samedi 28 novembre 2009

Je retourne en Espagne

Depuis mon retour d'Espagne, depuis que j'ai fini de lire les deux Pancol, tortues et crocodiles, rien ne retient trop longtemps mon attention, en ce qui concerne les lectures. Question écriture: quelques phrases éparses ici et là que je devrai insérer dans la vingtaine de pages déjà en cours. Question domestique: lavage, ménage, repas, visites expédiées sans grand entrain, en comptant sur mes automatismes qui n'emportent que mon corps. Mon esprit étant, comme toujours, complètement ailleurs.

En attendant mes commandes de la bibliothèque, j'ai rouvert L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Parce que Le jeu de l'ange n'était pas disponible. Parce que je me souviens l'avoir beaucoup aimé. Parce que l'auteur est espagnol, que l'action se passe à Barcelone et que je ne savais pas que j'irais en Espagne quand je l'ai lu il y a deux ans.

En lisant: « Des comptables, des rêveurs et des génies en herbe partageaient leur table avec les fantômes de Pablo Picasso, Isaac Albeniz, Federico Garcia Lorca ou Salvador Dali », je me suis sentie en pays de connaissance. Des noms qui ne sonnent plus pareils à mes oreilles, comme si je les avais rencontrés lors de mon voyage. Pourtant si, d'une certaine façon, à travers les récits de nos guides et la visite de musées.

Même sans cette identification, ce rappel, cette vision des petites ruelles, des cafés collés sur les murs de céramique, le seul style de l'auteur suffirait à me donner une raison de relire ce livre. « Des dragons de pierre gardaient l'entrée rencognée dans un carrefour sombre, et ses becs de gaz figeaient le temps et les souvenirs. »

Comment voulez-vous vous sentir capable d'écrire après avoir lu de telles phrases? Moi, ça me tue. Je veux faire comme le personnage: « Page après page, je me laisse envelopper par le sortilège de l'histoire et de son univers (…) Je ne voulais pas perdre la magie du récit ni dire tout de suite adieu à ses personnages.» Au diable l'écriture et encore plus le lavage et le ménage, je mangerai une petite soupe en conserve. Je retourne en Espagne... par la lecture.
 
(photo-image prise dans Google-images Renaud-Bray)

7 commentaires:

  1. Oui, oui, la lecture avant le lavage et le ménage. N'importe quand et pour toujours.

    J'ai reçu le plus récent Zafon en service de presse et je n'ai pas eu le temps de le lire. Si nous étions voisines, je vous le prêterais avec plaisir.
    Andrée

    RépondreEffacer
  2. Il paraît qu'il est moins bon.
    Et puis nous sommes voisines... dans le grand Outaouais. Merci pour l'intention.

    RépondreEffacer
  3. Il y a un temps pour écrire et un temps pour rêver. Pour le moment, le rêve, via la lecture, prend toute la place. Et c'est très bien ainsi! Les retours de vacances ont souvent cet effet-là. Laisse-toi bercer par la vague, profite de cette magie qui t'enveloppe encore, vis l'instant présent!

    RépondreEffacer
  4. Un voyage, un soleil surtout, qui m'a aussi donné beaucoup d'énergie. Ce matin, je voudrais tout faire, c'est-à-dire lire et écrire en même temps! Même faire du ménage, on rit pu.
    Peut-être finalement que c'est la neige qui s'en vient qui m'excite comme un enfant.

    RépondreEffacer
  5. Ton retour en Espagne me fait penser à la seule façon que j'ai trouvée de voyager :

    Avec mon copain, on trouve des films, des guides de voyage, des romans, des recettes et de la musique liée à un petit coin de planète qu'on aimerait bien voir (Mexique, Égypte, Japon, Italie, Thaïlande, Brésil, Corée, etc) et on s'y immerge durant quelques jours.

    À défaut de l'argent pour l'avion, ça nous permet de nous dépayser un peu. Et le jour où on se décidera à partir, on sera prêts ;)

    RépondreEffacer
  6. Super bonne idée... même s'il faut rester en ville pour ça!
    Mexique: déjà vu et difficulté avec piments forts et je ne veux plus rien savoir de la Tequila.
    Égypte: moi ça ne me tente pas mais ma co-blogueuse aimerait bien
    Japon: trop loin, trop de monde
    Italie: déjà vu, mais j'y retournerais bien
    Thaïlande: tentant mais assez loin merci
    Brésil: tente pas pantoutte
    Corée: encore moins.
    Pays scandinaves: Henning Mankell?? non? qu'est-ce qu'ils mangent, ça!
    Et ce soir, vous êtes oû? Québec-poutine!

    RépondreEffacer
  7. Pas besoin de d'habiter en ville : suffit d'une visite à la librairie, une à l'épicerie dans les rayons qu'on ne voit pas d'habitude et puis hop, je me mets aux fourneaux ;)

    Corée, Brésil et Japon : j'irais probablement pas en vrai, mais comme destinations culinaires à faire chez soi, ça vaut la peine :) (et le Japon ne se résume pas aux sushis)

    Ce soir, on était plutôt à Québec-pizza ;)

    RépondreEffacer