vendredi 1 avril 2016

Jour de pluie, qu'ai-je donc lu?


Jour de pluie. Jour idéal pour lire ou pour parler de lecture.

Il est des livres que je retarde de lire, que je retarde de finir également. Pour étirer le plaisir. 

C’en fut un. Parce que j’attendais de me procurer la suite pour les lire un après l’autre. Je n'ai pas pu résister.

Je l’avais commencé en numérique, mais d’autres travaux ont retardé la lecture, j’ai dû remettre le fichier à la BANQ avant d’avoir dépassé les trente premières pages. Après avoir relu un extrait, je décidai de l’acheter. Ainsi, j’aurai tout le temps pour le lire. À mon rythme.

Comment en ai-je entendu parler? J’ai oublié. L’important, c’est qu’il s’imposait. Il insistait. Il se représentait régulièrement devant mes yeux. 

Je ne connaissais pas Elena Ferrante. Elle m’intrigua un peu, mais pas autant que ce roman. Pressée de me rendre plus loin dans le roman, je me suis contentée de lire un article dans Bibliobs (lien à la fin du billet).

Le prologue à lui seul suffit à piquer la curiosité : une personne, une amie qui disparaît sans laisser de traces. Moi qui veux tant en laisser, paradoxalement. Intrigant. La narratrice, une certaine Elena Greco, sent le besoin de raconter la vie de cette amie, de raconter leur amitié. Leur enfance et leur adolescence. Ce qu’elles ont vécu, partagé: les poupées, les jeux, l'école, les garçons. 

Si je n’ai pas senti le besoin de savoir si c’était la vie réelle de l’auteure, j’ai tout de même ressenti une grande affinité avec ma propre expérience de l’amitié. Et c’est ce qui m’a rendu le roman très intéressant, en ce qui me concerne. 

L’histoire se passe à Naples, dans un quartier pauvre où les études ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Mais ç’aurait pu être dans une paroisse de Montréal ou de Québec, quoique dans les années cinquante, la guerre est encore un peu en arrière-plan et, dans ce cas, les Italiens n’ont pas les mêmes références que les Québécois. En fait, le lieu, l’époque sont bien là où ils sont. Bien présentés et je m’en satisfis grandement.

Tout l’intérêt de l’histoire tient surtout dans la façon dont l’auteure raconte en détail l’enfance et l’adolescence de ces deux fillettes. On les voit grandir dans leurs familles respectives, dans leur école, dans leur quartier. On sent bien l’évolution de l’une et de l’autre. Elles vivent ce que tous les enfants vivent : la jalousie, la violence, le rejet, le doute, la compétition, l’admiration, la recherche de la liberté, de l’autonomie, la volonté d’améliorer son sort.

Si je n’ai rien vécu de ce que les deux enfants ont vécu socialement, j’ai vécu tous ces sentiments si bien décrits. 

Et si Lina a l’air d’être l’héroïne du roman, comme si elle était le personnage le plus intéressant, personnellement, j’ai préféré la narratrice qui doute, qui se questionne, fine observatrice qui sait si bien expliquer ce qu’elle ressent. En fait, le titre aurait pu être : les deux amies prodigieuses.

J’ai donc hâte à la suite. Et mieux encore, je lirai avec plaisir d'autres romans d'Elena Ferrante.
Et je n’attendrai probablement pas un jour de pluie pour le faire.
Et vous, lisez-vous les jours de pluie?

2 commentaires:

  1. Merci Claude j'ai justement besoin d'un bon livre. Je vais de ce pas à la BanQ.

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  2. Il y est, pas le second. Bonne chance pour le temps d'attente! Moi, j'ai un plan B: suis membre de Biblio Outaouais. Moins de livres mais moins d'attente quand ils l'ont.

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