mardi 9 juillet 2013

Depuis toujours de Madeleine Gagnon

J’ai eu beau conjuguer toutes les possibilités de Madeleine Gagnon avec @ ou avec le mot  «courriel» dans Internet, je n’ai pas trouvé à la rejoindre. J’ai lu parfois en entier, parfois rapidement tous les articles ou blogues à son sujet, écrits en avril et mai 2013, lors de la sortie de son livre, Depuis toujours. C’est le blogue d’Yvon Paré qui m’a amenée à emprunter le livre à la BANQ. Je n’ai pu résister à écouter le début de l’entrevue accordée à Chantal Guy à la Librairie Monet et là, je crois bien avoir compris. 

En lisant son autobiographie – et probablement que le phénomène se répète en lisant toute autobiographie, les longues, pas les petites courtes dans les revues — je me retrouve toute seule avec elle. Comme si j’étais — peut-être pas la première, je le sais bien —, mais la seule à qui elle raconte sa vie. Je deviens pendant quelques jours sa confidente. C’est entre elle et moi et je ne veux pas la partager, au moins le temps de ma lecture. Veux même pas être dérangée ou stoppée pendant que je dévore. Et c’est moi qui décide quand on arrête. Alors, voir que tant de monde a lu, a entendu, et voir aussi que l’auteure en parle à d’autres, sur le coup, je suis déçue, je sors de cette chambre close dans laquelle nous avions une relation privilégiée. Quelle sorte de lectrice suis-je donc pour m’illusionner de la sorte ? Masochiste, j’y retourne pour terminer le livre. Je ne veux pas sortir de ma bulle, de notre univers, pas tout de suite. 

Que son courriel ne soit pas disponible au grand public, qu’elle n’ait ni site, ni page Facebook déçoit la lectrice en moi, mais me fait comprendre que finalement, c’est moi qui ai besoin de lui dire merci, de lui dire que j’ai aimé son livre, que j’ai aimé connaître son histoire qui est un peu la mienne du simple fait que j’ai aussi connu ce temps de péchés et de judéo-christianisme, j’ai connu ce Québec naissant, j'ai découvert les balbutiements de l'édition canadienne-française. Et j'aime lire et écrire. Je dois respecter son besoin d’intimité, ce non-besoin de recevoir ces petites marques de reconnaissance ou tout commentaire.

Que lui aurais-je dit de plus que les phrases habituelles nerveusement lancées lors d’une brève apparition devant sa table de dédicaces dans un Salon du livre ? Et encore, si elle y va. J’aurais voulu lui dire, comme une centaine d’autres sûrement, que son récit m’a touchée, rejointe. C’était très plaisant, très intéressant de se faire raconter toute cette époque, tout le chemin parcouru dans les méandres de la religion, de l’éducation, de la vie québécoise. Et puis, moi qui aime tant les livres et l’écriture, se faire nommer tous ces auteurs qu’elle a lus ou côtoyés, de chez nous ou d’ailleurs, c’est comme un repas gargantuesque avec tout plein de friandises délectables. Parfois, c’était un miroir dans lequel je me reconnaissais, moi ou mes parents.

Mais évidemment, elle sait tout ça, c’est elle qui l’a écrite sa vie, alors que lui aurais-je dit à part «j’ai aimé et merci». Je ne lui ferais certes pas une analyse de textes, j’ai toujours détesté et n’ai jamais très bien réussi à trouver les mots de raison, je leur préfère les mots du cœur.

Je me demande si, inconsciemment, en disant à un auteur qu’on a lu son livre, ce n’est pas tout simplement vouloir dire qu’on existe soi aussi. Comme elle a écrit : « Pour certains, lire constitue l’écriture de leur vie ».


(Illustration de la couverture emprunté aux Éditions Boréal >>>)

mercredi 3 juillet 2013

Les plaisirs d'une journée bien remplie

Se réveiller avec des phrases très claires au sujet de son roman, sentir que l’idée devrait tenir au moins cinq pages, savoir qu’elles vont au tout début du roman. 

Se lever et, comme chaque matin, regarder dehors, se demander si on irait prendre quelques photos, mais trouver finalement que la lumière n’en vaut pas la peine. 

Ouvrir son fichier de roman, s’apercevoir qu’on est encore sur la version de janvier, en profiter pour la sauver sous le mois de juillet 2013. Jeter rapidement les phrases qui nous hantaient dès potron-jacquet. S’apercevoir que ça ne fait finalement qu’une page. 

Préparer café et rôties, les apporter à côté de son clavier. 

Regarder ses courriels, rager encore un peu parce qu’un hébergeur tarde à fournir le code d’autorisation pour pouvoir transférer un nom de domaine dont on est responsable et savoir qu’il ne reste que dix jours pour le renouveler. Avoir encore en mémoire un autre nom de domaine qui a été en « rédemption » parce que le délai du renouvellement avait été dépassé de quarante jours (quarante jours, rédemption, ça rappelle pas le monde judéo-chrétien de son enfance, ça? Ne pas s’éparpiller, se concentrer) et réclamer plus de 150$ au propriétaire pour le racheter. Découvrir une autre facette de ce monde merveilleux de l’informatique. 

Ouvrir sa page d’accueil « My feedly » et s’ennuyer à mort de son « Google Reader » qui avait au moins le mérite d’être en français. Lire le blogue de Dominique Riendeau qui donne le goût d’aller voir le livre dont elle fait la critique : L’air du temps de Hélène Custeau. Cliquer sur l’onglet BANQ où on emprunte régulièrement des livres numériques, constater que L’air du temps n’est pas disponible, mais que Tant qu’il y aura des rivières l'est. Le télécharger, aller chercher sa liseuse sur sa table de chevet, la brancher, ouvrir le logiciel, synchroniser, attendre un peu et lire les premières pages du roman et savoir tout de suite que l’on va poursuivre. Mais pas avant d'avoir terminé La fiancée américaine de Éric Dupont que l'on aime beaucoup. 

Regarder la météo sur la barre de tâches et décider que c’est la journée idéale pour aller se balader en vélo au parc de Plaisance. Préparer un lunch, monter le vélo sur le support. Ne pas oublier son sac où appareil photo et objectif attendent que vous les utilisiez. Se réjouir à l’avance de ce double plaisir : vélo et photo. 

