mardi 2 août 2011

Le début


Ce que j’aime le plus dans la lecture d’un livre, c’est le début. Comme examiner le menu avant le repas : tout nous est offert, tout est possible, je pars à la découverte, je me laisse charmer ou parfois, quelques rares fois — parce que je ne choisis pas vraiment au hasard, le choix m’a été recommandé—, je suis déçue et je me demande si je poursuis.

Ce matin, donc, en fouillant dans ma bibliothèque, mon regard s’attarde aux livres que j’ai hérité de mon père, ou disons de mes parents parce plusieurs portent la signature de ma grand-mère maternelle. Mes mains choisissent Si le grand ne meurt d’André Gide, version Librairie Gallimard imprimée au Canada en 1945. Vous savez ces livres dont il fallait couper les pages sur la tranche. Une odeur de vieux pourrait m’indisposer, mais non, elle me rappelle les salons de mes parents (au pluriel, ils en ont eu une bonne vingtaine) où étaient réunis les livres dans un ordre bien précis.

Dès les premières pages, je sais que j’ai fais un bon choix puisque je m’assis confortablement au fond de ma chaise, je prends ma première gorgée de café et je parcours facilement les vingt premières pages. Je ris sous cape, je me sens un monsieur à la retraite qui se disait qu’il lirait ses classiques une fois très âgé, quand la littérature contemporaine ne l’attirerait plus. 

Le problème avec les menus, c’est qu’une fois la commande passée, une fois le plat principal devant soi, une fois la surprise de la première bouchée avalée, il arrive souvent que je n’aie plus envie du reste. 

C’est toujours le début qui me plaît le plus, alors pour avoir un autre début, je hâte la fin.
En sera-t-il de même pour Si le grain ne meurt? Je vous le dirai dans les prochains jours.

(source de la photo: bibliothèque de l'auteure)

7 commentaires:

  1. Ah, tiens, intéressant.

    Moi je dirais que le moment où j'aime le plus les livres, c'est quand je suis rendue au premier tiers. C'est normalement à ce moment-là que je sais si le livre va me plaire ou pas (l'indice est facile : s'il est bon, j'arrive plus à le poser).

    Les débuts, oui, c'est plein de promesse, mais c'est facile de faire un début accrocheur. Tous les ateliers littéraires montrent comment faire. C'est bien plus dur de garder le lecteur accroché.

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  2. "début accrocheur": probablement pour ça que j'aime surtout les débuts, après ça m'intéresse déjà moins. Il faudra une bonne dose d'intérêt pour poursuivre. Je suis restée jeune: j'aime les frissons extrêmes des débuts, hihi!

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  3. Hon maintenant que tu nous as mis l'eau à la bouche autant poursuivre sirop de sirop.

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  4. À Suzan: en tout cas, ça va bien jusqu'à maintenant. Même sa vieille façon d'écrire me plaît. On rit pas, Gide a publié cette autobiographie en 1928, quasiment 100 ans.

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  5. En tous cas, ça vous fait un joli rayon de bibliothèque qui me fait bien envie :-)

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  6. À Richard: ah! oui, j'ai pourtant relégué ces vieux livres tout en haut de ma bibliothèque, tout près du plafond et je les oublie là.

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  7. J'adore ces vieux livres dont il fallait couper les pages! J'en ai récupéré plusieurs dans notre réserve à la bibliothèque, lors de la mise en vente de volumes d'occasion. Plusieurs sont comme neuf et n'ont que le début des pages de coupées. Je me dis que leur ancien propriétaire devait être comme toi: un amateur de "débuts" ;)

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