samedi 28 août 2010

Des livres, encore des livres et les jeunes

La rentrée littéraire : dire que l’an prochain, mon roman sera noyé dans la manne. Ne sera probablement même pas recensé.

Ces jours-ci, débat sur le « trop de livres » entre Jean Barbe et Jean-François Nadeau. Débat, pas vraiment, plutôt réaction de l’un à la suite d’un article de l’autre. Surtout prétexte à écrire sur le sujet. Ces jours-ci, il est aussi question de la rentrée littéraire. On a le choix, je me suis limitée à La Presse>>>

Dire qu’on nous assomme avec « les jeunes ne savent pas écrire », « les gens ne lisent plus ». Qui alors écrit tous ces livres publiés? Qui alors les édite? Et qui les lit? Je n’ai pas envie de me prononcer sur les librairies indépendantes qui en arrachent parce que les livres sont vendus moins chers chez Costco ou que les liseuses numériques commencent à prendre une part du marché, parce que je pense aux auteurs avant de penser aux libraires et je me dis que plus il se vend de livres, peu importe où peu importe comment, c’est bien pour les redevances de l’auteur. En revanche, je veux bien m’attarder à ces jeunes auteurs qui écrivent si bien, qui arrivent à être publiés. Donc, ce n’est pas si vrai que les jeunes ne savent pas écrire. Il faudrait aussi commencer à préciser c’est qui les « jeunes »? Ça fait bien dix ans qu’on nous rabâche les oreilles avec de telles assertions. Moi, je lis des livres écrits par des « jeunes » qui ont 30 ans, 40 ans, je lis des blogues de personnes qui ont 20 ans, 30 ans. Bon, les blogues ne sont pas tous de valeur égale, ne sont pas tous exempts de fautes (les miens non plus d'ailleurs), ne sont évidemment pas corrigés comme peuvent l’être des livres publiés, mais quand même ce sont des « jeunes » qui écrivent, qui aiment écrire, qui prennent le temps d’écrire un peu plus long qu’un « texto » sur leur I-phone. Alors hé ho! les journalistes, Quebecor et compagnie, hé ho! les professeurs, cessez de nous parler de ceux qui ne savent pas écrire et montrez-nous donc ces jeunes qui écrivent dans les journaux, dans les blogues et dans les livres, dans ces « trop de livres ».

En passant félicitations à Louise Lacasse pour son prix Robert-Cliche. Elle a 54 ans, elle!!! Mais c’est un jeune auteur puisque c’est son premier roman.

(photo: quelques livres qui trâinent chez l'auteure)

12 commentaires:

  1. Et bien moi ça me fera plaisir de lire ton roman et d'en parler chez moi... même si c'est plein de fautes et que mon français n'est plus ce qu'il était! :) Par exemple, c'est vrai que lorsque je regarde tous mes cousins et cousines, je peux dire que les jeunes ne lisent pas beaucoup et c'est pire chez les hommes...

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  2. Dans mon entourage, je connais au moins deux personnes qui ne lisaient pas et qui lisent quasiment tous les jours maintenant qu'ils sont à la retraite... Des jeunes d'autrefois!!!

    Je ne dis pas que les statistiques ont tort, je dis que les statistiques pourraient aussi relever ceux qui lisent, ceux qui écrivent. La littérature jeunesse québécoise a explosé dans les trente dernières années. Y a bien quelqu'un qui les lit ces livres? Dans les Salons du livre, c'est rendu qu'il y a plus d'enfants que d'adultes.

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  3. Comment ça se fait que je ne savais pas que ton roman serait publié l'an prochain ? À quelle maison d'édition, peut-on le savoir ?

    Le succès de la publication repose aussi sur les épaules de l'auteur, sa confiance en lui, son goût de s'investir, les moyens qu'il prend, c'est ce que nous avons appris de notre expérience. Au départ, la tendance est de tout attendre de la maison d'édition.

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  4. Moi, j'aime écrire, j'aime les mots, les tournures de phrase, la beauté d'une image dans un texte... Et de faire quelques fautes parfois sur mon blogue ne me gêne pas. Car, dommage de le dire, si beaucoup de jeunes savent écrire, d'autres savent moins. Pourtant, la langue française est un bijou.

