mardi 25 août 2009

L'antichambre de l'écrit

Je lisais avec plus ou moins d’intérêt le dernier livre de Robert Lalonde, Un cœur rouge dans la glace. J'aime bien quand cet écrivain fait référence à d'autres auteurs, mais cette fois, je n'accrochais pas, j'avais la tête ailleurs. Je me demandais de quel auteur je parlerais dans un livre si j'avais un personnage professeur ou lecteur. Je me suis levée, je me suis dirigée aussitôt vers Le tailleur de confettis de Francine Chicoine et j’ai lu :

(…) vous ignorez tout de cette étape de pétrissage ainsi que de votre actuel séjour dans l’antichambre de l’écrit ; à telle enseigne qu’il y a certains moments de vie que vous appelez des pertes de temps, d’autres que vous considérez, plus généreusement, comme des entre-deux, d’autres où vous avez l’impression de faire le plein ou de faire le vide. C’est selon, ça dépend des circonstances, de vos états d’âme et du temps qu’il fait. Aussi, au vu de l’apparente inutilité de vos dires et de vos faires, vous traînez souvent l’insatisfaction avec vous.»1

J’ai lu ce livre en 2003, je le relis encore aujourd’hui, avec plaisir, avec identification. J’aime tout des textes : l’originalité au sens où ce n’est pas un roman, ce n’est pas une histoire. Ce sont des couleurs-prétextes à écriture, mais surtout des textes qui me rejoignent tellement, du genre qu’on souligne à chaque page. Qui me jettent à terre parce que je me dis que jamais je n’y arriverai. À trouver mon style, à trouver surtout un éditeur, à quelqu’un qui croit en moi. Pas à mon immense talent, je sais bien que si j’en avais, mes livres seraient plus nombreux et plus longtemps en librairie, mais en moi, le peu que j’ai : le 100% de mon 60%. Les paroles d’un animateur d’un atelier d’écriture que j’ai suivi me hantent : « il y a des auteurs qui devraient se contenter de lire ». Avait-il lu cette phrase en quelque part ? Était-elle de lui ? Mais surtout, me visait-elle ? Des jours, je pense que oui. Des jours, je doute et des jours je m’en fous.

Pourtant ce matin, une idée, un filon et déjà la gestation, la prise de notes. Pas de longues recherches cette fois. Un plan, c’est certain, des portraits fouillés. J’ai même le titre aussi, mais je le garde au chaud pour l’instant. Et, une fois de plus, je traîne mon espoir en espérant sortir de «l’antichambre de l’écrit » avec la confiance au cœur et si possible en ma plume.

1- Francine Chicoine, Le tailleur de confettis, Éditions Vents d’ouest, 1998, page 1
(source photo: Éditions Vents d'ouest)

8 commentaires:

  1. Comme le monde est petit. Me suffit de voir votre commentaire sous le mien chez Caro. Suffit que je sois assez curieux pour que je clique votre nom. Pis v'la t'y-pas que vous citez Francine Chicoine dans votre billet d'aujourd'hui. Francine Chicoine que j'avais croisé une première fois à Fermont dans une activité littéraire, Francine Chicoine de qui j'ai suivi des ateliers littéraires à 7-Iles quand je suis "redescendu en bas". Francine Chicoine qui,aux dernières nouvelles que j'avais à son sujet, travaillait pour une maison d'éditions (David ?)spécialisée dans le haiku, en Outaouais.
    En tout cas si vous la voyez dites-lui bonjour de ma part. (Le monde serait-il si petit que ça ?)
    Au plaisir.

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  2. Suis ton filon et ta plume fera le reste.
    Garde cette état fébrile, c'est de bonne augure.

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  3. Accroche-toi bec et ongles à ton idée! Elles se sauvent vite ces petites affaires-là!!!

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  4. À Gaétan: hélas je ne connais pas personnellement Francine Chicoine et ce n'était pas elle l'animateur de l'atelier d'écriture que j'ai suivi. Et je ne suis pas certaine qu'elle soit en Outaouais, il me semble que je le saurais.

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  5. L'important est d'y croire... Et si vous aimez écrire, faites-le! ;-)

    J'ai cliqué sur "ma petite nation" et nous avons aussi un peu de ça en commun... J'ai eu un chalet sur le bord de la rivière de la petite nation, entre le lac Simonet et les chutes lockbow. Nous allions souvent aux chutes lockbow, dans sur les petites îles du lac Simonet et à la plage adjacente à celle de la sépaq (l'autre bord de la rivière)... C'était avant que je pleure par désir de voir le monde... Le chalet m'étouffait... Je pensais justement à y retourner¸...

    Caro et cie

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  6. Vous avez probablement raison. J'ai dû confondre.

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  7. Gaétan, Francine Chicoine publie des haiku aux Éditions David (http://www.editionsdavid.com/notre_catalogue/table.php) qui sont situées à Ottawa, alors vous ne confondiez pas tant que ça.
    La seule affaire c'est que je ne la connais toujours pas. Mais je voudrais bien.

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  8. Cette tendance que nous avons tous de penser au résultat avant de se tremper dans l'action. Plongez votre plume dans l'encre de votre passion.

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