Revenir quelques heures plus tard, enchantée. Prendre un verre de vin rouge en préparant le souper. Faire un petit feu dans le foyer extérieur, question de brûler le bois fendu il y a deux et même trois hivers. Jouir encore de ces quelques heures où il ne pleut pas. 

Rentrer vers 21 heures et se décider à visionner, traiter ses photos prises au parc de Plaisance et se coucher seulement quand elles seront sur son site. 

Se coucher, contente de sa journée, en se demandant pourquoi diable avoir envie d’écrire un roman au petit matin quand il y a tellement mieux à faire de toute la journée !

Se réveiller le lendemain matin, avec encore des phrases dans la tête. De ce billet cette fois-ci.

Site de la BANQ>>>
Album photo des randonnées au parc de Plaisance>>>

samedi 29 juin 2013

On ne la voit plus... elle doit être morte!


Le jour où on ne voit plus une personne, qui fait un métier public, à la télévision, dans les journaux, les revues, ne serait-ce que l’hebdomadaire régional, notre esprit saute à la conclusion : elle doit être malade ou pire, morte. On ne voit plus l'artiste, elle n’existe plus, elle ne peint plus. On est comme ça les humains du 21e siècle, grands consommateurs de médias, les sociaux compris !

Louise Falstrault va très bien, elle peint encore, son atelier est toujours ouvert, elle a tout simplement choisi de restreindre ses sorties publiques. Fournir ses deux galeries où sont exposés ses tableaux, celle de Calgary et celle de Baie Saint-Paul, satisfait complètement son cœur d’artiste peintre.

Mais quand Michel Lamanque et Paul Simon lui ont proposé de se joindre à treize autres artistes de la région, de cette Petite-Nation qu’elle aime tant et dans laquelle elle vit depuis quarante ans, elle a accepté avec plaisir. Hier, c'était soir de vernissage. Toujours agréable de rencontrer d'autres artistes: Monique Beauchamp, Louise David-Côté, Valérie Dugré, Jean-Marc Gladu, Claire Guérette, Solle Martineau, Guy Morest, Lise Poirier et Özgen Eryasa et de jaser avec les visiteurs et les organisateurs, de goûter à des produits régionaux. (Étaient absents: Laurence Bietlot, Gilles Goyer, Hélène Goulet et Michelle Lemire)

L'exposition Vue sur l'art, à l'église de Papineauville: c'est parti.
Du 29 juin au 18 août: du mercredi au dimanche, de 10h à 12h et de 13h à 17h;
du 24 août au 15 septembre, les fins de semaine, mêmes heures.

Article de Jessy Laflamme, dans le journal Le Droit à ce sujet >>>

(photo prise par Claude Lamarche)

lundi 24 juin 2013

Quand tu es une Québécoise née dans les années 50

Quand tu as été à l’école au temps où on allait encore à la messe le dimanche,
quand, pendant tes études au secondaire, tu devais étudier Villon, Molière, Corneille, sans savoir que pendant ce temps Anne Hébert, Jacques Ferron publiaient leurs premiers livres,
quand tu associais littérature et France et même quand tu as su qu’il y avait des livres écrits par des auteurs de chez vous, c’était de la littérature canadienne-française, même si on fêtait déjà le 24 juin,

Quand, enfin, en Belles-lettres, le professeur de français a suggéré Jacques Godbout, Anne Hébert, Saint-Denys Garneau et même a osé parler de Gaston Miron, c’est sûr que tu as commencé à penser qu’on pouvait écrire et publier ici aussi au Québec.

Quand ton père a commencé à fréquenter éditeurs et auteurs, qu’il revenait avec des livres de Marie-Claire Blais, Roch Carrier, Nicole Brossard, Hélène Ouvrard, Rina Lasnier, Claire Martin, bien sûr tu feuilletais ces créations en croyant t’y retrouver. Mais non, tu étais trop fortement ancrée, enracinée, identifiée, étiquetée française, tu étudiais Sartre, Camus, tu aimais croire que tu comprenais quelque chose à Ionesco, tu voulais marcher dans les sentiers de Simone de Beauvoir, t’asseoir aux cafés parisiens, tu aimais bien trop les expressions européennes, tu snobais et dénigrais les tiennes, celles de tes compatriotes, sauf peut-être le 24 juin. C’est par les Claude Léveillé, Claude Gauthier, Félix Leclerc, et plus tard, Gilles Vigneault que tu es venue à aimer les mots de chez vous. Mais tu boudais toujours Michel Tremblay tout en vénérant Anne Hébert.

Quand le féminisme t’est tombé dessus grâce à Louky Bersianik et son Euguélionne, et t’a donné le goût de lire des livres écrits par des femmes, là encore, tu t’es tournée plutôt vers la lecture des sœurs Groult, de Virginia Woolf et même d’Anaïs Nin plutôt que de comprendre la poésie de Nicole Brossard, les romans d’Andrée Maillet ou de Louise Maheux-Forcier. 

Quand tu as eu les moyens de t’acheter des livres, tu as commencé par des livres de poche, des Cesbron, des Bazin, mais évidemment, toujours pas de livres québécois. Quand tu t’es dit que tu n’aurais pas assez d’une vie pour lire tous les romans publiés, tu pensais aux romans américains ou russes que tu venais de découvrir, mais surtout pas aux québécois.

Et peu à peu, bien longtemps après que tu aies quitté l’école, bien longtemps après l’Expo de 1967 qui a ouvert les yeux de bien du monde sur le monde, bien après quelques voyages dans ce pays de France tant admiré dans ta jeunesse, tu as commencé à trouver la Québécoise en toi, à devenir fière de l’être, fière d’être distincte, d’être francophone. Petit à petit, tu t’es réconciliée avec ceux que tu snobais quelques années plus tôt. Tu as commencé à lire Michel Tremblay, Claude Jasmin, Claire Martin, Victor Lévy Beaulieu, Francine Ouellette, Francine Noël, Arlette Cousture. Tu as commencé à respecter ce que tu étais et ce n’est pas parce que c’est québécois que c’est bon ou qu’il faut que tu aimes. Tu ne finiras jamais les livres de Louis Hamelin ou de Marie-Claire Blais malgré tous tes efforts, mais sans t’en vouloir pour autant.

