mercredi 23 juin 2010

Des mots qui n'en finissent pas de vouloir être écrits

Devant tous ces mots qui m’habitent, j’aurais cru que j’aurais plus à écrire. Que mes billets sur ce blogue, débuté en novembre 2008, seraient plus nombreux. Chaque deux jours au moins. Suis-je paresseuse ou n’est-ce parce que rien ne me force à prendre le temps de noter, de réfléchir, et d’organiser ces pensées qui se bousculent de moins en moins dans ma tête?

Je croyais avoir la plume plus bavarde que facile.

Une de mes amies qui me connait tellement bien m’a offert un livre. N’importe quel livre aurait déjà été un très beau cadeau en soi. Elle a choisi celui-là plutôt qu’un autre après avoir lu ceci :

« Rien ne me bouleverse ni ne me démoralise autant que d’entrer dans un bibliothèque, une librairie, et, surtout, un salon du livre. Pourtant, je devrais m’y sentir à l’aise puisque, justement, je me prétends auteur. Mais à la seule vue de ces montagnes de livres en tous genres qui submergent et marginalisent mes quelques livres à moi, il me faut résister à la tentation de tourner les talons et de m’enfuir. Je me demande pourquoi j’ai publié des livres et, surtout, pourquoi je devrais en écrire d’autres, découragé à la pensée que ma voix se perd dans la multitude. »
Elle sait que je n’en aurai jamais fini des mots.

L’auteur : Maurice Henrie
Le titre : Esprit de sel.
L’éditeur : Prise de parole

Je connaissais la maison d’édition ontarienne, mais ni l’auteur et évidemment pas le titre.

L’auteur a rassemblé de courts textes, comme les billets d’un blogue d’ailleurs. Ce qui m’a rappelé — tant qu’à m’identifier à lui — à mon premier livre Je me veux où j’avais réuni toutes sortes de petites pensées, où j'avais écrit: « un chef d'œuvre n'est pas œuvre de chef mais œuvre de temps », ce qui avait tellement impressionné ma mère.

Esprit de sel, un livre identitaire, des bribes de philosophie sur la vie, sur la vie d’écrivain. Des jugements plus assurés que les miens au sens où je pourrais écrire les mêmes phrases que lui, probablement pas avec autant de style, mais les miennes seraient truffées de mais… de peut-être, de en revanche, de par ailleurs. Je nuancerais, je minimiserais. Je personnifierais aussi. Il faut dire que je suis tellement caméléon : j’adopte facilement l’idée de l’autre.

Aux apprentis auteurs, aux jeunes qui commencent à publier de la fantasy, je ne conseille pas cette lecture. À moins que vous soyez fort. Que vous croyez en vous, ce que j’espère, ce qui n’est pas toujours mon cas. Parce que ce Maurice Henrie ne ménage pas les romans. Pourtant, il le fait en toute humilité, sans abaisser quiconque, il ne parle pas des personnes, il parle des livres. C’est seulement son opinion et il a eu besoin de l’écrire parce que, malgré ce qu’il a cru, il n’en a jamais fini avec les mots.

(photo Claude Lamarche)

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