vendredi 29 septembre 2017

Tant que le coeur bat...

lettres de refus des éditeurs

Il y a la saison des prix littéraires et il y a la saison des refus.
Saison d’automne dans les deux cas.
Le rouge vif pour la jouissance des uns et le jaune sec, flétri pour quelques autres.
Reste le vert de l’espoir, mais pour moi, il s’amenuise.

La semaine même où je reçois un chèque de Copibec qui me prouve bien que je suis une auteure, je reçois également deux courriels de maison d’édition qui refusent mon manuscrit. Vous me direz que c’est aussi une preuve que je suis auteure puisque si tu n’es pas auteure, tu ne reçois pas de lettre de refus!

Pourquoi m’infligé-je pareil supplice? Qu’est-ce que je n’ai pas encore compris pour que je récidive?
Pour que je coure après la publication chez un éditeur reconnu.
Pour que je réécrive un manuscrit tant et tant qu’il ne trouve pas preneur?
J’aime tant que ça recevoir des lettres qui disent non?
Pourquoi s’obstiner?
En ai-je vraiment besoin?
Ce ne sera pas le premier manuscrit qui reste dans les tiroirs.
Vaut-il vraiment la peine que je me donne?

Même si je le publiais à compte d’auteur, ce que je pourrais très bien faire,
même s’il ne se retrouvait pas en librairies, sauf celles où j’irais le porter et qui l’accepteraient (quelques-unes en Outaouais peut-être),
même si j’allais l’offrir dans quelques bibliothèques,
même si j’allais au seul Salon du livre de l’Outaouais via l’association des auteurs de l’Outaouais,
serais-je satisfaite?
Si je dis oui, eh bien fais-le et passe à autre chose.
Si je dis non, je veux plus, plus quoi?
Qu’as-tu tant eu de plus avec tes dernières publications? Un peu plus du Droit public? Un peu plus de Copibec? Un peu plus de ventes? Ton livre est également prêtable en numérique via pretnumerique.ca, ce wuo ne serait plus le cas en auto-édition?
Et alors?
As-tu fait tout ce que tu as pu?

Et cesse de te faire rêver avec les
14 refus de Rowling
38 de Margaret Mitchell, avec Autant en emporte le vent
140 de Richard Blatch avec Jonathan Levingston, le goéland

Ne pas rêver non plus du jour où, comme aux États-Unis, nous aurons des agents littéraires. Oui, oui, quelques-uns au Québec. On peut les compter sur les doigts de la main et je n’ai pas encore eu de preuve qu’il (ou elle) pourrait m’être bénéfique.
Le Québec est petit, on le sait, on a vite fait le tour des éditeurs.

Avis de gel au sol. Avis de gel dans mon cœur.
Le mettre sur la glace pour un temps.

Heureusement, hier j’ai vu le film C’est le cœur qui meurt en dernier. Après avoir lu le roman de Robert Lalonde, évidemment. Pendant une minute je me suis demandé si j’aimais un plus que l’autre, puis je ne plus voulu comparer. C’est différent. Chacun a ses qualités. Les silences ne sont pas aux mêmes endroits. L’intensité non plus.

Mon cœur n’est donc pas encore mort, et je refuse de le mettre au rancart comme une vielle feuille séchée qui ne tiendrait plus après l’arbre.
Je m'accroche.

11 commentaires:

  1. Accroche-toi gentille dame. Câlin.

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  2. Oui, courage!
    Et il n'y a pas que des éditeurs québécois hein! :D (nul n'est prophète...)

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    1. Je me garde un éditeur ontarien en réserve pour une nième version.
      Parce que la France, en ce qui me concerne, je n'y crois pas.

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    2. allons donc, ils aiment les québécois! et plein d'éditeurs prennent les manuscrits par mail désormais :D

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    3. C'est sûr qu'en lisant cet article
      https://revue.leslibraires.ca/articles/sur-le-livre/de-l-hexagone-au-monde-entier-une-conquete-du-livre-quebecois
      j'ai le doute qui remonte à la surface.
      Mais s'il est vrai que l'article date de 2009...

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  3. Donc je suis auteure. et une vieille feuille à l'arbre.

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    1. Parce que tu as reçu un chèque de Copibec?
      On va partir un club d'auteurs refusés!

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  4. Les refus font partie de la vie d'auteur, Claude. Ils ne sont jamais faciles à gérer, mais ils arrivent à tout le monde tôt ou tard.
    Oui, ça veut dire que je me suis fait refuser un manuscrit récemment, par deux éditeurs qui, pourtant, m'avait manifesté de l'intérêt. Là je m'essaie avec un troisième éditeur et si ça ne marche pas, tant pis. Ce n'est ni la première, ni la dernière fois que ça arrivera. Je crois sincèrement que tout ce qu'on écrit n'est pas destiné à être publié.
    Alors pour arrêter de penser à ce manuscrit orphelin d'éditeur, eh bien je travaille sur le texte suivant. Sans penser au sort qu'il connaîtra.
    Bon courage! L'automne, c'est une belle saison pour écrire!

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    1. Eh! oui (ou eh non, c'est selon!), la vie ne s'arrête pas à un roman ou à un éditeur.
      Heureusement.

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  5. Ce n'est certes pas facile... Mais au moins, vous pouvez dire que vous écrivez. C'est déjà très très bien de terminer un manuscrit! Je vous lève mon chapeau pour cela!

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