lundi 7 mars 2011

Plus que la pointe de l'iceberg

À lire des blogues, à écouter des entrevues, je serais portée à croire que les gens n’exercent qu’un métier ne vivent qu’une réalité, comme si Sylvie Moreau n’était qu’une comédienne, ou que Marie Élaine Thibert n’était qu’une chanteuse. Ou ne se définisse comme telle. Quand est-ce que je vais comprendre que l’être humain est bien plus que la pointe visible d’un iceberg?

Donc, il serait temps que j’admette que je ne suis pas un auteur, en tout cas pas la sorte qui publie un roman aux deux ans. Je suis une personne qui aime écrire, qui a besoin d’écrire, qui peut écrire toutes sortes de textes : des billets pour mon blogue, des communiqués de presse, des textes pour des sites Internet, des chroniques et des articles pour les journaux.

Mais pas que ça non plus. Et ça ne vient pas toujours en premier, en haut de la liste. Je n’ai jamais été une première de classe non plus, je suis de celle qui doit travailler fort, les phrases ne sont pas belles du premier coup, ni même du troisième, alors, insatisfaite, je délaisse souvent.

Hier encore, j’avais un peu de temps libre : « qu’est-ce que je ferais bien? » Il est certain que balayer ne m’est même pas venu à l’idée, préparer un souper extraordinaire non plus. J’ai passé la souffleuse par obligation et pour le plaisir de voir une belle entrée dégagée. J’ai hésité entre commencer une nouvelle pour le Concours de nouvelles de Gatineau (oui, oui, tout le monde peut participer) et commencer le dépliant des Créateurs de la Petite-Nation. Qui a gagné, croyez-vous? Eh oui, la graphiste! Pas besoin de me casser la tête, j’ouvre le dépliant de l’an dernier, j’efface ce qui ne convient plus, je compte : tant de picas divisés par dix, je trace des lignes, je prépare des photos que je redimensionne en bandes pour le dessus et à 100 ppp pour le site Internet. Je m’y sens à l’aise comme l’écureuil dans la mangeoire d’oiseaux.

La nouvelle? Ça ira à plus tard, quand j’aurai une idée de la chute, une idée de l’histoire, quand mon personnage principal se manifestera. Oui, j’y pense, mais pas à toute heure du jour, pas en passant la souffleuse ou en faisant la vaisselle ou en lisant ou en montant un dépliant.

Vais-je l’admettre une bonne fois pour toutes et finir de me faire croire que je suis une auteure prolifique. J’aime écrire, j’écris souvent, mais je ne serai jamais celle qui verra ses livres sur les tablettes des librairies de façon régulière. Voilà aussi pourquoi, il arrive que ce blogue ne soit pas nourri à un rythme constant et encore moins d’un seul sujet.

Je suis qui je suis et il serait temps que je cesse de me faire croire que je suis ou deviendrai quelqu’un d’autre.

(photo de l'auteure prise lors d'un voyage à Terre-Neuve)

12 commentaires:

  1. Et y'a pas de mal à être qui on est!

    Y'a des fins de semaine où je préfère nettement suer dans un gym que suer devant mon clavier! lol!

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  2. @Gen: il y a une partie de mon cerveau qui se croit une auteure avant tout et qui force toutes les autres parties à s'y restreindre. Méchant tiraillement!

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  3. Je me reconnais, dans ce que tu expliques. Et je suis très contente de ne pas me définir que par un seul truc. J'ai même l'impression que ceux qui se centrent sur une seule passion passent à côté de plein de choses. Il me semble que c'est l'inverse de l'équilibre. J'ai peut-être tort. Tsé, la petite voix intérieure, elle n'est pas toujours à la prendre au sérieux. hihi

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  4. @Sylvie: il serait peut-être temps que ma petite voix intérieure trouve sa légèreté d'être sans pour autant qu'anges et démons jouent aux gagnants-perdants.

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  5. Le fait d'être publiée ou non, ne garantit pas la qualité d'un auteur. On reconnaît son talent dans la passion qui l'anime. C'est ce que je ressens quand je lis ton blogue. Rester soi-même est toujours la meilleure des attitudes à adopter.

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  6. @Francine: bienvenue sur mon blogue, il me semble que c'est votre première visite.
    Rester soi-même, oui, c'est bien vrai, mais, en ce qui me concerne, c'est au prix du yoyo entre déception et fierté, de l'inlassable remise en question.

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  7. Et je t'aime comme tu es, dans tout ce que tu es. Je ne crois d'ailleurs pas être la seule!
    Et puis l'équilibre sans le yoyo, ça ne se peut pas! Ce ne serait plus l'équilibre, ce serait la mort ou la paralysie.

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  8. @Marico: Vous êtes donc bien fine ce matin, (tout le temps en fait). Le yoyo: c'est que des fois je me crois auteure, je pense que je suis bonne pour écrire des romans et d'autres jours, je me déçois tellement quand je m'aperçois que non, je n'écrirai pas un roman aux deux ans. Et je ne parle pas de le publier, juste de l'écrire. Faut que j'apprenne à être contente tout le temps.

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  9. Je crois qu'on a pas besoin de se donner un titre. Chaque être humain est multiple. C'est notre beauté.

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  10. Je suis d'accord avec l'impulsive (trop souvent d'ailleurs!), mais nous sommes tous plusieurs personnes en une seule (et en plus, quand on écrit, on en est encore plus!)
    Par exemple, cette semaine, je suis prof ;) Chacun son compartiment, hein?

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  11. @Impulsive montréalaise: Et depuis des générations, ce titre est souvent notre métier, comme si on était (seulement) ce qu'on fait. Comme on est multiple, comme tu le dis, tout titre est réducteur et on se sent coupable si on n'y correspond pas tout le temps. Je ne veux plus me mettre cette pression. C'est comme l'objectif poids santé! À ça non plus je ne corresponds pas, hihi!

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  12. Pourquoi un titre comme auteur? Comme tu l'écris: «je suis ce que je suis» et le vivre pleinement est fantastique et nous en faire profiter ici est un beau cadeau. Merci d'être et de rester aussi vraie.

    (Pssstt très belle la photo).

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