samedi 22 septembre 2012

De l'amour des mots revenu


Le goût des mots me revient tranquillement. Le besoin d’en lire, le besoin d’en écrire aussi. Je ne les pousse ni ne les tire, les mains ouvertes, le cœur ouvert surtout, je les accueille. C’est qu’ils m’ont fait peur les derniers mois. J’avais aussi peur de les voir surgir que de les voir me laisser pour toujours. Ils peuvent être dangereux quand ils veulent. Dangereux de vérité et de blessures. Le silence, parfois, fait moins mal qu’un grand brouhaha qui éclabousse tout le bel édifice que vous avez mis des années à bâtir et que vous tenez à protéger des grands vents et des forts orages que peuvent apporter certaines phrases. Il y a des mots que je ne voulais pas entendre. Tout le monde n’est pas comme moi, à preuve deux auteures qui osent parler de leurs maux.

J’ai une liseuse, je l’ai déjà dit. Très utile pour qui demeure à une heure d’une librairie et qui vit dans un village où la bibliothèque ouvre deux fois trois heures dans la semaine, et où il faut commander les livres. Qu’est-ce qui nous fait choisir telle lecture plutôt que telle autre? Personnellement, ce sont des associations d’idées, des coïncidences, l’état d’âme, l’humeur du moment.

Chaque matin, dans Google Reader, je reçois les derniers billets publiés dans les blogues que je suis et, dans mes courriels, je peux lire les derniers commentaires laissés par des « amis » sur Facebook. Il y a une semaine environ, j’apprends que Venise Landry, du blogue Le Passe-mot assistera au lancement du livre Soleil d'encrier de Julie Gravel-Richard. J’ai rencontré ces deux personnes aux Correspondances d’Eastman et je les avais trouvées suffisamment sympathiques pour continuer de suivre leur blogue respectif.

J’apprends que le livre paru origine de son premier blogue au temps où elle soignait une tumeur au cerveau. Une petite cloche sonne : es-tu prête à entendre parler des maladies des autres, toi qui tais les tiennes? Mais j’ai tellement aimé son Entheos  que je me laisserai probablement tenter.

Sur le blogue de Julie Gravel-Richard, je vois que l’auteure a découvert un roman où il est également question de tumeur au cerveau : Testament de Vickie Gendreau. Comme à mon habitude, je butine d’un lien à un autre, et me voilà à lire l’article dans La Presse au sujet de ce roman.

Malgré le sujet sensible, au contraire, je suis attirée, les gens qui réussissent à écrire sur leur maladie forcent mon admiration. Curieuse, je poursuis donc mon butinage qui me mène à la liste d’invités de Tout le monde en parle de ce dimanche : eh! oui, Vicky Gendreau en sera. Mieux encore en terme de synchronicité, me voilà sur le site de la BANQ, là où je peux emprunter des livres numériques, même si c’est un fouillis où les romans côtoient les albums jeunesse ou les livres pratiques. Que vois-je apparaître dans les nouveautés : Testament et oh! petit miracle, il est disponible! Parce que ce n’est pas comme une bibliothèque régulière, il n’y a qu’un seul exemplaire et il peut n’être disponible que le 3 octobre à 13h26, genre! Je le télécharge donc, ce qui me prend moins d’une heure maintenant que j’en suis à ma troisième demande.

Une fois dans la liseuse, une fois que j’ai commencé à lire, si l’histoire me captive, le support, qu’il soit de papier ou d’écran, n’a plus d’importance. L’histoire prend toute la place, les mots m’envahissent. Le transfert s’opère, je suis dans le livre, je vis la vie des personnages. C’est le cas du roman de Vicky Gendreau et je suis persuadée que ce sera le cas également de Soleil d’encrier quand le fichier numérique sera rendu  à la BANQ. 

(Illustrations des livres empruntées aux sites des éditeurs)

15 commentaires:

  1. Contente de te voir revenir aux mots, parce qu'ils libèrent des maux.

    Parfois, il faut simplement se donner le temps de trouver ces mots libérateurs.

    Je pense à toi.

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  2. J'ai hâte de voir ce que tu penseras de Testament. Ce n'est pas un roman facile, mais j'ai beaucoup aimé.

    Merci de relayer l'info pour Soleil en tête! Et si jamais tu le lis, j'espère que tu y trouveras un peu de mon "soleil"!

    Quant à toi, prends soin de toi. Et laisse les mots te porter!

