mardi 22 janvier 2019

Dialogue avec moi-même

— Hier, j’ai reçu un courriel d’un organisme qui annonce ses prochaines formations.
— Oui, et alors?
— Hier, j’ai vu qu’une auteure qui a quand même déjà publié deux livres a suivi un atelier d’une entreprise qui offre du « coaching »?
— Oui, et alors?
— La semaine dernière, il y a eu un long échange sur Facebook entre des auteurs qui discutaient argent : payer pour faire réviser, payer pour faire publier, payer tout court.
— Oui, et alors?
— Ça me fait réfléchir.
— Réfléchir ou réagir?
— Euh… plutôt des émotions contradictoires qui montent.
— Et tu sens le besoin de les exprimer.
— Oui, mais je ne veux pas partir de polémique. Tu sais que je ne suis pas une grande argumentatrice.

— Essaie toujours.
— Avec moi-même, je suis à l’aise, je sais que je suis capable de nuancer, si on m’en laisse le temps. Tu sais que je suis lâche, je préfère ne rien dire que de me mettre quelqu’un à dos. Je crains toujours de me faire des ennemis. Chez les éditeurs, chez les auteurs, chez les animateurs. Tout le monde, quoi.
— Alors, garde tes opinions pour toi. Laisse chacun expérimenter, laisse chacun se faire sa propre idée.
— Oui, mais.
— Oui, mais quoi?
— J’aimerais bien que tous les organismes, personnes qui offrent des ateliers nous disent qui a réussi à faire publier son livre après avoir suivi leurs ateliers.
— Comme les entreprises qui mentionnent leurs réalisations?
— Oui, un peu.
— Autre chose?
— Euh… la majorité des animateurs sont des auteurs, j’aimerais que ce soit plutôt des éditeurs ou des directeurs/directrices littéraires. Parce qu’au final, ce sont plutôt eux qui choisissent les manuscrits qui seront publiés. Payer des 500 et même 1000$ pour avoir les conseils d’un bêta-lecteur…
— N’as-tu pas déjà suivi des ateliers avec un éditeur?
— Oui, en effet, mais il agissait plutôt en tant que lecteur. Quoique j’ai eu alors une nouvelle publiée chez sa maison d’édition. 
— Regrettes-tu d’avoir suivi ton atelier à Mont-Laurier et celui de l’an dernier à Valcourt?
— Non, je ne suis pas du genre à regretter mes décisions. Pas de temps à perdre avec les regrets. Le premier, j’ai bien aimé, puisque Les têtes rousses fut publié par la suite, au second, je n’ai pas appris grand-chose, mais ça n’a pas non plus été complètement inutile.
— Tu t’es dit le premier atelier a mené à la publication, le deuxième en fera peut-être autant…
— J’ai dû le penser, oui.
— Mais il te reste une pensée amère quant à ton expérience.
— Tiens, c’est toi qui ajoute un « mais ».
— Ne suis-je pas ton alter ego. Donc pas de regret, mais un peu déception.
— En quelque sorte puisqu’elle n’a pas abouti à ce que j’espérais en y participant. Et le prix…
— Et pour cette raison, tu remets en question tous les genres d’ateliers.
— Disons que j’hésiterais avant d’investir encore de l’argent dans un autre atelier.
— Tu exigerais des garanties?
— Non, sûrement pas, je sais bien que le livre n’est pas un bien de consommation comme les autres, il n'y a rien d'objectif dans ce domaine, mais…
— Alors, je répète : à chacun. e de voir.
— Tu as bien raison. Comme toujours. Liberté de choix. N’empêche…
— Non, non, plus de mais. Va voir dehors si tu y es. Ou remets-toi à l’écriture.

Qui d'autre a une opinion sur les ateliers d'écriture?

4 commentaires:

  1. Je ne sais pas pour toi, mais moi je suis frustré de ne pas avoir accès au troisième. Je sais qu'il est écrit...alors en ces temps d'internet ou tout est accessible en ligne, pourquoi tu ne devient pas ta propre éditrice...facilité de paiement (interac) ou autre, format PDF ou autre...Une trilogie, me semble que c'est 3....J'en possède 2. alors!
    André Labelle alias le beau-frère...

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    1. C'est peut-être ce qui va arriver.
      Dès que mon VR est vendu, je garde x$ et je ferai imprimer quelques exemplaires.
      Merci de m'y encourager.

