vendredi 18 juillet 2014

Un amour qui date de quarante ans


Je l’ai connu un jour chaud de juillet. Tout de suite je l’ai aimé. J’ai aimé son lac, ses rivières, ses méandres, ses chutes, ses cascades. J’ai aimé ses bruits, ses silences, la brume du matin, les soirs frisquets.
Je l’ai connu en automne, en hiver, j’ai aimé toutes les odeurs de chaque saison, du feu de camp aux petits matins de feuilles humides.
J’y ai rencontré des chevreuils, parfois l’orignal et son petit, et une fois un ours.
Je l’ai parcouru en canot, en raquettes, en ski de fond, à pied, à vélo. J’ai sué, je m’y suis baignée. J’ai visité tous les coins, toutes les aires, tous les belvédères. J’ai tout admiré, tout aimé.
Je m’y suis rendue avec une vieille Aspen, la fenêtre arrière a même éclaté sur la route d’entrée. Je m’y suis rendue en vélo moteur, en caravane portée, en motorisé.

J’ai couché au bord des lacs, au milieu de la forêt. En tentes, en tente-roulotte, en véhicule récréatif. Parfois une journée, parfois un week-end, et quelquefois deux semaines.
J’ai connu le temps des conférences le samedi soir, le temps des concessions de casse-croûte, le temps des tables déplacées, de la musique tard le soir, des voisins trop proches, des enfants mal élevés, des motos pétaradantes. Je l’ai boudé pendant un temps pour ces excès.
Je l’ai traversé de l’est à l’ouest, du nord au sud. J’ai visité chaque secteur.

J’ai connu le temps de la pêche gratuite, des quotas dépassés, de l’ensemencement des lacs, des truites cuites sur le feu.
J’ai vu s’élever tous les bâtiments, du plus petit au dernier, le Centre de la découverte. Je ne comprends pas pourquoi tant de bâtiments, la plupart trop grands, souvent vides.
J’ai apprécié la piste cyclable aménagée en boucle autour du lac.


J’ai vu passer la mode du camping rustique, sans eau, sans électricité, toilette chimique au camping avec services, les huttopia, les chalets et le tout dernier-né le chalet EXP (dernière photo de l'album). J’ai vu les tentes plantées sur le sable avec vue sur l’eau, j’ai vu les cordes pour sauver les berges. J’ai vu les emplacements reculer, s’enfoncer dans le bois, loin de tout. J’ai vu plusieurs aires de camping fermées pour bâtir le Centre de la découverte. Dont mon emplacement préféré, le Timbale numéro 3 qui offrait intimité et une belle vue sur le lac. Une vue que Louise-l’artiste a peint si souvent, à ses débuts. Elle aussi l’a beaucoup aimé. Au point où, pour le centenaire, elle offrait d’y organiser une exposition de tableaux inspirés du lieu. Comme les peintres de la Norditude avaient exposé au parc des Grands jardins. Fin de non-recevoir. Dommage, c’aurait été un bel hommage.

J’ai chialé, j’ai rouspété contre la hausse des prix, je l’ai déserté, j’y ai été infidèle, puis j’y suis retournée. Je me suis adaptée.
Je l’aime encore pour ses cours d’eau, pour ses sentiers, pour la nature.
Je l’aime pour ce qu’il me procure. Je l’aime parce que j’y suis bien.
Depuis plus de quarante ans, j’ai le bonheur facile au parc du Mont-Tremblant.

(photos de l'auteur au parc du Mont-Tremblant; tableau de Louise Falstrault)

6 commentaires:

  1. Faudrait bien que j'aille le découvrir, ce fameux parc! Si les mouches peuvent finir par partir...

    RépondreEffacer
  2. Ce n'était pas si mal cette semaine. Même moins que chez nous. Faut pas trop suer :-)

    RépondreEffacer
  3. Y a du rythme dans ce billet ! J'aime (mon "j'aime" influence facebookienne).

    Tu en as du vécu !

    RépondreEffacer
  4. Euh.... J'espère que le gardien des robots m'a laissé passer.

    RépondreEffacer
  5. Mais oui, je ne refuse que les anonymes et ceux qui écrivent en caractères chinois.

    RépondreEffacer
  6. Un bonheur de lire tes mots. Quel bel hommage à un très beau coin de pays.

    RépondreEffacer