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  3. Julie: je ne sais pas pour Testament parce que je n'ai jamais rien lu de cette auteure, mais pour Soleil en tête, je sais que je vais aimer. Par contre, il est certain que je vais le lire seulement les jours où je me sentirai forte... pour que j'y vois ton soleil et non mes nuages.

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  4. Même dans les journées pluvieuses et frisquets de l'automne, il y a les belles éclaircies et les rayons réconfortants du soleil. Sans oublier, les couleurs et l'odeur des forêts.

    Content que tes promenades te mènent sur ces sentiers pavés de mots et puissent réveiller en toi tes passions endormies.

    ***

    Et tu es plus "techno" que moi...j'ai pas encore ma liseuse moi ;)

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  5. Pierre, ouais, mais tu n'as pas une tablette? ou un téléphone intelligent? Ce que je n'ai pas.

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  6. J'avoue.. La tablette s'en vient bientôt..et ca devrait être une Google Nexxus 7 :) :)

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  7. Pierre: parle moi de ça quelqu'un qui résiste au I. Nous diras-tu quand et pourquoi sur ton blogue?

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  8. C'est vrai que ca serait un bon article. Mais, il serait biaiser..car je pars d'avance en étant pas un Pro-Apple.

    Mon dilemme dernièrement côté mobilité est plutôt versus version Android et Microsoft Windows 8 ...Gros dilemme en perspective à venir..même si Google pars en avance ..(pour l'instant...) À suivre :)

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  9. Je commence par le sujet du billet, avant d'aborder le sujet des commentaires (différent un peu !).

    S'il y a une chose dont je suis certaine sans l'ombre d'un doute et qu'il ne faut pas nécessairement avoir un moral d'acier, bien blindé, pour lire Soleil en tête. Il porte vraiment bien son titre. Nier qu'il y a des choses plus éprouvantes dans la vie, c'est ce qui peut nous déprimer, à mon avis. Mais ne pas les nier et les regarder dans le blanc des yeux en restant positif, c'est ce qui relève le moral quand il en a besoin.

    Alors, j'espère que ta liseuse va accueillir bientôt Soleil en tête et que tu te laisseras tenter rapidement ;-).

    Et (re)bienvenue au pays des mots !

    Les commentaires. Je suis le spécimen rare que tu semble chercher : je n'ai ni liseuse, ni téléphone intelligent, rien d'autre qu'un ordi stationnaire et un cellulaire très bête, en cas de dépannage. Je m'en sers si peu d'ailleurs, qu'il me reste toujours plus de 100 minutes par mois !

    Je te permets de me dire bienvenue au pays des dinosaures !

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  10. Venise, je me contenterai de la partie techno, pour l'instant, pour le reste, c'est flou encore: autant le comment je me sens en face de livres dont on dit que le sujet est une maladie que le comment je le dirais bien.
    Je passe pour la matante techno dans la famille parce que je sais monter un site Internet, en utilisant quelques logiciels, mais à part ça, je suis aussi dinosaure que toi.

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  11. Claude, si toi tu es un dinosaure, alors tu es le dino le plus branché que je connaisse! Il faut voir les capacités plus que les possessions, à mon avis.

    Et pour le reste, tu me vois très heureuse de savoir que les mots te reviennent petit à petit. Apprivoise-les à ton rythme, car j'apprécie toujours beaucoup de te lire. Tu es une de ces personnes qui ne parles que lorsqu'elle a quelque chose à dire, j'ai l'impression, alors j'adore t'écouter.

    J'ai entendu parler de Testament de cette jeune fille cette semaine, et j'ai aussi ajouté cette lecture sur ma liste! Sujet dur mais touchant. Bonne suite.

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  12. C'est gentil, Hélène, de me dire que je suis encore "in".

    Quant à écrire pour dire quelque chose, ça, je n'en suis jamais certaine, c'est que tous les sujets ne m'interpellent pas, alors j'attends. Et parfois d'autres intérêts ont priorité.

    Testament: très moderne, très jeune, l'original est plus dans le style que dans le sujet.

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  13. De l'amour des mots revenus... Aaah, douce musique à mes oreilles.
    Pas nécessaire de parler de tes maux si tes mots veulent raconter autre chose. J'aime te lire de toute façon. ;)

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  14. Sylvie: c'est voulu qu'il n'y ait pas de "s" à "revenu" parce que c'est l'amour qui est revenu, mais finalement les deux peuvent s'écrire puisqu'aussi les mots sont revenus et je les aime!
    Je ne sais pas trop encore ce qu'ils ont envie de dire, mais je suis à l'écoute.

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