lundi 17 mai 2010

De la peur des douanes

Que ressentez-vous quand on vous parle de douanes? De la peur, de la crainte, de l’indifférence, de l’agressivité, de la répulsion. Tout de suite vous avez envie de raconter vos expériences?

Différenciez-vous les douanes canadiennes, américaines, européennes? Celles où on passe en auto et en avion : une différence dans votre ressenti?

Personnellement, j’appréhende chaque fois le moment d’y passer. Surtout quand je voyage en auto ou véhicule récréatif, c’est-à-dire entre le Canada et les États-Unis. Sûrement cette peur toute enfantine de l’autorité : peur d’être prise en défaut, de cafouiller en plus d’être fouillée.

En ce qui me concerne, le passage des douanes quand je prends l’avion est bien différent de celui quand je suis à bord d’un véhicule. Que ce soit à l’aller ou au retour, je trouve très long cette attente en ligne, dans les aéroports, mais peut-être est-ce le fait que je sois dans une foule ou que le tout se passe sans trop de questions, je n’ai pas du tout la même appréhension que le passage en voiture aux douanes canadiennes lors de mes retours de voyage aux États-Unis. Pourtant il ne m’est pas arrivé tant d’histoires d’horreur que ça, mais chaque fois, les mêmes symptômes : je sue, j’ai mal au ventre, j’ai chaud, j’ai froid, je suis énervée.

Une bonne demi-heure avant d’arriver aux douanes, je commence à réviser et visualiser la scène : ce que je vais déclarer, combien j’ai dépensé, ce que j’ai dans mon VR. Où sont les passeports donc, je demande à ma copilote de les sortir, ce qu’elle ne fait jamais assez vite à mon goût. Et les enregistrements parce que vaut mieux les montrer que d’obliger le douanier à sortir de sa guérite pour aller voir le numéro de la plaque trop dissimulée derrière les vélos. Y aurait-il une longue file? Nous fouilleront-ils? Pourrais-je parler en français : en une bonne douzaine de passages à Ivy Lea, en Ontario, où pourtant il est écrit « Service bilingue », je ne suis tombée qu’une seule fois sur un francophone. Une autre fois, le douanier trouvait notre anglais pitoyable et on s’échangeait des « qu’est-ce qu’il a dit? » qui l’ont visiblement mis de mauvaise humeur parce qu’il nous a fait signe de nous tasser et d’aller à l’intérieur.

Ce qui m’est déjà arrivé :

- me faire enlever de la sauce à spaghetti parce qu’il y avait du bœuf haché à l’intérieur;

- me faire enlever des raisins et des tranches de steak, demander si je peux les prendre à mon retour, le monsieur n’a pas ri du tout;

- j’ai déjà jeté un citron à Magog alors que c’était de nouveau permis;

- acheter des oranges au Texas, aller au Mexique, revenir au Texas et me faire enlever les dites oranges pourtant américaines;

- acheter une bouteille de Tequila au Mexique et payer de la taxe aux douanes américaines alors que j’étais plutôt prête à en payer au Canada, ce qui ne fut pas le cas;

- me faire ouvrir la valise et tout sortir et ouvrir : sacs de couchage, sacs à dos, sac de linge sale et être laissée en plan, arrange-toi pour tout ré-emballer;

- qu’on me demande les factures des campings où j’ai couché. Heureusement je les avais gardées;

- entrer en Ontario un 24 juin et être agréablement reçue par un francophone qui me souhaitait bonne fête nationale;

- attendre 30 minutes que le douanier vérifie que je suis bien celle que je dis être parce que sur mon billet d’avion c’est coché « Monsieur » alors que visiblement je suis « Madame » autant sur ma photo de passeport (cheveux tressés) qu’en personne (cheveux courts récemment coupés);

- me faire demander si j’avais effectué des réparations mécaniques sur mon véhicule

- essayer de comprendre ce que le douanier autrichien veut nous dire alors qu’on a passé quatre autres douanes suisses, allemandes, belges, sans problème. On a fini par comprendre qu’il fallait avoir une étiquette F (pour France) sur notre automobile louée. Achat de la dite étiquette qu’on s’est fait remboursée à Paris qui ne en avait rien dit;

- se faire laver le dessous de notre camionnette à grands coups de lance-jet-d’eau, genre boyaux de pompiers avant de sortir de Terre-Neuve. Une affaire de prévention contre les maladies de la pomme de terre si je me souviens bien. Épisode plutôt comique que stressant, d’autant que je demeure dans une municipalité reconnue pour la culture de la chose!