Quand tu t’aperçois qu’il se publie au Québec de sacrés bons romans, quand tu vas dans une librairie ou une bibliothèque et que tu vois les rayons des livres québécois, quand tu ne suffis plus à te garder à flot des nouveautés, tu te dis : « je n’aurai pas de toute une vie pour lire tout ce qui s’écrit ». Et comme de ta vie, il en reste moins devant que derrière, tu délaisses presque totalement les romans français, américains ou russes et tu te lances à corps perdu dans la littérature québécoise parce qu’elle existe et qu’elle peut être fière de sa qualité. 

Aujourd’hui, 24 juin, fête nationale, je lis québécois. Et tous les autres jours aussi.

(Illustration d'un livre que je devrais peut-être lire, empruntée au site de l'éditeur VLB)

lundi 17 juin 2013

N'est pas écrivain qui veut

Dans la vie, il y en a qui savent où ils vont, ils savent ce qu’ils veulent, ils n’y vont pas toujours comme ils l’auraient pensé, mais ils y vont. À vingt ans, au sortir des études, qui voulait être écrivain? Ce n’était pas au programme de bien des étudiants. Surtout pas au Québec. Et même s’il y avait eu une école, et même s’il y a des cours de création littéraire aujourd’hui… bref, qui se voyait écrivain à plein temps? Moi, à 26 ans. Je voulais, j’ai essayé. Deux ans de congé sans solde pour tenter ma chance. Toute seule dans un garde-robe réaménagé en bureau comme quand j’étais étudiante, j’écrivais à la main le matin et l’après-midi je tapais mes quelque cinq pages à la dactylo. Le lendemain matin, je relisais, je corrigeais et j’ajoutais. 

Au bout de deux ans, malgré deux livres adultes et deux romans-jeunesse, j’ai dû me rendre à l’évidence, ça ne fait pas vivre sa femme.

Depuis, beaucoup d’encre a coulé, l’ordinateur a remplacé la machine à écrire, mais jamais depuis je n’ai été aussi assidue à l’écriture. Pas plus de quatre heures dans une journée et pas plus de trois jours de suite. Pas assez seule, pas assez persévérante, pas assez convaincue, pas assez de publication, pas assez d’encouragement, même de ma part. 

Hier encore, je lisais La musique, exactement de Micheline Morisset et comme il m’arrive quelquefois devant un texte que j’adore, le genre qu’on aurait voulu écrire, j’ai noté quelques bouts de phrases, comme « un récit si bien ourdi » ou j’ai relu trois fois cette phrase qui disait tellement bien ce que j’ai vécu : « J’ai cru que j’avais mis des années à saisir ma mère, en revanche j’ai détesté longtemps la facilité que j’avais éprouvée à comprendre papa. »

Il y a quelques années, ce livre m’aurait jetée à terre, me laissant knockoutée et me garantissant une baisse d’estime de soi à ne plus pouvoir écrire pendant plusieurs semaines, mais aujourd’hui, je sais que je ne serai jamais de ce calibre, je n’ai pas à l’être et je peux admirer sans trop d'envie. Juste le bonheur de lire.

J’ai toujours ce besoin d’écrire, mais je ne crois plus que je vais faire un écrivain de mon moi-même. Je ne cours plus après le temps et au moins, j’ai fait la paix avec cette non-carrière. J’ai accepté de n’être pas ce que je croyais devenir. Je dois admettre qu’écrire, c’est maintenant un loisir, non dans le sens que je le pratique en amateure, mais dans le sens que je n'y passe pas toute la journée ou que je stresse avec la performance et le résultat, comme publier aux deux ans ou déclarer 10,000$ de revenus. Une passion, certes, mais pas un métier. Un peu d’expérience à partager, je me suis promenée dans les chemins de l’auto-édition, de l’édition, de la correction, du montage de livres, mais ma route restera un petit chemin où peu de gens m’auront vu marcher. Comme d'ailleurs des dizaines, voire des centaines d’auteurs québécois, à voir les noms sur les épines des livres dans une bibliothèque ou une librairie.

Une route qui m’a menée à accepter qui je suis, ni plus ni moins. À en être fière, sans ajouter « malgré tout ». Pas du tout celle que je croyais devenir, mais qui devient ce qu’il voulait devenir à 20 ans? J’espère bien me surprendre encore pendant quelques années.

Et vous, quelle route empruntez-vous?

(Illustration empruntée à l'éditeur Québec-Amérique)

samedi 15 juin 2013

Ah! ce temps qui passe!

Quand je marche, quand je nage, quand je roule, quand j’attends, même quand je lis,  je fais des phrases, je cherche des scènes ou des billets à écrire, je pense à mes personnages, je m’amuse à trouver des arguments comme un Français qui discute.



Mais quand je suis à vélo, niet. Rien. Je regarde les arbres, les bourgeons devenir des feuilles, les marécages, les reflets ou les vagues sur la rivière. Je pédale. Je hume air, vent, temps, fleurs. J’écoute les oiseaux, les grenouilles, le silence quand j’arrête. Là, au présent, je ne pense ni avant, ni après. Je n’ai hâte à rien, même pas au pique-nique qui viendra lors d'une halte prolongée.
Je prête attention au sentier, aux trous de marmotte pour ne pas y passer, aux branches pour ne pas qu’elles revolent dans les rayons de mon vélo. Automatismes, rien d’élaboré, esprit presque vide. Esprit libre.
Ce n’est qu’au retour que l’envie me prend de dire ce qui fut, d’écrire qui je fus, de comparer avec la même période l’an passé ou lors de la dernière randonnée. Que le temps reprend ses droits. Que le temps recommence à exister, que les heures défilent, trop rapidement. Que je traite les photos qui me disent que, finalement, le temps a passé, même si je ne l’ai pas vu, tout attentive que j’étais à vivre.

(Photos de l'auteure, prises au parc national de Plaiance, juin 2013)

dimanche 9 juin 2013

Après l'après

Comme au retour d’un beau voyage, le goût de raconter, d’en parler. Pourtant, rien n’émerge aussi beau ou aussi bien ou aussi intense que la nuit elle-même. La fatigue rend les idées un peu floues. Le retour du soleil me guide vers d’autres plaisirs, dont la procrastination, même si mon esprit, lui, s’attarde encore un peu à cette nuit du 7 au 8 juin sur un terrain de Saint-André-Avellin où avait lieu la marche dans le cadre de Relais pour la vie Petite-Nation.
 Dire les chiffres ou les noms comme dans un article de journal ne rendrait pas justice à ce que j’ai ressenti. J’étais juste bien, seule parmi la foule et avec la foule. J’étais dans le maintenant. Que veux-je dire au juste ? J’étais parmi mes semblables, non seulement les survivants et les survivantes d’un cancer, mais aussi parmi les gens que je connais depuis quarante ans pour certains, des gens avec qui j’ai travaillé, que je côtoie à l’occasion au hasard de la vie. Et puis j’ai été reconnue, on est venue me voir et me parler, moi, juste moi parce que j’étais là, parce que j’ai témoigné, parce que j’ai écrit et lu un texte (celui-là, remis au présent >>>) qui a touché ou surpris. C’est quand même agréable de faire plaisir, mais aussi d’être appréciée, d’être écoutée avec une telle attention.