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  2. J'adore ce dialogue avec toi-même. Je fais souvent la même chose. On s'enrichit mutuellement, tu ne trouves pas, Haha!
    Quant aux ateliers d'écriture, j'ai une opinion très mitigée à ce sujet. Certaines personnes ont de la facilité à écrire et un atelier peut (je dis bien "peut") être un plus, en leur donnant quelques trucs, en leur évitant certains pièges. Mais d'autres "ne l'ont pas" et "ne l'auront jamais", malgré leur désir et leur bonne volonté. Ils y perdent carrément leur temps et leur argent. C'est comme une mode depuis quelques années, tout le monde (ou presque) veut écrire. Mais n'est pas écrivain qui veut! Et atelier ou pas, quand tu ne l'as pas, tu ne l'as pas! Dommage, mais c'est la réalité. Je fais de la correction et révision linguistique et j'ai déjà dû convaincre des gens (après avoir enfilé trois paires de gants blancs, évidemment) qu'ils risquaient de perdre leur temps et leur argent. Certains d'entre eux croyaient qu'il suffisait d'avoir un sujet et de mettre des idées bout à bout, souvent des phrases tellement mal construites que je devais m'en faire expliquer le sens... Parfois, je n'arrivais même pas à trouver le fil conducteur de l'histoire. Il m'aurait fallu tout réécrire, et encore, à condition de comprendre où l'auteur voulait en venir. Alors les ateliers d'écriture, ça peut être positif pour quelqu'un qui a déjà le sens de l'écriture, mais pour bien des gens, c'est malheureusement peine perdue. Voilà ce que j'en pense. Opinion mitigée, disais-je...

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  3. Je vais sans doute te faire sourciller, mais moi aussi j'ai une opinion mitigée des ateliers d'écriture. Et pourtant, j'en ai suivi beaucoup et j'en donne! (des tas)

    Mais c'est qu'il y a atelier et atelier. On ne peut pas demander de garanties d'un animateur d'atelier, personne ne peut nous garantir une publication, mais on peut regarder l'expérience de l'animateur (personnellement, je cherche les auteurs qui ont publié beaucoup ou des auteurs qui sont aussi des directeurs littéraires - c'est quand même fréquent!) et la forme que prend l'atelier. Conférence de 3 heures avec 150 personnes? Non merci, je passe mon chemin. Séminaire de 1, 2, 3 jours (ou plus) en petit groupe? Ça, ça augure bien.

    Pour moi, un bon atelier devrait nous apporter quatre éléments :
    1- de la motivation à écrire (certains ont du mal à trouver le temps d'écrire, alors l'atelier servira de date de tombée ou de temps de pause consacré à l'écriture)
    2- des outils d'écriture qui serviront à long terme (et là je ne parle pas de trucs, genre "faites mourir quelqu'un dans les dix premières pages", mais vraiment d'outils théoriques, comme le schéma narratif, une étude du rythme des textes, les différents types de narration, les figures de style et les émotions qu'elles peuvent créer, des techniques de recherche ou de réécriture, etc)
    3- une opinion critique du texte ou des textes travaillés en atelier, qui fait avancer notre propre technique d'écriture, nous aide à cerner notre voix (idéalement, après un atelier d'écriture, j'aime avoir une nouvelle littéraire prête à être soumise à une revue ou alors un chapitre que je n'aurai plus à réviser)
    4- de nouveaux exercices d'écriture qui développent la créativité (il y a tant de manière de démarrer un texte, de débloquer une intrigue, ça vaut la peine de les explorer)

    Bref, un atelier, c'est un lieu d'apprentissage technique pour moi. J'attends donc de l'animateur qu'il possède une certaine technique. (Dans mon expérience, beaucoup d'éditeurs fonctionnent aux "coups de coeur" et sont très peu techniques... Un peu comme tu ne demanderais sans doute pas à un galeriste d'enseigner la peinture!) Et c'est vrai que c'est encourageant quand on découvre que d'anciens participants de l'atelier ont publié... mais il y a des gens qui ont publié après mes ateliers et j'avais rien à voir dans leur succès, tandis que d'autres n'ont rien publié et je sais que c'est parce qu'ils n'ont rien soumis aux éditeurs, malgré mes encouragements! lol!

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