lundi 18 janvier 2010

Facebook, blogue et site:
une toupie qui étourdit

Site, blogue, Facebook et l’artiste de nos pinceaux. Je, l’auteure de nos stylos, suis venue à l’Internet par curiosité, j’aime chercher, j’aime lire. Pas vendre, ça je ne sais pas trop comment se joue ce jeu où tous les coups semblent permis. Alors quand vint le temps de monter un site Internet pour l’artiste de nos pinceaux, ce fut relativement facile. J’ai regardé ce qui se faisait ailleurs, l’artiste m’a donné ses couleurs. Tout allait bien, le site était un complément à son dépliant, à ses affiches sur la route, aux symposiums auxquels elle participait. Les envois de courriels aux galeries se firent nombreux et utiles.
Et voilà qu’internet s’emballe, se diversifie, se multiplie. Des blogues s’ajoutent pour informer, échanger, discuter d’un ou plusieurs sujets. Et puis, ces billets ne répondent pas aux besoins de monsieur et madame tout le monde qui préfèrent n’écrire qu’une ligne ou deux, alors allons-y gaiement dans le Facebook, Twitter et probablement d’autres moins visibles. En comparaison, les sites ont l’air statique, ont l’air de mal vieillir dans leur coin, isolés, délaissés, presque boudés.

Ça va tellement vite que la graphiste curieuse que je suis a oublié de réfléchir, de se poser les vraies questions. Elle fonce dans le tas, part son blogue et quelques mois plus tard, sous la pression de quelques jeunes qui ne jurent que par Facebook, la voilà inscrite elle aussi. Quelques autres mois plus tard, en voyant les artistes peintres foisonner devant cette folie furieuse, elle inscrit l’artiste de nos pinceaux après l’avoir convaincue qu’elle y retrouverait amis et collègues, après lui avoir montré le fonctionnement de la bête. L’artiste y jettera un coup d’œil les premiers jours et se contentera de s’en informer les jours suivants: qui a écrit quoi?

La question qui tue que je me pose enfin : l’artiste doit elle ajouter ses tableaux sur Facebook? La question des photos et informations personnelles a été vite réglé : ce : le moins possible, mais les photos de tableaux? Là encore, elle regarde ce que les autres font : certains y vont à raison d’un de temps à autre, un organisme, à tour de bras, y présente ses artistes, à raison de deux ou trois par jour. Trop insistant à mon goût.

Alors ce matin, il était temps, je réfléchis. S’il est facile pour l’auteure que je suis qui n’a pas grand-chose à vendre de faire des choix, de se promener sans trop de gêne entre site, blogue et ce réseau social où elle ne va que pour « wouaire », parce qu'il y a bien une ou deux personnes qui l'intéressent, c’est bien différent pour l’artiste qui n’écrit pas et n’a pas ce besoin insatiable, bref, elle n’est pas accroc! Et moi qui suis sa graphiste, sa presque agente, est-ce de mon devoir de la planter là, partout, sous prétexte de visibilité, sous prétexte qu’il faut être sur Internet, sous prétexte que c’est là que ça se passe? Je dois réviser mes stratégies, revenir à la question première : pourquoi l’artiste est-elle sur Internet? Pour se faire connaître en tant qu’artiste peintre? Pour dire au monde : youhou, j’existe, je suis là. Alors Facebook, est-ce nécessaire? Pourquoi tous les autres artistes y vont-ils? Pour faire comme… Louise a 56 amis dont les trois quarts sont des artistes peintres et quatre ou cinq communiquent avec elle via Facebook alors qu’ils ne le faisaient pas ou très peu via son site ou le courriel « ordinaire ». Pas de clients. Que devons-nous en conclure?