Oui, c’est ça, j’ai passé une belle nuit parce que les bénévoles sont généreux de leur temps et que, depuis dix ans, les équipes sont bien organisées et tout baigne. On est choyés, on ne manque de rien. L'animation est vraiment très réussie, on entend des chansons d'interprètes locaux très talentueux. Mais j’ai surtout passé de beaux moments parce que j’étais bien, à ma place, et pour personne d’autre que moi. Je n’étais pas la seule à être le point de mire, mais je le fus aussi et je dois admettre que de se faire dire que ce qu’on a écrit et lu a touché, a été un coup au cœur, ça fait du bien à la partie de soi qu’on ne montre pas souvent, qu’on ne montre pas à tout le  monde et dont on n’a pas parlé depuis un sacré bout de temps. 

(photo prise à partir du I-Pod de Louise Falstrault)

lundi 3 juin 2013

Tutoriel sur l'utilisation du stylo Iris Notes Executive 2


J'en ai parlé dans le billet du 13 avril. Mon enthousiasme n'avait d'égal que le plaisir de la nouveauté. Et le plus beau, c'est qu'il dure cet enthousiasme. Même si je dois avouer que ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. En fait c'est simple, mais il faut s'y tenir. Écrire droit, presqu'en lettres moulées par exemple, pas de relâchement, pas de précipitation, pas trop d'accélération. Tout doux avec le stylo! Et puis, je ne portais pas trop attention à comment je mettais mon récepteur en haut de la page parce que l'attache ne s'ouvre pas beaucoup, eh bien, il faut prendre son temps et vraiment placer le récepteur parallèle aux lignes. Plus vous êtes soigné, plus facile sera la conversion.

Voici donc en quelques photos le fonctionnement du stylo Iris Notes Executive 2. Je spécifie la marque et le modèle parce que je ne sais pas s'ils fonctionnent tous de la même manière. Je sais, entre autres, que certaines marques exigent un papier spécial, ce qui n'est pas le cas pour le mien et c'est ce que j'ai aimé dès le départ.

Il fallait la trouver cette ouverture, mais une fois trouvée,
charger le stylo avec l'aide du câble USB, il n'arrive pas chargé.
Ça peut prendre jusqu'à 3 heures, mais après 15 minutes,
vous pouvez faire un premier essai.
Il faut également charger le récepteur. il n'y a pas deux fils USB,
mais je me suis aperçu que le fil de mon lecteur MP3
faisait l'affaire.
Vous attachez le récepteur sur une feuille,
BIEN PARALLÈLE
Vous pesez un cinq secondes sur le petit bouton, à droite,
 l'écran indiquera 0. Vous écrivez en lettres plus ou moins droites
plus ou moins moulées avec le stylo. Quand vous avez terminé,
vous pesez à nouveau sur le petit bouton, ça indiquera d'abord 1.
Dans cet exemple, j'ai pesé deux fois, c'est donc noté 2.
Je pèse chaque fois que j'arrête ou
chaque fois que je change de pages.
Vous branchez ensuite le récepteur avec le fil USB
 une fenêtre s'ouvrira automatiquement à l'écran de votre ordinateur.
Vous cliquez sur "Télécharger encre"
(on ne discute pas du terme!)
Tant qu'à être sur cette page, j'en ai profité pour enlever le crochet
à "effacer les fichiers après le téléchargement"
après m'être retrouvée deux fois à "0" notes enregistrées.
On peut prendre jusqu'à 140 notes, alors qu'il y en ait
une douzaine plutôt que zéro...
Une fois les textes téléchargés, le logiciel indique combien de
pages (comprendre textes) ont été téléchargées avec succès.
Vous ouvrez ensuite le logiciel fourni à l'achat et installé sur votre bureau
dans l'accueil, vous voyez toutes vos pages, vous ouvrez la première.
Vous cliquez sur "convertir".
Après avoir cliqué sur convertir, votre texte manuscrit
est converti en écriture informatique.
Vous pouvez ensuite exporter en texte (Word) ou fichier image (JPG)
personnellement, je trouve que c'est plus rapide de copier et
d'aller coller dans le fichier de votre choix

Voilà, si vous avez des questions, n'hésitez pas, je pourrai ajouter des photos ou des explications, au besoin.


Billet précédent sur le sujet>>> 
Site Internet à Longueil, Québec>>>

jeudi 30 mai 2013

Des fois, je me prends pour une autre

Des fois, je me prends pour une autre. Je voudrais être la seule, ou au moins la meilleure à connaître ceci ou cela, à parler de ceci ou de cela. À me distinguer parmi la pléthore de gens qui s’expriment sur tel ou tel sujet. Sortir du rang. Être importante.

Probablement attirer l’attention. Je ne jouerai pas à me demander la raison sous-jacente, mais n’empêche que c’est là, pourtant je sais très bien que je ne détiens pas le monopole de l’expression ni de rien d’ailleurs.

Exemple : demain, le vendredi 31 mai, à Radio-Canada, émission Zone Doc, il sera question de l’Irlande, de la famine, de la traversée, des descendants. J’ai vu des images qui annoncent l'émission. Certaines sont celles-là mêmes que j’avais imprimées et qui me servaient de référence lors de l’écriture de mes Têtes rousses.

Sans même chercher à connaître plus de détails, mon petit cerveau sur les bords de l’histrionisme se lance dans des scénarios : « Comment, il y a un documentaire sur la famine en Irlande et on ne m’a pas contactée ? » Comme si j’étais LA référence en matière de famine en Irlande. Pire, la seule !