Somme toute rien de bien grave, mais chaque fois tout de même cette peur de l’autorité comme si j’avais six ans devant un père que je sais pouvoir être abusif. Sachant pourtant qu'ils ne le sont pas tous, mais que certains entachent la réputation de tous les autres.

7 commentaires:

  1. En général, les douanes ne font pas peur et tout se passe bien... mais une fois où nous étions allés à New York en autobus (en voyage organisé), mon mari, qui est arabe mulsulman, avait peur que l'autobus colle aux douanes à cause de lui. Mais non! Ce sont 2 Français qui nous ont bloqués pendant 6 heures parce qu'ils n'avaient pas de visa pour entrer aux USA!!! Il y a toujours de petites anecdotes comme à Las Vegas où il fallait marcher pieds nus (pas de bas permis!!) pour traverser les douanes, pas très hygiénique disons... et les douanes tunisiennes dont je pourrais vous parler pendant des heures... surtout quand tu es tunisien, ils ont une file spéciale!!!

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  2. Bonjour Jules de votre passage chez nous. Suis allée en Tunisie, pas eu de problème. Là ce ne sont pas les douanes qui m'effayaient mais les souks!

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  3. As-tu essayé les douanes de Cuba? Là, c'est vraiment épeurant! Oublie les sourires, il y a des chiens partout (tout petits et tout mignons, mais tout de même, s'il leur prenait l'envie de venir me renifler un peu trop, qu'est-ce que j'aurais comme embêtements!)...

    À voir les douaniers lorgner chaque photo de passeport comme s'ils nous soupçonnaient d'être des terroristes ou des revendeurs de drogue (bien sûr, avec un enfant de chaque côté qui me tiraient sur la manche, c'était évident qu'ils voulaient avoir leur dose!), je me sentais presque coupable d'un délit, alors que j'avais respecté à la lettre toutes les recommandations que j'avais pu trouver sur internet, toutes les règles de la compagnie d'aviation, aucune bouffe non règlementaire...

    Petite victoire : fiston a réussi à tirer un sourire vite réprimé de la douanière. Pas facile, hein, Madame, de résister à ce petit minois-là? Je sais, c'est mon combat à chaque jour! ;)

    La dernière fois, nous avons eu une petite inquiétude : voulant gagner du temps, mon conjoint et moi nous sommes séparés dans deux cubicules, chacun avec l'un des enfants... Ce que nous avions d'ailleurs fait sans problème au Canada. Mauvaise idée!!! Sur la carte de séjour, ils avaient écrit un petit 2 à l'encre. Où il est, le 2e enfants? Je te dis qu'on a eu affaire à nous regrouper! Je voyais déjà les autorités débarquer pour nous emprisonner pour rapt d'enfant...

    Bref, les douanes, ce n'est pas fait pour les peureux et oui, ça donne des palpitations! Heureusement, je n'ai jamais eu à subir de fouille... je touche du bois!

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  4. @ClaudeL : Mon expérience se limite aux douanes Canada-États Unis, mais j'en retiens une chose : le douanier américain était content de laisser passer deux jeunes qui s'en allaient en vacances (il nous a parlé un gros 3 minutes), mais la douanière canadienne avait du mal à croire qu'on avait pas fait d'achat! Elle nous a bien questionné pendant 10 minutes.

    Spécial pareil de se faire poser plus de question quand on revient chez soi que quand on passe dans un autre pays.

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  5. J'espérais bien avoir d'autres anecdotes croustillantes (ce qu'on appelle anecdotes... après), mais je ne connais personne qui, même fait fort, n'a pas une petite crainte devant ces gens formés comme des militaires, on dirait. Pire depuis les attentats de 2001? Je dirais pas ça, juste plus long.

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  6. Personnellement, j'ai jamais eu de problème aux douanes, ni au Canada, ni aux USA, autant avant qu'après le 11 septembre. J'ai même eu une fois un douanier US qui m'a souhaité de bonnes vacances en français !
    Par contre je me souviens qu'à la douane suisse, les douaniers avaient fouillé notre voiture et nos sacs à mes amis et moi. Dans le mien, j'avais un trèfle à quatre feuilles séché dans une feuille de papier. Vous auriez dû voir la tête du douanier qui s'imaginait déjà m'arrêter pour possession de marijuana quand il a réalisé que c'était en fait qu'un banal trèfle à 4 feuilles. Ça nous a fait rire durant tout le reste du trajet !

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  7. À Audrey : Mouhahaha! Un trèfle à 4 feuilles! C'est trop drôle! Il a dû être bien déçu, le pauvre... ;)

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