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  5. @Venise: j'en ai parlé quand tu étais en Gaspésie. Une toute petite phrase à la fin du billet du vendredi 28 août:
    http://falstrault-lamarche.blogspot.com/2010/08/partir.html
    Un billet qui m'a attiré un record de commentaires, ce qui m'a gonflé d'enthousiasme (la nouvelle et les commentaires). Je n'ai pas signé le contrat encore, je demeure donc discrète, mais croyez-moi je le claironnerai le jour venu! Et comme il ne paraîtra qu'à l'automne 2011, on a le temps d'en reparler.

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  6. J'aimerais apporte une tite précision : j'ai parfois l'impression que, à partir de ma génération (disons les 30 ans et moins), la faible proportion de ceux qui savent écrire (disons qu'environ 25% d'entre eux sont capables de faire trois ou quatre phrases sans faute) sont également ceux qui lisent. Et certains d'entre eux écrivent.

    Le reste, ils s'en balancent du média écrit, peu importe le support! Et ça me désole. :(

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  7. @L'impulsive montréalaise: moi aussi je fais des fautes sur mon blogue et dans tous mes écrits. Qui n'en fait pas? Choux de Siam (http://chouxdesiam.canalblog.com/)
    en relève chaque jour chez des journalistes chevronnés.
    Mon billet veut surtout renverser cette tendance qui persiste à dire que les jeunes ne savent pas écrire. Généraliser. On finit par croire que c'est tous les jeunes. Et ceux qui savent, où en parle-t-on? Quand en parle-t-on?

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  8. Justement, ça m'énerve la manie de corriger les quelques fautes de l'un et de ne pas relever l'illettrisme de l'autre. Mais effectivement, on généralise trop. Et c'est dommage. Car du talent, il y en a beaucoup. Que ce soit chez les moins jeunes, mais aussi chez les jeunes.

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  9. Chez-nous, j'ai un jeune qui a de la facilité à écrire et un autre qui a de la difficulté. Donc c'est 50/50 ici. Pour bien écrire , je crois qu'il faut aussi lire. Alors, faut donc intéresser le jeune à lire, je me dis....Mon fils, celui qu a de la difficulté, a lu plusieurs livres proposés par l'école et ne récidivais pas par lui-même dans ses lectures et ne m'en parlais jamais. Un jour, je lui apporte SOIXANTE-SIX de Michel J Levesque , ENTITÉ de Mathieu Fortin et HUNGER GAMES de Suzanne Collins et là ...ils les dévorent et en redemande et... m'en Parle ! Est- ce que l'école n'aurais pas compris que lire Gabrielle Roy ca n'intéresse pas le plus gros bassin des jeunes ? Faites-lire aux jeunes ce que EUX aiment lire d'abord (C'est ce que NOUS faisons quand nous allons à la librairie) ensuite ils pourront apprendre à aimer d'autre genre.

    Y a des grosses chances qu'un jeune qui aime lire sera un jeune qui saura écrire. Ca commence là je crois....

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  10. @Pierre, tu as bien raison. C'est à la maison que j'ai appris à aimer lire, à l'école, pas folle des lectures obligatoires... jusqu'en Belles-lettres (12e) je dirais. Mon frère a enseigné longtemps en secondaire 4, il donnait le choix aux élèves entre 4-5 possibilités et livres différents pour les gars et les filles.
    Pourtant, en cinquième année, je me souviens d'une institutrice qui nous lisait une histoire le vendredi après-midi si nous avions été sage. On adorait et on voulait toutes le livre en cadeau.
    Bon papa!

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  11. Salut, je suis d'accord avec Pierre. J'ai un ado qui ne voulait pas lire même je lui achetais des livres à chaque Noël,une vieille habitude. Il avait énormément de difficulté en français écrit. Puis un jour, il a lu Patrick Sénécal, Stéphane Dompierre, Mathieu Fortin, il amait ce genre de roman. Il a amélioré ses notes de français d'environ 25%, juste parce qu'il lisait plus souvent. Il a avoué lui-même et en fut étonné. Maintenant, il ne peut se mettre au lit avant d'avoir lu. Alors oui, il faut juste savoir cibler les intérêts de nos jeunes.

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  12. @Céline, merci de ton passage parmi nous.

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