mardi 24 février 2009

Recommencer sa vie pour mieux écrire

Après avoir fini Louise de Didier Aucoin, je me suis mise à la lecture de La vérité et ses conséquences de Alison Lurie. Et je m'aperçois qu'il y a deux sortes de livres... pour l'instant, jusqu'à ce que j'en trouve d'autres, ce qui arrivera sûrement. Donc il y a les livres que je lis pour l'histoire. Ils peuvent être écrits de façon convenable, mais sans recherche ni originalité, seule l'histoire compte. Comme celui d'Alison Lurie présentement ou l'an dernier les trois tomes de Steig Larson. Il suffit que les vingt premières pages soient intéressantes pour que j'aie envie d'aller voir plus loin et parfois même à la fin pour voir comment l'histoire se termine. Et il faut que l'intrigue soit vraiment intéressante et les personnages attachants pour que je revienne au début et lise le livre en entier. Si en plus, il est bien écrit, c'est un plus, mais je m'en remettrai.

Il y a l'autre sorte, celle que l'on classe sans doute dans la « littérature ». Ce n'est pas tant l'histoire qui est intéressante, qui nous retient, je peux même passer plusieurs paragraphes, l'histoire – quand il y en a– peut être secondaire, intrigue mince, c'est le style qui fait la force d'attraction. Vous savez ce genre de livre dont on se souvient le lendemain, une fois rangé sur la table de chevet ou retourné à la bibliothèque. Auquel on repense dans la journée en se demandant si on va en parler à sa meilleure amie ou si on va garder ce petit trésor au chaud, juste pour soi. Les livres qui nous font poser des questions sur vous-même ou nous attirent vers plus loin dans nos propres écrits.


Louise de Didier Decoin n'est probablement pas le meilleur livre de l'auteur, mais c'est le premier que j'ai lu, alors, je ne dirais pas qu'il a changé ma vie, mais après lequel des questions se sont imposées: pourquoi est-ce que je suis née au Québec? En 1950? ce qui fait que je n'ai connu d'auteurs québécois qu'à l'âge de 16 ans? C'était Anne Hébert, Saint-Denys Garneau. Pour aussitôt retomber dans Sartre, Camus et en venir à croire que la France était le nid idéal d'où pouvait venir la littérature.
Et comme je ne sais pas si à mon âge, on peut s'améliorer au point d'écrire d'aussi belle façon, alors je me suis dit qu'il faudrait que je recommence à partir de zéro.
Recommencer ma vie, non seulement ce serait dans le sud de la France (tant qu'à être en France, tant qu'à changer, je choisis au moins plus chaud que chez nous) près d'une bibliothèque bien garnie.
Et si c'était au Québec, ce ne serait pas en 1950 ou pas francophone. Et si c'était en 1950 et francophone, je serais géniale en quelque chose et non pas moyenne en tout comme je le suis dans cette vie-ci. Oui, je répondrais aux sacro-saints critères de performance de mon siècle et je monterais sur un podium, celui de la littérature de préférence.

Bref, je voudrais écrire des livres du genre de Louise. Avoir l'originalité (Louise est une oie, en partant, avouez que ce n'est pas banal), l'audace et bien sûr la richesse de vocabulaire, pouvoir penser écrire « des capuches de beurre » ou « un vaccin étoilé sur l'épaule ». Entre autres.

Écrire de la littérature et non pas seulement une histoire.

2 commentaires:

  1. Écrire de la littérature et non pas seulement une histoire.. C'est vraiment une belle réflexion que tu nous partage. Louise de Didier Decoin, je me laisse une note d'aller la découvrir...

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  2. Peut-être que vous n'aimerez pas, c'est une histoire de filles, hihihi. Mais c'est vrai que j'ai dit que c'était plus qu'une histoire. Comme un prétexte.

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