mercredi 22 juillet 2009

Revenus d'un auteur au Québec

Ce matin, j’ai commenté le blogue d’Isabelle Lauzon. Question très importante à mon avis, donc je me permets de reprendre mon commentaire et de développer. Pas comme un journaliste, après une longue recherche sur le sujet, mais comme auteure, fille d’auteure. En avril dernier, Julie Gravel Richard avait aussi abordé le sujet en signant un billet sur les ventes de son livre.

Au Québec, c’est établi, c’est standard, c'est 10% du prix de vente. Partout au monde (en tout cas Europe, États-Unis et Canada), c'est le même 10%. Je ne connais pas grand monde (à part les auteurs) qui le sache. La prochaine question vient toute seule et si elle ne vient pas ni de la bouche ni du regard de l'autre, j'ajoute: ça dépend ensuite du nombre d'exemplaires. Au Québec, c'est peut-être 200,000 pour une Marie Laberge, mais pour une Claude Lamarche parfaitement inconnue ce sera plutôt, avec beaucoup de chance, dans les 1,000. Et si la personne n'est pas plus vite que moi sur le calcul, j'ai déjà ma réponse toute faite, en espérant qu'elle ne me demande pas d'autres combinaisons: un livre de 30$ (il y a dix ans, je disais 20$!) ça fait 600,000$ pour Marie Laberge et 3,000$ pour Claude. Et j'enfonce bien le piton jusqu'à ajouter: pour un travail parfois de deux, trois parfois quatre ans.

Dans certains contrats, l’auteur peut passer de 10 % à 12 % et même 15% après tel nombre d’exemplaires ou lors d’une deuxième impression. Au Québec, peu d’auteurs ont des agents, comme il se fait aux États-Unis, alors on fait affaire directement avec l’éditeur. En ce qui concerne les avances (question soulevée par Rackham Le rouge dans un commentaire), là encore, c’est du cas par cas et selon la renommée de l’auteur. Il est certain que le livre attendu d’un Yves Beauchemin, ça donne un certain argument de négociation.

Bon, quoi d’autre? Je ne sais rien des auteurs de scénario ou de ce qu’on peut espérer sur les traductions ou sur d’éventuelles adaptations cinématographiques. Mais je sais qu’il faut y penser avant plutôt qu’après. L’UNEQ (union des écrivains du Québec) offre à ses membres les services d’un avocat spécialiste en droits d’auteur.

Quelques revenus supplémentaires directement reliés au travail d’auteur : Copibec et la Commission du Droit public.

En passant je ne me suis jamais rendue à 1000 exemplaires.

(photo: dessus de mon dernier ouvrage qui m'a rapporté moins de 500$)

5 commentaires:

  1. C'est certain qu'on ne fait pas ce travail-là pour l'argent, vu le peu que ça rapporte... Je trouve ça assez exaspérant quand on pense au prix que coûte les livres et à l'auteur qui a souvent sué sang et eau pour l'écrire...
    Dans une autre vie ;) j'ai publié un livre pour enfant... qui m'a rapporté un peu plus de 200$... Le domaine des arts est un monde féroce et difficile, je trouve... et c'est malheureux pour ceux qui y oeuvrent.

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  2. Je me suis laissé dire par deux éditeurs qu'ici au Québec, un roman qui vend 500 exemplaires s'assurent la possibilité d'un deuxième, puisque c'est à partir de ce seuil que l'éditeur fait ses frais. C'est d'ailleurs quand je l'ai entendu à deux reprises que j'ai réfléchi et décidé de consacrer le Passe-Mot à la littérature québécoise presque exclusivement (ce n'était pas le cas pendant les 6 premiers mois).

    Une manière pour un auteur de faire un peu plus d'argent est lorsqu'il est traduit. Le contrat typique prévoit un pourcentage. À La Pastèque, pour Marsi, c'est 50 % du prix que se vend la traduction. Je me souviens très clairement que Gabrielle Roy a commencé à bien vivre à partir des traductions et mieux vivre encore quand Bonheur d'occasion a été acheté pour le cinéma.

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  3. Allie: mes deux livres pour adolescents m'ont rapporté plus et plus longtemps que mes livres pour adultes. Les essais aussi.
    Venise: merci pour les infos supplémentaires. Comme ça, vous vous souvenez de Gabrielle Roy, hihihi!!! Façon de parler je suppose.
    Bon, il est vrai que je passais devant sa maison, rue Cherrier en allant à l'école normale, ce n'est guère mieux!!!

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  4. Je trouve que ce qui revient à l'auteur est assez injuste. C'est quand même lui qui a fait bouger ses neurones pour écrire un livre alors je pense que ces 10% devraient plutôt s'élever à 50%. Le reste, les éditeurs et les autres collaborateurs se le partageront.

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