Et puis, sous-jacente l’autre question plus insidieuse : est-ce que j’ai l’air de cette vendeuse mal à l’aise à l’entrée d’une boutique qui attend les clients, qui ne sait pas comment s’y prendre, qui a l’air pas à sa place, qui en fait trop ou pas assez? Je ne veux tellement pas paraître comme X qui se pavane ou comme Y qui s’impose, tous ces gens que je juge, oui que je juge et que je critique. Peur d’être jugée à mon tour. Y a des jours où je me ferais petite et soumise (c’est pas une chanson, ça?).

Bref (la brièveté et moi, ça ne se fréquente plus depuis longtemps), en tant que graphiste, qu’est-ce que fais? Ce n’est pas écrit nulle part, alors je ne sais pas.

5 commentaires:

  1. Je te dirais que si l'artiste de nos pinceaux n'a pas envie d'entretenir un réseau social, un Facebook qui lui permet d'être joignable + un site web, c'est suffisant. Tu pourrais peut-être, oui, mettre quelques photos de ses oeuvres sur Facebook et rendre son profil accessible à tous. Ceux qui voudront la trouver pourront le faire.

    Par contre, je pense que ton réflexe est le bon : ça ne vaut pas la peine d'en faire trop. Avec le Net, faut assurer une présence, pas écoeurer les gens. Il faut être aisé à trouver, pas envahir.

    En tout cas, je le pense. La majorité des gens de mon âge utilisent énormément le web parce que ça les met à l'abri d'une bonne partie de la pub (bon, de moins en moins, mais quand même) donc, faut pas les envahir autrement.

    RépondreEffacer
  2. Ç'a bien du bon sens. J'aime le concept d'assurer un présence, pas écoeurer les gens. J'ai cru qu'un site aurait suffi, mais faut admettre que le vent pousse fort de l'autre bord, il m'a emporté avant même que j'aie le temps de me demander si c'était le bon choix et comment le gérer, comme un "boxing day". Une expression que vous devez aimer Vincent et toi, hihihi!

    RépondreEffacer
  3. Oui d'accord, une présence sans écoeurer, et une curiosité qui devient parfois solidarité....offrir des liens qu'on suit si ça nous intéresse. Moi j'aime bien suivre et voir ce qui se passe ailleurs, et parfois je participe, quand je sens que je peux apporter q.q. chose, ou provoquer une réflexion. Visiter Facebook, c'est un peu comme un coup de fil d'une amie...une placoterie en passant. Car le téléphone-maison ne sonne plus souvent maintenant, avez-vs remarquez?

    RépondreEffacer
  4. J'ai inscrit Marsi aussi. Il s'en est occupé un peu au début, comme d'un jouet tout neuf, et puis maintenant il ne s'en occupe pas. Je m'en occupe pour lui par mon profil à moi, je parle de lui. Je ne lui ai pas fait une page d'adepte et je veux la faire. Pourquoi ? Parce que ça sera moins gênant de m'en occuper, au même titre qu'une agente le ferait. Tandis que son profil personnel, je ne suis pas pour m'en occuper à sa place, c'est personnel justement. Je fais une distinction entre sa personnalité publique et personnelle.

    La clé d'après moi est d'aimer le moyen de diffusion mis à notre disposition. J'aime Facebook. Il y a justement une représentation sous l'emblème amicale. Je ne suis pas vendeuse, mais j'aime représenter, diffuser, c'est plus une agente. Une agente qui y va de ses valeurs personnelles, jamais, mais jamais insister : offrir. Toujours dans un mouvement naturel, en s'arrêtant vraiment à chaque personne. C'est parce que j'aime vraiment le monde que je peux le faire.

    RépondreEffacer
  5. @ lise: bienvenue ici. Je déteste le téléphone, je ne peux pas effacer ce que j'ai dit!!!

    @Venise: Ah Venise, je voudrais avoir votre équilibre! C'est le mot qui me vient. Tout sonne justesse chez vous. Moi, je me sens plutôt sur une corde raide, toujours peur de déplaire.
    Et puis, tiens, je n'insiste plus.

    RépondreEffacer