lundi 19 juillet 2010

Des produits dérivés de l'art

Tout artiste peintre, qu’il soit en art figuratif ou en art actuel est un jour ou l’autre confronté à la décision difficile : est-ce que je me lance dans les produits dérivés?
Un produit dérivé, ça peut être un giclée, une reproduction,  une reproduction sur une tasse, un sac, un coussin de lecture, un casse-tête, un parapluie, un livre même, les possibilités sont infinies.

Il y a des puristes qui disent : « Non, jamais », il y a les autres qui choisissent le «Pourquoi pas?»

Comme en toute chose, tout n’est pas noir ou blanc. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations ou d'opinions sur Internet. Cet article d’une artiste peintre français.

L’artiste-de-nos-pinceaux, après moultes hésitations, a tenté l’expérience il y a quelques années en faisant imprimer des giclées. Cinq modèles, dix giclées pour chacun des modèles. Oui, elle en a vendus. Certains clients aiment bien, ils peuvent s’offrir un Falstrault à un coût accessible pour eux. Il lui en reste moins d’une dizaine mais elle ne les sort plus. Elle croit qu’elle se « coupe l’herbe sous le pied », que ces giclées ne la représentent plus, surtout depuis qu’elle est passée à la spatule. Elle croit aussi que les clients n’achèteront pas ses originaux. D’ailleurs bien des gens seraient incapables de dire si c’est un original ou une reproduction si on ne leur dit pas, tellement la technologie est haut de gamme. Des cartes, ça peut aller parce que c’est évident que c’est une reproduction, mais les giclées sur toile, il faut toucher pour voir la différence. Et les aquarelles reproduites sur papier Arches et vitrées, il faut regarder le petit chiffre en bas 3/95 par exemple qui voudrait dire que c’est le troisième sur 95. Un tel chiffre ne se retrouve pas sur l'aquarelle originale, seulement sur la reproduction. Et pour une huile, c'est pire encore, pas de place pour l'écrire ce petit chiffre, la plupart des artistes l'écrivent au dos. Et seul l'artiste (ou une galerie après entente avec l'artiste) a le droit de faire reproduire son oeuvre. Le droit d'auteur demeure toujours à l'artiste même une fois le tableau vendu.

La valeur d’un giclée sera la même dans 10 ans, 20 ans, tandis qu’un original prend de la valeur avec les années. Pas tout le monde qui le sait. Mais on peut comprendre que ce n’est pas tout le monde qui peut se payer un Gisèle Benoît à 8,000$ ni un Falstrault à 1,000$

La question demeure donc entière et chaque artiste a sa propre idée sur le sujet. Idée remise en question surtout quand les ventes des originaux sont à la baisse comme depuis plus d’un an.

(tableau de Louise Falstrault, toute reproduction interdite)

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