Et puis, je me suis calmée, j'ai remis les deux pieds sur terre et les doigts sur le clavier et j’ai cherché. 
J’ai trouvé le nom du réalisateur : Brian McKenna, un Canadien qui n’en est pas à ses premières armes dans le documentaire. La date de la présentation en anglais : 2011. J’ai fait taire la petite voix qui disait : encore des anglophones, pourtant plusieurs descendants sont demeurés au Québec et ont parlé français dès la deuxième génération. 
J’ai même pu visionner le documentaire sur Youtube, mais je préfère attendre de le voir en français. Et d’admirer le traitement. Après tout, d’autres aussi ont le droit de s’exprimer, de donner leur version, de témoigner. D’autres aussi ont le droit d’être meilleurs que moi. Et réussir très bien à se passer de mon intervention ou collaboration ! Je n’ajouterai pas hélas, je sais bien que je ne joue pas dans les ligues majeures, mais il fut un temps, comme tous les créateurs sans doute, j’en ai rêvé.

 Sur Youtube >>>
(Photographie empruntée sur Internet, je n'ai pas trouvé la source première)

mardi 21 mai 2013

Il y a toujours un après

Il y a des dates qu’on entoure sur le calendrier pour ne pas les oublier. D’autres s’installent à tout jamais dans notre mémoire : la date de notre naissance et celle de nos enfants, celle de la mort de notre mère et de notre père, celle de notre mariage. D’autres dont on ne parle jamais. Quelques fois, au jour dit, on fête ou on pleure. On se souvient, on se revoit. Souvent, on voudrait oublier. On ne peut pas.

Je me rappelle très bien la journée du 7 octobre 2011. L’après-midi où un radiologiste plantait une longue aiguille dans ma chair pour effectuer une biopsie sur mon sein droit.

De cette journée et de tout ce qui en a découlé, je n’en ai parlé qu’à un très petit nombre de personnes. Pour ne pas me faire poser de questions, pour ne pas avoir à chercher de réponses. Pour éviter les phrases ou les regards inutiles, même ceux de compassion. Pour couper aux longues explications.

Le 7 juin 2013, je serai capable d’en parler. 
Le 7 juin, je participerai à Relais pour la vie.
Je marcherai, je témoignerai, en tant que survivante.

Je suis mal à l’aise avec ce mot "survivante", qui dit pourtant ce que j’ai vécu. Peut-être parce que ça suggère qu’il y a un après. La dernière année, ma phrase préférée était justement « on finit toujours par être après ». Après la biopsie, après l’opération, après le rendez-vous avec l’oncologue, après le premier traitement, après le deuxième, après chacun, après les piqûres qu’on s’administre, après la nausée, après la perte de cheveux, après la repousse, après la curiethérapie, après la mammographie. Après la fatigue, après les deuils à accepter, après les déceptions, après les petits espoirs, après la dépendance.
Après l'avoir dit à sa mère.

Pour espérer cet après, j’ai vécu tous les maintenant que j’ai pu. Je les vis encore.
Le 7 juin 2013 ne me fera pas oublier le 7 octobre 2011, mais je serai heureuse d’y être, debout, et pouvoir dire que c’est vrai, je suis ici, en vie et j’espère vivre plus de MAINTENANT plutôt qu'attendre les après.

samedi 11 mai 2013

Regain de vie

Plaisance encore.
Née en avril, je ne me lasse pas de la vie qui renaît au printemps.
En moi comme autour.
Je suis encore là, dans cette vie.
Jouissant, vivante, reconnaissante.
Parlant inutilement, Sans besoin de paroles orales ou écrites.
Sans besoin de lire, juste sentir, écouter, regarder.
Me laisser imprégner par l'atmosphère de cette nature généreuse.
En marchant ou en pédalant.
Comme si j'avais vingt ans.
Comme si j'avais tout mon temps.
L'amour et l'amitié à mes côtés.
Que vouloir de plus?

samedi 4 mai 2013

Une journée sur les bords de la rivière des Outaouais

Une journée parfaite: soleil, un bon 22 degrés, parfait pour le vélo et un pique-nique. Une journée comme on les voudrait toutes: sans bavure, ne voir que du beau, entendre que du gentil, ne se battre contre rien, pas de polémique, pas de tension. Juste du doux, du chaud. Juste ressentir. Juste vivre.
Rendez-vous à Thurso pour pédaler sur le sentier des Outaouais qui longe la rivière du même nom. Au pays des bayous du nord comme il est dit au parc de Plaisance
Il ne faut pas oublier de payer à l'entrée, sinon, 90$ d'amende. La Sépaq ne rigole pas avec ses règlements. Disons qu'on a décidé de prendre notre passe de saison! 
Il est encore tôt dans la saison, surtout quand les sentiers sont entre deux eaux, mais quel bonheur de voir les trilles, écouter les oiseaux, et oh! belle surprise, à la toute fin: un reptile pas beau du tout, mais pas farouche.
À noter que si on veut découvrir le parc de Plaisance, on peut déjà y coucher, c'est un des campigns qui ouvrent tôt dans la saison pour profiter du passage des outardes, entre autres. Même si celles-ci lui préfèrent les champs avoisinants depuis quelques années.


Lien vers le parc de Plaisance>>>


mardi 23 avril 2013

Tant qu'à bloguer, je voudrais bien bloguer

Tant qu'à faire, aussi bien le faire comme disait ma mère.
Je regarde la date du dernier billet. Je pense au sujet du prochain. Plusieurs idées me viennent en tête.
Je regarde dehors, le soleil enfin, je voudrais en profiter. Le terrain à gratter, les branches à ramasser. La vente de débarras à préparer pour la mi-mai.

Le matin, j'ai décidé de consacrer deux heures à l'écriture de mon prochain roman, mais voilà qu'elles vont plutôt au montage de deux dépliants, une affiche, un site. Travail plus lucratif et presque aussi créatif.
Je vais à la poste en vélo. Mon vélo ordinaire, pas l’électrique. Pour reprendre la forme, pour aller à Plaisance, bientôt.
 

L’après-midi, je marche jusqu’au pont des « Chevreux », je prends quelques photos. Ce n’est pas la meilleure heure, mais à 6 heures le matin, j’ai besoin de sommeil.

