vendredi 16 avril 2021

Trois auteures, même besoin


Trois livres, trois auteures.
En commun : des livres autoédités, des femmes à la retraite, le besoin impératif d’écrire. Et bien sûr l’espoir d’être lue.

Ces trois auteures n’ont pas le même bagage littéraire, n’ont pas le même vécu, ni la même expérience professionnelle, et non plus les mêmes connaissances du monde de l’édition.

Pour Chantal Guimond, c’est son premier roman qu’elle retravaille depuis dix ans, pour Colombe Turpin, c’est son septième livre, et, pour Michèle Bourgon, on ne compte plus ses publications autant dans des revues que chez des éditeurs « reconnus ».

Mais toutes se posent sans doute les mêmes questions, affrontent les mêmes difficultés, vivent les mêmes problèmes : la pandémie, les lancements impossibles, la distribution, la promotion. Et... le prochain livre.

Quels sont ces rêves qui nous (parce que je m’inclus dans ce monde fou de l’édition et cette passion pour l’écriture) poussent dans ce labyrinthe? Quelles forces obscures nous retiennent dans cet univers compliqué? S’il ne suffisait que d’écrire!
Pourquoi vouloir plus?
Pourquoi la comédienne veut-elle être Sarah Bernard ou Monique Mercure?
Pourquoi la chanteuse de Karaoke veut-elle signer avec Audiogram ou avoir 15 millions de « j’aime » ou se voit-elle au Centre Bell?
Pourquoi l’auteure envoie-t-elle son premier roman aux chroniqueurs culturels des grands quotidiens? Pourquoi croit-on qu’Amazon est la panacée miraculeuse?
Pourquoi les gens pensent-ils qu’être écrivain, c’est être riche?
Parce qu’on ne sait pas. Parce qu’on ne connait pas ce monde avant d’y mettre les pieds et le corps entier.

On pense être capable. On nous encourage. On nous dit qu’on a du talent. Il est loin le temps où écrire un livre n’était réservé qu’à une élite universitaire. Il est loin aussi le temps où n’étaient valorisés que les premiers de classe, que les métiers intellectuels (en fait, les professions) étaient plus payants que les métiers manuels (je ne parlerai pas de la facture pour un plombier venu chez nous un petit 45 minutes!) Au besoin, dans un temps de déprime ou de simple questionnement, on nous requinquera en nous mettant sous le nez, le succès des romans de J.K. Rowling refusé quatorze fois, ou celui aussi de John Kennedey Toole publié après son suicide, grâce à sa mère qui a fortement insisté auprès d'un éditeur.
Donc tout le monde peut rêver d’écrire aujourd’hui.

Avec le numérique (imprimer 50 exemplaires au lieu de 3000 en Offset), c’est accessible. Avec les logiciels de mise en page, on peut monter son livre ou demander à un graphiste. Avec les réseaux sociaux, on peut se faire connaitre, vendre ses livres.
Donc, tout le monde peut rêver de voir son livre imprimé.

Je dirais même que les Québécois ont été élevés avec l’idée qu’on « peut en faire du pareil ». Au lieu d’acheter des tableaux, d’assister aux concerts, d’acheter des livres, on prend des cours de peinture, on crée des tableaux, on en vend. On joue de la guitare, « c’est facile », on crée un groupe... Et on écrit.

Mais même si on savait que les écrivains n’ont que 10 % quand leurs livres sont publiés chez des éditeurs, qu’il faut attendre trois et même six mois avant de savoir si un éditeur acceptera notre manuscrit, qu’il y a le distributeur avant le libraire, que les livres ne demeurent que trois mois sur les tablettes, à moins de s’appeler Janette Bertrand ou Michel Tremblay, qu’il faut ensuite attendre un an avant de recevoir des redevances... écrirait-on moins?
Non, parce que le rêve et le besoin sont plus forts que tout.

Leurs livres sont bien différents et, à la limite, n’ont rien en commun et pourtant Chantal Guimond, Colombe Turpin et Michèle Bourgon se posent mille questions, doutent du moindre mot, ont peur des jugements, sachant pourtant qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Elles avancent, foncent, continuent à lire, à écrire, à apprendre, à publier, à élargir leur lectorat...
Parce que c'est plus fort que tout.

Et vous, quels désirs vous poussent à écrire?
Quelques-uns par là >>>

Lien vers le site de Chantal Guimond >>>
Lien vers le site de Colombe Turpin >>>
Lien vers le site de https://leshumeursdelameremichele.wordpress.com/

4 commentaires:

  1. J'écris des billets sur mon blogue par passion, pour guérir, pour vivre, pour partager. La littérature m'aide à vivre, l'écriture m'aide à survivre.

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  2. Quand je compose un poème
    Mon esprit s’emballe et se promène
    Dans mes souvenirs, dans mes pensées
    Mes doigts courent sur le clavier
    Des idées, plein d’idées
    Je ne peux plus arrêter
    Je vous raconte des paysages
    Je vous confie mes envies
    J’ai la tête pleine d’images
    La passion de la vie m’éblouie

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  3. Moi, j'essaie d'écrire pour avoir l'impression de vivre, pour vivre. Pour occuper ma tête qui n'est pas toujours joyeuse.

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  4. Tellement bien décrites, cette quête et cette passion. Longue vie aux auteurs qui font fleurir la vie.

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