dimanche 8 septembre 2013

Le titre « Vélo à Granby » ne dit pas tout, ne dit rien en fait

Il y a des billets qui s’écrivent rapidement, d’autres parfois demandent des recherches. Et comme en cherchant, on s’aperçoit qu’on en a déjà parlé, presque fait le tour de la question, on se demande bien comment se renouveler et réussir à raconter ce qu’on a vécu, en images ou en mots, ces deux jours à Granby. 

Les photos ne reflétant pas notre état de corps, de cœur et d’esprit, on s’acharne sur les mots qui eux non plus ne nous satisfont pas. Les jours passent, les occupations nous amènent ailleurs. 

Pour dire tout le bonheur que j’ai ressenti à pédaler sur la piste cyclable de Granby, j’ai voulu retrouver toutes mes bicyclettes, mais avant l’ère du numérique, il y eut de vielles photos en noir et blanc, des diapositives, des films en 8mm ou, pas de photos du tout. 

En 2010 et 2011, sur ce blogue, j’ai déjà conté des grands bouts de mes aventures en vélo.


Avant ma première bicyclette, j'ai dû partager avec celles de mon frère. (Je pleurais peut-être pour avoir la mienne!)

8 ans : bicyclette bleue à rétropédalage, a connu les côtes de Lévis

18 ans : vélo 10 vitesses de fille, rouge et blanc, a connu Sorel, le lac Simon

20 ans : vélo 10 vitesses de gars, de marque Raleigh acheté au Canada, vendu à Londres, a connu l'Irlande

25 ans : vélo de gars 12 vitesses

26 ans : vélo-solex, à l’essence, un petit moteur qu’on descend sur la roue avant, a connu les parcs du Saint-Laurent


30 ans : emprunt d’un vélo pour course Lac-des-Plages/Montebello




31 ans : mobylette à essence, une vraie comme celle des Français. Très peu de techniciens pour les réparations, a connu le parc du Mont-Tremblant




40 ans : retour au vélo ordinaire, vélo de gars, 12 vitesses, a connu Cape Cod



Autour de 50 ans : vélo de fille, 18 vitesses que je n'ai vendu que cette année (2013), a connu une bonne partie de la province



57 ans : vélo électrique, batterie au plomb, a connu les États-Unis


63 ans : vélo électrique, batterie au Lithium, connaîtra le sud des États-Unis

La simple énumération des divers vélos ne dit rien des hésitations et des deuils entre chacun, des émotions que chacun m’a procurées, des histoires que j’ai vécues. Et pourtant, c’est entre ces lignes, entre ces âges, entre ces années que s’est insinué ce besoin constant de retrouver le plaisir premier, celui qui date du tout début, de la première fois : la possibilité de partir seule à l’aventure.

Chaque fois que j’ai décidé de changer, d’en acheter un nouveau, un plus performant, un électrique pour plus de facilité, c’était pour retrouver ce bonheur tout simple d’aller voir de nouveaux paysages, de découvrir de nouvelles odeurs, de respirer le doux air de la liberté.
 Avec la venue des pistes cyclables — asphaltées ou en pierre de roche, mais loin de la rue achalandée et dangereuse —, je suis bien heureuse de renouer avec ce sentiment d’évasion. 

Mon vélo électrique rouge, celui avec la lourde batterie de plomb répondait plus à un besoin d’utilité en camping, tandis que le plus léger, à la batterie au lithium, me procure une impression de jeunesse. 

Et les deux jours à Granby ont, en cela, répondu amplement à mes attentes. Ce fut le bonheur total.


En prime, malgré le temps frisquet, deux repas à l’extérieur devant un petit feu, dans un camping déserté. Je suis comblée.

4 commentaires:

  1. J'adore tes photos et leur habillage empreint de nostalgie. Tu m'impressionne avec ta collection de vélos, le mien date d'il y a 25 ans et roule toujours. J'en conclus que tu les uses à la corde, en amoureuse de la nature. Superbe billet.

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  2. Hélène, à part celui que j'ai eu à huit ans, les autres, non, pas vraiment usé. Je les vendais croyant ne plus m'en servir ou avant qu'ils n'aient plus de valeur justement: comme celui que j'avais en ville et je croyais qu'à la campagne, sur les chemins en gravelle... mais c'était sans compter mon grand besoin de partir à l'aventure!

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  3. @ClaudeL : Je comprends tellement le plaisir des repas en plein air en fin de journée! :)

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  4. Gen: dehors le plus souvent et le plus longtemps possible. Dire qu'il y en a qui trouve que c'est compliqué manger dehors. Même les campeurs américains, même dans le sud où on peut manger dehors à l'année! Ou presque.

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