Je lis de front :
L’inédit, Marie Cardinal, 2013. J’ai tant aimé cette auteure. Je note cette phrase :« Si le plan était trop présent, il n’y aurait pas de liberté pour la personne qui lit, il y aurait un manuel, un code, pas un roman, pas un livre.» 
Je relis La chute des géants de Ken Follet en prévision du tome 2 : L’hiver du monde. Plus de 1000 pages, ça ne se lit pas comme ça. Je m’endors souvent dessus, non parce que ce n’est pas bon, mais par fatigue tout simplement.
En livre numérique j’ai commencé Gloriole à vendre, prix révisé de Rachel Laverdure. Simplement parce que j’ai découvert les Éditions Sémaphore et je voulais voir si d’autres livres que Le dernier hiver de Louise Auger était aussi bon. Oui, jusqu’à maintenant. Comme une garantie de qualité d’écriture.

Donc, je voudrais bien écrire d’autres billets. Entretenir ce blogue, mais voilà, quand ? Tout au plus une recension d’excuses de ne pas y voir plus sérieusement.

Il y a quelques mois, j’ai été invitée à une bibliothèque de l’Outaouais. Honorée, mais à trois mois d’avis, à deux heures de route, comment savoir ce que j'aurais envie de faire de ma liberté ce jour-là. J’avais décliné. Je me serais sentie auteure, en cette Journée du livre, mais voilà, je me sens éparpillée, mais c’est moi, ça. J’aime trop de tout. Et bien aimer, bien faire.

(photo de l'auteure)

samedi 13 avril 2013

Jamais sans mon stylo

Mon amour pour les crayons ou stylos ne date pas d’hier. Comme pour la plupart des écrivains. On les aime bien avant de commencer l’école. Pas pour dessiner ou colorier dans mon cas, tout à fait nulle dans ce domaine, mais pour écrire, c’est certain. 

Mon père étant professeur (entre autres métiers qu’il a exercés), il avait donc accès au «classique» des écoles. Le «classique», pour ceux et celles qui n'ont pas connu,  c’était une sorte de local qui servait d’entrepôt et de petit magasin pour les cahiers, les crayons, les livres scolaires. En septembre, mon frère et moi n’avions qu’à demander, nous recevions bien au-delà des besoins normaux d’un écolier. 

Il y eut bien sûr les grands crayons de plomb jaunes avec le petit bout d’efface qui ne tenait pas un mois. Ce n’était pas mes préférés, il fallait toujours les aiguiser,la mine jamais assez pointue à mon goût. Et les HB étaient trop foncés pour moi, dès que j’ai connu les 2H, je les ai adoptés. 

Quand nous avons eu la permission d’écrire à la plume, je fus la petite fille la plus heureuse du monde. J’ai connu la plume avec un bec à bille qu’il fallait enfoncer dans un porte-plume. Tremper la plume dans l’encrier était un jeu dangereux pour une écolière comme moi, peu soigneuse, je me tachais les doigts, les blouses, les vestes et même la langue ! 

Aussi quand la plume fontaine à réservoir fut disponible, ma mère s’est empressée de m’en acheter une en cadeau. Tout de suite j’ai voulu me démarquer en négligeant le bleu classique pour un turquoise auquel je mêlais l'encre bleue des vieux fonds de bouteille. Je ne compte plus le nombre de plumes fontaine que j’ai eues. Le dernier date des années 90 je dirais, mais je ne l’utilise plus beaucoup, le papier étant beaucoup plus absorbant que jadis. Et puis, je n’écris plus de lettres soignées pour lesquelles il me faisait plaisir de sortir ma belle plume, dans tous les sens du terme. 

Dans les stylos, je les ai presque tous essayés et aujourd’hui encore, ma préférence va au Ballpoint fin de Sheaffer. En ce qui concerne, les crayons pousse-mine, pour les Sudoku surtout, j’utilise le 0,5mm, et j’ai dû me résoudre à revenir au HB parce que le 2H, c’est vraiment pâle sur du papier Kraft. 

Avec la venue de l’ordinateur, je croyais bien en avoir fini avec les crayons et plumes. C’était mal me connaître, je n'y résiste pas. En voyage, en camping, quand je lis au salon ou au lit, ai-je vraiment le goût d’ouvrir l’ordinateur, tout portable, soit-il ? Que non, alors vite, vite, la plume. Il était donc inéluctable que j’en vienne à la plume qui me permettrait à la fois d’écrire sur du papier normal et ensuite pouvoir convertir mes belles lettres manuscrites à l’ordinateur. Pour ce faire je viens donc de me procurer un stylo digital. 

 
Après avoir fouillé Internet, hésité longtemps à cause du prix et être certaine que je n’allais pas regretter mon choix, j'ai suivi la suggestion de Corinne de Vailly et opté pour l’Iris Notes2. Je l'ai trouvé à Longueuil et j'ai pu l'acheter par Internet. Il s’agit d’un stylo qui se charge avec un fil USB (je vous montre la photo parce que j’ai cherché longtemps comment ouvrir ce petit bout, ce n’est pas bien illustré dans le guide de démarrage). Un petit boitier, chargé aussi en USB, qui enregistre les notes. Le logiciel d’accompagnement permet de télécharger les notes du boitier, les convertir et les exporter, dans Word dans mon cas. Assez facile d’utilisation, une fois qu’on a compris le fonctionnement. Très heureuse du résultat. Je ne partirai donc plus sans mon stylo digital.

Ce qui ne m’empêchera pas de passer dans la rangée des stylos lors de ma prochaine virée chez mon fournisseur préféré, en fait, dans tous les magasins, je ne peux m’empêcher de visiter la section des plumes et cahiers, comme d'autres ne pouvaient résister à aller acheter des bonbons à une cenne.

Lien vers la boutique de Longueuil>>>


samedi 6 avril 2013

Le dernier hiver de Louise Auger


J’ai beaucoup aimé la couverture de ce livre : le papier, le graphisme sobre, la couleur pastel, le concept qui se répète pour tous les livres. J’ai de l’admiration et du respect pour une maison d’édition qui recherche la qualité et s’ingénie à garder le même genre de couverture pour l’ensemble d’une collection. Donc j’aime les éditions Sémaphore dont c’est le premier roman que j’ai entre les mains. 

En fait, j’ai tout aimé de ce livre : le contenant et le contenu. 

L’arrivée de ce livre est une histoire en soi. Je me rendais au Salon du livre de l’Outaouais, au début du mois de mars dernier. En roulant, j’écoutais Andrée Poulin, chroniqueuse à Divines tentations le samedi matin. Elle parlait d’un roman qui est comme un « murmure » a-t-elle dit. Préoccupée par la route et un peu nerveuse parce que j’allais à ma première séance de signatures depuis… quatre ans, j’en oubliai le titre et le nom de l’auteure, mais je me suis dit que si je devais lire ce livre, je savais que la vie se chargerait de me montrer le chemin pour l’obtenir. 

