dimanche 9 janvier 2011

De ce temps perdu

Ce n’est pourtant qu’un simple petit blogue. Des billets de rien du tout, des réflexions, des débordements, des nouvelles qui intéressent surtout la personne qui les écrit et une dizaine de personnes qui le suivent assidûment, même si quarante-quatre membres sont inscrits officiellement.

Neuf jours déjà depuis la nouvelle année. Neuf jours que je n’ai pas publié de billets sur mon blogue. Neuf jours à tousser, étouffer, à rester couchée, parfois fièvreuse, souvent somnolente, à ne rien faire d’autre que peser sur le mute et le guide de la télécommande. Je ne me suis même pas offert le luxe de lire. Si, Ru de Kim Thúy qu’évidemment j’ai beaucoup aimé, qui n’a pas aimé? Une lecture qui, contrairement à bien d’autres, ne m’a pas entraînée dans cette rivière claire et gonflée d’images et de mots pour lesquels, entre d'autres temps, une force étrangère m’aurait fait lever et me diriger vers un cahier ou mon clavier. Non, rien. Que des yeux humides, un voile de brume sur mon cerveau.

Ce matin pourtant, après deux meilleures nuits, le nez encore bouché et les oreilles bourdonnantes, il y a un appel, un ennui, un sentiment de paresse aussi. Pas un sentiment d’urgence, mais un manque, une peine.

J’ai rangé les pastilles, le sirop et les acétaminophènes, et je tente depuis de sortir ces mots et ces phrases qui ont été perdus, qui en ont profité pour me déserter et s’enfuir. Où sont-ils donc? Heureusement, aujourd’hui il y a aussi le soleil qui m’appelle, qui m’invite au grand air. J’irai voir dehors si mes mots y sont aussi.

10 commentaires:

  1. Ouille, t'a commencé la nouvelle année à la dure.

    Soigne-toi bien!

    L'inspiration, ça semble être allergique aux microbes!

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  2. Les maux n'aiment pas les mots on dirait. Les chassent en tout cas.

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  3. Je n'ai pas aimé Ru. Désolée. Vraiment pas aimé. Je ne savais jamais où j'étais: au Vietnam, sur le bateau, à Granby, à Montréal... Il faudrait que quelqu'un m'explique pourquoi vous trouvez tous ça excellent.

    Michèle

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  4. Michèle, ne soyez pas désolée, vous avez le droit à votre idée. Je ne pourrais pas vous dire pourquoi "tous" trouvent ça excellent, mais personnellement, j'ai aimé l'originalité, la nouveauté. J'aime qu'on me surprenne. C'est un monde que je ne connaissais pas, pas décrit de cette façon et la manière dont elle nous a ouvert-présenté son monde m'a plu. Je n'ai pas senti important de savoir où j'étais, j'étais dans le monde de l'auteure. J'ai aimé aussi la musique des mots, le rythme plus ou moins brisé à chaque changement de pages. Si j'avais un bémol à placer, je dirais que la méthode de reprendre son début de phrase devenait lassant, mais disons que la répétition est efficace un temps.

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  5. Je ne suis pas la seule à être grippée :-/ Je ne sais pas si ça me rassure pour mon retour au Québec :)

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  6. Et alors, le grand air a-t-il aidé? Ne cherche pas à nager contre le courant. Les mots vont revenir, c'est sûr. Ils ont besoin de toi pour exister. ;)

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  7. Pendant ma promenade, je les ai vus, ils étaient à peine cachés derrière les arbres, sous la neige floconneuse et glissaient sur la rivière diamantée. Ils ont surgi, plein d'émotions et je les ai cueillis comme une fleur odorante.

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  8. Soigne-toi bien. Je sais qu'elle est dure cette année, presque autant que la H1N1 l'a été pour nous il y a un an et 3 mois.

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  9. Ici à Québec point de soleil.

    Alors...

    Je crois que je commence à détester l'hiver.
    Serais-je mieux ailleurs? Qui sait?

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  10. @Ginette: si ça peut te consoler, le soleil s'est fait discret, le ciel n'était pas bleu à 100% toute la journée.
    Pour vivre ailleurs parfois, je peux dire qu'on lui en demande beaucoup à ce ciel bleu, à ce soleil. Quand il n'est pas bleu, on demande qu'il fasse chaud, mais pas trop, qu'il ne pleuve pas trop, que le froid ne nous empêche pas de ceci ou de cela.
    Quand on commence à penser qu'on serait mieux ailleurs, il vaut peut-être mieux essayer en effet, ne serait-ce que quelques jours, le temps de se refaire un moral.

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