lundi 13 décembre 2010

Ma muse a frappé fort

Il y a quelques jours, j’étais témoin, comme quelques autres, des grandes déclarations d’amitié entre Gen et Isa. Je me demandais si j’avais ce genre d’amie littéraire, quelqu’un qui m’aide, qui me conseille, qui me lise, qui m’endure, qui me pousse dans le dos ou qui m’insuffle une ardeur nouvelle.

Hier matin, comme chaque jour, avant de me lever, pendant ces minutes où je cherche le jour et l’heure, mon esprit était déjà sur le qui-vive. Mes personnages me tournaient déjà autour, mais qui serait le principal de mon prochain roman? Le fils, le petit-fils? Les lieux, je les voyais, je pouvais même nommer le nom des rues. Les dates, je les connaissais aussi bien que les dates d’anniversaire des membres de ma famille. Mais l’histoire. Quelle est mon histoire? Qu’est-ce que je veux raconter? Quelle sera la quête du personnage principal?

Je me suis levée sans que les réponses m’apparaissent suffisamment claires pour que je les note. J’en suis visiblement à la gestation. Pas bloquée, mais le bébé change de position chaque matin, change de sexe et il ne sait assurément pas où il va.

Je n’ose en parler, pas prête encore. Peur d’échapper cette pâte informe qu’est le début d’un nouveau-né et qu’en tombant, en traversant le passage de mes paroles, elle se déforme tant qu’elle ne se tienne plus et ne représente rien que du vent.

Voilà qu’avec très peu d’indices confiés à mi-voix, ma muse, celle qui, dès mon premier roman, en 1976 me poussait à écrire l’histoire que nos élèves communs nous contaient presque chaque semaine au sujet d’une mystérieuse femme en noir (livre publié aux Éditions Paulines, épuisé depuis), qui a récidivé tant et tant qui, encore en 2004, me disait « Puisque tu as écrit la vie de ton père, tu devrais écrire la vie de tes ancêtres maternels », voilà qu’elle frappait à nouveau et m'a suggéré avec confiance et force...

Non, je ne le dirai pas. Mais depuis cette suggestion, mon esprit ne cesse de rassembler des morceaux et le casse-tête se met en place. J’ai mon commencement, j’ai ma quête, j’ai même mon conflit.

Et j’ai ma muse.


2 commentaires:

  1. Isa c'est pas ma muse, c'est le garde chiourme qui me force à bosser! ;)

    Mais je suis contente que tu te sois trouvé une muse :)

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  2. J'ai dit muse, ça fait plus beau, plus joli, je ne voulais non plus dire "folle du logis" quoique...
    En fait c'est tout simplement mon imagination. Elle en a à revendre. Elle entend "boungne" et déjà elle fait tout un scénario. Suis plus cartésienne, pas bon pour une romancière.
    Et pour ce qui est de la trouver, ça fait pas mal longtemps qu'elle est là: comme je dis dans mon billet, déjà en 1976, elle m'inventait des histoires.

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