Dans une allée de la grande salle, je reconnus Andrée Poulin que je connais parce qu’elle fait partie de la même association d’auteurs que moi, et parce que je suis une fidèle lectrice de son blogue. 

Je n’ai pas aussitôt mentionné mon intérêt pour le livre dont elle avait parlé le matin à la radio qu’elle m’invite à la suivre. Elle m'entraîne dans les dédales du Salon, et arrivée au stand des éditions Sémaphore, j’ai à peine le temps de voir les petites plaquettes aux couvertures semblables qu’elle s’adresse à une dame en lui disant « Je veux lui offrir le livre de Louise Auger ». 

Je ne retiens pas plus le nom que le matin, je retiens seulement le verbe « offrir ». 

Du coup, je rougis, j’en suis certaine. Est-ce que j’interprète bien ce verbe. Hé oui, Andrée me l’offre comme si j’avais gagné un concours. Le livre devient d’autant plus précieux. Au point où je n’ose même pas le feuilleter devant les autres, ni le lire aussi goûlument que je le fais parfois. 

Quelques jours après le Salon, je partais pour trois semaines en voyage. Dans mes bagages, Le dernier hiver de Louise Auger. Une fois bien installée, l’environnement apprivoisé, j’ai fini par l’ouvrir ce livre. J’ai pris mon temps, comme on déguste un bon vin. J’ai lu tranquillement, quelques pages par jour, à l’ombre des palmiers. 

Et j’ai aimé autant le contenu que le contenant. Vous savez comment j’aime qu’on me raconte une vie, la vie. Je me suis identifiée au personnage : de la même décennie, du même sexe, des mêmes lieux. Le fait que le personnage ait écrit son histoire alors qu’elle a 75 ans, en 2045 ne m’a pas dérangée plus que trois secondes, le temps de calculer un peu et de me demander pourquoi. 

Le plus beau, c’est le style. Des phrases comme je les aime, comme j’aimerais en écrire. Des mots qui disent la nature, les saisons, le lac et la campagne. Des mots riches, recherchés sans être inaccessibles. Des images douces, des révélations qui devraient être plus souvent partagées, des dialogues juste ce qu’il faut, pas trop. Des émotions aussi que j’ai été heureuse de vivre par personne interposée et d'autres que j'ai reconnues miennes. 

Un livre que je relirai bien avant mes 75 ans, c’est certain. Qui me donnera alors peut-être le goût de raconter ma propre histoire.


mercredi 3 avril 2013

Partager ses recherches

Terre de Jean Bricault dit Lamarche
(illustration fournie par Marcel Lamarche)

À six heures ce matin, les yeux grands ouverts, je ne dormais pas. Comme une urgence, comme une pression subite. Je devais faire quelque chose, réagir.

Hier, en mettant de l’ordre dans mes courriels, j’ai remarqué qu’un message envoyé à Guy Lamarche pendant mon séjour en Floride était demeuré sans réponse. Je connais ce généalogiste depuis plusieurs années, c’est MA référence pour les Bricault dit Lamarche. J’ai eu le pressentiment que son silence indiquait qu’il était peut-être décédé. Une petite recherche et j’ai rapidement trouvé son avis de décès, les photos trouvées dans Google images corroboraient mon hypothèse : il est décédé le 2 mai 2012. Je pouvais bien ne pas avoir été au courant, l’an dernier, j’avais la tête bien ailleurs : problèmes personnels de santé et ma mère, elle, est partie le 7 mai.

Panique. Une vraie panique : qu’est-il advenu de toutes ses recherches ? Chaque fois que je lui posais une question de généalogie sur tel ou tel mariage, je m’inquiétais de savoir ce que je ferais le jour où il ne serait plus là pour piger dans sa base de données et m’indiquer les bonnes dates, les bons noms., les bonnes sources.

Certaines personnes publient leur base de données (Gedcom) soit dans un site existant comme Planète Québec, CFGA ou un site personnel, comme Gilles Deguire  qui s’occupe de mesancetres.ca. Guy Lamarche, lui, a déjà laissé quelques traces sur Internet, mais à la suite de déceptions reliées au plagiat je crois, il avait cessé d’alimenter son site. Il a participé à divers forums, on peut retrouver encore ses nombreuses interventions. Il a également offert trois documents fort importants en ce qui concerne les Bricault dit Lamarche, documents qu’on peut consulter à la Société de généalogie de l’Outaouais entre autres. C’est déjà beaucoup et précieux, mais tout le reste, toutes ses recherches, toutes ses données, qu’en adviendra-t-il ? Je ne me rappelle pas s’il m’avait parlé de la relève.

Dans mon petit cerveau qui roule à cent milles à l’heure à six heures le matin, je me disais, bien égoïstement, un médecin qui ne publie pas ses recherches, un historien qui ne laisse rien de son savoir, un journaliste qui ne raconte pas ses expériences, quelle tristesse, quelle perte. Et nous qui devons repartir presque à zéro, tout recommencer comme si rien n’avait été fait avant. Je respecte les gens qui ne veulent pas que leurs recherches paraissent sur Internet, mais trouver le moyen que le savoir, les expériences servent à la génération suivante. Personnellement, on m’a déjà demandé à deux reprises d’enlever des noms dans ma base de données que je publie sur mon site. Même si ni date ni photo n’apparaissaient, même si j’avais du mal à comprendre cette petite peur du vol d’identité, j’ai accepté d’effacer ces données. Je sais bien qu’il se glisse énormément d’erreurs dans les sites d’amateurs comme le mien, mais je sais aussi quelle fut ma joie quand j’ai trouvé les Deguire sur le site de mesancetres.ca ou les Boutron dit Major grâce à Ruth Major dans son blogue Major et compagnies.

Je suis donc en deuil, un an plus tard, de Guy Lamarche qui a tant fait pour la lignée de Jean Bricault dit Lamarche, soldat de Carignan. Je sympathise avec la famille, même si c'est bien en retard. Qui répondra à mes questions maintenant ? Je sais comment chercher, je sais où chercher, mais ce sera plus long, plus fastidieux et sans le plaisir de ces quelques échanges toujours agréables.
  
