lundi 12 janvier 2026

Ils reviennent toujours

Ces jours-ci, ces semaines-ci, j’écris dans ma tête. Parfois.
Les mots volètent quelque part dans mes hémisphères.

La neige a commencé tôt, la neige est restée au sol. Ça occupe le corps.
Les mots sont restés dans la nuit.
Le jour, occupée dans les pièces où il n’y a pas de clavier.
Dehors aussi.
Chez la famille, chez les amies.
Gestion des repas, des cadeaux, d’une crevaison, d’un entretien de l’auto, du déneigement de l’entrée.

Parce que le décès de Reginald Strasbourg (92 ans), retour dans les années 70. Sans nostalgie, mais des images ont surgi : la quincaillerie à Chénéville, l’artiste peintre à Ripon, sa conjointe auteure, Colombe Turpin.

Parce que le décès de Charles Dussault (101 ans). Chercher quand l’Épi d’Or, ce théâtre grec unique, a été construit. Retrouver un article de Colette Duhaime dans le journal Le Droit du 2 août 1979 qui prouve que les travaux ont commencé sept ans auparavant.
Plaisir de la recherche, plaisir des trouvailles.

« À mes yeux, le plus humain des sentiments, le plus universellement partagé, parfois même une grâce qui rend toute la vie plus précieuse parce qu’elle nous rappelle notre finitude. La nostalgie, peut-être un autre nom pour la ferveur d’exister. »

Nords, Monique Durand 

Défilent les jours, parfois comme les stories, les reels des réseaux sociaux.
Peu de lectures, donc peu de stimuli. Beaucoup de cumulus.
Pourtant quand j’oublie le bruit du monde, quand je parviens à lire quelques pages de Nords, de Monique Durand, quand je n’écoute pas la colère des uns et la violence faite aux autres, quand je marche dans le sentier enneigé, derrière la maison, quand je m’attarde devant le ruisseau gelé, le silence chasse le vacarme et la paix m’envahit. J’existe. Au présent.

Petit bonheur qui n’a pas besoin de mots. De toute façon, je sais qu’ils reviendront, ils reviennent toujours.