues miennes. 

Un livre que je relirai bien avant mes 75 ans, c’est certain. Qui me donnera alors peut-être le goût de raconter ma propre histoire.


9 commentaires:

  1. Claude,
    Ravie que tu aie aimé ce superbe livre. Il me semble bien que ça te rejoindrait...
    Andrée

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  2. Oh, quelle belle histoire ce précieux cadeau! :)

    Il y a des livres comme ça qu'on semble destinés à lire.

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  3. Surtout quand il s'agit de petits bijoux peu connus. Il y a de ces rencontres comme ça: Andrée qui en parle, j'écoute Andrée, ce que je ne fais pas tous les samedis, la voir le jour même...

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  4. On dirait le parfait exemple d'alignement des étoiles. hihi
    Je vais faire comme toi : si ce livre est fait pour la lectrice que je suis, il va se retrouver sur mon chemin par lui-même. ;)

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  5. Le fait que j'en ai parlé est peut-être le premier maillon d'une chaîne de prêt comme Andrée le fut pour moi... Qui sait.

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  6. Beau billet sur une belle rencontre littéraire, Claude.

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  7. En effet, c'est un petit bijoux! Mais Berthe a 94 ans lorsqu'elle écrit, et non pas 75... Elle veut fêter ses 95 ans. C'est d'autant plus émouvant, non? À lire absolument!!!

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  8. Anonyme, vous avez bien raison, pourquoi j'avais gardé en tête 75?. Mystère. Que ce soit plus émouvant parce que 94 au lieu de 75, c'est discutable.
    Merci de votre passage. J'aurais préféré un signature en bas de votre message.

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