vendredi 14 septembre 2012

Tant qu'à...


Tant qu’à me prendre parfois pour une chroniqueuse, j’aurais voulu écrire comme Pierre Foglia.
Tant qu’à être intellectuelle, j’aurais voulu l’être comme Mathieu Bock-Côté, en plus courtement et moins digressif que lui.
Tant qu’à avoir la parole facile, j’aurais voulu avoir le sens de l’argumentation et le discours articulé comme un Léo Bureau-Blouin.
Tant qu’à tenir un blogue, j’aurais voulu qu’il ait un contenu significatif, qu’il ait de la profondeur et surtout ne pas r’virer états d’âmes personnels, ce qu’il est en train de devenir et pourtant j’aime bien lire les états d’âme des autres.
Tant qu’à aimer les mots, j’aurais voulu qu’ils soient parfois chanson, parfois poème, parfois éditorial percutant, mais au moins évocateurs, émouvants, riches et sans fin (comprendre plus réguliers, pas un livre par ci, par là).
Tant qu'à aimer la langue française, je devrais mieux la maîtriser et parler mieux anglais.
Tant qu’à aimer la musique, j’aurais voulu savoir jouer de la clarinette.
Tant qu’à aimer la nature et, à un moindre degré, l’exercice, j’aurais voulu marcher plus régulièrement ou pédaler plus souvent ou skier encore.
Tant qu’à être graphiste, j’aurais voulu l’être pour vrai, complètement, sachant tout faire. Hier, j’ai voulu changer l’en-tête de mon blogue, qu’il soit à l’image de ce qu’il est en train de devenir. Ce nouvel en-tête, qu’au moins une personne a eu le temps de voir et de commenter (de manière positive, comme toujours, ce n’est pas elle qui m’a décidée à revenir à l’illustration du modèle Scrapbook de Blogger), n’aura eu de vie que le temps que je m’aperçoive de ma faiblesse en graphisme. Je dois continuer à faire confiance à de meilleurs que moi. Mauvais pour l’estime de soi, mais bon pour l’humilité.
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Tant qu’à aimer la photographie… tant qu’à aimer les voyages (en caravaning surtout)… non, là, je suis comblée. Il faut dire que je reviens d’un petit quatre jours dans les Montagnes blanches, entre North Conway et Franconia. Que du beau temps. Que des belles rencontres. Que du bonheur en images.

Pourquoi notre cerveau a-t-il la capacité de vouloir tout en n’ayant pas le pouvoir de nous rendre compétent? Ou au moins satisfait de soi.

13 commentaires:

  1. Ton article me ressemble.Moi, je me trouve compétente mais je n'intéresse personne.
    À moins que ce soit cela la compétence.

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  2. Merci Ginette de ton passage. Écrire et être lu(e), c'est vraiment deux choses différentes. Quel est ton besoin? Pour être lu(e), il faut se faire voir, c'est affaire de marketing. Une autre compétence que tout le monde n'a pas en naissant!

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  3. Non, surtout que je suis du genre sauvage.

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  4. À Ginette: je le suis aussi, au sens où je préfère choisir mon moment pour rencontrer des gens. Et je n'ai pas besoin d'en rencontrer souvent!

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  5. Vraiment Claudel, j'aime beaucoup lire tes mots. Ils sont uniques, ils sont toi et tu détiens une grande richesse; celle de savoir comment les dire et c,est pas «donné» à tous et toutes crois-moi.

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  6. Merci Suzanne, il est vrai qu'il serait temps que je cesse de vouloir être ceci ou cela, un tel ou une telle et me contenter (et être fière) de qui je suis. Cesser de comparer. Ça s'en vient. Je peux admirer les autres, lire les autres sans pourtant me jeter des pierres. Je n'en suis pas là, mais toujours surveiller de ne pas emprunter ce chemin.

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  7. Bonne continuité et si j’ai un seul conseil à donner c’est de ne pas essayer d’être parfaite puisque les imparfaits sont beaucoup plus intéressants que ceux qui se croient parfaits….lol

    Reina du Blogue des Bleuets du Lac Saint-Jean.

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  8. Reina reina: vous avez bien raison. Ce n'est pas tant que je veux être parfaite, mais comme bien du monde, je voudrais juste être le mieux de moi-même et, presque chaque jour, je me demande si j'y réussis.

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  9. Je me demande souvent pourquoi on a cette propension à toujours trouver l'autre plus intéressant que soi. Ça doit être que pour se trouver intéressant, il faudrait se situer à l'extérieur de soi pour se regarder. Comme c'est pas évident, on pourrait essayer le recul. ET puis, en profiter pour se hausser d'humilité. Je ne serai jamais ce que je ne suis pas, j'en ai fait mon deuil. Et mon imperfection, comme elle fait rire les gens, j'ai appris à l'aimer.

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  10. Venise: tu me fais du bien. Je ne devrais plus perdre mon temps à regarder les autres. Juste à être, ça prend déjà tout mon temps. Parvenir à lire les livres des autres sans comparer avec ce que j'écris. Sans juger surtout.

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  11. Tiens, tes réflexions rejoignent celles que j'ai ces temps-ci. Dernièrement, j'ai lu de bons romans d'auteurs québécois et ça m'a foutu quelques complexes ! J'ai fais l'erreur de me comparer et de me trouver BEN moins bonne. Grrr. Imagine, pendant une instant, j'ai même songé arrêter de lire !! Tant qu'à déconner... LOLLL
    Faut se mettre dans la tête que le talent des autres ne vient pas diminuer notre propre valeur. Plus facile à dire qu'à faire, hein ?! ;)

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  12. Sylvie: quand j'écris -- un roman je veux dire--, je ne lis pas -- de roman je veux dire hihi! Sinon, c'est sûr que je suis foutue. D'autant que c'est très facile pour moi d'imiter un style. Je lis beaucoup moins qu'à 30-40 ans d'ailleurs, trop critique, de plus en plus difficile à satisfaire... ou à simplement goûter au plaisir de la lecture.

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