mercredi 1 juillet 2020

Devant la fenêtre...

Un certain retour à la routine d’avant le grand confinement. Assise à mon bureau, devant la fenêtre. Un bureau qui ne sert plus à l’écriture de roman. Une fenêtre qui m’invite à la rêverie. Devant moi, un monde de feuillus et d’oiseaux — un couple de moucherolles, ces jours-ci, parce qu’un nid au-dessus de la fenêtre justement.

Devant l’écran de mon ordinateur, lecture de blogues, lecture de Facebook. Ce matin, lecture du dossier de LQ sur les écrivains et l’argent. Ce qui m'a fait croire pendant quelques minutes que j'étais encore une écrivaine.

Depuis la parution de mon dernier roman (à compte d’auteur parce qu’aucun éditeur n’en a voulu, parce que Vents d’ouest qui avait publié les deux précédents a fermé ses portes), je n’ai rien écrit. J’ai mis la clé dans la porte de ma vie d’écrivaine. J’ai commencé ma vie de « snow-bird » et de retraitée. Mais je m’intéresse encore à ce monde qui m’a toujours attiré depuis mon enfance : le monde des livres. Je lis beaucoup moins parce que beaucoup de raisons. J’écris encore moins. Surtout par pur désintérêt. Plus envie de souffrir les affres de la création, l’attente de l’acceptation ou la responsabilité de la promotion. Je n’aurai jamais « vécu de ma plume », mais j’aurai été dan le monde des mots écrits toute ma vie.

N’empêche qu’il me vient encore des idées. Des sujets de roman. Des opinions sur telle lecture. Des petits ressentiments inutiles. Des rêves fous comme quand j’avais 26 ans alors que pourtant, je savais très bien qu’une fois le premier contrat signé, je n’allais pas devenir une écrivaine qui vit de sa plume.

Mon image folle de ce matin : un éditeur de romans historiques accepte de rééditer ma trilogie sur mes ancêtres irlandais. Comme ça, sans que j’aie eu à lui demander. Parce qu’il en a entendu parler. Parce qu’il est au courant que Vents d’ouest a fermé ses portes et donc que j'ai retrouvé mes droits d'auteur. Parce que l’histoire peut encore intéresser bien des lecteurs.

Les images folles qui s’imposent me font sourire maintenant. Je les laisse venir, je les développe à peine et après les avoir écrites, je passe à autre chose, comme tondre le gazon ou peinturer un mur. Ou mieux : je lis Le jardin d’acclimatation de Yves Navarre. Parce que Madame lit en a parlé dans son blogue. Parce que j’ai beaucoup aimé le roman de Luc Mercure dans son roman Le goût du Goncourt qui m’a fait connaitre ce Yves Navarre. Comme quoi, les livres, j’y pense encore. J’y reviens toujours.

2 commentaires:

  1. Souvent, faut juste lâcher prise pour que le ménage se fasse dans notre tête et que le vent chasse les nuages. Pierrôt.

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    1. Le ménage est fait, le vent est doux, le goût de lire sans pression revient. Juste encore quelques images folles que le moucehrolle a tôt fait de chasser, tellement la nature sera toujours douce consolation.

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