dimanche 5 janvier 2014

En marche vers un long chemin étroit

Janvier 2014. Après les fêtes, ça devrait raisonner recommencement, nouveau départ. Il neige doucement. J’hésite entre la raquette, la lecture et l’écriture. Les trois me tentent, mais pour des raisons différentes. Me suis réveillée et levée avec la ferme intention de trouver l’ordre des événements pour mon prochain roman. À me voir tourner en rond, je vois bien que je n’en suis qu’à la gestation, à la prise de notes. Je tâtonne comme quand on avance à petits pas dans un chemin inconnu ou tout noir et qu’on veut quand même prendre son temps pour être bien préparée à la longue marche qui nous attend.

Pas besoin de m’égarer en vaines recherches pour ce « tome 3 », seuls mes souvenirs suffisent puisque l’histoire se passe à mon époque, mais quand même bien des questions. 

J’ai relevé les chapitres déjà écrits lors d’une première version. Je pars avec un bagage de 90 pages que je juge utilisables, mais que je dois réorganiser. Toujours cette sempiternelle hésitation : comment bien passer d’une génération à l’autre sans qu’il y ait coupure entre les personnages : se détacher de l’un pour s’attacher à l’autre?

Et que se passe-t-il ensuite? Quelles intrigues, quelles scènes puis-je inventer pour régler les conflits, faire avancer le récit? Je sais le début, la fin, mais entre les deux. À cinq et même dix pages par chapitre, il me manque une autre bonne dizaine de scènes.

Dire qu’il y a des écrivains qui ont le souffle long, un James Michener, un Ken Follet avec leurs mille pages et plus près de nous, un Michel David, une Suzanne Aubry avec leurs quatre ou six tomes. Comme dans les conversations, je vais à l’essentiel, je ne vise que l’émotion, j’oublie les détails. Le physique entre autres.

« J’ai parlé de ma figure, afin de n’avoir plus du tout à en parler […] je me suis conformé à l’usage qui est de faire la description extérieure du personnage […] afin de me débarrasser complètement de cette puérilité. » C’est ce que pensait George Sand dont je lis actuellement l'autobiographie (Histoire de ma vie, George Sand) et souvent, je ne suis pas loin de penser la même chose, autant pour le portrait physique que pour les descriptions de paysages, de lieu, de la maison. Qui les lit? Qui les retient? À moins que ça ne serve le récit, que ça soit important pour comprendre le personnage, pour cerner les rêves du personnage. Le moins long possible, quelques mots. 

Finalement, je pense que je vais lire, en attendant que la neige ait fini de tomber que je la ramasse. Question de laisser les personnages se chamailler, discuter entre eux et, en allant à leur rencontre dans ce chemin étroit de la création, je les écouterai quand ils se seront mis d’accord ou qu’ils ne parleront pas tous en même temps.

J'aimerais être du genre Katherine Pancol: tenir un décompte des pages écrites, belle poussée sur le crayon. Mais voilà, ce n'est pas moi. N'empêche que ce serait un beau défi. Qu'est-ce qui me ferait bien avancer, donc? Et vous, quel est le petit truc qui vous fait avancer sur ce chemin solitaire de la création?

4 commentaires:

  1. À choisir, je préfère le manque de descriptions que l'inverse. Je dois avoir suffisamment d'imagination pour combler les trous. hihi
    En fait, les descriptions trop appuyées me font souvent décrocher, ce qui n'est pas une qualité pour un roman, on s'entend. Il faut qu'elles soient utiles à l'histoire, qu'elles m'apprennent quelque chose pour que je les aime. Sinon, j'ai l'impression que l'auteur fait du remplissage.
    Au fond, c'est souvent une question de bon dosage. Il y a des romans qui se prêtent davantage aux descriptions que d'autres.
    Bref, pas simple pour un auteur de contenter ses lecteurs. :D

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  2. J'ai cru un temps que c'était une manière d'écrire, un passage obligé puisque nous l'avions appris à l'école. Je ne suis pas professeur ou je ne cherche pas à faire une thèse sur le sujet, mais à lire les auteurs contemporains, je vois bien que si certains Américains tiennent encore à ces longues descriptions des lieux ou des personnes, les Français et encore plus les Québécois y ont renoncé depuis un bout.
    peut-être est-ce parce que nous sommes à l'ère de l'image, des voyages: les auteurs n'ont pas à décrire longuement les lieux, le lecteur a des bonnes chances de l'avoir vu par lui-même, ce qui n'était pas le cas avant le vingtième siècle. Peut-être.

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  3. Je pense qu'une bonne description doit être courte et faite "en passant". Ça ne sert à rien de décrire longuement avec trop de détails. Ce qu'il faut, c'est donner les points importants.

    J'ai déjà eu un prof qui nous faisait faire un super exercice à ce sujet-là. Il nous montrait les photos de 4 pièces. Puis, une semaine après, il nous demandait de les décrire de mémoire.

    Si on les avait décrites sur le coup, on aurait donné beaucoup (trop) de détails, mais une semaine après les avoir vues, on avait gardé uniquement l'ambiance, l'essentiel. Genre "un salon aux rideaux bleus parsemé de tapis soyeux".

    Le même exercice peut être fait pour les personnages. Comme tu possèdes réellement du visuel à leur sujet, regarde les photos, essaie de les décrire en quelques traits forts, puis demande à l'artiste-des-pinceaux si elle peut associer tes descriptions et les photos. Si elle y arrive bien : bingo! :) Tu en auras dit juste assez! :)

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  4. Merci pour les suggestions.
    Tu me fais sourire: "demande à l'artiste-des-pinceaux" (qui soit dit en passant ne peint aucunement des portraits)... c'est une bonne idée. Pendant les fêtes on s'amusait justement à savoir ce qu'on voyait en premier chez une personne. Moi, je ne vois rien, j'entends, c'est le son de la voix de quelqu'un qui me dit si je poursuis ou non. L'artiste-des-pinceaux remarque les cheveux en premier... et en dernier, hihi!

    Bizarre la tournure de ce billet, je me demande bien quel était le sujet principal? Mais bon, peu importe, si ça mène à des réactions, c'est très bien.

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