samedi 25 février 2017

L’Euguélionne à FemmExpo 2017

Le Centre d’action culturelle de Papineau organise encore cette année l’exposition, FemmExpo. Sous le thème On ne naît pas femme, on le devient une citation de Simone De Beauvoir (Le deuxième sexe), l’exposition présentera les œuvres de 38 femmes provenant de partout en Outaouais et d’ailleurs. 

À gauche, couverture du livre de Louky Bersianik en 1976.
À droite, sculpture de Louise Falstrault, intitulée L'Euguélionne,
en collaboration avec l'artisan du fer, Olivier Dufresne.

Comme femme, comme fille de… comme sœur de…
Comme auteure 
Je me sens à la fois fille et mère de l’Euguélionne
Peut-être seulement, finalement, une lointaine cousine
D’aujourd’hui et d’hier
Femme de cette terre, je suis de la même espèce qu’elle
Elle est venue d’ailleurs et elle cherchait sa planète positive
Je suis de l’eau d’ici et elle, elle est de l’au-delà
Je suis de fiction et de mémoire
J’ose m’en prévaloir

Je ne saurais écrire le millième de ses mots et les miens n’auront jamais la portée des siens ni leur empreinte. 
Mais je me réclame de cette filiation. Je porterai longtemps sa profonde trace, et n’en laisserai sans doute qu’une pâle traînée. Mais je ne saurai jamais me taire, pas plus qu’on ne peut arrêter de penser. Ou de respirer.

Je serai toujours gênée de tirer vanité ou prétention de cette monumentale Euguélionne, mais je n’en rougirai pas pour autant. Et puis, c’est elle qui a dit : « prétendez être et vous serez ». Il est important de perpétuer de toutes les façons son héritage. 
Pas seulement un jour par année, le 8 mars, mais les trois cent soixante-cinq. 
Même sans le dire, même sans marcher, même sans créer. 
Mais aussi en l’écrivant, en le criant, en le chantant, en marchant, en créant.


Je ne remercierai jamais assez Louky Bersianik ni celles qui parlent encore d’elles comme France Théorêt, Nicole Brossard, Louise Dupré Élaine Audet, et tant d’autres. 
Je suis de Simone de Beauvoir et de Marie Cardinal. Très peu de Marie-Claire Blais ou d’Anne Hébert. Plutôt de Françoise Loranger et de Claire Martin. 
De L’Euguélionne, assurément. 

D’autres femmes sont nées, d’autres écrivent, d’autres offrent leurs voix, mais je n’oublierai jamais d’où je viens. 

L'Euguélionne est le titre et personnage principal du roman de Louky Bersianik publié au Québec en 1976.
Je suis née en 1976. 
J’avais 26 ans et j’ai voulu devenir écrivaine.


Pour cette exposition présentée à Saint-André-Avellin du 4 mars au 28 avril 2017, Louise Falstrault, elle aussi a vu L’Euguélionne dans cette sculpture qu’elle a réalisée en collaboration avec Olivier Dufresne, artisan du fer.

Voici comment elle la décrit :

L’Euguélionne
De clé pour ouvrir la vie
De rondeurs et de courbures en ventre, en seins, en tête
De liens, debout, de bouts de bois
De spirales intestinales
De rouge sang, de rouge cœur
De plexus bleu, de mère bleue
De verre, vers la lumière
De couronne de cuivre, temps chalcolithique
Femme atypique
Femme de fer, femme à faire


4 commentaires:

  1. Je vais certainement aller voir cette exposition! Plus que jamais, il faut faire résonner les paroles de l'Eugélionne! Merci!

    RépondreEffacer
  2. Le vernissage est le 4 mars, à Saint-André-Avellin. 38 artistes outaouaises.

    RépondreEffacer
  3. À toutes ces femmes, je suis redevable, moi aussi. Mais à Marie-Claire Blais et à Anne Hébert aussi: 2 femmes qui ont affirmé leur féminitude, mais d'une autre manière.

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Si je voulais nuancer, je dirais qu'Anne Hébert m'a un peu plus touchée que Marie-Claire Blais. Probablement parce que j'ai lu et compris un peu ses écrits alors que ceux de Marie-Claire Blais, je n'ai jamais réussi à terminer un seul de ses livres. Mais bien sûr, je suis consciente qu'elle "affirme sa féminitude". C'est juste que ne me sens son influence directe sur moi.

      Effacer