jeudi 14 juillet 2011

C'est rendu que je tourne les boîtes


Cette semaine, je suis allée manger à Gatineau. J’y vais environ une fois au mois et demi. Ça ne s’améliore pas. Le français je veux dire. J’étais à la foire alimentaire des Promenades de L’Outaouais, je me demandais ce que je mangerais bien pour diner, je voulais faire vite et ne pas payer trop cher et ne pas m’empiffrer dans un buffet. J’ai regardé les photos et les prix. Ce n’est qu’une fois assise à la table que j’ai pris ma serviette de table et ouvert mon papier d’emballage qui recouvrait mon pita : oh! horreur. En anglais seulement. The Pita Pit. À la limite, je peux accepter que la raison sociale ne soit pas traduite — et encore, plusieurs entreprises le font, comme « Le Choix du président » —, mais qu’on ne traduise pas le petit slogan : « fresh thinking – healthy eating »… Comment a-t-il eu son permis celui-là? Il ne répondrait pas aux normes environnementales, aux normes d’hygiène qu’il ne serait pas là en train de nous servir ses pitas, mais pour le français, il peut passer outre ses obligations? Mais que fait l’Office québécois de la langue française? Encore chanceuse d’avoir été servie en français parce qu’il m’est arrivé quelques fois, à la Place du Centre, toujours à Gatineau, d’être servie en anglais. Quand ça arrive, je tourne de bord. Parfois en lançant : « quand vous parlerez français, je reviendrai ». Cette fois, devant mon pita payé, que pouvais-je faire? J’aurais dû lui remettre et lui dire pourquoi. J’aurais dû. 

Ça n’a plus de bon sens. Ensuite je me suis rendue chez Maxi, faire mon épicerie. Devant les étagères de céréales, j’étais découragée. Certaines compagnies (exemple>>>;) ne se donnent même plus la peine de traduire. 

J’ai retourné quelques boîtes, niet, pas de français. Et les boîtes qui en avaient, je les retournais pour avoir le français devant moi. Un commis m’a vu faire, je lui ai demandé : « C’est voulu de mettre les produits du côté anglais ? » Il a bégayé : « je ne sais pas, non, je n’ai pas remarqué » avec cet air comme si je venais d’être la surprise qui sort de la boîte. J’ai acheté des flocons de son de la marque Le Choix du président, que je félicite d’ailleurs. 

Qu’est-ce que je peux faire, dites-le-moi? Porter plainte à l’Office québécois de la langue française? Je ne serais pas la première, l’Outaouais est la deuxième région qui porte le plus de plaintes. Il aurait fallu que j’apporte au moins une boîte de céréales et la serviette de table. J’étais trop découragée (ça fait longtemps que j’ai passé l’étape de la colère) pour y penser. La prochaine fois, je pense que j’apporte mon appareil photo. Oui, je vais le faire. Comme cette auteure, une connaissance à moi, qui revient de France où elle a croqué une dizaine de photos (pour les visionner >>>), en tout cas, ça n’a pas l’air mieux dans ce pays qui était notre modèle il n’y a pas si longtemps. 

À suivre.

12 commentaires:

  1. Ici, on traduit pas parce que c'est plus simple de tout faire en anglais pour les entreprises, le français étant en minorité.

    En France, on traduit pas parce qu'on trouve l'anglais "cool".

    Pas sûre de l'endroit où le français est le plus en danger!

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  2. Selon moi l'anglophilie est pire: c'est comme inviter l'envahisseur à entrer. Prendre la France pour modèle: oh que non!

    Cela dit, je dis "envahisseur" pour donner une image, ce n'est pas que je crois que la langue anglaise nous envahie comme une armée.

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  3. Je dirais envahisseur comme la marée qui gruge un petit peu chaque année les rivages. Sans trop qu'on s'en aperçoive si on n'y prend pas garde.
    Gen, si on n'achetait pas, ne crains pas que ça ne prendrait pas de temps pour que les entreprises se mettent à traduire pour nous charmer. Je te ferai remarquer qu'on est en majorité au Québec!

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  4. Juste un bref mot pour dire que ça fait un bout de temps que moi aussi j'ai remarqué qu'à l'épicerie, les produits sont toujours du côté anglais et ça me fatigue! (je retourne moi aussi les boîtes pour le mettre du côté français...) Je soupçonne que ce soit voulu, mais là, avec votre billet, je commence à en être certaine...

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  5. Oui, mais on est nuls en "mouvements collectifs" de protestation! lol!

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  6. À Marie-Claude: je me pensais un peu fofolle de poser pareil geste de protestation. Contente de ne pas être la seule.
    À Gen: on l'a pourtant déjà été.

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  7. Je suis en accord avec toi. J'ai horreur de ce fait anglais qui s’incruste de plus en plus sans que personne ne bouge. On chiale, on chiale mais ça sert à quoi quand on met un gouvernement lèche-bottes de toutes ces compagnies pour qui le français n'a pas d'importance au pouvoir? Pourtant la loi 101 existe bel et bien!!!!
    Grrr je m'arrête car je viens trop en colère.

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  8. À Suzan: C'est l'Office québécois de la langue française qui n'a pas assez d'effectifs selon moi. Les employés sont probablement devenus des fonctionnaires qui ne peuvent pas être partout. L'effort a été mis à l'éducation les dernières années alors l'affichage passe en second.
    Mais c'est aussi à chacun d'être fier et de persister et résister.

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  9. Claude, alors on est au moins deux dans le club des fofolles et personnellement, ça ne me dérange pas! lol :oP

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  10. Y'a des gens qui vient de se plaindre du non bilinguisme des employés d'Air Canada. Jugement de la cours 12 000$ en dommages et intérêts si Air Canada ne fait pas appel !!!!

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  11. À Impulsive: Il y a comme une grande brèche et on n'est même pas gêné de s'y engouffrer.

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  12. Bonjour Claude,

    J'ai fait lire ton billet à notre amie commune, qui fait partie de l'ASULF : elle croit qu'il y aurait lieu, effectivement, de porter plainte auprès de l'OQLF.

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