vendredi 6 février 2026

Parfois les mots parfois le silence

 « Nous abordons rarement les livres nouveaux avec des yeux vierges. Les livres prennent place dans un univers, dans un réseau de connexions. »

                                                                 Octave Larmagnac-Matheron, publié le 1er février 2023.

Mon réseau de connexions depuis le début de 2026: des décès, des phrases de sympathies à trouver, des mots qui se faufilent dans l'insomnie, des rêves de crevasses et de chutes.
Il suffit parfois de quelques paragraphes, d'un extrait pour que ces connexions enchevêtrées se dénouent et que tout mon corps retrouve le calme... et encore et toujours, le chemin de l'écriture, comme si j'avais résolu une équation difficile.

Voici ceux du jour:
« Il n’y avait rien, pendant longtemps, il n’y avait que l’horizon vide d’un désert. Il n’y avait rien. Et puis une phrase a surgi. »
                                                                                           Désert désir, Clara Dupuis-Morency 
« Me plaindre ? La mort rôde. Il fut des périodes de mon existence où je la craignais bien davantage. Comment expliquer mon attitude ? Avant mon entrée dans le vieil âge, j’étais fébrile. Je ne voyais pas les années filer sans en ressentir la menace. Maintenant que j’en suis réduit à une vie en quasi-confinement, toute idée de déambuler à mon aise dans mon quartier m’étant périlleuse, toute idée de voyage devenant de ce fait interdite, je m’étonne de survivre. » 
                                                                                                Puis je serai seul, Gilles Archambault
« ce n’est pas écrire qui me pose problème, mais ne pas écrire. Je m’y suis essayé quelquefois, le plus honnêtement possible, mais je n’ai jamais tenu le coup plus de deux semaines. Je tourne alors en rond dans ma cage, je me sens inutile, j’ai le sentiment que le temps s’écoule trop lentement, et en pure perte. » 
                                              On ne dira jamais assez de bien des mauvais romans, François Gravel
« Je soupçonne d’ailleurs qu’un très grand nombre d’écrivains souffrent comme moi de ce foutu esprit de l’escalier, qui nous fait trouver la bonne réplique alors que l’entrevue est déjà parue dans le journal ou diffusée à la radio. Qui n’a jamais rêvé de reprendre une conversation au cours de laquelle il a paru maladroit et la tourner à son avantage ? » 
                                                 On ne dira jamais assez de bien des mauvais romans, François Gravel




Mais parfois, il suffit de marcher dans le sentier 
et de laisser le blanc de la neige, 
le bleu du ciel faire le silence autour de nous.