Si quelqu’un sait quelque chose, peut trouver comment communiquer avec ses enfants, n’hésitez pas à me l’écrire.

mardi 2 avril 2013

Entre 0 et 37 degrés


cliquez sur la photo pour atteindre le site



Vingt-deux jours entre 0 et 37 degrés Celsius.
5,386 kilomètres entre le Québec et la Floride.
Du vélo, de la lecture, de la marche, de la pétanque, du shuffleboard, de la natation.
Des photos d'oiseaux, de bateaux.
Des jasettes en français, en anglais.

Voici un aperçu de ce temps précieux.

dimanche 31 mars 2013

De retour au nord

Le temps de fêter Pâques avec les miens
Le temps de visionner et post-traiter quelques 200 photos
Le temps de réviser mes notes et raconter mon séjour de trois semaines au pays des palmiers
Le temps de me chercher de nouveaux livres à lire, ayant épuisé ma réserve
Le temps de regarder fondre la neige que j'espérais ne pas trouver si abondante à mon retour
Le temps de retrouver mes esprits et mon lit
...
et je reviendrai à la normale, enfin, espérons!

(photo de ma Prunelle à Okeechobee, Floride)

lundi 4 mars 2013

FemmExpo à Saint-André-Avellin


Du 9 mars au 14 avril 2013, se tiendra au Centre d'action culturelle de la MRC Papineau, FemmExpo, une exposition qui regroupe les oeuvres de 46 femmes pour célébrer la Journée internationale des femmes et qui se tient sous la présidence d'honneur de Louison Danis, originaire de l'Outaouais pour ceux et celles qui ne le savent pas.

J'en suis et Louise Falstrault aussi.
Pour l'occasion, le Centre a préparé des petites capsules vidéos. La première vous permet de faire la connaissance de Louise Falstrault

La voici donc.

Lien vers le Centre d'action culturelle >>>



samedi 2 mars 2013

Ce qui s'est dit dans « mon » salon


Je suis émue. Contente ? Oui, contente aussi. Même si j’ai peu vendu. Finalement, on ne va pas vraiment à des Salons du livre pour vendre. Comme premier objectif, oui, mais ensuite, on s’aperçoit que ce ne fut pas le seul résultat. Surtout quand c’est dans «ton» monde. Presque «mon» Salon. 

Je suis de l’Outaouais, je suis de la blogosphère, je le sais, je l’ai senti à ce Salon du livre de l'Outaouais 2013.

En revenant, sur l’autoroute 50, déjà je mijotais mon billet, je cherchais les mots, je revoyais les gens, je repassais mes phrases. Passer son temps à faire des phrases dans sa tête, est-ce être auteur ? Je ne saurais dire, mais si écrire son billet tout en surveillant la sortie 210 à Montebello, c’est être blogueuse… blogueuse, je suis. 

Il y eut d’abord les câlins à Pierre H. Charron. Un grand sourire à Lysette Brochu. Le plaisir de voir Sonia Alain. La compassion pour Raymond Ouimet qui n’avait déjà plus de livres à offrir. La reconnaissance pour la générosité d'Andrée Poulin qui a eu la générosité de me donner un livre dont elle avait parlé le matin même à l'émission Divines Tentations. Ensuite, une petite blague dont je ne suis pas certaine qu’elle fut appréciée. Au lieu de penser à la première phrase que j’allais prononcer en voyant une blogueuse que je connais depuis quatre ans, mais que je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer pour vrai, j’aurais mieux fait de trouver une dédicace à lui écrire. Toujours est-il que je voulais me mettre dans la file et sans lui donner trop le temps de me reconnaître, lui lancer « Êtes-vous allé au Japon au moins ? » faisant référence à un de ses billets >>>

Évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu, ladite blogueuse, Geneviève Blouin pour la nommer , se pointe, au moment même où je la demandais à son stand. Son manteau encore sur le dos, un grand sac en bandoulière, presque essoufflée, elle est là derrière moi. Qu’est-ce que je fais ? Sans réfléchir, vu l’urgence de la situation, je me retourne et sans lui donner le temps d’arriver, je lui lance ma phrase assassine. Elle a de l’aplomb, la jeune auteure-amateure-d’arts martiaux. « Je vais vous le dire, quand je me serai assise ». Trouvant que le supplice avait assez duré et me trouvant presque cruelle, je me présente, elle me reconnait, on se donne l’accolade. 

Après qu'elle m'ait dédicacé son livre Hanaken, je la laisse à des jeunes assoiffés de livres aussi nombreux qu’intéressés. Après l’avoir lue, cette dédicace, j’ai eu honte. À quoi j’ai pensé de l’aborder de la sorte? Encore plus honte quand, à son tour, deux heures plus tard, elle vint me réclamer ma signature. Je n’avais rien préparé, moi! Je comptais sur mon talent d’improvisatrice. Talent? Où ça? Rien n’a surgi de cet esprit tout plein des rencontres d’auteurs et de blogueurs, des phrases échangées avec des collègues, voisins de table de dédicace. Heureusement, Gen n’a pas l’air de m’en vouloir, mais ne m’oubliera pas, c’est certain! 

Après quelques échanges verbaux (y a pas pires verbomoteurs que des auteurs!) avec des gens que je connais plus ou moins, avec de purs étrangers, je me sentais quand même dans mon élément. Comme une longue soirée à ne parler que de mon sujet préféré : le livre. Mais quand je me suis promenée dans les allées, que j’ai vu Djemila Benabib que je vois souvent à Bazzo.TV. Je me suis dit rapidement : que fait-elle ici… dans « mon » salon? Pas comme un reproche, loin de là, mais comme une intruse. Mais peut-être est-ce moi qui ne réalisais pas que je me promenais dans « la cour des grands »? Que j’étais une des leurs. Que je n’étais pas que blogueuse du dimanche, une banale Facebookienne, mais auteure, une vraie. 

En revanche, jamais, je ne me suis sentie imposteur. 

Et quand le directeur littéraire de Vents d’Ouest (mon plus récent éditeur) vous lance : « en tout cas on est intéressé à lire la suite », ça clôt bien une journée dans un Salon du livre, non ? Ce n’est pas le genre de phrase qu’on dit à n’importe qui. C’était un échange entre un directeur littéraire et une auteure. 

Voilà pourquoi, ce soir, au souvenir de toutes ces phrases, je suis émue. Émue d’avoir la chance de vivre et d’entendre de telles phrases.

(photo de "mon" salon, faute d'avoir apporté mon gros appareil photo pour prendre le "vrai")