jeudi 30 mai 2013

Des fois, je me prends pour une autre

Des fois, je me prends pour une autre. Je voudrais être la seule, ou au moins la meilleure à connaître ceci ou cela, à parler de ceci ou de cela. À me distinguer parmi la pléthore de gens qui s’expriment sur tel ou tel sujet. Sortir du rang. Être importante.

Probablement attirer l’attention. Je ne jouerai pas à me demander la raison sous-jacente, mais n’empêche que c’est là, pourtant je sais très bien que je ne détiens pas le monopole de l’expression ni de rien d’ailleurs.

Exemple : demain, le vendredi 31 mai, à Radio-Canada, émission Zone Doc, il sera question de l’Irlande, de la famine, de la traversée, des descendants. J’ai vu des images qui annoncent l'émission. Certaines sont celles-là mêmes que j’avais imprimées et qui me servaient de référence lors de l’écriture de mes Têtes rousses.

Sans même chercher à connaître plus de détails, mon petit cerveau sur les bords de l’histrionisme se lance dans des scénarios : « Comment, il y a un documentaire sur la famine en Irlande et on ne m’a pas contactée ? » Comme si j’étais LA référence en matière de famine en Irlande. Pire, la seule !

Et puis, je me suis calmée, j'ai remis les deux pieds sur terre et les doigts sur le clavier et j’ai cherché. 
J’ai trouvé le nom du réalisateur : Brian McKenna, un Canadien qui n’en est pas à ses premières armes dans le documentaire. La date de la présentation en anglais : 2011. J’ai fait taire la petite voix qui disait : encore des anglophones, pourtant plusieurs descendants sont demeurés au Québec et ont parlé français dès la deuxième génération. 
J’ai même pu visionner le documentaire sur Youtube, mais je préfère attendre de le voir en français. Et d’admirer le traitement. Après tout, d’autres aussi ont le droit de s’exprimer, de donner leur version, de témoigner. D’autres aussi ont le droit d’être meilleurs que moi. Et réussir très bien à se passer de mon intervention ou collaboration ! Je n’ajouterai pas hélas, je sais bien que je ne joue pas dans les ligues majeures, mais il fut un temps, comme tous les créateurs sans doute, j’en ai rêvé.

 Sur Youtube >>>
(Photographie empruntée sur Internet, je n'ai pas trouvé la source première)

6 commentaires:

  1. LOL
    J'adore ta candeur. Tu dis tout haut ce que plusieurs de nous pensons souvent tout bas.
    Et même si tu es déjà fort importante pour nous (dans mon livre, c'est ClaudeL l'experte de la famine de l'Irlande), continue de rêver. ;)

    RépondreEffacer
  2. La candeur va avec la naïveté! Faut croire que j'ai encore des illusions!

    RépondreEffacer
  3. Hep! On a tous ce réflexe-là à un moment ou à un autre! ;p

    Le pire, c'est quand on se dit (événement fictif) : "Hé, un reportage sur l'histoire des arts martiaux en littérature au Québec, pourquoi personne ne m'a contactée?" Et que, après s'est raisonnée et s'être rendue à l'évidence (on n'est PAS le meilleur expert qu'ils pouvaient trouver), on se fait lancer par un ami/connaissance "Hé, pourquoi ils t'ont pas contactée?"

    lolol! ;) Y'a des gens qui nous aident pas à être humble et raisonnable! ;p

    RépondreEffacer
  4. Hihihi! J'en ai aussi des comme ça dans mon entourage. Admiration inconditionnelle. Mes parents étaient de ce type.

    RépondreEffacer
  5. Il y a l'expertise et il y a la personne derrière l'expert. Je connais un météorologue (parmi tant d'autres) qui se faisait souvent appeler en entrevue parce qu'il s'était fait connaître à un certain poste de radio et qu'ils aimaient bien sa façon de s'exprimer. Ils ne savent pas ce qu'ils manquent, chère Claude!

    RépondreEffacer
  6. Hélène, comme en beaucoup de choses, le contact, le réseau, le qui connaît qui.

    RépondreEffacer