vendredi 4 mars 2011

Auteur de l'Outaouais, auteur québécois,
auteur tout court?

Ma minisérie d’auteurs de l’Outaouais s’est terminée avec mon dernier billet. Il n’est pas dit qu’il n’y en aura pas d’autres, selon les arrivages ou les coups de cœur. Quand j’ai posé les questions, j’avais une bonne idée des réponses à venir, mais je voulais quand même connaître la réaction des auteurs et pouvoir en reparler.

Ainsi quand je demandais : « Vous considérez-vous comme auteurs de l’Outaouais ou auteur tout court? » Je savais bien que la majorité ou me répondrait « auteur tout court ». J’aurais répondu la même chose. Et pourtant, nous faisons fièrement partie de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais. Peu d’entre eux publient ailleurs que dans les maisons d’édition... outaouaisiennes (un des gentilés pour désigner l’Outaouais) : Vermillon, David, Vents d’Ouest.

J’aurais peut-être pu demander : « Vous considérez-vous comme auteur québécois ou auteur tout court? »

Quand j’ai écrit Visions de la Petite-Nation, livre pour lequel j’interviewais des artistes peintres qui venaient peindre dans la Petite-Nation, Bruno Côté n’a pas voulu que je parle de lui pour ne pas être étiqueté peintre régional, il se considérait artiste canadien. Ça m’avait frappé, ça m’avait fait me poser des questions sur qui connaît qui.

Maintenant que nos livres sont distribués dans les librairies et sur Internet, sommes-nous pour autant des auteurs québécois? Grâce à Internet aussi, mon nom peut-être trouvé au fin fond du Burkina Faso, suis-je pour autant une auteure internationale?

Où est-ce que je veux en venir avec mon raisonnement dont la logique ressemble à des méandres de rivière? Ai-je peur d’une étiquette réductrice, est-ce que je veux que nous soyons plus que des auteurs régionaux? Sentiment d’isolement, de non-reconnaissance? Peut-être ne suis une auteure « tout court » que lorsque je suis devant mon clavier? Pourtant, je sais qu’en me promenant autour du stand 20 du Salon du livre de l’Outaouais, j’ai beaucoup plus de chances qu’on me sourie que dans n’importe quel autre Salon où je serai tout à fait perdue. On me sourit en Outaouais, donc je suis un auteur de l’Outaouais?

Je sens qu’il y a plus profond dans cette question d’identité, mais pour aujourd’hui, je me contenterai de ces sourires reçus.

(Illustration empruntée au site des Cartes de l'Outaouais)

6 commentaires:

  1. Bien fragile que ce mot identité. On pourrait en parler longtemps.
    Moi, je suis née à Montréal, j'ai vécu ma jeunesse à Rigaud et je vis maintenant à Québec depuis plus de 30 ans.
    Je m'identifie à quelle région à ton avis?
    Si j'avais à nommer un endroit dont je me sens solidaire, lequel serait-il?

    Merci pour le mot gentilé, j'avoue que je ne connaissais pas ce mot.

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  2. @Ginette: de ma naissance à 21 ans, j'ai connu douze maisons au moins et cinq villes. Une fois dans la Petite-Nation, j'ai connu trois municipalités. Je me sens Petite-Nation, mes racines, mes traces sont dans la Petite-Nation. Mais en tant qu'auteure, c'est autre chose. Quand j'écris je me sens auteure tout court, graphiste bien plus souvent. C'est quand je sors, quand je suis publiée, quand je parle aux autres, quand j'entre en relation que là, le mot Outaouais arrive.
    Quand je voyage, c'est encore une autre dimension: je deviens québécoise, canadienne (pour les Européens ou les Étatsuniens, parce que personnellement...) et je ne parle pas de l'Outaouais, personne ne sait c'est où, je dis souvent "près de Montebello".

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  3. De plus en plus je découvre l'Outaouais. Surtout le secteur où tu habites. Emcore il y a 15 jours, je sillonnais les villages: St-André Avellin,Ripon, MontPellier , Duhamel. Un jour j'aimerais bien y vivre. Comme mon frère, et mes ancêtres comme tu sais. Mais j'avoue, qu'on dirait qu'au fond de moi, je suis un gars des Laurentides et qu'il ne peut y être autrement. Étrange, le lien d'appartenenance....

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  4. Les Laurentides et la Petite-Nation (cette partie ouest de l'Outaouais, comme les irréductibles Gaulois) sont assez cousins, merci. Plusieurs colons de la Seigneurie venaient de Saint-Hermas, Saint-Jérôme...

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  5. Je touve tout à fait normal et sain de garder en soi ce sentiment d'appartenance. Bien que j'aime et essais de lire avant tout la plume québécoise, personnellement je crois qu'un(e) auteur(e), peu importe d'où il (elle) vient, d'où il (elle)habite, d'où il (elle) écrit l'important c'est de sentir que ses mots sont écrits à l'encre du coeur.

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  6. @Suzanne: que ces choses-là sont bien dites. J'essaierai alors d'être une auteure de coeur.

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