mercredi 28 décembre 2011

Je ne comprends pas


Je n’en suis pas à ma première publication en tant qu’auteure et, dans le milieu de l’édition, j’ai un tout petit peu d’expérience, mais tout de même, je ne comprends pas. Dans la chaîne du livre, il y a l’auteur, l’éditeur, l’imprimeur, le distributeur, le libraire et le lecteur. Dites-moi si j’en ai oublié? Qui a intérêt à ce que le livre se vende? L’auteur, l’éditeur (l’imprimeur s’en fout, il a été payé, mais tout de même s’il y a réimpression, il sera bien content, mais disons qu’on l’oublie pour l’instant), le distributeur et le libraire. À qui donc incombe la responsabilité de la vente du livre? C’est parce que je ne me sens ni compétente ni dynamique, ni compétitive que je n’ai pas accepté, il y a plusieurs années, de poursuivre dans la voie de l’édition. Je me suis contentée du graphisme et de l’écriture d’un livre. Je ne sais pas trop qui de l’éditeur, du distributeur ou du libraire doit faire tout son possible pour que chaque livre se vende le plus possible. Donc, je ne pointe personne du doigt, mais permettez que je pose des questions, que je livre mes observations, que je passe mes remarques. 

Je ne comprends pas. 

Sachant que je suis une auteure de l’Outaouais, sachant que l’éditeur est de l’Outaouais, sachant qu’il est plus probable que les médias de la région parlent de mon livre, plus que ne le feront ceux du reste du Québec (ce qui fut le cas), je ne comprends pas pourquoi il y a deux exemplaires seulement dans les librairies de l’Outaouais. Même nombre qu’à Amos ou Jonquière ou Granby ou même Montréal. À deux exemplaires, il est certain que mon livre ne peut pas constituer une pile, ne peut pas être sur un des blocs d’entrée, à la vue du visiteur. Je ne comprends pas pourquoi les libraires de l’Outaouais (ou de n'importe quel coin du Québec) n’ont pas un petit coin pour les auteurs de leur région, comme le font certaines bibliothèques. 

Il faut croire que je ne comprends rien à la vente. Qui devrait intervenir? Suis-je la seule à remarquer ces faits? À qui m’en plaindre : à l’éditeur qui fait de son mieux, au distributeur qui fournit le Québec entier, aux libraires de ma région? 

Je me contente pour l’instant de le noter dans ce blogue. Je me suis contentée aussi, cet après-midi, à Gatineau, de mettre le dernier livre qu’il reste dans une librairie (sur deux souvenez-vous) face devant.

11 commentaires:

  1. Tout dépend du libraire et de la sensibilité qu'il a de sa région. Je crois que l'effort doit être collectif avant tout. Dans am librairie, on a reçu qu'une copie de ton livre (soupir!), mais bon, j'en aie parlé à pas mal de monde, je croise les doigts pour qu'il fasse son chemin dans la vie!

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  2. Ah! bon, donc c'est le libraire qui décide du nombre de livres qu'il veut dans sa librairie? Est-ce lui qui décide qui va sur les blocs d'entrée?

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  3. C'est toujours le libraire qui décide, du moins chez les indépendants. Dans les chaînes, c'est au bureau-chef que ça se décide. Pour les mettre sur les blocs d'entrée, habituellement, c'est le nombre de copies qui fait loi, alors quand un livre ne compte que peu de copies, ben, il se retrouve en tablette.

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  4. J'ai entendu dire à travers les branches que les éditeurs payaient pour que leur livres se retrouvent sur les blocs d'entrée...??

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  5. À Marie Claude Charland: comme les produits dans les marché d'alimentation sur le bout des allées? Ça ne me surprendrait pas.

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  6. À Prospéryne: si le libraire ne reçoit que deux livres, c'est donc que le distributeur ne lui en envoie que deux, c'est donc lui qui a décidé que la région de l'auteur n'en valait pas plus qu'ailleurs? Est-ce que l'éditeur l'a influencé? Ça?

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  7. @ClaudeL,Question complexe, je vais t'y répondre au meilleur de ma connaissance. Dans la chaîne du livre, un représentant (du distributeur ou du diffuseur selon les cas) fait le tour des librairies pour montrer les nouveautés et prendre les commandes. C'est donc au libraire de choisir les quantités. Cependant, si le rep ne lui dit pas que c'est un auteur régional, souvent parce qu'il ne le sait pas, il ne mettra pas de l'avant cette nouveauté et elle passera par la grille d'office. Celle-ci dit que pour tel type de livre, provenant de tel type de maison d'édition, il y a aura une quantité X de pré-déterminé que le libraire recevra. Je crois que c'est ça qui est arrivé à ton bouquin, Vents d'Ouest n'est pas une très grosse maison d'édition.
    @Marie-Claude, tu as raison, certains livres se retrouvent en avant pour des raisons financières, mais ça, c'est dans les chaînes (Archambault, Renaud-Bray) surtout. Dans ma librairie, et je sais que c'est le cas de la plupart des indépendants, on ne nous paye pas pour mettre les livres en avant, ce sont des choix de libraire seulement.

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  8. Merci Prospéryne. Heureusement qu'on t'a pour éclairer nos lanternes.

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  9. Ce qui reste à dire que l'auteur doit se faire connaitre ABSOLUMENT!

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  10. Lucille: je voudrais bien que l'auteur n'ait qu'à écrire, comme le chanteur doit chanter ou l'athlète courir, mais au Québec, ce n'est pas tout à fait que ça fonctionne. Tout dépend de ce que veut l'auteur? Moi, ça ne me tente pas de jouer à la vendeuse.

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  11. @Prospéryne: merci pour ton éclairage! En effet, ce que j'avais entendu dire à ce sujet provenait d'une grosse chaîne, non d'un libraire indépendant. Reste que ça m'a fait sourciller! :)

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