vendredi 7 août 2009

Saison de parlures

Ces jours-ci, trop de parlures. Des parlures légères d’été et de vacances.
Des parlures de température. Qu’on répète à satiété comme si ça pouvait changer quelque chose.
Des papotages, des racontages de voyages.
À quand la lecture, l’écriture, la peinture, la sculpture? Après le temps aux autres, à quand le temps à soi? À l’automne peut-être quand les estivants rentreront dans leur tanière, quand je rentrerai dans ma caverne.

Cette atmosphère fébrile, qui entoure les conversations tourbillonnantes, m’étourdit, m'alourdit. Le ton monte, on s’énerve, on s’éclabousse. Ce que chacun veut dire prend un air important. Chacun devient le centre du monde : le roi et le sujet tout à la fois, un monde duquel je suis exclue. Je parle aussi pourtant, je babille et je ne m’intéresse même pas moi-même ! Chacun devient émotion, devient passé, devient conteur du moindre bobo. Un monde essoufflant d’où l’on sort forcément fatiguée, comme si c’était un marathon à gagner : «ai-je tout dit? qu’est-ce que je voulais dire donc? Attends, attends, je n ‘ai pas fini !»

La lecture, l’écriture pour l’auteure «de nos stylos», la peinture et la sculpture pour l’artiste «de nos pinceaux» : un monde à l’opposé de la parlure. Dans le silence et le recueillement, dans le calme. Dans l’émotion aussi par contre, mais qui n’a rien d’une course à être dans le futur. Juste un temps présent. Prendre le temps de dire, d’écouter, de regarder, de faire naître.

Suis-je en train de dire que l’été n’est pas temps de création?

5 commentaires:

  1. C'est vrai que l'été,on bouge,on sort,on se ballade en voiture,un barbecue ici un autre là et ces temps-ci ce sera un party de blé d'inde par ici et un autre par là. Essouflant l'été parfois. L'Automne , elle, est apaisant, le repos du guerrier. N'aimant pas les grosses chaleurs et l'humidité, un Septembre ensolleillé À 15-17 degré, c'est mon paradis. Assurément que l'automne est ma saison préférée. La saison de la rentrée, la rentrée personnelle, là où tout bouiillonne dans notre tête et où les chimères commencent À prendre forme. Automne, couleurs et odeurs. Bref, La saison que l'on garde pour soi

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  2. Non, l'été est un temps privilégié de création, surtout pour qui a gardé les habitudes de l'école et des études : Vive le vacances pour dessiner, écrire, et faire tout ce qu'on a pas pu faire le reste de l'année !
    J'ai gardé ce rythme, et puis j'ai jamais aimé les vacances où on fait rien, les doigts de pieds en éventail...

    Bon travail, Louise et Claude !

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  3. Ma saison estivale ressemble plus à celle de Pierre qu'à la vôtre moncher Rackham. Mais cela dit, je n'irais pas jusqu'à dire que je ne fais rien l'été. Je ne fais pas ce que j'aime vraiment, nuance!

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  4. Après bien de la parlure ici à Eastman, voilà déjà le calme qui entre à flot. Qu'est-ce que la parole sans son silence ?

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  5. Venise: que ces mots-là sont bien choisis!

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