vendredi 1 novembre 2013

L'ourse dans sa caverne

Quand pendant une bonne vingtaine de jours, tu as marché entre un et cinq kilomètres sur la plage, à fixer un horizon comme si tu cherchais un sens à la vie, à laisser parler tes personnages, à retenir des phrases pour les noter à ton retour, parce que tu marches légère sans bagage... 

Quand tu pédales entre un et vingt kilomètres dans les petites ruelles asphaltées du camping ou sur les trottoirs d'une ville américaine qui ne fait rien pour améliorer les pistes cyclables... 

Quand tu sors de ton motorisé de 22 pieds tous les matins pour y entrer à peine une fois ou deux dans la journée... 

c'est certain qu'au retour, enfermée dans ta maison, même si elle a quelque mille pieds carrés, parce qu'il pleut depuis deux jours, c'est certain que tu te sens comme un ours en cage. Un ours qui entre dans sa caverne. Ou un chien qui court après sa queue et tourne sur lui-même pour se faire un petit nid sur la carpette du salon, celle au coin du feu si possible. 

Si en plus, tu es privée de ton ordinateur parce que, lui, pour une raison inexplicable, a décidé de supprimer plusieurs lettres du clavier...

Pourquoi suis-je revenue, moi?

(photo prise et traitée par l'auteure sur sa Nexus7: plage de Myrtle Beach)

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