vendredi 28 mai 2010

Du plaisir de s'attarder dans une librairie

Un de mes plus grands plaisirs sinon, le premier sur la liste des moments présents agréables à vivre, c’est d’entrer dans une librairie et de m’y attarder. Un plaisir qui se vit seul. Je ne veux pas être ailleurs, je ne pense plus à ce que j’ai vécu avant ou ce qui m’attend après. Je suis là, tout entière, je n’entends plus rien, ne me parlez pas, je ne vois personne.

Et comme la librairie la plus proche — une vraie, pas une étagère de quelques livres ou revues dans une pharmacie ou un dépanneur —, est à une heure de chez moi, je n’en visite pas souvent. Quoique la librairie de livres d’occasion de Chénéville peut s’avérer un substitut, mais si je peux me permettre ce serait comme faire l’amour sans orgasme (je rougis rien que de l’écrire mais c’est vraiment la première image qui m’est venue puisque je suis dans l’ordre des plaisirs).

Je ne savais pas que j’irais en visiter une hier, donc pas d’anticipation. J’étais à Gatineau, secteur Buckingham et j’ai pensé à cette cartouche d’encre cyan dont j’avais besoin et comme je vais dans cette ville surtout pour l’hôpital et le Maxi, je ne connais pas vraiment les autres magasins. Et puis je me suis souvenue de la librairie-papeterie Rose-Marie.

En ouvrant la porte, j’ai su. Je l’ai senti. Je devais jeter un coup d'oeil et m'attarder, me faire plaisir. J’ai regardé l’heure : de combien de temps disposais-je? Au diable le reste. Rapidement j’ai acheté la cartouche d’encre pour l’avoir dans un sac qui se tient mieux et me laisse les mains libres pour feuilleter les livres.

D’abord regarder l’ensemble, puis faire le tour des nouveautés. Remarquer Merveilleusement givrée de Audry Parily, son tome 2, où est le tome 1? En lire quelques lignes, c’est vrai que ça l’air bien : phrases courtes, ça sent la jeunesse, 25$. Ne rien choisir pour l’instant, juste faire le tour. Tellement d’auteurs que je ne connais pas, d’autres que je reconnais, ceux qu’on retrouve partout, qui ont droit à un présentoir pour eux seuls : Michel David, Louise Tremblay D’essiambre. Par habitude, je cherche mon nom, sachant fort bien que mes livres ne s’y trouvent plus depuis bien longtemps.

Et puis me vient l’idée de chercher ces revues qu’on ne trouve qu’en librairie, ces revues qui publient des nouvelles et qui m’intéressent depuis que je connais des auteurs qui y publient, depuis aussi qu’il en est question dans les blogues que je suis. À la suite d’un atelier littéraire en Outaouais, je connaissais Brèves littéraires, mais je trouvais rarement XYZ et Moebius et là je vois Virages. Quatrième de couverture, je reconnais les noms de Loïse Lavallée et de Lysette Brochu. Et qui vois-je: Isabelle Lauzon! Oui, c’est vrai, elle a parlé de sa nouvelle publiée (croyant alors que c'était la dernière). Je feuillette, je lis le sommaire, le titre des nouvelles. Pas folle du graphisme et de la présentation mais j’aime bien le prix 7$, je prends.

Excitée comme si c’était mon premier cadeau de Noël, je reviens sur terre, je consulte ma montre, je dois y aller, ce n’était qu’une petite vite! On m’attend.

Eh que j’aime ça me faire plaisir!

5 commentaires:

  1. Voilà un plaisir que je partage avec toi. Je le fais, même en pays étrangers, juste pour l'atmosphère.

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  2. Ah les librairies!

    Ma plus grande tristesse : il n'y en a aucune dans mon patelin, alors je bouquine toujours à la course après le bureau.

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  3. @Karuna, à l'étranger, je voudrais bien. Aux États-Unis, où je vais souvent, je me contente de regarder la vitrine. En Tunisie, j'ai réussi à entraîner mes compagnes de voyages (voyage de groupe) une petite demi-heure. En France... faudrait pas que je reste 2-3 mois dans un village comme c'est mon rêve, j'y passerais tous les jours!

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  4. Iiiiii! tu as lu ma nouvelle!

    Sueurs froides, inquiétude, malaise...

    Et puis non, c'est correct. Les dés sont jetés, la nouvelle publiée, mon chèque encaissé... Qui vivra verra!

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  5. Je suis avec la plupart des auteurs québécois comme avec les comédiens: je les aime donc je leur pardonne tout. Je ne vois même pas leurs défauts, s'il en ont. En partant je savais donc que j'aimerais ton texte. Ton texte ne m'a pas déçu du tout. J'ai beaucoup aimé. Bien sûr il y a place à l'amélioration, comme tout le monde: autant dans l'histoire que dans le style, mais je trouve que tu commences plus haut que le bas de l'échelle.
    De toute façon, comme tu dis, c'est publié, tu es déjà ailleurs, mais tu n'as pas à renier ta première publication.

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