mardi 5 octobre 2010

Le Duhamel de Michel Tremblay
et ma Petite-Nation

Michel Tremblay, dans son roman La traverse des sentiments, devait avoir ses raisons de situer Duhamel dans les Laurentides et toujours dans "La Gatineau" plutôt qu’en Outaouais et au bord de la rivière Petite-Nation. Mais j’ai bien le droit de me poser des questions. C’est pourtant bien le Duhamel que je connais puisqu’il écrit que c’est au nord de Papineauville et que les personnages passent par Saint-André-Avellin. Il mentionne aussi la rivière Petite-Nation  et une seule fois Chénéville.

Michel Temblay s'amuse à dire "le lac à Simon", pour parler du  lac où le Simon de Rose se baigne nu pendant les orages. L'auteur aurait-il lu Jean-Guy Paquin qui, dans Le pays de Canard Blanc écrit  que l'Algonquin Cri Simon Kanawato chassait sur des terres qui s'étendaient au delà d'un lac qu'on appelait alors le lac à Simon et qui est devenu effectivement le lac Simon?

En 1915, l’Outaouais n’existait pas? Tremblay a choisi le mot Laurentides à cause des montagnes? Il parlerait de la chaîne de montagnes les Laurentides et non pas de la région touristique? Parce que la chaîne de montagnes des Laurentides commence près de la rivière Gatineau et s’étend tout au long du fleure Saint-Laurent jusqu’au Saguenay? Bof! pas si important, l'important c'est de faire connaître les lieux d'où nous sommes, où nous vivons.

Ce qui m’amène à parler des lieux dans nos manuscrits. Je ne les décris pas systématiquement, mais je les nomme à tout le moins. Parce que dans mes lectures, je les trouve importants. J’ai voulu connaître les sentiers où Simone de Beauvoir se promenait aux alentours de Marseille. J’aurais bien voulu visiter la Russie de Michel Strogoff. Dernièrement, j’ai relu avec plaisir Le Survenant au milieu même du Chenail du Moine et j’ai passé par Péribonka en ne reconnaissant rien de la vie de Maria Chapdelaine.

Je reviens aux municipalités mentionnées dans La traversée des sentiments et me laisse aller à leur évocation. Papineauville, le lac Simon, les chalets où j’ai habité, les étés qui s’étiraient jusqu’à l’action de grâces, la plage de la Baie de l'Ours, les baignades avec ma cousine, mon enfance et mon adolescence, cette nuit blanche où, en 1970, j’ai décidé d’y venir pour toujours.
Papineauville, le train. Ce train pris si souvent, même une fois devenue adulte. Plusieurs souvenirs, dont un que je conterai en détail un jour dans un roman sûrement, un souvenir transposé.
Duhamel et la rivière Petite-Nation, je les ai placés en fond de décor pour un roman jeunesse, Poursuite sur la Petite-Nation, publié aux Éditions Paulines. Une rivière que j’ai réellement descendue en canoë. Une municipalité dont j'ai fait les armoiries, une fois devenue graphiste.

Peut-être ne nommerais-je jamais la municipalité où je demeure pour des raisons toutes personnelles, mais je n’aurai jamais ni honte ni restriction à situer mes personnages dans cette Petite-Nation gravée dans mon cœur.

N’empêche, je me demande ce que Michel Tremblay fait de sa maison à Key West quand il n’y est pas? Il en ferait une résidence d’auteurs que je m’inscrirais pour un mois ou deux. Et j’écrirais (encore) sur « ma » Petite-Nation.

(image provenant de Google maps pour situer Duhamel en Outaouais)

9 commentaires:

  1. Oh là là, tu en as fait des choses !

    Je me pose rarement toutes ses questions sur les lieux, je les laisse à Marsi, qui est monsieur Où et moi, madame "Qui". Si tu allais dans sa maison de Key West pendant qu'il n'y est pas (quelle ambition !), je te souhaite de le croiser pour lui poser ces questions très pertinentes. Je suis certaine qu'il te répondrait avec plaisir.

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  2. @Venise: on peut rêver!
    Intéressant cette notion de savoir si on est "qui?" ou si on est "où?". Comme si on est auditif ou visuel, si on est son nom ou son prénom ou si on est douche ou bain, si on est chocolat ou croustilles.
    Un prochain billet peut-être pour les réponses.

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  3. @Venise encore: attends de trouver un roman où il sera question d'Eastman, tu me diras les questions ou les réactions qui te viendront à l'esprit. hihi!

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  4. Je connais la plupart des lieux de ta petite nation mais je ne les ai pas pacagé autant que toi. Je vivais un peu plus à l'est.

    Weir, est-ce dans les Laurentides ou dans Petite-Nation?

    Je crois bien que si j'avais été Michel Tremblay, j'aurais dit la même chose. Dans le temps, le terme était général. Il n'y a pas si longtemps que nous apportons des précisions à notre langue.

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  5. @Ginette: Weir est dans la région touristique des Laurentides. La Petite-Nation fait partie de l'Outaouais.
    Carte de la Petite-Nation qui date de quelques années:
    http://www.petite-nation.qc.ca/territoire/cartepnjaune.html

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  6. J'adore la région de la Petite-Nation. Je n'y ai pas de souvenirs, mais mon père m'a tellement raconté ce p'tit bout de pays, celui de son enfance, que c'est comme si j'y avais vécu. Boileau, Namur,Saint-Émilie, Kilmar,N-D-de la paix...

    Et c'est intrinsecte d'écrire une histoire qui se passe dans notre région ou y ressemble. Ma novella se passe à Mirabel et contient des éléments de ma jeunesse à Lafontaine (Saint-Jérôme)

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  7. @Pierre. Petite précision: désolée mais Kilmar ne fait partie de la Petite-Nation ni Outaouais, mais Laurentides, nos quasiment cousines. Les chemins sont nombreux entre elles et l'Outaouais, histoire commune bien souvent. Faut dire que la Petite-Nation n'est pas une région administrative, à peine géographique, alors bien difficile de la circonscrire.

    Et puis oui, on s'est assez fait envahir par les lieux français de nos livres d'école (ben moi en tout cas) que ce n'est que normal que nous témoignions de nos lieux.

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  8. Merci de la précision pour Kilmar. Étonnant, j'aurais pourtant parié ...

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  9. @Pierre: eh non. Mais ça me donne l'idée de re-publier la carte de ce que les gens d'ici appelle la Petite-Nation, connue d'à peu près seulement les gens de l'Outaouais.

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